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Apprendre à apprendre 19/08/2013

Posted by evidencesx in économie, éducation, développement durable, diversité, management, marketing.
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En cette période de disette pour l’emploi, s’il y a une urgence majeure, c’est bien l’éducation. Renouveler notre manière d’apprendre et surtout développer les filières qui marchent, recrutent et développent l’économie. Une vraie évidence en terme de marketing, il s’agit juste de produire ce qui va se vendre (cad former de bons profils correspondant à la demande des entreprises qui recrutent…). Mais il y des évidences qui ne se voient pas, et force est de constater que ce domaine recèle d’inerties plus incompréhensibles les unes que les autres…

1) la course aux grandes écoles, de celles qu’on nous envie : de toute manière, à l’heure où les frais de scolarité augmentent et l’Etat qui entend diminuer ses subventions, cela deviendra bientôt une exception nationale, pour étudiants venant de l’étranger. Pourquoi pas…

2) le catalogue incroyable des rêves : j’y vois ici le nombre de formations en voie de garage, ce serait trop long de les énumérer et déplacé sans vouloir vexer personne. Idéaliser des filières condamnées au chômage ou à un futur très incertain, c’est criminel en ce moment, mais comme personne n’envisage de les fermer ou de les adapter…l’éducation nationale qui n’ose pas se dire la vérité, les professeurs qui rêvent encore de former des élites avec des programmes inadaptés et hors du temps, et les élèves poussés par des parents qui ne s’en occupent pas, trouvent ça bien, voire « exotique » de les laisser étudier là. Certes, si on n’a pas besoin de travailler…

3) des formations insensées, ou plutôt qui ne servent qu’ à retarder des décisions dures à prendre (un peu comme les dépenses de l’Etat !). Parce qu’elle emploient des professeurs, font rêver des étudiants et leur permet de retarder leur arrivée dans la liste des demandeurs d’emplois. On parle l’alternance comme d’un pis aller, un peu comme si on ne souhaitait pas le développer, comme une honte par rapport aux formations plus académiques. Mais le boulot pour les académiciens y’en a plus ! Un rappel : en Allemagne par exemple et sans encore faire un hommage à ce pays merveilleux…Mais au moins les formations, elle changent en fonction des besoins des entreprises. Les matières, l’intensité, les méthodes, etc changent car cela doit changer pour rendre plus compétitif les élèves pour le milieu du travail. Le partenariat entreprises/écoles fonctionne main dans la main, pour le plaisir de tous : pas de notion de hiérarchie, de vraies collaborations…Comme si en France, l’éducation était supérieure à l’entreprise, la vieille idée des « intellectuels » contre les « productifs ». Il faudrait pour ça que les intellectuels comprennent ce qu’est une entreprise et/ou y aient déjà travaillé…C’est un fossé vraiment d’incompréhension qui règne encore en France, et il serait temps d’en prendre conscience.

Apprendre

4) le non sens des entreprises qui n’embauchent plus : doute, incertitude, frottement de l’emploi, difficultés à y voir clair. Pourtant il y a ce qu’on appelle des « périodes d’essai » qui servent justement à mieux se connaître et reconnaissent le droit de se tromper. Mais ça ne suffit pas, les entreprises veulent des jeunes dociles, sur-diplômés et gratuits. D’où la surexploitation des stagiaires à des prix frisant l’indécence, incluant des responsabilités de cadres et même pas un merci. D’où la course aux diplômes plus ou moins exotiques, surdimensionnés qui ne serviront probablement à rien dans le quotidien d’une entreprise moyenne. Alors apprendre, mais ça sert à quoi…?

5) le rôle « social » du diplôme et de la provenance plutôt que de la destination. A qui servent réellement les connaissances que l’on ingurgite, au prix de sacrifices importants parfois ? On attache énormément, tout du moins en France, à ces précieux diplômes, alors que sur des cohortes sorties de grandes écoles ou universités, combien végètent et ne transforment pas l’essai de l’école ? On voit bien qu’il ne s’agit nullement du poids du diplôme, mais plus des capacités, de la motivation et de valeurs (entraide, travail en équipe, sociabilité, capital émotionnel, facilitation…). Pourtant la majorité de parents fonctionne encore, par fierté, duplication d’un modèle, clonage ou hasard, comme ça. Fierté d’appartenir, plutôt que de réussir réellement, fierté d’avoir un sésame pour lequel il n’y aura peut-être pas de débouché. Qu’importe, comme tout être social, la vitrine et l’égo sont fortement ancrés dans nos habitudes, hélas…

6) l’apprentissage lui-même qui n’est plus le même : aujourd’hui l’enseignant doit être plus un guide, un catalyseur que celui qui détient le savoir. Il aide à la méthode, à réfléchir et à cristalliser le savoir plus qu’au gavage. Tout est disponible tout le temps, en permanence sur l’Internet en mobile et partout, il y a donc fort à parier que les connaissances sont annexes et la concentration doit se porter sur « ce que va on en faire et comment » plus que le quoi réellement. Un tournant que les enseignant auraient bien du mal à prendre. Cours, session et manuels, tout est toujours centré sur un « émetteur » et des « récepteurs », qui reçoivent et perçoivent comme ils peuvent. Où sont les échanges nécessaires et le reflet de l’accumulation du savoir ? Comment l’enseignant, au delà de simples « tests » (dont on connaît les limites), s’assure et évalue sa mission ?
On note d’ailleurs que le pendant de ces changements est plus ou moins déjà opéré dans les entreprises où les sacro-saintes « hiérarchies » « up/down » ne fonctionnent plus comme avant au profit de projets et d’organisation fonctionnelles plus performantes. L’économie numérique, aidée par les outils et les comportements « startup » ont forgé des environnement plus souples, flexibles et participatifs. L’éducation et l’apprentissage a donc beaucoup à apprendre de ces méthodologies…

Apprendre comment et pourquoi désormais, voilà l’enjeu pour motiver l’ensemble de l’écosystème : étudiants, enseignants, corps académiques et entreprises. Un enjeu qui doit permettre de faire émerger les talents de demain, catalyser la création et l’innovation, et surtout d’inventer les emplois de demain qui n’existent probablement pas encore. Et on apprend à tout âge…

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Comment concilier son métier de dirigeant et son métier d’homme ? 06/02/2013

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Oui ça l’air anodin ou évident, mais les citoyens et humains que nous sommes endossent parfois des costumes pas faciles à porter…Dirigeant, managers, leaders, autant de mot porteurs d’espoirs pour les actionnaires et les salariés, mais qui nécessitent une éthique irréprochable, à l’heure des tumultes et des collisions de valeurs.

