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Sustainable Business Conference 2012 – HEC Campus 29/03/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, digital, diversité, innovation, social business.
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Nouvelle édition de la Social Business Conference, le 22 mars sur le campus HEC, organisé par le MBA program, avec en introduction quelques videos de personnalités politiques d’envergures, concernées (F. Hollande et N. Kosciusko-Morizet).

Le thème de cette conférence de cette année tient en un concept autour des villes du futur et de leur capacité à « déclencher et mettre en oeuvre des megapoles adaptées aux enjeux énergétiques avec un gimmick = Smart Cities, Smart Sustainability”. Oui il s’agit désormais de cohabiter entre villes urbaines, quotas de ressources naturelles et exigences énergétiques : pour que tout le monde vive ensemble, durablement.

Un certain nombre de questions clefs ont été traitées comme par exemple :

  • Comment réduire la consommation d’énergie dans ce que l’on appelle les « smart cities » ?
  • Quelles énergies et quand ?
  • Retraitement des déchets : sur site ou déporté, quel équilibre ?
  • Industrialisation du concept « positive city » ?
  • Comment généraliser la smart mobility ?
  • Quels partenariats public/privé pour financer les smarts cities ?
  • Comment éduquer les citoyens et les comportements durables ?
  • Traitement de l’eau : quelle industrie et infrastructures ?
  • Comment développer de la nourriture en cycle court et l’agriculture urbaine ?

Je me suis toujours dit qu’il était bizarre (mais bougrement utile !) d’avoir créé un parti politique des “verts”, comme si dans chaque autre parti dit généraliste, la problématique énergétique et développement durable, restait au seuil des préoccupations, dès que s’empare la fièvre de la crise, du politicien poli et de la nécessité de croissance…croissance ? Inventons donc une autre croissance, une croissance raisonnée, commune et porteuse pour l’héritage mondial…

L’intervention de Maximilien Rouer (BeCitizen) nous parle de « ville médiévale » et d’un modèle superbe : déchets organiques, recyclage automatique, etc mais pas adapté en cas de surpopulation…Mais aujourd’hui, nous avons comme dans le marketing, inventé la segmentation des déchets pour en faciliter le recyclage et la ré-utilisation (déjà un exemple de croissance raisonnée) et surtout pour éviter le transport (et le CO2), le recyclage/destruction sur site qui incite donc à prévoir des sites, prévus pour produire, recycler, détruire au même endroit. Le défi c’est donc le passage d’une ville 100% béton à une ville plus verte (re-végétalisation). Santé, flore, bactéries…ré-introduisons dans l’écosystème ces vilains microbes et bactéries font donc partie de notre bien-être car un environnement trop aseptisé, nous rend encore plus malade !

La « ville positive » ce serait donc une ville plus productrice, plus agréable, avec une réduction des flux migratoires, plus autonome, résiliante aux grands chgts climatiques. C’est noté…

Au tour de Gunter Pauli avec “économie et écologie” : “Rethink”, dare and invent the blue economy. “we can’t always learn children what we did, because they won’t be able to invent anything else”. Sa démonstration en Anglais est fascinante devant un parterre, pour la plupart d’étudiants en MBA, en comparant une politique dite « green » (expensive, taxes, subsidized, protect, comply, do less bad, global, corporations) et « blue » (innovative, competitive, jobs, regenerate, change the rules, choose the best, do more good, local, entrepreneurs). Un vrai passionné, qui n’hésite pas à bousculer les existants et provoquer les gouvernants de ce monde, qu’il a rencontrés par un nombre impressionnant de conférences. Il nous livre par exemple les vertus :

  • du bamboo : vegetable steel…incredible properties in the simple nature… »Social housing can be beautiful, useful and relevant »
  • de l’énergie par l’écoulement de l’eau (douche, canalisations, chasses d’eau…en installant des micro-turbines)
  • de la « smart chemistry »
  • de la physique : « with photovoltaïcs : use both sides »
  • du courant continu : « change your house to “DC” electric energy »
  • de la purification de l’eau de mer sans filtre, pompes, etc des procédés qui existent mais qui tardent à convaincre…
  • et du « fast, cheap, local » un moyen sans conteste efficace pour « outcompete the next future goals for sustainable life »

