Le monopole des fous 18/05/2013
Posted by evidencesx in économie, business development, entrepreneuriat, innovation, stratégie.Tags: abus, confiance, innovation, management, monopole, perversion, profits, regret
add a comment
Un titre symbolique qui m’inspire et qui me fait penser qu’on nous prend vraiment pour des andouilles. Logiquement, une entreprise en monopole l’est parce qu’elle a de l’avance, qu’elle a de la chance ou qu’elle a su protéger son marché, pendant un temps bien entendu. Il en faut d’ailleurs pour déclencher et décider d’autres acteurs, pour le bienfait du consommateur. Il est donc normal et logique que le monopoleur profite des fruits de son avance et puisse ainsi conserver son avance et innover, toujours plus. Mais ce qui serait plus normal, ce serait de rétribuer ses premiers clients, en les remerciant et leur faisant profiter de remises, dues à ses gains éhontés du premier jour…Or…On nous prend vraiment pour des andouilles !
Nous ne sommes plus à l’abri de nouvelles publicités de marques que je ne citerais pas, qui vantent des services du type "on s’occupe de vous et on vous accompagne", comme si c’était optionnel. L’entreprise ainsi ne pourrait plus s’enrichir en toute quiétude sur le dos de son monopole, genre "mince on nous a vus", et donc est "obligée" de réagir et de proposer quelque chose (des miettes) pour satisfaire son client, dont elle a découvert qu’il avait un cerveau. Navrant, affligeant mais tellement vrai. Pour illustrer cet environnement, regardons ne serait-ce que du côté des telecom où si Free n’avait pas lancé ses offres, je vous laisse imaginer les profits records des opérateurs historiques, mais aussi le secteur de l’énergie où le monopole antique a secoué des entreprises monolithiques poussiéreuses. Franchement, ce serait pas un scandale tout ça ? De qui se moque t-on, comme si la 4G par exemple était offerte ? Bien sur ils innovent toujours, mais à chaque fois pas d’effet d’échelle, il faut repayer plein tarif !
Je pense définitivement que le monopole est vraiment un jeu qui rend fou et qu’il faut dénoncer contre tout, tant il élève et développe la perversion économique. Et derrière tout ça, quand on abuse de ses clients, on n’est pas loin de le faire de ses salariés…Un vrai non sens sur le plan des valeurs et du respect du contrat social. Qu’en pensez-vous, n’hésitez pas à réagir…
Comment concilier son métier de dirigeant et son métier d’homme ? 06/02/2013
Posted by evidencesx in économie, développement durable, leadership, management.Tags: écoute, coeur, direction, dirigeant, homme, leader, leadership, manager, sens, sensibilité, vision
add a comment
Oui ça l’air anodin ou évident, mais les citoyens et humains que nous sommes endossent parfois des costumes pas faciles à porter…Dirigeant, managers, leaders, autant de mot porteurs d’espoirs pour les actionnaires et les salariés, mais qui nécessitent une éthique irréprochable, à l’heure des tumultes et des collisions de valeurs.
L’entreprise, vaste organisation dont la portée est invisible, cache, disparue, oubliée, indicible et terriblement dangereuse, forme et utilise des dirigeants. Comment être sûr désormais qu’ils exercent et assument une éthique d’homme, à défendre l’entreprise et ses acteurs, dans ses missions ? Et en même temps, comment se fier et à quoi : invisible ou invisible, quel est le référentiel à prendre en compte ?
La vision n’est pas qu’un simple plan d’action, elle demande du coeur, de la passion et de l’envie..
La morale commande et l’éthique seulement recommanderait ? Allons, prenons notre courage pour remettre l’intelligence du risque et de la probité comme véhicule et non comme accessoire. La confiance se gagne et se perd, mais ça vaut le coup. Et comme disait Sartre : “la confiance se remplit en gouttes et se vide en litres”.
Et l’homme dans tout ça ? Doit-on endosser un autre costume, une autre posture, mais pour quelle raison ? Il ne s’agit pas d’exercer ce que l’on veut, avoir deux personnalités ou plus, mais d’être constant, fiable et responsable. Et la responsabilité est bien partagée, car dans tout rôle, il faut l’assumer. Forger des convictions, recherche de conciliation et exercer les choix avec discernement, voilà la réalité d’homme et le comportement, dans la résolution des problèmes, en tant que dirigeant. Recherche de nouveautés, même dans l’ancien, voilà l’idée force pour se ressourcer. Le métier d’homme ne serait-il pas de considérer chaque difficulté comme une opportunité d’apprentissage, d’échange et de don ?
La création de valeur de l’entreprise doit donc s’effectuer autour du partage de valeurs, et pas seulement au seuil simple du profit. Ça change tout, car ça engage tous autour de nos facettes, liant ainsi ces rôles dans le même but : construire ensemble la société que nous souhaitons pour nos enfants et qui est durable pour toute le monde. Gagner du courage, c’est d’abord être soi-même courageux. C’est beau et surtout c’est utile et efficace.
En tous cas, ce qui est sûr, c’est que ni le métier d’homme, ni celui de dirigeant ne s’apprennent dans les livres. Il faut affronter les deux pour se convaincre des intersections, des ressemblances et des complémentarités. Et rappelons nous surtout, d’après Delatour : “On est qui on est, mais on devient qui on veut”.
Et lorsque le temps est bouché et que la vision est impossible : “on ne voit bien qu’avec le Coeur (St Exupery)”
Les Business Angels sont-ils des anges ? 01/02/2013
Posted by evidencesx in économie, business development, entrepreneuriat, startup.Tags: amorçage, business angels, financements, startups
add a comment
Environnement mystérieux, complexe et dont il faut comprendre les rouages, les “business angels” (BA) ne sont pas une secte. Ils sont la représentation d’une société qui a du mal avec l’entrepreneuriat, laissant les idées sans argent. Sous la houlette d’anciens entrepreneurs, ayant tantôt réussi ou échoué, ou de cadres fortunés, en exercice ou retraités, la “profession du financement du risque” s’est organisée, en copiant tant bien que mal, la dynamique de la Silicon Valley, dont l’efficacité et l’essor ne sont plus à prouver.