L’entreprise, vaste organisation dont la portée est invisible, cache, disparue, oubliée, indicible et terriblement dangereuse, forme et utilise des dirigeants. Comment être sûr désormais qu’ils exercent et assument une éthique d’homme, à défendre l’entreprise et ses acteurs, dans ses missions ? Et en même temps, comment se fier et à quoi : invisible ou invisible, quel est le référentiel à prendre en compte ?

La vision n’est pas qu’un simple plan d’action, elle demande du coeur, de la passion et de l’envie..

La morale commande et l’éthique seulement recommanderait ? Allons, prenons notre courage pour remettre l’intelligence du risque et de la probité comme véhicule et non comme accessoire. La confiance se gagne et se perd, mais ça vaut le coup. Et comme disait Sartre : “la confiance se remplit en gouttes et se vide en litres”.

Vitruve

Et l’homme dans tout ça ? Doit-on endosser un autre costume, une autre posture, mais pour quelle raison ? Il ne s’agit pas d’exercer ce que l’on veut, avoir deux personnalités ou plus, mais d’être constant, fiable et responsable. Et la responsabilité est bien partagée, car dans tout rôle, il faut l’assumer.  Forger des convictions, recherche de conciliation et exercer les choix avec discernement, voilà la réalité d’homme et le comportement, dans la résolution des problèmes, en tant que dirigeant. Recherche de nouveautés, même dans l’ancien, voilà l’idée force pour se ressourcer. Le métier d’homme ne serait-il pas de considérer chaque difficulté comme une opportunité d’apprentissage, d’échange et de don ?

La création de valeur de l’entreprise doit donc s’effectuer autour du partage de valeurs, et pas seulement au seuil simple du profit. Ça change tout, car ça engage tous autour de nos facettes, liant ainsi ces rôles dans le même but : construire ensemble la société que nous souhaitons pour nos enfants et qui est durable pour toute le monde. Gagner du courage, c’est d’abord être soi-même courageux. C’est beau et surtout c’est utile et efficace.

En tous cas, ce qui est sûr, c’est que ni le métier d’homme, ni celui de dirigeant ne s’apprennent dans les livres. Il faut affronter les deux pour se convaincre des intersections, des ressemblances et des complémentarités. Et rappelons nous surtout, d’après Delatour : “On est qui on est, mais on devient qui on veut”.

Et lorsque le temps est bouché et que la vision est impossible : “on ne voit bien qu’avec le Coeur (St Exupery)”

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Compétences, quelles compétences ? d’après @oecd forum 01/07/2012

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Je me suis rendu à l’OECD Forum 2012, dont j’ai particulièrement apprécié l’organisation et les sujets et ai participé au « IdeaFactory » workshop sur les « skills », appréhendant sur le plan global et planétaire, la problématique des compétences. Ces compétences qui manquent cruellement à certains pays, et qui foisonnent chez d’autres, viennent bien d’un apprentissage séculier, dans la mécanique de l’éducation, du savoir, de l’héritage et des coutumes. Mécanisme, orchestré, organisé et pratiqué par les différentes couches sociales et les acteurs de la connaissance…Mais parfois bien plus modestes, comme la cellule familiale qui colporte les secrets et les us de la tribu, clan ou de la tradition orale. Bien passionnant, si ce n’est que ces différences se font sentir désormais dans la compétition mondiale, sans bien entendu parler d’intelligence, mais de choix environnemental du savoir : quels savoirs, quelles spécialités, dans le tumulte de la compétition mondiale vers un équilibre des marchandises, échanges et idéaux, équilibre social, de paix et partage des richesses. Comment dans ce cas l’envisager, alors que ces différences ne font que s’accroître, par manque d’infrastructure et de formations adaptées, pour ré-équilibrer les chances des individus et des générations futures ? Il y a bien un enjeu majeur de formation mais surtout de choix de quelles formations, pour quels débouchés et quels métiers et industries…

Là où déjà le déséquilibre des ressources naturelles constitue une inégalité majeure, les compétences seraient donc une « marchandise », précieuse, dont l’acquisition et le capital feraient l’avenir d’une nation, très tôt. Comme les choix énergétiques ou en terme d’industrie ou d’agriculture, l’éducation – système, orientation, ressources et investissements – est donc un objet majeur d’attention et le focus sur le développement des compétences est donc clef pour l’avenir d’un pays. Mais tout comme une économie de biens et de services, il doit y avoir une modération, un équilibre entre offre et demande, de manière à pourvoir les pays, sans surplus mais aussi sans carence importante, la « balance des compétences » doit être équilibrée. Aussi, étant retenues comme stratégiques, les compétences et leur culture doit faire l’objet d’un écosystème favorable à l’identification des besoins, la culture de bon niveau des demandes et la bourse aux échanges. l’OCDE identifie ainsi un diagramme extrêmement pertinent pour faire les bons choix, cruciaux pour l’avenir des futures générations et de l’économie héritée. Selon 3 choix majeurs comme :

  • Un pays peut développer les compétences appropriées en
    • identifiant les opportunités en terme de métiers/secteurs porteurs où il est compétent/pertinent
    • renforçant l’investissement dans la filière éducative de référence
    • préparant les mutations technologiques et sociales dans l’éducation même, en renforçant la veille et les partenariats « recherche/éducation/entreprises » (les fameux « clusters »)
    • favorisant les échanges internationaux et en développant un programme de « long life learning », avec des phases adaptées aux rythmes de vie
  • Un pays peut activer l’offre de compétences détenue en
    • subventionnant l’exercice de compétences rares, la documentation et la formation dans ces domaines
    • exportant le surplus et en communicant sur les richesses et l’unicité des compétences détenues
    • favorisant l’échange de compétences lorsqu’elle n’est pas monétisable, surtout pour qu’elles ne disparaissent pas et que l’héritage de la transmission puisse avoir lieu
  • Un pays peut veiller à ce que les compétences détenues soient utilisées plus efficacement en
    • renforçant le lien entre offre d’emplois et adéquation de compétences et en organisant la flexibilité bilatérale
    • optimisant l’offre de compétences en l’utilisant là où elle est le plus utile pour le pays : demande interne, formation, internationalisation, mutation…
    • minimisant la sous ou sur-utilisation d’une compétence donnée pour besoin exprimé
    • menant des études visant à documenter l’utilisation actuelle des compétences et diriger la future politique de production de compétences : quoi, comment, pourquoi ?