Mais selon lui il y a une attitude au delà de tout, nécessaire : « l’open source » sur tout, pour libérer les penseurs, innovateurs et faire de cet édifice un magnifique projet qui n’appartient à personne et à tout le monde. C’est ainsi que lui même publie et offre autour du monde ses « 36 fables », histoires qu’il a écrites au fur et à mesure de ses rencontres et qu’il offre aux écoles du monde entier. Un exposé passionné et passionnant…

L’après-midi est organisée selon 3 thèmes :

  • social business & HR with access to « quality education », « water treatment and solutions » and « food new shifts and waste problems »
  • clean tech with « reduce energy consumption in smart cities », « positive cities » and « waste management and treatment »
  • infrastructures with « industrialize positive cities », « smart mobility » and « public/private partnering for smart cities

3 enjeux majeurs autour de 3 ateliers successifs qui permettent de réunir chercheurs, dirigeants/innovateurs et consultants pour remuer un peu les idées reçues et délivrer des éclairages, issus des zones en questions où il est capital d’opérer des changements. Car l’innovation la plus efficace c’est bien celle qui est réalisée par les utilisateurs mêmes, ceux là qui connaissent le mieux leurs contraintes et les recettes qu’ils inventent, bien avant que les états interviennent et souvent hélas en prennent conscience. Les débats vont bon train, mais nous restons parfois un peu sur notre faim, car soulevant des problèmes et ne fournissant que peu de solutions. Mais la tâche est énorme. Ce qu’il faut retenir c’est la participation d’industriels de renom (Danone, EDF, Intel, PSA, SNCF…) qui doivent entreprendre des chantiers colossaux pour équilibrer leurs exigences de profit avec les contraintes sociales, énergétiques et économiques du développement durable. L’énergie telle que nous la connaissons s’épuise hélas et ne saurait convenir à la surconsommation et aux dérives du déséquilibre « riches/pauvres » qui s’accentue. il faut donc non pas un « autre monde », mais bien le monde dont nous héritons géré « autrement », avec les consciences collectives et l’imagination dont il faut faire preuve. Mais attention au « greenwashing », qui fait bien dans les rapports annuels et tranquilise la bourse…

L’occasion pour Emmanuel Faber (Danone), Didier Roux (St Gobain) et Serge Papin (Système U) de conclure et de nous confier quelques pistes de solutions et notamment d’illustrer comment chez eux, ils appréhendent sérieusement le dossier « durable » dans leurs métiers respectifs. Et l’occasion aussi de se satisfaire que tôt, des étudiants sont sensibilisés à travailler « autrement », voire entreprendre dans ces domaines pour y être confronté désormais chaque jour.

Une initiative qui grandit d’année en année et confiée aux étudiants du MBA d’HEC en partenariat avec la chaire social business du même établissement.

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Campus de la solidarité HEC : 7ème édition et 20/20 07/03/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, diversité, social network.
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20 associations caritatives étudiantes et 20 bonnes raisons de venir à ce fameux campus, le 6 Mars à Jouy en Josas. En présence et sous le parrainage d’invités d’honneur comme Aude de Thuin, Fondatrice et Présidente du Women’s Forum, d’Olga Trostiansky, Secrétaire Générale du Laboratoire de l’Egalité, et du Docteur Pierre Foldès, Fondateur et Président de Médecins du Monde en Belgique, l’évènement a commencé par une conférence inaugurale sur le thème des Droits des femmes.

Il serait en effet temps de considérer l’égalité des chances et de faire monter en pression la représentation féminine, dans les rangs politiques, économiques et sociétaux. On ne compte plus les textes, mais désormais les actions…et ça c’est plus long. 82% d’hommes à l’assemblée nationale, 27% de différence salariale entre hommes et femmes, etc. Des chiffres qui devraient faire réagir et résonner notamment dans les rangs d’HEC, où de nombreuses jeunes filles aspirent à une vie professionnelle passionnante mais AUSSI à une vie de famille épanouie. Et ça commende dans notre éducation où entre religions et imaginaire enfantin, la place de la femme n’est pas franchement très actuelle…et encore reléguée à de la « dépendance ». Alors évidemment, lorsqu’on monte le ton, il y a toujours le risque de renforcer l’opposition et de stigmatiser ces plaintes comme un « ennemi », là où il n’y a que tentative de construire un monde d’hommes et de femmes, ensemble et non pas contre. J’ai eu l’occasion d’en parler d’ailleurs ici récemment (une coïncidence ?), mais la réalité est bien celle-ci : la richesse féminine comme agent économique au pouvoir est toute autre que celle des hommes…et le style incomparable donné au côté « féminin », recèle des atouts certains, à cultiver et enseigner. Gageons que la sortie du livre d’Aude de Thuin, fasse réagir et bouger les monolithes séculaires de notre société ancrée dans l’histoire, en modernisant ce qui doit l’être : la chance à tous. Alors changeons les histoires sans changer notre histoire et sans faire d’histoires…

