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Le « Design Thinking » ou la nouvelle donne de l’innovation (w/ @HECParis) 11/11/2014

Posted by evidencesx in agile, business development, design, flexible, innovation, lean, startup, thinking.
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Bien ce nouveau village, le village by CA et cette soirée assez surprenante d’une belle ovation aux nouvelles formes d’organisation de l’innovation. Le 20 Novembre, une belle réunion sous la houlette de « HEC Alumni Technologies avancées« , avec plusieurs participants, témoins, acteurs ou chercheurs. Chercheurs d’un sens nouveau dans cette économie sclérosée et tellement nécessiteuse d’une pensée libérée et accompagnée par une action incessante, réactive, flexible et souhaitée. Souhaitée par le design et la demande des clients, toujours plus proche, adaptée et smart.

L’accélération des cycles d’innovation, l’inflation du volume des connaissances, les technologies du numérique, des transformations sociales et sociétales fulgurantes… tant de facteurs qui poussent les entreprises à expérimenter de nouveaux modes d’organisation de l’innovation et de la R&D, comme le Design Thinking.

L’objectif est de rendre les entreprises plus agiles, sous l’impulsion de modes comme le « Lean » bien connu…Les thèmes développés autour d’un partage d’expériences ont porté notamment sur :

  • Les événements déclencheurs qui ont amené à dédier des ressources au design thinking,
  • Des indications sur les moyens à déployer et la gouvernance du projet, ainsi que les nouveaux modes de gouvernance, dans un environnement devenu collaboratif plus que hiérarchique
  • Les problèmes rencontrés mais également les réussites, résultats obtenus lors du déploiement de la nouvelle organisation,
  • Des conseils pour développer une approche « design thinking » et notamment des structures adaptées, agiles, à côté d’organisations plus massives

DesignThinking1

C’est sur c’est très tentant d’organiser le renouveau et surtout l’avenir indispensable des structures confortables, qui peuvent connaître brutalement une sortie de piste fatale (a été cité l’exemple de Kodak, complètement sorti du jeu monopolistique de la photographie avec l’arrivée du numérique…). La multiplicité et la fragmentation de l’information devenue banalisée et accessible à tous (open source…), il faut désormais tirer tous les avantages des modes collaboratifs, en organisant de la « pensée multiple », du « team innovation », en autorisant même la destruction d’activités en déclin (« licensed to kill » signifie organiser sa propre concurrence et cannibalisation, en incarnant son propre danger, en interne ou dans une structure légère « intrapreneuse »).

L’heure est venue d’accepter le mystère, de vivre avec l’ambiguïté, de cultiver des (nouveaux) modèles fertiles

Yeah, ça force le respect. Disruption, game changing, open innovation, out of the box, design thinking…de nouvelles écoles de pensée, mais pas que. Après la mode des « think-tank », voici l’ère du « proof of concept », du prototypage tous azimuts, gorgés de sève régénératrice pour les groupes ancestraux qui peinent à veiller, voire en manque de vision.

L’agilité et la flexibilité sont devenues des pré-requis, car le capital est cher et plus rare, capital en général très consommé dans la R&D classique. L’aversion au risque, jusqu’à soupçonner son voisin et le manque de confiance ambiant poussent donc vers des réflexions rapides, légères et différentes. Organisé autour de la diversité (Hommes/Femmes, origines culturelles, âge…), les équipes sont passionnées, sans Dieu ni maître (presque) et organisent le chaos de la pensée, autant internes que recrutées à l’extérieur. Une véritable ruche donc, pas très rassurant pour les actionnaires, plus sensibles aux KPI, ROI et rentabilités sonnantes et trébuchantes, mais force est de constater, que de ces petites coquilles, sortiront peut-être des pépites ?

Comme un chercheur d’or qui fait la fortune de son patron, mais qui peut finir, lui, épuisé et pauvre…

Un beau morceau d’espoir donc, qui illustre bien les nouveaux modes de pensée de l’innovation disruptive, souple et collaborative. Un mode qui devra convaincre, gravir et prouver qu’il est l’avenir des organisations et des humains, remis au centre du processus de création. Non les machines ne l’emporteront pas, elles seront domptées et épauleront l’homme, incarneront le progrès, mais resteront des moyens modernes et non des fins, fin des processus humains.