Les compétences, nous venons de le voir sont donc ressources rares, mais surtout gérées aujourd’hui sans équilibre global et réflexion d’ensemble : former des gens inutilisés par la suite (le chômage…) ne sert qu’à illusionner et flatter des filières académiques, pour la plus grande désillusion des diplômés…Et lorsqu’on parle de « formation continue », 80% des formations ne servent à rien sinon à dépenser le budget formation des entreprises, sans espoir de retour ni même d’objectif initial…Il est donc temps de rendre cohérent les actions et de mieux utiliser les subventions et aides, pour former non pas mieux, mais plus utile. L’apprentissage est une filière intéressante car elle réunit l’offre de formation au plus tôt, avec la concrétisation en unité de travail dans des entreprises, permettant pour l’apprenti, d’adapter au mieux et au plus juste sa formation et son style, pour l’entreprise de former au plus près de son besoin, les compétences tout de suite utiles…Mais plus proche des besoins primaires, il y a juste la nécessité d’exister dans un éco-système local. Nombre de rues dotées des plus pauvres, forment et adaptent, par morphisme les compétences quotidienne, avec des capacités exemplaires de flexibilité. Mais l’on reste à une vision très court termiste, nous sortons donc d’une prise en compte plus macro-économique, aspect qui rend un pays plus compétitif, à terme.

« Better policies for better life », dit l’OCDE dans sa baseline, espérons que la politique d’équilibre et d’échanges en terme de compétences et de coopération pour la formation et le partage des connaissances sera une réussite pour doter les moins chanceux, d’intelligence et de culture leur permettant d’émerger et d’en faire le négoce…La bourse des connaissances et des compétences n’existe pas encore et pourtant, elle pourrait donner lieu à des échanges utiles et à un circuit vertueux de progrès mondial. J’y crois, j’en ai envie et j’y collaborerai dès que possible…

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L’optimisme, une valeur à enseigner et cultiver 04/06/2012

Posted by evidencesx in développement durable, leadership, management.
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L’optimiste est celui qui ne renonce à rien. « Et puisque l’inaccessible est pour plus tard, essayons l’impossible ». Car pour l’optimiste, tout est possible, car il est sur que tout sera accompli, un jour. Ce surcroit de « confiance », et surtout de pari dans l’avenir est capital dans l’entreprise, au sens de la construction d’un projet quel qu’il soit. Et donc extrêmement précieux pour l’esprit d’entreprise, l’entraînement des équipes, la motivation de groupe et l’ambiance collaborative. Un optimiste est très contagieux, voire convoité et jalousé, tant il attire le bonheur et rayonne autour de lui. Et au fond, la vie n’est faite que de bonnes choses, avec quelques revers qui ne durent jamais longtemps, non ?

Un essai de Suzanne Segerstrom, Breaking Murphy’s Law, montre que la persévérance et la motivation nourrissent l’optimisme. Un signe de plus pour être positif, malgré l’échec et le malheur, en tournant le dos au côté inéluctable décrit par Murphy. Il y a un côté conquérant et entrepreneurial à ne jamais se laisser abattre, caractère de persévérance, impliquant et bâtisseur pour l’optimiste, mais surtout : il aime ça. Il y a donc à la fois, envie et rétribution, une auto-alimentation en « ressources existentielles, en cherchant, coûte que coûte, le bon côté des choses. En cotoyer, c’est extrêmement ressourçant…

Y’a t-il un effet « gènes », c’est possible. Mais on est sur que l’environnement et l’éducation contribuent fortement à la capacité positive et optimiste. Cultiver l’estime de soi, sans pour autant à « élitiser » tout le monde est constructeur pour les enfants, et peut-être travaillé à l’échelle de l’entreprise…eh oui, il faut apprendre à féliciter aussi en entreprise, à engager un cercle de collaboration « win-win » où l’agent économique apporte plus que son travail : son humeur optimiste. Quelques règles peuvent être citées comme par exemple :

  • agissez d’abord, les effets positifs suivront ; une manière de relancer le débat de l’engagement et de l’initiative
  • pour réussir, il faut faire semblant : on peut apprendre l’optimisme en faisant tout pour l’être
  • adopter le positif, c’est renoncer moins et être plus combatif ; se servir de l’échec comme d’un ami, entreprendre…
  • éviter les discours intérieurs, pensées négatives, ne pas s’appesantir sur les échecs

Alors prêts ?

Couchez sur le papier en fin de journée, 3 évènements positifs, pour achever votre journée sur cet élément de gloire…et l’écriture fixe et mémorise, et surtout permets de reprendre ses notes en cas d’humeur moins heureuse…Quelle que soit votre activité, isoler les aspects gratifiants, s’entourer de personnes positives et pleines d’allant, se concentrer sur des situations gérables et déporter les autres pour plus tard.

Rien que d’écrire ça, ça fait un bien fou, alors j’espère qu’en le lisant, ce sera contagieux et vous apportera tout l’optimisme de votre journée. Positifs du monde, rencontrons-nous !

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Sustainable Business Conference 2012 – HEC Campus 29/03/2012

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Nouvelle édition de la Social Business Conference, le 22 mars sur le campus HEC, organisé par le MBA program, avec en introduction quelques videos de personnalités politiques d’envergures, concernées (F. Hollande et N. Kosciusko-Morizet).

Le thème de cette conférence de cette année tient en un concept autour des villes du futur et de leur capacité à « déclencher et mettre en oeuvre des megapoles adaptées aux enjeux énergétiques avec un gimmick = Smart Cities, Smart Sustainability”. Oui il s’agit désormais de cohabiter entre villes urbaines, quotas de ressources naturelles et exigences énergétiques : pour que tout le monde vive ensemble, durablement.

Un certain nombre de questions clefs ont été traitées comme par exemple :

  • Comment réduire la consommation d’énergie dans ce que l’on appelle les « smart cities » ?
  • Quelles énergies et quand ?
  • Retraitement des déchets : sur site ou déporté, quel équilibre ?
  • Industrialisation du concept « positive city » ?
  • Comment généraliser la smart mobility ?
  • Quels partenariats public/privé pour financer les smarts cities ?
  • Comment éduquer les citoyens et les comportements durables ?
  • Traitement de l’eau : quelle industrie et infrastructures ?
  • Comment développer de la nourriture en cycle court et l’agriculture urbaine ?