Mais il ne suffit pas de vouloir, copier ou envier pour réussir. Et si « entreprendre c’est déjà réussir quelque part », la mécanique en place peine à produire les effets escomptés. Anges ou démons, reste à savoir pourquoi et comment se tisse le réseau tant estimé et plutôt fermé des BA. Et reste selon moi aussi beaucoup de ménage et d’ordre à retrouver pour regagner la quintessence de l’espoir. L’espoir de changer le monde et de créer, innover, en toute sérénité.
Revenons sur les objectifs principaux des BA tels qu’ils auraient été annoncés, à leur création :
- Financer des montants d’amorçage pour des petites sociétés en devenir
- Conseiller et ouvrir les réseaux d’influence et d’affaires à ces mêmes sociétés
- Utiliser la loi fiscale Française pour défiscaliser les montants investis, participant ainsi à la construction du ROI global
- Développer ces petites sociétés en préparant leur croissance et d’autres tours de tables potentiels
- Préparer la sortie d’investissement par tout moyen : IPO, rachat industriel ou financier
On voit bien ici le creuset de compétences multi-disciplines nécessaire et toute la chance de pouvoir, pour un entrepreneur, chercheur, étudiant… compléter ses propres talents en se faisant épauler. Mais ça c’était avant…Ce que je veux dire c’est que pour fonctionner correctement, il faut avoir des objectifs d’aide aux entrepreneurs réels, et non pas en vue une simple opération fiscale ou financière. La finance doit servir avant tout à investir dans des appareils de production (machines, locaux, concepts, brevets, hommes…) et non pas comme un appât du rendement. Les aménagements fiscaux opérés en France, s’ils sont un moyen intéressant (étaient ?), ne doivent pas devenir l’objectif principal… Et nous assistons malheureusement à une désorganisation rangée pour transformer l’objet initial en une communauté sans « goût » qui manipule les dossiers, équipes et projets indifféremment… dès lors qu’il existe une bottom line claire et rassurante, voire un « entrepreneur star » derrière. Les projets, des choses ? Où est la flamme d’entreprendre et surtout, de prendre des risques ? Le risque c’est la passion, et surtout c’est logiquement rémunéré à hauteur… pas toujours des anticipations mais, qu’est-il de plus beau de voir pousser une entreprise, sortir des produits, grandir des équipes, qui produiront des emplois et alimenteront l’économie…
Pour revenir à mon titre, oui le système est malade car :
- Pas assez de coordination entre les BA, trop de créations isolées, qui finissent par fusionner.
- Pas assez d’analyse fine, mais un traitement de masse indifférencié, réalisé par des filtres dont on apprécie souvent mal la pertinence : peu de retours (c’est important les retours en cas d’échec, car l’échec est extrêmement formateur), pas de cohérence (on voit parfois des entreprises financées dont on ignore même le but et comment elles vont gagner de l’argent) et pas assez de communication : les entrepreneurs ne sont pas des numéros…
- Trop de clientélisme et d’entregent : on va faire confiance à un entrepreneur qui a déjà réussi… Qui dit qu’il va réussir encore ? (peut-être a-t-il eu beaucoup de chance, certains ont l’humilité de le dire)
- Une audience lors des pitchs pas vraiment attentive : parfois des cadres bronzés, en short (du vécu…), qui se fichent pas mal de savoir ce que vous proposez, mais après avoir somnolé sans avoir rien compris…vous remercient à peine !
- Une spécialisation qui s’organise mais surtout autour des modèles que j’appellerais « vitrine », car surfant sur la mode. Alors que 2/3 des startups changent deux fois pourtant de business model en 18 mois. Ça signifie certes une agilité remarquable, mais alors ça sert à quoi d’être tatillon sur le business plan, s’il y a de fortes chances qu’il change complètement ? Hors de la « mode du moment » (web, mobile, social, service à la personne par exemple), pas assez de « nez » pour se risquer un peu hors des sentiers « normés » par l’écosystème.
- Des réseaux qui existent certes, mais qui reconnaissent ceux qui en font partie et accordent peu d’importance aux nouveaux entrants. Ceux-ci sont même absents des grandes écoles, où commencent à s’organiser des incubateurs plutôt bien faits… mais où il manque la case financement en sortie de projet. Dommage…
- L’entrepreneur est d’abord focusé sur son projet (qu’il existe, se développe) alors que les exigences des BA sont démesurées en terme de pilotage, suivi, reporting et ne correspondent pas à la structure d’une startup.
La faute à La confiance. Force est de constater qu’elle a pris du plomb dans l’aile. Relevons que c’est la confiance dans nos créations qui fera relever le défi Français et évitera de vendre nos startups à des groupes étrangers (là où les groupes Français rachètent des startups étrangères !). Cela permettra d’élever un tissu de PME intermédiaires qui manque tant en France. Sur 1.500 projets financés chaque année par les BA, seuls 3 à 400 font l’objet d’un autre tour de table leur permettant de grandir. Les autres ? Perdus dans l’écosystème défaillant. Pas de coordination entre les acteurs de toute forme (écoles, incubateurs, BA, fonds, banques, croissance externe).
Un brin de malice, de la ténacité et de la passion suffisent pourtant outre Atlantique à convaincre rapidement pour des phases d’amorçage… Rien ne remplace la passion et l’envie ; lorsque des entrepreneurs s’exposent et se lancent, il faut y croire, les accompagner et savoir ne pas être trop exigeant au départ. Après tout les mises ne sont pas très élevées.