De Gaulle disait « des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche ». Espérons qu’ils soient tous de ceux-là…

Un bon site sur le sujet pour les passionnés : « design thinking blog« 

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L’innovation Jugaad ou comment se renouveler 10/08/2014

Posted by evidencesx in économie, innovation, management, stratégie.
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En soi, c’est une vraie révolution. L’ironie du sort, c’est qu’elle vient d’un monde où les ressources sont rares, l’adversité terrible et les moyens inexistants. L’innovation monolithique, consommatrice de capital et encastrée dans des structures pyramidales et secrètes, pourrait bien se révéler désormais terminée ou en voie d’extinction. « Jugaad« , qui signifie « système D » ou « comment se débrouiller en milieu hostile » ou encore « faire plus avec moins », en dialecte Hindi, reflète une nouvelle idée de l’innovation simple, flexible et ouverte. Une capacité de redevenir ingénieux, pleine de bon sens et combatif à souhait, pour redonner de l’espoir aux plus démunis, mais aussi de créer un courant sans précédent de ré-ingénierie partagée.
L’innovation Jugaad est définie par 6 principes la caractérisant (sachant que nous aimons bien enfermer des concepts dans des cadres définis !) ; je préfèrerais laisser libre court pour ce nouveau courant qui pourrait bien s’affiner au cours du temps et profiter des tendances collaboratives pour s’enrichir…:

  • Rechercher des opportunités dans l’adversité : la plupart du temps, n’importe quelle difficulté suffit pour une entreprise à soit la contourner, soit renoncer au détriment de sentiments sécuritaires, de notions d’économie ou de peur. Rarement on avoue un échec ou on tente de se surpasser, préférant les zones de confort…C’est justement la force du Jugaad, de prendre appel sur une difficulté pour en tirer toute l’énergie, avec fierté, défi, passion pour surmonter l’obstacle. Apprendre à cotoyer l’adversité, sans arrêt, comme un ami, un conseiller, une énergie de vie.
  • Faire plus avec moins : il va falloir s’habituer à moins : moins de ressources naturelles, moins de croissance, moins d’emploi, moins de temps. Il faut repousser le possible en réinventant les choses simples. Un exemple terrifiant est le recyclage possible des emballages et déchets, même sans les détruire, en les détournant de leur utilisation pour leur redonner une seconde vie. Lorsqu’on est rompu à la présence quotidienne de l’adversité, on s’habitue à imaginer de l’innovation permanente, avec rien. En tous cas, comme dit précédemment, puisque les pénuries vont s’accélérer, le réflexe Jugaad va être déterminant…
  • Penser et agir de manière flexible : les grands groupes, largement fournisseurs et prétendant de structures d’innovation performante sont englués dans des process toujours plus lourds. Elle ont le chic de rendre compliqué ce qui pourrait être simple, ouvert et plus souple. Les cycles s’allongent, dépenses en capital et ressources flambent et l’innovation n’est pas fluide car limitée à des structure occultes, en parallèle, qui gardent jalousement les résultats (lorsqu’il y en a !) pour eux. Un contre-cycle de l’innovation collaborative qui règne aujourd’hui sur les réseaux sociaux, comme une révolte à ces réflexes d’antan, qui hélas ne sont plus pertinents, ni efficaces. Avec le Jugaad, l’action est confondue avec la pensée ou en tous cas, proche. Le processus est naturel et évolue en permanence au fur et à mesure des opportunités.
jugaad(c) morceau de couverture issue du livre « Jugaad, redevenons Ingénieux » aux éditions Diateino.
  • Viser la simplicité : toujours plus simple, sans jamais oublier « keep it shortly simple ». Faire simple, c’est souvent compliqué, car la manière même d’y arriver demande de décomposer ce que l’on a déjà créé. Or, lorsqu’on part de peu ou de rien, on initie une démarche pure en se concentrant sur l’exact besoin et non plus, sur l’objectif pur, de résoudre un problème simple. Comme si on voulait toujours embrasser des objectifs toujours plus globaux et plus complexes, sans passer par l’étape initiale : la simple et primaire réponse.
  • Intégrer les marges et les exclus : l’innovation a pour cible les masses et le « mass market », tout simplement pour amortir les ressources colossales investies dans les cycles de l’innovation. Elle a rarement pour client le démuni, le pauvre et celui pour lequel justement une simple innovation pourrait changer sa vie…Les démarches de « bottom of the pyramid » ou BOP, montraient des chemins intéressants pour les industriels, tout en montrant également l’usurpation et l’exploitation des pauvres, en leur appliquant la double peine : pénurie et prix élevé à l’unité. Pour Jugaad, c’est très différent car il est issu même des populations en plein développement, qui ont peu et qui justement sont confrontés à un désert d’aides et de solutions. L’ABC des exclus est en marche, pour et par les exclus, juste revers de médaille, pour ceux qui pourraient bien constituer les prochains cas d’étude, des meilleures business schools…
  • Suivre son coeur : sans doute la notion que je préfère, celle d’aller chercher ses intuitions, bâtir avec ses sens et son coeur, au gré des aléas, des expériences et d’un process « lean ». Suivre ses intuitions n’était-ce pas la méthode « Jobs », pour le succès que l’on connaît, sans avoir jamais demandé son avis à aucun client. Faire le bien, répandre le « no evil » de Google pour tous. Faire le bien avec moins, pour chaque individu pour améliorer simplement son quotidien. Cette simple quête conduit à des empires dont on peut être fier, durables et socialement responsables. Le coeur a ses raisons…car il a raison dans le chemin qu’il nous fait prendre.