Je me suis toujours dit qu’il était bizarre (mais bougrement utile !) d’avoir créé un parti politique des “verts”, comme si dans chaque autre parti dit généraliste, la problématique énergétique et développement durable, restait au seuil des préoccupations, dès que s’empare la fièvre de la crise, du politicien poli et de la nécessité de croissance…croissance ? Inventons donc une autre croissance, une croissance raisonnée, commune et porteuse pour l’héritage mondial…

L’intervention de Maximilien Rouer (BeCitizen) nous parle de « ville médiévale » et d’un modèle superbe : déchets organiques, recyclage automatique, etc mais pas adapté en cas de surpopulation…Mais aujourd’hui, nous avons comme dans le marketing, inventé la segmentation des déchets pour en faciliter le recyclage et la ré-utilisation (déjà un exemple de croissance raisonnée) et surtout pour éviter le transport (et le CO2), le recyclage/destruction sur site qui incite donc à prévoir des sites, prévus pour produire, recycler, détruire au même endroit. Le défi c’est donc le passage d’une ville 100% béton à une ville plus verte (re-végétalisation). Santé, flore, bactéries…ré-introduisons dans l’écosystème ces vilains microbes et bactéries font donc partie de notre bien-être car un environnement trop aseptisé, nous rend encore plus malade !

La « ville positive » ce serait donc une ville plus productrice, plus agréable, avec une réduction des flux migratoires, plus autonome, résiliante aux grands chgts climatiques. C’est noté…

Au tour de Gunter Pauli avec “économie et écologie” : “Rethink”, dare and invent the blue economy. “we can’t always learn children what we did, because they won’t be able to invent anything else”. Sa démonstration en Anglais est fascinante devant un parterre, pour la plupart d’étudiants en MBA, en comparant une politique dite « green » (expensive, taxes, subsidized, protect, comply, do less bad, global, corporations) et « blue » (innovative, competitive, jobs, regenerate, change the rules, choose the best, do more good, local, entrepreneurs). Un vrai passionné, qui n’hésite pas à bousculer les existants et provoquer les gouvernants de ce monde, qu’il a rencontrés par un nombre impressionnant de conférences. Il nous livre par exemple les vertus :

  • du bamboo : vegetable steel…incredible properties in the simple nature… »Social housing can be beautiful, useful and relevant »
  • de l’énergie par l’écoulement de l’eau (douche, canalisations, chasses d’eau…en installant des micro-turbines)
  • de la « smart chemistry »
  • de la physique : « with photovoltaïcs : use both sides »
  • du courant continu : « change your house to “DC” electric energy »
  • de la purification de l’eau de mer sans filtre, pompes, etc des procédés qui existent mais qui tardent à convaincre…
  • et du « fast, cheap, local » un moyen sans conteste efficace pour « outcompete the next future goals for sustainable life »

Mais selon lui il y a une attitude au delà de tout, nécessaire : « l’open source » sur tout, pour libérer les penseurs, innovateurs et faire de cet édifice un magnifique projet qui n’appartient à personne et à tout le monde. C’est ainsi que lui même publie et offre autour du monde ses « 36 fables », histoires qu’il a écrites au fur et à mesure de ses rencontres et qu’il offre aux écoles du monde entier. Un exposé passionné et passionnant…

L’après-midi est organisée selon 3 thèmes :

  • social business & HR with access to « quality education », « water treatment and solutions » and « food new shifts and waste problems »
  • clean tech with « reduce energy consumption in smart cities », « positive cities » and « waste management and treatment »
  • infrastructures with « industrialize positive cities », « smart mobility » and « public/private partnering for smart cities

3 enjeux majeurs autour de 3 ateliers successifs qui permettent de réunir chercheurs, dirigeants/innovateurs et consultants pour remuer un peu les idées reçues et délivrer des éclairages, issus des zones en questions où il est capital d’opérer des changements. Car l’innovation la plus efficace c’est bien celle qui est réalisée par les utilisateurs mêmes, ceux là qui connaissent le mieux leurs contraintes et les recettes qu’ils inventent, bien avant que les états interviennent et souvent hélas en prennent conscience. Les débats vont bon train, mais nous restons parfois un peu sur notre faim, car soulevant des problèmes et ne fournissant que peu de solutions. Mais la tâche est énorme. Ce qu’il faut retenir c’est la participation d’industriels de renom (Danone, EDF, Intel, PSA, SNCF…) qui doivent entreprendre des chantiers colossaux pour équilibrer leurs exigences de profit avec les contraintes sociales, énergétiques et économiques du développement durable. L’énergie telle que nous la connaissons s’épuise hélas et ne saurait convenir à la surconsommation et aux dérives du déséquilibre « riches/pauvres » qui s’accentue. il faut donc non pas un « autre monde », mais bien le monde dont nous héritons géré « autrement », avec les consciences collectives et l’imagination dont il faut faire preuve. Mais attention au « greenwashing », qui fait bien dans les rapports annuels et tranquilise la bourse…

L’occasion pour Emmanuel Faber (Danone), Didier Roux (St Gobain) et Serge Papin (Système U) de conclure et de nous confier quelques pistes de solutions et notamment d’illustrer comment chez eux, ils appréhendent sérieusement le dossier « durable » dans leurs métiers respectifs. Et l’occasion aussi de se satisfaire que tôt, des étudiants sont sensibilisés à travailler « autrement », voire entreprendre dans ces domaines pour y être confronté désormais chaque jour.

Une initiative qui grandit d’année en année et confiée aux étudiants du MBA d’HEC en partenariat avec la chaire social business du même établissement.

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Campus de la solidarité HEC : 7ème édition et 20/20 07/03/2012

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20 associations caritatives étudiantes et 20 bonnes raisons de venir à ce fameux campus, le 6 Mars à Jouy en Josas. En présence et sous le parrainage d’invités d’honneur comme Aude de Thuin, Fondatrice et Présidente du Women’s Forum, d’Olga Trostiansky, Secrétaire Générale du Laboratoire de l’Egalité, et du Docteur Pierre Foldès, Fondateur et Président de Médecins du Monde en Belgique, l’évènement a commencé par une conférence inaugurale sur le thème des Droits des femmes.