La deuxième partie de soirée était consacrée à une mini-exposition avec des stands d’associations fondées et/ou gérées par des étudiants, sur le thème de la solidarité. Aide à l’éducation/soutien scolaire (Fleur de Bitume), Commerce équitable (Equiterre), Accompagnement d’enfants malades (Rêve d’enfance), projets humanitaires (Solidarité France/Népal), etc. On voit à quel point à la fois la fibre d’entreprendre et cette fièvre de bâtir du concret, mais aussi et surtout, pour les autres, qui magnifie encore plus le débat, émerge dans l’esprit de ces étudiants, pourtant encore jeunes. Et ces initiatives résonnent d’autant plus dans le temple HEC, autrefois dédié à des professions « très comme il faut » et aujourd’hui considérée comme « honteuses » (par exemple, la finance spéculative). Mais tout est dans le style : la finance est plus que jamais nécessaire, ils le découvrent dans l’achèvement de ces projets associatifs. Finalement, ces exercices « réels » révèlent comment des incompréhensions graves mènent parfois à des impasses, alors que rien de plus beau que la passion, les équipes et le dépassement de soi pour les autres. Au delà des contenus, c’est bien entendu cette énergie et cette motivation (qui j’espère ne s’étioleront pas dans le temps…) qui animent ces jeunes et fait briller une étincelle dans leurs yeux, signe à la fois d’entrain, de malice et de débrouillardise. Mais HEC ne serait-il pas ainsi sur le chemin de « l’apprentissage » par l’exemple ? Il y a de la graine, du bon terreau et de l’engrais. Ces jeunes pousses n’auraient pas fini de nous étonner, et HEC comme écrin de moyens est un bon catalyseur de compétences. La devise serait donc bien exploitée : « the more you know, the more you dare ». Osez, car l’échec se mérite mais il est formateur…

Puis le dîner de Gala du Campus de la Solidarité, sous la présidence d’un invité de marque, Jacques Hintzy (HEC 1958), Président de l’UNICEF. Ce gala est mené de main de maître par les étudiants : organisation, logistique, choix des menus et service à table (si, si…). Un bon moment, ponctué de brèves envolées musicales, avec un groupe « maison » (là encore d’étudiants)…Enfin la remise des prix du groupe HEC Yvelines, qui soutient depuis des années les associations solidaires sélectionnées par HEC : 1er prix (1.500€) à Goéland (asso d’aide handicapés mentaux) et deux autres prix dont Rêve d’enfance (600€ chacun).

Le grand moment de la soirée (on sent la joie et l’animation monter…) fut le défilé de mode avec l’occasion d’admirer des créations issues du commerce équitable, portées par des étudiantes et étudiants de l’Ecole, défilé de mode éthique et engagé, donc ! Eh oui, on apprend aussi à défiler et le maintien, puisqu’on devra porter un jour, des vêtements de fête…Les étudiants sont gais, vifs mais pro : sur le tapis rouge, peu d’impairs et de nombreuses créations inconnues, exotiques mais adaptées et bien portées. L’esthétique et son utilisation fait aussi partie de qualités dynamiques, qu’on apprécie chez tout le monde….