Alors, ange ou démon, à vous de choisir de quel côté vous serez, la prochaine fois…
Ah j’oubliais : 10 trucs avant de vous lancer… 05/01/2013
Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management.Tags: entrepreneuriat, lean, startup, tips, trucs, YEC
add a comment
…dans une startup !
C’est sur il y a la fièvre. Celle qui pousse, empêche de dormir et fais changer (parfois) le monde. La passion comme l’amour rend aussi aveugle et en être conscient c’est déjà être deux (rappelez-vous : un homme averti…). Et donc avant de se lancer dans l’expérimentation si vous avez choisi le lean, ou plus dans le dur si vous êtes joueur, quelques trucs pour éviter le pire, avant de lancer votre petite entreprise, comme on dit.
1) engagements : attention et notamment aux RH, préférer "faire-faire" ou "buy" à "make" dans un premier temps. Ressources délocalisées, travail plus flexible et complémentaire, voire cultures qui s’enrichissent…de nombreux exemples pleuvent.
2) parier sur les bonnes personnes : ça me rappelle le "good people on the bus" de "good to great", totalement vrai, mais là, s’attacher aux profils et miser sur le potentiel pour l’entreprise, non pas en tant que personne, mais en tant qu’actif. Celui ou celle qui aura à CT le plus d’empreinte en terme de valeur (savoir, management, décision, poste-clef…) et ne pas hésiter à parier dessus. Quand je vois les startups qui embauchent des stagiaires, avec des profils de postes senior parfois, ça me fait froid dans le dos, même si économiquement on voit de suite l’intérêt, c’est une ineptie (pas sur le plan de la formation des jeunes bien entendu je trouve ça très bien !). Il y a des responsabilités qui tiennent de l’expérience, du tact et de réactions à froid, que seules des personnes qui l’ont déjà vécu peuvent restituer. C’est tout.
3) l’art de la croissance raisonnée : la croissance de ressources n’est pas forcément en ligne avec celle du business. Autant bien la maîtriser et surtout les paliers : quel(s) déclencheur(s) valider et quand, à quel moment embaucher plus, agrandir, allouer plus de ressources SI, etc. Il y a des effets de cliquet qu’il faut savoir retarder…
4) process et systèmes : une petite entreprise doit être processisée, comme une grande, une fois l’étape "build-measure-learn" et les points clefs validés. On gagne du temps ensuite dans l’extension auprès des nouvelles recrues, dans les phases de vente, etc. Il ne s’agit pas d’alourdir mais de préciser, pour déployer justement plus rapidement et avoir une homogénéité et un esprit d’entreprise.
5) déployer et valider vite. Sans trop penser à l’extension trop vite! Le plus important étant de valider en réel les hypothèses, corriger vite et reproduire des versions successives, pas parfaites, mais acceptables et présentables aux clients. Ceux-ci vous feront un retour rapidement et vous feront gagner du temps sur des versions trop parfaite mais décalées du "marché". Rien de pire qu’un produit ou service parfait qui ne se vend pas…On a passé beaucoup de temps pour rien et l’effet déceptif, terrible pour les troupes !
6) le client, tout de suite : petit, il est indulgent et saura vous conseiller sur vos erreurs. Si vous manquez de ressources ou de jugement, écoutez-le humblement, il sera ravi. Nous sommes dans une ère purement collaborative où les chefs de produit sont désormais les clients. C’est normal qu’ils participent (et le plus tôt possible), à l’élaboration de ce que vous souhaitez qu’ils achètent, non ?
7) un grand classique : focus sur le core, et un truc à la fois. Mieux c’est parfois moins, regardez Apple le nombre de fois où ils ont dit "non" pour se concentrer sur peu de produits, mais plutôt bien réussis…
8) contrôler la demande : en gros mieux vaut refuser des clients et servir les autres mieux au début que d’être dépassé par le succès. Gérer la pénurie c’est mieux que de vouloir servir tout le monde, avec une expérience moyenne. C’est dur de refuser, mais c’est surtout capital pour la marque et le sérieux, surtout lorsqu’on n’est pas connu, et que souvent les clients font un arbitrage avec un concurrent plus établi, lui. ils prennent déjà un risque, si chez vous ils sont mas servis, attendez-vous au pire et à leurs foudres !
9) cash : la première ressource (après l’eau et le pétrole !). Un oeil dessus et surtout sur la ratio burn / cash in, en gros la consommation de cash en jours de CA par exemple ou le fameux BFR, cad le besoin de financement de l’exploitation courante. Avant d’avoir les banquiers à la porte, montrez-leur que vous savez compter…Etrangement, faire croître le CA trop vite, nécessite aussi du cash et il faut l’anticiper. De gros clients paient plus lentement ou génèrent des litiges, etc
10) le chiffre 2 : diviser vos anticipations de CA par 2, multiplier l’aléa, les délais et les charges par 2. L’entreprise c’est de la passion et la passion comme je le disais au début rend aveugle. Et optimiste. Si cela est définitivement une qualité pour un entrepreneur, il vaut mieux le modérer lorsqu’on parle chiffres. C’est plus sage et la sagesse c’est aussi ce qui fait durer les startups…
Cela ne fera pas le succès de votre entreprise, mais vous augmentez ainsi les chances, drastiquement. Rien ne remplace en effet la passion, l’envie, un bon service sur un marché identifié et des clients acheteurs. La recette n’est pas plus compliquée. Entre "leap of faith" et "proof of concept", l’étape qui validera vos hypothèses en "validated learnings", sorte de milestones qui jalonnent votre route vers le succès. Et des guides, on en manque parfois, tant le métier d’entrepreneur est semé de doutes, de solitude…mais d’espoirs. En route !