Il serait en effet temps de considérer l’égalité des chances et de faire monter en pression la représentation féminine, dans les rangs politiques, économiques et sociétaux. On ne compte plus les textes, mais désormais les actions…et ça c’est plus long. 82% d’hommes à l’assemblée nationale, 27% de différence salariale entre hommes et femmes, etc. Des chiffres qui devraient faire réagir et résonner notamment dans les rangs d’HEC, où de nombreuses jeunes filles aspirent à une vie professionnelle passionnante mais AUSSI à une vie de famille épanouie. Et ça commende dans notre éducation où entre religions et imaginaire enfantin, la place de la femme n’est pas franchement très actuelle…et encore reléguée à de la « dépendance ». Alors évidemment, lorsqu’on monte le ton, il y a toujours le risque de renforcer l’opposition et de stigmatiser ces plaintes comme un « ennemi », là où il n’y a que tentative de construire un monde d’hommes et de femmes, ensemble et non pas contre. J’ai eu l’occasion d’en parler d’ailleurs ici récemment (une coïncidence ?), mais la réalité est bien celle-ci : la richesse féminine comme agent économique au pouvoir est toute autre que celle des hommes…et le style incomparable donné au côté « féminin », recèle des atouts certains, à cultiver et enseigner. Gageons que la sortie du livre d’Aude de Thuin, fasse réagir et bouger les monolithes séculaires de notre société ancrée dans l’histoire, en modernisant ce qui doit l’être : la chance à tous. Alors changeons les histoires sans changer notre histoire et sans faire d’histoires…

La deuxième partie de soirée était consacrée à une mini-exposition avec des stands d’associations fondées et/ou gérées par des étudiants, sur le thème de la solidarité. Aide à l’éducation/soutien scolaire (Fleur de Bitume), Commerce équitable (Equiterre), Accompagnement d’enfants malades (Rêve d’enfance), projets humanitaires (Solidarité France/Népal), etc. On voit à quel point à la fois la fibre d’entreprendre et cette fièvre de bâtir du concret, mais aussi et surtout, pour les autres, qui magnifie encore plus le débat, émerge dans l’esprit de ces étudiants, pourtant encore jeunes. Et ces initiatives résonnent d’autant plus dans le temple HEC, autrefois dédié à des professions « très comme il faut » et aujourd’hui considérée comme « honteuses » (par exemple, la finance spéculative). Mais tout est dans le style : la finance est plus que jamais nécessaire, ils le découvrent dans l’achèvement de ces projets associatifs. Finalement, ces exercices « réels » révèlent comment des incompréhensions graves mènent parfois à des impasses, alors que rien de plus beau que la passion, les équipes et le dépassement de soi pour les autres. Au delà des contenus, c’est bien entendu cette énergie et cette motivation (qui j’espère ne s’étioleront pas dans le temps…) qui animent ces jeunes et fait briller une étincelle dans leurs yeux, signe à la fois d’entrain, de malice et de débrouillardise. Mais HEC ne serait-il pas ainsi sur le chemin de « l’apprentissage » par l’exemple ? Il y a de la graine, du bon terreau et de l’engrais. Ces jeunes pousses n’auraient pas fini de nous étonner, et HEC comme écrin de moyens est un bon catalyseur de compétences. La devise serait donc bien exploitée : « the more you know, the more you dare ». Osez, car l’échec se mérite mais il est formateur…

Puis le dîner de Gala du Campus de la Solidarité, sous la présidence d’un invité de marque, Jacques Hintzy (HEC 1958), Président de l’UNICEF. Ce gala est mené de main de maître par les étudiants : organisation, logistique, choix des menus et service à table (si, si…). Un bon moment, ponctué de brèves envolées musicales, avec un groupe « maison » (là encore d’étudiants)…Enfin la remise des prix du groupe HEC Yvelines, qui soutient depuis des années les associations solidaires sélectionnées par HEC : 1er prix (1.500€) à Goéland (asso d’aide handicapés mentaux) et deux autres prix dont Rêve d’enfance (600€ chacun).

Le grand moment de la soirée (on sent la joie et l’animation monter…) fut le défilé de mode avec l’occasion d’admirer des créations issues du commerce équitable, portées par des étudiantes et étudiants de l’Ecole, défilé de mode éthique et engagé, donc ! Eh oui, on apprend aussi à défiler et le maintien, puisqu’on devra porter un jour, des vêtements de fête…Les étudiants sont gais, vifs mais pro : sur le tapis rouge, peu d’impairs et de nombreuses créations inconnues, exotiques mais adaptées et bien portées. L’esthétique et son utilisation fait aussi partie de qualités dynamiques, qu’on apprécie chez tout le monde….

C’est une excellente édition que la 7ème, un peu comme la vague, la 7ème est plus grande, belle et majestueuse. Chapeau pour l’organisation sans faille qui fait de cette manifestation un chef d’oeuvre commun centré sur le plaisir des invités et l’envie de réussir, premier sans doute d’une longue liste. Un seul regret : pas assez d’anciens (parole d’ancien !), tant il semblerait qu’après sa sortie de l’école, la vie et ses tumultes nous font oublier notre « famille » et nos promesses : porter haut et fort, et loin, le message fraternel de l’éducation d’excellence, toujours, partout, tourné vers l’entraide car qui sait un jour, si de telles structures sauront l’accueillir et le réconforter, dans des moments plus difficiles. « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ». A nous tous de ne jamais l’oublier…

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La nouveauté, source de bonheur…et d’épanouissement. Si, si… 06/03/2012

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Vous vous ennuyez ? Vous vous êtes déjà ennuyé ? Vous êtes tout le temps dans l’ennui ? Bon, changez pour du neuf. La recherche de la nouveauté, dans tous ses aspects est passionnante et semble conduire à un bonheur rayonnant. Loin du « tout nouveau, tout beau », la quête du neuf est un élément capital dans l’aptitude au bien-être. Et en pleine santé, avec l’âge…L’esprit d’ouverture, de diversité et de curiosité qui allie optimisme, persévérance et l’absence de nombrilisme mène à une créativité sans précédent et profite au groupe. La « néophilie » comme décrite ici (understanding our need for novelty and change), qui recense et explique notre besoin de nouveauté et de changement, serait presque essentielle à notre « survie », dans un monde déstructuré et mobile au possible. Eh oui, pas d’adaptation à un monde qui change et se renouvelle de plus en plus vite signifie soit la disparition, soit vivre reclus et relativement en souffrance. Néophiles, néophobes, néophiliaques, qu’on peut presque qualifier de génétiquement aidé (viendrait des peuples nomades et rompus à l’exercice des changements rapides…).