C’est une excellente édition que la 7ème, un peu comme la vague, la 7ème est plus grande, belle et majestueuse. Chapeau pour l’organisation sans faille qui fait de cette manifestation un chef d’oeuvre commun centré sur le plaisir des invités et l’envie de réussir, premier sans doute d’une longue liste. Un seul regret : pas assez d’anciens (parole d’ancien !), tant il semblerait qu’après sa sortie de l’école, la vie et ses tumultes nous font oublier notre « famille » et nos promesses : porter haut et fort, et loin, le message fraternel de l’éducation d’excellence, toujours, partout, tourné vers l’entraide car qui sait un jour, si de telles structures sauront l’accueillir et le réconforter, dans des moments plus difficiles. « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient ». A nous tous de ne jamais l’oublier…

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#AperoSocEnt 2 : on remet ça du côté de l’entrepreneuriat social…. 02/09/2011

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Hier, c’était l’épisode 2 de #AperoSocEnt, les apéros à vocation rencontre et social business de tous ceux qui osent ou qui ont une idée dans le domaine du business social. Organisé au Players dans le 2ème à Paris et soutenu par makesense, danone communities, startupers.fr, la cellule « social business » de l’ESSEC, femmes entrepreneurs et d’autres, l’on y découvre quelques projets ambitieux plus ou moins durables. Sur une baseline bien trouvée « seul on va vite, ensemble on va plus loin » (ce qui en passant ne se limite pas au business social, mais bon…), la séance est rythmée autour de quelques pitchs et d’un openmic permettant en 60 secondes de parler d’un sujet en relation ou un autre (nouveauté, sortie, évènement…).


Nous avons ou découvrir en gros 5 projets :

  • Milaap, un « kiva » like dédié à l’Inde, développé par les Indiens pour les Indiens, sur des besoins simples du quotidien, permettant de prêter de petits montants pour faire réaliser un rêve, en local
  • Africanissime, commerce social de produits sourcés du Sénégal (vêtements surtout)
  • Ben&Fakto : boutique de vêtements « happy » où 10% du montant des achats va à  un organisme de micro-crédit
  • Thanksdu.de : plateforme de mise en vente aux enchères, d’objets fétiches de stars, actuelles ou déchues…pour dons à des associations
  • Hackingparty.org : des rencontres sur tous les thèmes pour partager des « expériences » (au sens propre du mot), ensemble ; du networking opératif en quelque sorte…
Sorte de flashmob de l’entrepreneuriat social, ces manifestations réunissent étudiants, jeunes entrepreneurs, chercheurs et bénévoles, curieux aussi sans doute (!), elles permettent d’échanger et de trouver des ressources, souvent gratuites, pour aider et pousser de jeunes et saines entreprises. Hors pitch, on y rencontre aussi waqa, un projet de découverte de la culture du monde, en lancement, et BigBag’N go, ayant développé un concept de service de ramassage de déchets de travaux (fourniture de sacs, collecte, tri). Bref, de jeunes pousses qui viennent échanger, donner des tuyaux et donner envie à d’autres de se lancer. Projets qui d’ailleurs ne sont pas toujours liés au terme « social », répandu et défini sur wikipedia. Quoiqu’il en soit un moment agréable, qui ressource et donne du sens à (toute ?) une vie. De quoi réconcilier valeurs humaines personnelles et job, de quoi aider les plus démunis, de quoi couvrir des sujets extrêmement pertinents, permettant de se passionner et de se dépasser, en donnant une valeur plus qu’importante au projet global. De l’épanouissement en barre, pour des jeunes parfois déboussolés par les grandes entreprises et les politiques menées auxquelles ils ne comprennent pas grand chose. Au moins ici, lorsqu’on fait quelque chose, le résultat immédiat c’est un sourire et l’impression d’avoir un peu changé le monde et en tous cas, le destin de quelqu’un à l’autre bout de la planète. Quoi de plus beau ?
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Kiva fonce en France…et en Français 22/07/2011

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Je pourrais avoir envie d’acheter un bonnet Péruvien. C’est sympa un bonnet Péruvien. Et là, je pourrais me dire « quelle chance qu’il puisse exister la possibilité pour moi de le faire, de trouver un produit de qualité, de France, en aidant un producteur local à se développer ». Mais « how could I make it real, now? ». Cette simple possibilité m’est offerte parce que la mondialisation s’organise et pas uniquement pour les grosses compagnies, mais aussi pour les petits artisans.