Le vocal CRM, une autre façon d’utiliser le canal vocal pour l’expérience clients… 03/11/2012
Posted by evidencesx in économie, centres d'appels, crm, innovation, marketing, relation client, technologie.Tags: accueil client, ASR, canal vocal, cem, expérience client, frontal client, ivr, relation clients, speech recognition, svi, vocal crm, voix
add a comment
Le consommateur a plus que jamais envie de donner de la voix. Pour montrer qu’il existe, qu’il est là, qu’il doit être entendu et compris. Là où les marques ont vu l’empire du raisonnement de masse montrer ses limites, elles vivent désormais avec la menace permanente que les clients peuvent partir…à la concurrence. L’arrivée massive des technologies et réseaux de communication communautaires à en effet tendance à porter la relation là où elle doit être : permanente, personnelle et bidirectionnelle. Interactive comme jamais, elle a forcé les opérateurs et les marques à se rendre disponible…Parce que la relation client n’est plus que transactionnelle (et parfois carrément pas !), le client cherche une expérience différente, qui va le surprendre, lui plaire et flatter son intimité de consommation. Là où il y a de l’assortiment produit, il y a de « l’assortiment client », de la segmentation bien pensée, mais surtout pensée avec et pour le client. Et parfois PAR le client. Les soi-disants CRM qui sévissent aujourd’hui sur le marché sont tous développés par des entreprises…sans l’avis du client. On veut tout connaître, stocker et manipuler des clients, dans des systèmes qu’ils ne connaissent pas, souvent obscurs et peu sympathiques. Mais ça c’était avant les réseaux sociaux…
Combien coûtaient la mise à jour et la qualité des données clients avant, dans les systèmes propriétaires…Très cher, et en plus, lorsque la mise à jour était fiable. Et aujourd’hui, voyez comme les données les plus intimes des clients figurent sur Facebook…toujours à jour, gratuitement. Vous aurez compris la différence, le CRM, c’est d’abord une affaire de client, qui choisit ce qu’il veut confier à qui, lorsqu’il a confiance. Et la confiance c’est long mais surtout c’est quand on y voit clairement son intérêt et que le client n’est pas qu’une tirelire ou une vache qu’on traie.
C’est ainsi que pour étayer et nourrir cette confiance, il faut la mériter mais surtout l’entretenir. Sans sur-solliciter et sans être forcément avec une idée de vendre tout et n’importe quoi, à n’importe qui. C’est aussi faire en sorte que les points de contact soient diversifiés, toujours disponibles et offrent de l’interactivité permanente. Ont fleuri ainsi les avatars, sorte d’agents bien pensants ornant les sites web grands public, encore qu’on se demande si ces méthodes ont vraiment pris ? Et aussi les fameux SVI, permettant d’organiser (encore du point de vue de l’entreprise !), les demandes clients…Quêtes qui se transforment bientôt en cauchemar…Tant les ergonomies sont pensées « traitement » et organisation interne, et non pas « requête client » et surtout éloignent le consommateur de la marque, comme si on mettait un filtre et que le client était contagieux…Pourquoi donc, ne pas retrouver le chemin de l’expression la plus pure, le langage naturel d’une conversation normale.
A l’heure cruciale de l’invasion des réseaux sociaux, par le « peuple » dans le discours avec les marques, le ton, le rythme et l’exigence de la relation clients changent. Le client est désormais le maître du produit, du service, parce qu’il peut donner vie ou mort, en quelques secondes en postant son avis. Avis qui peut faire le tour de la terre tout aussi rapidement. Ironie du sort donc pour ce client qui autrefois était baladé et soumis et qui se rebelle…en fait non il donne juste son avis comme tout consommateur méritant qu’il est. Cette fièvre sociale met en exergue de nouveaux défis : la vérité et la disponibilité. Et pour la disponibilité, point n’est besoin d’aligner des armées de conseillers clonés…pour être au top de la qualité. Les discussions de « synthèse » ont depuis un certain temps pris le relais, créant une opportunité supplémentaire de converser et la reconnaissance vocale a largement simplifié le mode d’adressage. Fini le langage par mots, à la Star Trek, place au langage naturel…
Ainsi est né le VCRM ou « Vocal CRM », dans l’utilisation des compréhensions par la machine des phrases et conversations conduites par le client avec la marque et dans l’espoir d’une réponse, permanente et personnalisée à une interrogation simple. Plus intuitifs, naturels et toujours disponible, les serveurs vocaux de cette génération permettent de délivrer des réponses précises mais aussi d’interagir avec l’écosystème CRM/SI en place : interrogation de comptes, inscriptions/commandes, diagnostics et knowledge management, le client pilote ainsi avec SA compréhension, ce qu’il souhaite faire avec la marque. On peut très bien mener un diagnostic (simple) avec une machine qui en ayant recensé les différents cas, va proposer en synthèse vocale des solutions, toute seule. Mais ce n’est pas tout : les systèmes évoluent eux-mêmes et au fur et à mesure s’auto-corrigent et s’alimentent d’un apprentissage permanent, des cas qu’ils peinent initialement à traiter…alors heureux ?