Alors non seulement ça fait du bien, mais c’est aussi efficace : communicatifs et optimistes, les néophiles ont une capacité de persévérance et d’accomplissement plus aboutis et donc une capacité à se dépasser et surtout dépasser ses idées et son ego, pour aller au delà des situations classiques. Cela devient donc extrêmement pertinent pour des innovateurs, qui cherchent le Graal en permanence pour se renouveler justement…Lorsque la situation change il faut être capable de « réguler ses pulsions en ayant de l’imagination pour envisager tous les aspects possibles du changement, avec un avenir différent » ; ça a l’air facile…mais pas tant que ça. La résistance au changement est un facteur important de ralentissement des entreprises, tant elle sclérose les opportunités rapides à saisir. Manque d’information, peur de l’inconnu, satisfaction du bien plutôt que recherche de l’excellence…nous avons toujours autant de raisons de ne pas bouger…Dommage dans une société qui demande une agilité de tous les instants. Quant au dépassement de l’ego (la politique aurait à y gagner…), il élargit la perspective et fait perdre toute notion du temps pour se concentrer sur ce que l’on aime ; il nous redonne un lien pur avec la nature, l’humanité et l’univers. Parfois qualifiés de rêveurs, mais justement retrouvons un instant cette âme d’enfant, avec l’expérience et sans les illusions, pour équilibrer développement personnel et son entourage. Faîtes des choix, allez au fond, soyez curieux, même si cela n’est pas sans risque : les chercheurs débouchent parfois sur des inventions qualifiées de diaboliques…et c’est trop tard. Le prix à payer pour l’épanouissement de l’émerveillement permanent. C’est beau non ?

L’heure est-elle encore à l’abonnement ? 29/09/2011

Posted by evidencesx in économie, business development, développement durable, innovation, management, stratégie, Uncategorized.
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Un terme qui est encore dans le dictionnaire, mais qui pourrait un jour faire partie du vieux Français, tant il est peu commercial, désuet et lourd d’affaires peu glorieuses…En tous cas un sujet réel, depuis la migration de notre économie industrielle vers de plus en plus de services et de dématérialisation de celui-ci. Le remplacement progressif de la « détention » par la « jouissance » et donc vers un service plutôt qu’un bien, va encore profondément modifier la concrétisation de l’espérance de gain des entreprises, car elle demande à renoncer à des ventes pures, au profit de loyers, redevances,…peu importe leur nom. Oui les entreprises pour rassurer leurs actionnaires ont aussi besoin de profits immédiat, de cash pour alimenter le quotidien. Mais là encore, l’équation est réelle : comptant ou à crédit, en quelque sorte ?

1) les usagers achètent des usages qui s’usent, la long tail du service :

Depuis très longtemps, lors de l’installation de l’économie de services, l’idée d’investissements longs amortis (= qui s’usent), équilibrés par une « rente » (= un loyer) du consommateur a fait son chemin. Si elle rassure l’investisseur et tous ceux qui doivent y prendre un risque, cette innovation part du modèle, du principe, de l’entreprise et du produit (ou plutôt service) et non pas du client. On répercute donc les vices (ou nécessités capitalistiques du modèle) au consommateur, sans lui demander. On bâtit donc des hypothèses de nombre d’usagers, qui paient un certain montant pendant un certain temps = la customer lifetime value du client (eh oui le client vaut lui même de l’argent…).

Mais bien entendu, au fur et à mesure de l’arrivée de la concurrence, le client qui n’est plus aveugle, compare. Et donc risque de rester moins longtemps « locataire » du modèle…dont l’amortissement financier est basé sur la fidélité. Fidélité à la marque, aux prix, aux services et parfois contrainte : on invente les contrats à « petites lignes », que personne ne lit et qui pourtant enferment le consommateur dans une prison dorée…Si effectivement, ce mode de consommation génère de l’inertie bons pour les opérateurs de services et endort le consommateur, la pauvreté en terme de promesse et de marketing est navrante. Si conserver ses clients, c’est les menacer avec un contrat…Si j’en parle, c’est que ça arrive encore en 2011…Mais après tout, ce mode soporifique a aussi des avantages : la consommation au « forfait » est censée être facile et moins chère…à voir, surtout si finalement le service consommé n’est plus : qui n’est pas abonné à quelque chose qu’il n’utilise plus ?

Après tout, il semblerait qu’on en reparle comme d’un modèle d’avenir, simplifiant les relations entre distributeurs, ayant-droit et consommateurs…Encore faut-il jauger de sa capacité à consommer dans la durée, le service offert. Quand il s’agit d’une nécessité « première » (eau, électricité…et maintenant internet), on ne se pose pas de questions. Mais lorsqu’il s’agit de contenus (jeux, video, livres, images, revues…), l’envie déclenche mais n’est sans doute pas constante…

2) de l’envie de tout arrêter : le burnout du consommateur, récupérant sa conscience (et son argent) :

Et puis un jour, on réalise, par un excès de zèle, un besoin de nouveauté ou contraint par son niveau de vie qui baisse, on fait table rase : haro sur tous les contrats longs, qui nous aliènent, qu’on a oublié dans un tiroir et on consomme autrement. La floraison de comparateurs sur le web aide grandement aujourd’hui à faire le tri, mais rien ne remplace un vrai tri dans sa tête par rapport à ses besoins et sa consommation. Si l’abonnement est addictif, c’est qu’il endort toute rebellion, par un système indolore de captation du RIB. Et ensuite finalement, il ne vous reste que des prélèvements, l’envie elle ayant disparu depuis longtemps…C’est ainsi que repenser sa consommation, c’est peser chaque jour son engagement et ses besoins, dans une optique d’optimisation : de son temps, de son budget, de son rapport avec la consommation utile et raisonnée. Trop c’est trop, la société consumériste nous « abonne » tout entier à l’envie de plus au lieu de l’envie de mieux. Notre faute ? être trop vulnérable, influençable (et c’est pourtant la mode et l’ère des influenceurs sur le web…), céder aux sirènes du « fitness status », ou acheter ne signifie plus un bien ou un service mais un statut, qu’il faut montrer ou mieux, avec lequel on vous identifie, on vous reconnaît et on vous classe. Classer, reconnaître, segmenter…Pourquoi faut-il toujours mesurer par du rationnel une envie passagère ou un plaisir pur ?