C’est grâce à Kiva, célèbre plateforme initiée aux USA, que l’on peut faire grandir des projets isolés, de producteurs locaux, dans le monde entier, par des prêts octroyés par tout le monde, à des initiatives individuelles ou de groupe, locales. Kiva permet de mettre en rapport des projets, postés par des demandeurs de ressources (financières), et des prêteurs, comme vous et moi, qui trouvent que cela a du sens, même avant de penser à toute déduction fiscale : c’est le cœur qui parle, et ça change tout…

Kiva essaie désormais de se développer en traduisant le concept en plusieurs langues, en open source, pour générer les initiatives locales dans tout le monde et pour étendre le concept au-delà de la zone de donneurs « US ». Kiva « en Français », vient de démarrer des sessions de « crowdsourcing », pour faire grandir l’idée en France et réunir bénévoles, idées et projets. Le 21 juillet, nous étions une petite cinquantaine au Camping de La Cantine, incubateur de startups à  la Bourse, autour de deux thèmes et tables rondes, animées par makesense, l’agence des « holdups sociaux », fédérant l’énergie là encore de bénévoles, pour des projets à objet social :

  • « comment augmenter la notoriété et la promotion de Kiva en France (et en Français) ? »
  • « comment attirer des influenceurs, vedettes, stars pour augmenter l’efficacité de phénomène de buzz autour de l’arrivée en France ? »

Ironie du sort de se retrouver dans le temple de la finance Française, pour y parler d’infimes besoins de micro-crédit…mais bon. Il n’y aurait plus qu’à se servir ? Pas sûr…

J’ai bien aimé. J’ai bien aimé, la beauté du geste, la simplicité de l’organisation bien timée et les participants plein d’humour et d’énergie…pour rien. Enfin, si pour toute la générosité d’un groupe d’innovation collective, un sujet qui me tient particulièrement à cœur. Alors ils ont mon soutien, quelques idées et toute ma sympathie et j’avais envie d’en parler.

Il y a fort à parier que très rapidement, le phénomène Kiva en France et en Français, prendra de l’ampleur, car certes « le cœur a ses raisons que la raison ignore » mais il fédère aussi, en France des énergies importantes pour le partage des ressources. Et on parle ici de prêts de quelques dizaines de dollars, pas de quoi ruiner un foyer, si l’on considère surtout, qu’il sera un jour remboursé. C’est là, la plus grande fierté du « social business », c’est qu’il ne rabaisse pas celui qui reçoit, qui est très fier de réussir en notre nom et fier de pouvoir rembourser ses prêteurs. Une autre relation avec ses prêteurs, non ? Vous êtes fiers vous de rembourser votre prêt à une banque ? Pas particulièrement parce que c’est son métier à la banque…Alors que là, c’est complètement désintéressé. Je le savais bien qu’on pouvait un jour réunir le beau et l’utile, l’art et l’acte. Si vous n’êtes pas convaincu, rendez-vous sur le site http://kivaenfrancais.org vous y découvrirez tous les projets très touchants, trésors d’innovation et c’est sûr, vous vous y refléterez très rapidement. Sortez vos cartes bancaires, on vous attend à l’autre bout du monde. Et puis surtout, j’aimerais bien pouvoir acheter mon bonnet Péruvien…

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Entreprise et Pauvreté 02/10/2010

Posted by evidencesx in développement durable, innovation.
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Voilà bien deux choses qu’il faudrait réconcilier. Si l’une est bien souvent synonyme de richesse (mal ou non partagée), l’autre est une réalité de nos frontières (d’ailleurs parfois pas très loin dans notre pays…). Si de nombreuses initiatives ont désormais vu le jour, il y a malheureusement encore de l’habillage (on pourrait dire du « poorwashing » comme pour le green) et il ne s’agit pas simplement de faire un chèque pour dormir tranquille. Je me suis rendu à une conférence organisée par HEC Exed, ce mardi 28 septembre, pour découvrir quelques notions à bien avoir en tête avant de vouloir s’ériger en chevalier blanc moderne de la sagesse équitable. Deux intervenants bien choisis, Frédéric Dalsace, professeur à HEC et David Menascé consultant chez First&42nd. Mais voyons plutôt, de quoi parle t-on ?