Les clients, ça se mérite alors donnez leur la parole et écoutez leur voix…
Plus : http://vcrm.advertory.fr
"Everything is under control: the Apple way of life…" 22/10/2012
Posted by evidencesx in économie, digital, e-business, entrepreneuriat, innovation, leadership, management, stratégie.Tags: @netexplo, apple, exception, giant, innovation, inside apple, lashinsky, livre, secrecy, security
add a comment
Formidable évènement organisé par @netexplo chez TF1, dans le cadre des "hors séries" consacrés à l’innovation…Adam Lashinsky, venant nous parler de son livre "Inside Apple", véritable quête de la vérité chez le géant à la pomme. Eh oui, le moins que l’on puisse dire c’est qu’Apple, ne laisse pas indifférent. Ils ont certainement changé le monde, peut-être pas le monde de tout le monde, mais force est de constater qu’ils ont su "mettre le ver dans le fruit", qui pour une pomme pourrait être assez ennuyeux. En fait ce ver semble plutôt doué et porteur de changement et d’innovation majeure…Alors tant de mystères sur cette firme, marque chaude pour le public, mais impersonnelle pour ses salariés ? Le plus grand mystère aujourd’hui, serait de se demander : y aura t-il un après Steve Jobs, dans la durée ? Deux courants semblent s’opposer :
- non c’est impossible, Apple était devenu Steve Jobs ; tellement formatée par Jobs, la société ne peut survivre sans son mentor
- oui c’est possible, la société étant tellement formatée et "processisée", qu’elle est marquée à jamais "Jobs" et peut donc continuer sans lui…
Vous pourrez toujours essayer de deviner…
Je ne résiste pas à vous livrer, en VO quelques morceaux choisis de ce "sidetalk" privé exceptionnel, duquel il ne vous restera plus qu’à lire le livre. Moi, je me suis jeté dessus, par passion, admiration mais surtout pour savoir…
- "its’ no fun, no entertainment, it’s business, it’s work. But it’s working at Apple"
- "rule of secrecy: DNA, core, Jobs hated leaks above all. He organized and cut the whole organisation into "pieces", then nobody could have idea about what he worked about"
- "company was just organized into "up" and "down" relations or working areas. But never "across". It seems exhausting, but the best guarantee to keep doors closed. This way, nobody was really able to know what he was working on, and the final goal…"
- "even on the board, there was a ‘trust’ question: nobody could see products before launch, some happy fews only…"
- "secret is value. Secret was a kind of strategy, all along the process. There were teams that the only job was to manage secret and hold it, above all"
- "controllers are controlled, the only thing to do is ‘explain the non sense’"
- "the privilege of working at Apple is enough. Do your work, and do it again"
- "this is work. it’s gonna be hard"
- "learn how to say ‘no’ doesn’t mean give up. It means doing ‘few things well’ and stay focused on them"
- "Apple is a process company. Core processed, still and ever"
- "Apple is no customer centric company. Jobs never asked what people want. He thought was a waste of time and after all, he always knew for them"
- "don’t give people information they don’t need, to stay them focused on what they must do"
- "design is obsession. Not an option, but core"
- "we’re trained to innovate and repete it again"
- "working at Apple is a journey. And the journey is more important than the goal"
- "when you’re hired, you start working on ‘fake’ project, just to evaluate your skills and trusty level. Only after, you move to your real job"
Un excellent moment, mais tellement à découvrir, pour qui, même détestant cette marque, pourrait souhaiter en connaître les secrets de fabrique. Même en tant que spécialiste chroniqueur de la silicon valley, Adam L. s’accorde qu’il y a Apple et il y a…le reste. Et après être un fruit, cela pourrait devenir un verbe. "To Apple = vivre ses rêves".
Un excellent préambule à la prochaine édition du forum netexplo, qui aura lieu les 14 et 15 février 2013, à l’Unesco cette année encore. Souhaitons y voir un jour d’autres Steve Jobs et d’autres envies de changer le monde.
Colloque "PME, l’état d’urgence", avec PME Finance : un moment de passion… 05/10/2012
Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management, stratégie.Tags: #geonpi, croissance, entrepreneurs, financement, pme finance, startup
add a comment
Colloque très intéressant en cette période de “chasse aux pigeons” (#geonpi) et au mouvement d’ampleur destiné à faire réagir la classe politique, face aux projets annoncés un peu vite par le gouvernement, s’agissant de la taxation des plus-values alignées sur le barême de l’IRPP. Même si le sujet est plus centré sur le financement des PME en France, sujet les empêchant de devenir des PME moyennes ("ETI"), enviées à l’Allemagne, on voit bien que la période est fébrile et que l’on touche à des domaines sensibles…Pourquoi ?
Parce qu’aujourd’hui en France :
- Les PME dynamiques en croissance créent plus d’emplois que les grands groupes
- Il y a un manque crucial d’intermédiation (ie ce qui permet à une startup de devenir “moyenne” “ETI”, voire, internationale)
- Les défiscalisations réalisées en investissant dans des PME ne sont pas qu’opportunistes : il y a encore un esprit pionnier du risque (au delà de la rentabilité pure du capital investi), une envie de faire grandir l’exploitation d’une enterprise
- Si ces investissements ne peuvent plus se réaliser en France, les capitaux iront ailleurs et manqueront à la croissance Française, déjà en berne
- De plus, si ces montants sont investis dans l’immobilier de nouveau, nous aurons une bulle spéculative sur la pierre, qui va à l’encontre du plan social d’habitat et de création de logements
Même si l’argent est relativement peu cher (ie taux d’intérêts faibles), il reste rare car soumis à des arbitrages trop reposés sur la fiscalité d’une part et sur une législation Européenne qui échappe à la France (Bâle 3), réveillant des soupçons d’anti-Bruxelles, qui impose des ratios aux banques. Cherche t-on d’abord à tirer un revenu maximum d’un montant investi ou bien reste t-il encore le geste humble, citoyen et entrepreneurial d’investir pour créer (emploi, croissance, image, produits, innovation…) qui scelle le destin d’une entreprise ?
En plus, pourquoi cela n’est-il pas plus “simple” ? Quand on cumule les exercices de création, financement, subventions, représentation, etc, je n’ose à peine souligner les kilos de papiers qu’il faudra remplir, les heures à se justifier et convaincre…énergie qui certes prépare à la dure compétition des marchés, mais qui épuise l’entreprise avant d’avoir commencé…
Alors voyons un peu ce qu’il y aurait dans les “tuyaux” : face à la crise, encouragement des entrepreneurs, projet de loi de finance et réformes nécessaires…
J’en parlais plus haut, le problème réside largement dans l’intermédiation du financement, car entre “banque commerciale” et “banque d’investissement”, en attendant la banque publique d’investissement (et le rush de démarrage qui va l’accompagner…), le financement quotidien des PME est largement insuffisant…car finalement jamais (peu ?) pris en compte par la sphère publique. Trésorerie, où es-tu ?