Alors on arrête, on écrit, on téléphone, on jette, on se désabonne, on rejette l’entité responsable, enfin on essaie : rappelez-vous les petites lignes…que personne ne lit. Elles sont là pour vous rappeler gentiment votre promesse implicite de fidélité et garder votre argent encore un peu…Et c’est là qu’est l’os : la difficulté à convaincre le consommateur pour un service est de plus en plus difficile, et proportionnel à l’effort qu’il faut déployer pour le quitter.

Les opérateurs sont là, trésors d’imagination pour séduire le consommateur. On banalise les produits, l’abonnement est roi, car il enferme, il verrouille, il endette le consommateur…longtemps. Quand l’abonnement devient plus important que le produit…Les subventions de mobiles dans la téléphonie avaient habitué les gens à effacer la valeur des produits en « offrant », à crédit, des mobiles chers…moyennant engagement et fidélité d’une part, surfacturation du service d’autre part. Je trouve que l’avenir des produits est bien morose : réduire la valeur de toute une industrie à un cadeau Bonux, pour tromper le consommateur. No comment. Le fait de passer d’une économie de détention à une économie d’usage et de service, ne doit pas masquer la réalité : à force de rendre gratuit tout et n’importe quoi, on met une pression forte sur les coûts, donc sur l’emploi et sur la délocalisation. Comment ainsi valoriser son industrie…puisqu’elle est offerte au moindre cri ?

Une relation pas toujours libre enferme notre avenir. (On fera un parallèle aussi en France avec l’emploi et la difficulté du « turnover » qui sclérose et verrouille toute décision). D’où la nécessité d’inventer d’autres formes moins engageantes de consommation : je consomme je paie vs je paie et je consomme peut-être.

3) après les différentes révolutions, celle de l’usage 2.0 : réfléchi, durable, raisonné, à petites doses…jusque dans les nuages :

Indépendement du choix déraisonné qui s’offre désormais à nous, la désescalade de consommation pourrait venir du monde « en développement ». Les pistes du social business, nous montrent comment acheter juste ce dont on a besoin, tout simplement parce qu’on ne peut pas payer plus. Et puis aujourd’hui, nous sommes entourés de « recommandation », de « social commerce » et de réseaux (plus ou moins bienveillants). On ne sait plus ce que l’on consomme et surtout où, puisque le service est souvent dans les « nuages » (cloud) et ne vous appartient que quelques secondes ou quelques heures. La consommation à l’acte devient donc une multitude d’impulsions et d’envies, sans attache et parfois sans avant ni après, un cauchemar pour les prévisionnistes : l’accès temps réel à des portions infimes de la chaîne de valeur d’une entreprise et du micro-paiement, notre société de zapping comportemental implique la capacité à gérer ces vagues de commandes informes, on pourrait dire presque chaotiques, tant elles ont l’air désordonnées, mais soutenues.

Mais attention, il faut  finalement distinguer l’usage, qui semble aujourd’hui plus disruptif parce que dé-linéarisé (mobile, saccadé, segmenté…) et par notre mode de vie plus nomade et sans arrêt en mouvement, et l’accès à des sources de consommation où il faudrait payer par acte et donc effectuer un acte bancaire à chaque fois…Vite pénible. Et c’est pour cela que les supports digitaux de nos anciens media (journaux, livres, jeux…), sont portés dans des bibliothèques importantes, à accès simultané et infini. Un modèle donc de paiement « forfaitaire », ferait donc légion et pressionCe qui ne veut pas dire abonnement. La notion d’abonnement, où le consommateur se sent « lié » et redevable ne convient plus à notre envie de liberté et notre infidélité latente…Les pistes actuelles seraient donc autour :

  • d’offres de services sans engagement, simplifiantes du point de vue de la consommation (mobiles, ergonomiques, à la demande)
  • d’offres forfaitaires certes, mais surtout modifiables à tout moment sans frais, pour s’adapter à nos vies trépidantes
  • d’offres à tarifs modulables aussi en fonction de la consommation réelle (à noter la télévision n’a jamais porté ses offres sur de la consommation à la minute, comme peut le faire la téléphonie et pourtant les outils existeraient aujourd’hui dans les box pour savoir combien de temps la télévision est allumée…; l’internet lui est tellement banalisé qu’on peut considérer qu’il fonctionne tout le temps)
Et puis au delà de tout ça, bien se poser la question : de quoi a t-on besoin, vraiment ? Je sais, c’est le boulot de nombre d’entreprises de faire croire qu’on a besoin de leur service, de plus et tout le temps. Mais la « forfaitisation » du besoin a des limites : il faut réinventer le nihilisme des choses pour apprécier la simple consommation, à l’acte. Pourquoi je le fais, pour combien de temps et comment j’arrête. Ces questions sont réelles dans l’invasion des contenus, messages et interactions de chaque jour. Et commencer à vraiment consommer ce dont on a besoin uniquement, consiste à arrêter de céder aux scooters, pc, tv…offerts pour 1€ et se concentrer sur le service (et le besoin) de l’instant. Les publicitaires et marketeurs sont de bons vendeurs de somnifères, qui déportent l’insatisfaction du consommateur plus tard : lorsqu’on découvre les petites lignes, les clauses vicieuses et surtout son relevé de compte : acheter à crédit quelque chose que l’on a pas voulu en fait, s’en apercevoir et être engagé…là commence, le désespoir…
Lorsqu’on examine le rapport entre l’envie/la satisfaction et l’évolution dans le temps, force est de constater qu’on peut se faire peur…Mais si on y pense vraiment, c’est totalement ça : la quête du plus et l’hédonisme nous aveugle et peut être synonyme d’angoisse, de dépression (de crime ?). Vraiment, ça vous dit rien ?
Maintenant, vous saurez…

#AperoSocEnt 2 : on remet ça du côté de l’entrepreneuriat social…. 02/09/2011

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Hier, c’était l’épisode 2 de #AperoSocEnt, les apéros à vocation rencontre et social business de tous ceux qui osent ou qui ont une idée dans le domaine du business social. Organisé au Players dans le 2ème à Paris et soutenu par makesense, danone communities, startupers.fr, la cellule « social business » de l’ESSEC, femmes entrepreneurs et d’autres, l’on y découvre quelques projets ambitieux plus ou moins durables. Sur une baseline bien trouvée « seul on va vite, ensemble on va plus loin » (ce qui en passant ne se limite pas au business social, mais bon…), la séance est rythmée autour de quelques pitchs et d’un openmic permettant en 60 secondes de parler d’un sujet en relation ou un autre (nouveauté, sortie, évènement…).