Confrontées aux limites de l’action des pouvoirs spirituels et politiques, les entreprises doivent jouer un rôle croissant dans la lutte contre la pauvreté. Pourtant, l’idéal Schumpetérien de la création de richesses et la vision libérale initiale d’un partage équilibré de celles-ci ont fait progressivement place au désenchantement, puis à la crise. Pour beaucoup, l’entreprise est désormais une machine à provoquer l’exclusion et la pauvreté au profit de quelques-uns. Démissions ? Démissions des religions, qui certes multiplient les tentatives de regroupement de la solidarité, mais peinent à maintenir la fidélité dans le culte et dans la croyance. Démissions du pouvoir politique, tentatives d’état sauveur et alimentant (entretenant ?) finalement la pauvreté par des subventions masquent le manque de croissance et de richesse pour tous. Démission du pouvoir économique, l’entreprise ne jouant pas son rôle social d’antan, au profit…du profit, du capital vs le travail, imbriqués dans des révolutions industrielles et technologiques qui génèrent plus de chômage et d’exclusion à court terme, que d’opportunités…

Le pauvre, synonyme parfois de « faible » et en tous cas d’un revenu insuffisant (définition UE = la moitié du revenu median) ; il y en a environ 40 millions aux USA et…8 en France. De quoi se poser la question (rappelons-nous : vendre aux riches parce qu’ils sont riches et aux pauvres parce qu’ils sont nombreux). Loin des éternelles théories où deux idées s’opposent :

– acheter aux pauvres le fruit de leur travail les enrichit ; encore faut-il acheter « solidaire » à un prix leur permettant de vivre

– ou vendre aux pauvres selon leurs ressources, cad les fameuses stratégies de « Bottom of the Pyramid », en adaptant le produit à la demande et aux vrais besoins/ressources et aspirations des pauvres

qui démontrent la relation entre « entreprises » et « pauvres »…La seule alors que la réalité nécessaire est toute autre : il s’agit bien d’utiliser l’organe économique et social dans la construction, le développement et « l’insertion » des pauvres. Le rôle social dans la cité des entreprises de toute taille. Alors où en est-on? S’agit-il, pour se donner « bonne conscience » d’embaucher des gens des banlieues, mais de les laisser sans réelle opportunité de carrière, s’agit-il d’embaucher plus de femmes ou de personnes d’origine étrangère, car cela fait « bien » (et bien entendu de communiquer dessus), s’agit-il de consommer en local, régional, sorte de protectionnisme réducteur?

Oui l’entreprise a une responsabilité sociale très importante : l’insertion, le repérage, l’épanouissement et le fait de faire grandir les gens…semblent bien plus importants que les exploiter, en faire des machines à productivité dont on se séparera à la moindre secousse. Si les entreprises prennent l’habitude de se soucier de leurs employés et de les accompagner, ils seront les premiers ambassadeurs de leur métier, de leur marque et seront fiers. Des éléments bien plus efficaces que la terreur et la pression des objectifs et des actionnaires. Même si certains modèles plus « dictatoriaux » (Chine, Russie) montrent des résultats économiques impressionnants, le réel indice de « développement humain » (celui qui devrait remplacer le PIB par exemple…) n’existe pas encore : comment apprécier les résultats économiques et financiers sur les employés et leur développement ? Il revient à chaque entreprise de bâtir des plans de développement, permettant de mesurer, suivre et faire des plans d’action, conduisant à faire reculer l’exclusion, la pauvreté et la rupture. Un travail, durable, épanouissant, voilà ce qu’une société (je parle aussi bien du cadre législatif que de l’entité économique) devrait offrir à tout le monde. Le temps où l’on chantait « le travail c’est la santé » me semble extrêmement loin et déconnecté de notre réalité actuelle. Pourtant des idées un peu anciennes mais pas désuètes dans leur esprit, ont été détournées…restaurons des organes sociaux, des familistères de soutien et d’entraide…Voilà ce que les fruits de l’appareil de production devraient en premier permettre de financer.

Une conférence bien utile qui nous rappelle qu’après une histoire sociale mouvementée par le pouvoir religieux, politique et économique, la conscience collective et collaborative menée par le web social semble un tremplin extrêmement dynamique pour prôner et ouvrir de nombreux débats qu’ils serait bon d’écouter. Le coopératif (agriculture raisonnée et locale, les coop, les systèmes d’échanges locaux…) constitue de nouvelles (anciennes) pistes, qu’il convient de réactiver. Tous les acteurs locaux et économiques doivent y participer car il y a des mannes à re-découvrir dans l’innovation et la débrouillardise locales. Et pourquoi l’entreprise ne serait-elle pas organisatrice des ces processus de partage et de réduction de l’exclusion. Suivons l’actualité de ces sujets à travers la chaire entreprise et pauvreté, fondée par HEC, il y a presque maintenant 2 ans…

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