Le cri de la PME s’adresse également vers les grands groupes ou “comment améliorer les relations entre PME et grands groupes ?”. Tout le monde sait qu’une PME, en dessous d’un certain seuil (CA, image…) est invisible, comme si elle était dans l’antichambre (on espère du succès) mais surtout, en sursis du bon vouloir des “puissants”, qu’ils soient financiers, industriels ou politiques. Comme un enfant à qui on dit “quand tu seras grand…”. Franchement, la “valeur n’attend pas le nombre des années” non ? La faute à la crise : “quand les gros maigrissent, les maigres meurent ?” Espérons bien que non…N’oublions pas que, pour doper un autre indicateur en berne (ie chômage), il faut des PME dynamiques, en croissance qui elles embauchent…Place à la CDC, qu’on ne présente plus, quelques projets en discussions, montrent que l’environnement quasi-public réagit et montre une posture d’entreprise…Reste que les délais ne sont souvent pas en phase avec les impératifs de survie des PME…Alors vite, SVP.
Et l’épargne ? l’AFG, qui regroupe 600 associations d’épargne (2.600 Milliards d’€ en France), représente 20% des sociétés cotées…Bien. Mais d’où va venir l’épargne dans le futur ? Plafonds, taux…sont des mesurettes, lorsque les banques entre Bâle 3 et la crise de liquidité font la sourde oreille…Il reste la fiscalité et l’attrait “du profil”. Si le volet ISF semble intouché, l’IRPME semble désormais “noyé” dans les déductions fiscales “mutualisées” et donc on mélange “choux, carottes et poireaux”, ce qui accorder peu d’attention aux PME innovantes. Créer un PEA “PME”, spécialisé serait une piste intéressante…Mais surtout évitons les amalgames dangereux : “l’épargne long terme est considérée comme du ‘capital’. Et le capital aujourd’hui, c’est ‘sale’”. C’est mal, c’est “contraire” au travail. C’est pourtant ce que demande en premier une banque à une PME “augmentez votre capital” pour pouvoir emprunter. Faudrait savoir ? il faut ou il ne faut pas ? Le capital, c’est ce qui finance le long terme, donc c’est indispensable pour le fond de roulement et la pérénité de l’entreprise. N’importe qui sait qu’il ne faut pas financer des emplois longs avec des ressources court terme…Utilisons les “obligations grand public”, levier existant de bon rendement et à part plus accessible ? Décuplons les prérogatives d’Oséo et libérons-nous de la complexité., Vite, vite…
Pourquoi pas la bourse ? Mais comment lorsqu’on est plus “petit” réussir à réaliser le dossier nécessaire…et exister sur ces marches impitoyables…Créer la bourse des entreprises (segments B, C et Alternext, soit 830 entreprises en Europe) et adapter, voire customiser les procédures aux PME, comme moyen accessible à celles-ci mais aussi comme vitrine : une entreprise en bourse, ça attire et s’exporte bien.
Voix aux business angels…qui font partie de l’éco-système de “démarrage”, qui oeuvrent réellement très tôt et souhaitent être considérés comme salariés et créateurs de startups, fiscalement. Sans se faire plumer, après.
Que prévoit du coup le PLF2013, ou “projet de loi de finance 2013”, à ce jour…Le sujet évidemment “chaud” du moment : taxation des plus-values réalisées à la revente…On ne vas pas revenir sur le front des volatiles largement nommés sur Facebook, il faut tout de même saluer, quelques mesures favorables inchangées voire, améliorées : JEI, CIR, ISF PME…sont des leviers performants et plutôt bien exploités. Et pourquoi pas soutenir les projets innovants comme le FCPI, FIP mais aussi le PEA PME ? Transférer et autoriser les mannes de l’assurance vie, vers le financement PME ? Pas un réel manque d’idées, mais surtout une espèce d’“inertie”, de paralysie devant la crise et de mise en route opérationnelle, concrète. En attendant, il faut payer les salariés, les fournisseurs, l’état, les banques, les actionnaires…et pendant ce temps là, "les Japonais vendent" comme dirait l’autre...
Le mot de la fin revient à M. Jérôme Cahuzac, Ministre du budget, qui, relativement secoué comme le gouvernement par cette affaire “d’oiseaux”, tient en revanche plutôt bien la barre des réalités (la crise de croissance, un état de la France hérité “d’avant” -mmm-, une prise de conscience de l’entreprise) et surtout rappelle que les mesures en faveur des PME ont plutôt favorablement évolué à part une : la taxation des plus-values, une bombe qu’il vont tenter de désamorcer au plus vite. C’est dit, et avec le Coeur (façon Roméo et Juliette, une référence relevée…la politique c’est aussi du charme), balayant au passage les vieux réflexes hérités du communisme où “la gauche n’aime pas les patrons et le capital”. Mais n’est-ce pas là une chance d’en faire un débat de société, plutôt que d’orientation et de sensibilité politique ? Gauche, droite, à part pour le code de la route, ça sert encore ?
C’est un débat passionné, dont il est difficile de capter ici toutes les idées mais j’aurais tendance à retenir comme conclusion :
- Qu’il y a un tissu d’entrepreneurs passionnés en France, et qu’il faut à tout prix retenir cette facette (et non pas les nantis du CAC40, les golden parachutes et les stocks options éhontés)
- Qu’il est plutôt bien représenté et organisé : bravo à PME finance pour ce dynamisme !