Nous avons ou découvrir en gros 5 projets :

  • Milaap, un « kiva » like dédié à l’Inde, développé par les Indiens pour les Indiens, sur des besoins simples du quotidien, permettant de prêter de petits montants pour faire réaliser un rêve, en local
  • Africanissime, commerce social de produits sourcés du Sénégal (vêtements surtout)
  • Ben&Fakto : boutique de vêtements « happy » où 10% du montant des achats va à  un organisme de micro-crédit
  • Thanksdu.de : plateforme de mise en vente aux enchères, d’objets fétiches de stars, actuelles ou déchues…pour dons à des associations
  • Hackingparty.org : des rencontres sur tous les thèmes pour partager des « expériences » (au sens propre du mot), ensemble ; du networking opératif en quelque sorte…
Sorte de flashmob de l’entrepreneuriat social, ces manifestations réunissent étudiants, jeunes entrepreneurs, chercheurs et bénévoles, curieux aussi sans doute (!), elles permettent d’échanger et de trouver des ressources, souvent gratuites, pour aider et pousser de jeunes et saines entreprises. Hors pitch, on y rencontre aussi waqa, un projet de découverte de la culture du monde, en lancement, et BigBag’N go, ayant développé un concept de service de ramassage de déchets de travaux (fourniture de sacs, collecte, tri). Bref, de jeunes pousses qui viennent échanger, donner des tuyaux et donner envie à d’autres de se lancer. Projets qui d’ailleurs ne sont pas toujours liés au terme « social », répandu et défini sur wikipedia. Quoiqu’il en soit un moment agréable, qui ressource et donne du sens à (toute ?) une vie. De quoi réconcilier valeurs humaines personnelles et job, de quoi aider les plus démunis, de quoi couvrir des sujets extrêmement pertinents, permettant de se passionner et de se dépasser, en donnant une valeur plus qu’importante au projet global. De l’épanouissement en barre, pour des jeunes parfois déboussolés par les grandes entreprises et les politiques menées auxquelles ils ne comprennent pas grand chose. Au moins ici, lorsqu’on fait quelque chose, le résultat immédiat c’est un sourire et l’impression d’avoir un peu changé le monde et en tous cas, le destin de quelqu’un à l’autre bout de la planète. Quoi de plus beau ?
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Kiva fonce en France…et en Français 22/07/2011

Posted by evidencesx in économie, développement durable, diversité, social business.
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Je pourrais avoir envie d’acheter un bonnet Péruvien. C’est sympa un bonnet Péruvien. Et là, je pourrais me dire « quelle chance qu’il puisse exister la possibilité pour moi de le faire, de trouver un produit de qualité, de France, en aidant un producteur local à se développer ». Mais « how could I make it real, now? ». Cette simple possibilité m’est offerte parce que la mondialisation s’organise et pas uniquement pour les grosses compagnies, mais aussi pour les petits artisans.

C’est grâce à Kiva, célèbre plateforme initiée aux USA, que l’on peut faire grandir des projets isolés, de producteurs locaux, dans le monde entier, par des prêts octroyés par tout le monde, à des initiatives individuelles ou de groupe, locales. Kiva permet de mettre en rapport des projets, postés par des demandeurs de ressources (financières), et des prêteurs, comme vous et moi, qui trouvent que cela a du sens, même avant de penser à toute déduction fiscale : c’est le cœur qui parle, et ça change tout…

Kiva essaie désormais de se développer en traduisant le concept en plusieurs langues, en open source, pour générer les initiatives locales dans tout le monde et pour étendre le concept au-delà de la zone de donneurs « US ». Kiva « en Français », vient de démarrer des sessions de « crowdsourcing », pour faire grandir l’idée en France et réunir bénévoles, idées et projets. Le 21 juillet, nous étions une petite cinquantaine au Camping de La Cantine, incubateur de startups à  la Bourse, autour de deux thèmes et tables rondes, animées par makesense, l’agence des « holdups sociaux », fédérant l’énergie là encore de bénévoles, pour des projets à objet social :

  • « comment augmenter la notoriété et la promotion de Kiva en France (et en Français) ? »
  • « comment attirer des influenceurs, vedettes, stars pour augmenter l’efficacité de phénomène de buzz autour de l’arrivée en France ? »

Ironie du sort de se retrouver dans le temple de la finance Française, pour y parler d’infimes besoins de micro-crédit…mais bon. Il n’y aurait plus qu’à se servir ? Pas sûr…

J’ai bien aimé. J’ai bien aimé, la beauté du geste, la simplicité de l’organisation bien timée et les participants plein d’humour et d’énergie…pour rien. Enfin, si pour toute la générosité d’un groupe d’innovation collective, un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Alors ils ont mon soutien, quelques idées et toute ma sympathie et j’avais envie d’en parler.

Il y a fort à parier que très rapidement, le phénomène Kiva en France et en Français, prendra de l’ampleur, car certes « le cœur a ses raisons que la raison ignore » mais il fédère aussi, en France des énergies importantes pour le partage des ressources. Et on parle ici de prêts de quelques dizaines de dollars, pas de quoi ruiner un foyer, si l’on considère surtout, qu’il sera un jour remboursé. C’est là, la plus grande fierté du « social business », c’est qu’il ne rabaisse pas celui qui reçoit, qui est très fier de réussir en notre nom et fier de pouvoir rembourser ses prêteurs. Une autre relation avec ses prêteurs, non ? Vous êtes fiers vous de rembourser votre prêt à une banque ? Pas particulièrement parce que c’est son métier à la banque…Alors que là, c’est complètement désintéressé. Je le savais bien qu’on pouvait un jour réunir le beau et l’utile, l’art et l’acte. Si vous n’êtes pas convaincu, rendez-vous sur le site http://kivaenfrancais.org vous y découvrirez tous les projets très touchants, trésors d’innovation et c’est sûr, vous vous y refléterez très rapidement. Sortez vos cartes bancaires, on vous attend à l’autre bout du monde. Et puis surtout, j’aimerais bien pouvoir acheter mon bonnet Péruvien…

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