- Que la compétition est mondiale et que toute mesure nationale, peut avoir des effets de bord impressionnants (ie niveaux de salaires, affaire des 75% d’ISF…)
- Que d’avoir des mesures de “répression fiscale” sur les grands groupes, qui certes peuvent le financer, revient à terme à dépouiller les PME aussi : les grands groupes qui licencient sont aussi les donneurs d’ordre des PME…alors si l’on veut garder des carnets de commande bien remplis…
- Que renforcer l’attrait de l’épargne long terme ne suffit pas : il faut encore convaincre et restaurer la confiance dans l’avenir : placer son argent à long terme nécessite 1) de ne pas en avoir besoin 2) d’avoir une vision dégagée sur l’avenir…et dans cette époque d’incertitude…
- Qu’il faut organiser la circulation de l’épargne et moins cloisonner celle-ci : l’épargne disponible doit pouvoir être utilisée, sans destination d’origine, d’après le choix du citoyen
- Qu’il faudrait réfléchir à un taux unique de taxation, pour simplifier les affaires et pouvoir se concentrer sur la création de valeur plutôt que d’innover dans la recherche fiscale et d’asiler ainsi des “clandestins” qui dévoient le bien commun…une bonne idée ça ?
- Qu’il faut que la France entière soit derrière ses entrepreneurs, fière et les supportant comme une vitrine, plutôt que de vouloir tout niveler, en réveillant ça et là, la lutte des classes. La croissance c’est l’affaire de tout le monde…
“Parce que dans les yeux des entrepreneurs, il y a des étoiles, et c’est mieux quand elles brillent…”
Education 2.0 : une source importante pour l’avenir du savoir et de l’apprentissage 18/07/2012
Posted by evidencesx in économie, éducation, digital, diversité, e-tech, innovation, numérique, politique.Tags: 2.0, éducation, collaboratif, communautés, digital books, edu, enseignement, livre numérique, students, teachers
3 comments
Sommes-nous bien maîtres de notre apprentissage ? Ce fait pourrait, sous l’effet des sollicitations digitales, légèrement évoluer…Déjà la lecture numérique, nous révèle qu’elle est moins studieuse et plus distraite, par les pop-up de l’appareil électronique, sur lequel sont ouvertes, nombres d’applications. Une lecture moins profonde aussi, parce que l’écriture en note, acte physique et mécanique d’un muscle a disparu sur la tablette. Terminé aussi de surligner, de souligner un passage, d’écrire des pensées personnelles, bref de personnaliser et de “sentir” l’écriture, comme une prolongation de ses cellules grises. Moins donc de mémorisation, de concentration et d’attention, et trop de…distraction.
Appareils électroniques et ondes malignes, mais aussi performances et esthétique séduisantes, l’éducation vit une période difficile. Diversité des niveaux et des origines, difficulté d’homogénéité des classes, des enseignants et des méthodes d’enseignement, contingence et motivation du personnel éducatif. Et quand ce ne sont pas les programmes qui censés être les mêmes, ne sont pas diffusés parfois dans le même ordre…
Mais alors, que faut-il attendre du phénomène social pour l’éducation ?
Regardons comment découper ce secteur en plusieurs parties : le matériel/la logistique d’abord, les méthodes et comportements ensuite, la collaboration entre acteurs, et enfin les mesures/résultats de la “socialisation” de l’enseignement.
Le Matériel/La logistique :
A l’heure de l’information temps réel et des mises à jour permanentes, il n’y a guère que le passé qui ne change pas. Et encore, l’éclairage apporté par les analyses toujours plus poussées, nous amènent à des révisions nécessaires, parfois capitales (quand les neutrinos dépassent la lumière par exemple…). A quoi servent donc encore les kilos de manuels et livres scolaires qui déforment les colonnes vertébrales de nos chers enfants, manuels qui donc ne s’actualisent que trop rarement et peu adaptés à l’interactivité digitale et la connaissance permanente ? Les contenus sont bien produits en mode informatique et injectés dans la production de livres et cahiers, papiers et cartons. Lorsque l’on voit le prix des devices électroniques aujourd’hui (PC, laptops, tablettes…) et la décroissance affolantes de ces prix, l’édition peut très facilement changer en la fourniture des contenus digitaux plutôt que de nombreux livres. Moins lourds, facilité de mise à jour, actualisation quasi temps reel, interactivité web/contenus/cible, la tentation évidente vers la digitalisation des contenus est grande. Et nous n’avons encore rien vu, tellement le “livre numérique” en tant qu’objet reste à inventer. Ceux qui n’y voyaient qu’un scan des contenus existants n’imaginent même pas l’opportunité gigantesque de créativité. Alors même s’il reste les éditeurs à convaincre, et la tâche est ardue : leur métier lourdement industriel et organisé autour de logistiques et de récupération des invendus, il leur reste à convaincre les auteurs de rester dans leur cocon créatif mais surtout d’inventer leur futur. Contenus oui, mais quelle actualisation, création et acheminement demain ? Des initiatives pourtant, par exemple le livrescolaire.fr…
Les méthodes et le comportement :
Et les enseignants, les professeurs ? Où sont les puits de savoir d’antan, les mentors, les modèles ? Et d’ailleurs dans les conditions évoquées, à quoi ça sert désormais ? Si la connaissance a longtemps signifié le pouvoir et la capacité à diriger les foules, l’ère de la transparence et de la démocratisation des savoirs, reste aujourd’hui sur la base de “l’influence”, de la capacité à réunir, fédérer et animer une communauté, sans la réduire à l’absorption de savoirs sans saveur, sans sens…Ne sommes-nous pas en présence de “groupes”, de communautés, où l’enseignant a sans doute une longueur d’avance en terme de savoir et de connaissance, mais s’enrichit très souvent au contact de sensibilités différentes de son auditoire et d’expériences vécues, différentes de la sienne. Qui parle, qui écoute ? Qui détient la clef de la vérité ultime ? Plus très sûr finalement, tant l’exercice de l’enseignement recèle plus d’un échange, d’échanges aujourd’hui, plus que d’un déversement de règles, préceptes et théories immuables. “Celui qui sait, ne sait qu’à l’aube de son ignorance”. Par contraste donc, les méthodes d’aujourd’hui évoluent aussi et ne sont plus assises sur les mêmes rituels. Lorsqu’on a eu l’habitude d’avoir un auditoire inactif, discipliné et un sens unique de la passation de savoir, ça rend la vie trépidante, vivante et interactive. D’autres pourraient en avoir peur, voire ne pas saisir le changement qui s’effectue. Dommage, les jeunes ont tellement de choses à dire et pourraient engendrer un mouvement de création sans précédent. Les vrais débats et l’enrichissement mutuel, une autre idée de la motivation à apprendre, la soif de connaissance et surtout la méthode les empêchant de se bourrer le crâne en apprenant bêtement des tonnes de données. Je crois qu’il faut saisir cette formidable opportunité dans la construction même des séances, de l’espace de la classe et de l’aménagement des locaux d’enseignement. Une nouvelle manière de libérer la créativité en brisant les barrières de statut avec tout le respect nécessaire au bon déroulement de l’assimilation, contrôle et restitution du savoir. Des méthodes collaboratives faisant des ravages sur les plateformes sociales, nous avons donc des chances qu’elles fonctionnent très bien aussi ici. Encore faut-il leur donner la chance, y croire et faire en sorte d’imposer le changement aux instances plutôt conservatrices de l’éducation “nationale”. Impossible n’est pas Français, et surtout est un mot dépassé, dans justement le dépassement de soi que l’on apprend aux élèves, dès leur plus jeune âge.
La collaboration :
Nous sommes donc, comme qui dirait, à une nouvelle ère de collaboration, partage d’expériences, de connaissances, de situations et de points de vue. Une conversation permanente, représentant une meilleure assimilation du parcours de savoir, savoirs-faire et savoirs-être nécessaire à la formation d’un bon citoyen. Doit-on passer son temps à évaluer l’assimilation par des tests et examens ? Doit-on favoriser le plus possible les échanges autour d’expériences et de certaines connaissances, augmentant ainsi la mémorisation par la pratique plus que par le gavage ? Le e-learning n’est-il pas un bras armé plus efficace sur l’apprentissage pur de connaissances, là où l’enseignant plus un guide, un modérateur qui aiguille l’élève dans sa collecte de données et de concepts ? Celui qui complète par la mise en situation concrète des outils et données par des éclairages contemporains et des “cas” rencontrés. L’argument de l’expérience et de l’âge/seniorité fonctionne encore, mais s’illumine dès qu’il se complète par un partage bien dans son époque, avec des générations plus jeunes. Brain and storm sessions, seeding rooms, collective contests, speed pitch…autant de méthodes dérangeantes pour les réfractaires mais du sourcing pur de motivation pour les autres. L’heure serait donc à une ambiance transgénérationnelle, qui prendra le meilleur de chacun. Et par là même, équipera les classes et amphis du meilleur du numérique, de contenus interactifs, de comptes-rendus collaboratifs, de live-blogging. Et l’état d’esprit suivra par les résultats : une meilleure mémorisation, motivation et efficacité dans la dispense du savoir, histoire de créer un enseignement équilibré, libre et juste et de développer la diversité, source d’innovation.
Les mesures/résultats :
Il y a déjà maintes fois de larges réflexions sur l’aptitude à vraiment mesurer l’efficacité de l’enseignement et le niveau des élèves. Le bac lui-même, entre tricheries, fuites 2.0 et épreuves dépassées, constitue le meilleur exemple, où tant d’énergie est dépensée, dans un diplôme “socialement smart”, mais qui ne sert plus à grand chose : enseignement, mais pour quoi ? La finalité, c’est d’apprendre toute sa vie, mais surtout de trouver un emploi, valorisant et valorisable au long de sa “carrière”. Carrières en dents de scie et chaotiques, à court terme, qui ne permettent plus de s’insérer correctement…Je pense que l’une des plus grandes opportunités de l’éducation en mode collaboratif serait d’abolir les barrières de “genre et de classe”, au profit d’un corpus de connaissances qui évolue au toucher et à la pratique de tous types d’intervenant : professeurs, chercheurs, professionnels, industriels, inventeurs, commerçants, parents, théologiens, sociologues…Et le résultat c’est que finalement tout le monde apprend avec tout le monde, et que la peur de l’échec (ie en examen) s’estompe tant la connaissance se diffuse plus naturellement et de manière plus concrete et opérative.
Si les outils et la technologie restent ce qu’ils sont, ils nous forcent et nous poussent dans des logiques à réinventer, qui rend l’attrait de la connaissance encore plus intéressante. Et l’invention et le renouvellement restent le meilleur moyen de ne pas s’endormir, de rester compétitif et de captiver tout public. La passion et l’envie soutiennent toute la dynamique de changement incontestablement nécessaire au réveil du savoir. Inspirons nous des meilleures pratiques collaboratives, car elles redonnent du lien. Et du lien, nos sociétés en ont besoin en ce moment…
Plus loin avec :
- l’enseignant du 21ème siècle (anglais) : http://www.educatorstechnology.com/2012/07/what-does-it-take-you-to-be-21st.html?goback=.gde_1891552_member_132735015
- les outils numériques : http://www.educatorstechnology.com/2012/06/free-tools-to-go-paperless-for-teachers.html
- un excellent résumé “boîte à outils” sur les outils : http://www.educatorstechnology.com/2012/06/33-digital-skills-every-21st-century.html
- un wiki sympa : http://educationdeuxpointzero.wikispaces.com
- et des resources video impressionantes pour les enseignants : http://www.educatorstechnology.com/2012/07/10-most-important-educational-youtube.html?goback=.gde_1891552_member_133932793