Une vraie révolution, en introduction je vous l’avais dit. j’en suis convaincu, au delà d’une mode et de la tentation du faux (jugaadwashing) qui va s’emparer des groupes bienveillants, tantôt pour occuper leurs troupes, tantôt pour essayer quelque chose de nouveau…Mais le temps passe et chaque jour voit un innovateur nouveau autour de nous. Peut-être votre voisin, votre collègue. Un rencontre de voyage. Quelqu’un de bien, c’est sur. Travaillons pour le futur en respectant ce que nous avons.

Soyons frugal avec Jugaad, il en va de notre avenir…à tous.

See: « Jugaad Innovation ». « Passion with no, limit » et le livre majeur sur le sujet aux éditions Diateino.

Ah j’oubliais : 10 trucs avant de vous lancer… 05/01/2013

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management.
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…dans une startup !

C’est sur il y a la fièvre. Celle qui pousse, empêche de dormir et fais changer (parfois) le monde. La passion comme l’amour rend aussi aveugle et en être conscient c’est déjà être deux (rappelez-vous : un homme averti…). Et donc avant de se lancer dans l’expérimentation si vous avez choisi le lean, ou plus dans le dur si vous êtes joueur, quelques trucs pour éviter le pire, avant de lancer votre petite entreprise, comme on dit.

1) engagements : attention et notamment aux RH, préférer « faire-faire » ou « buy » à « make » dans un premier temps. Ressources délocalisées, travail plus flexible et complémentaire, voire cultures qui s’enrichissent…de nombreux exemples pleuvent.

2) parier sur les bonnes personnes : ça me rappelle le « good people on the bus » de « good to great« , totalement vrai, mais là, s’attacher aux profils et miser sur le potentiel pour l’entreprise, non pas en tant que personne, mais en tant qu’actif. Celui ou celle qui aura à CT le plus d’empreinte en terme de valeur (savoir, management, décision, poste-clef…) et ne pas hésiter  à parier dessus. Quand je vois les startups qui embauchent des stagiaires, avec des profils de postes senior parfois, ça me fait froid dans le dos, même si économiquement on voit de suite l’intérêt, c’est une ineptie (pas sur le plan de la formation des jeunes bien entendu je trouve ça très bien !). Il y a des responsabilités qui tiennent de l’expérience, du tact et de réactions à froid, que seules des personnes qui l’ont déjà vécu peuvent restituer. C’est tout.

3) l’art de la croissance raisonnée : la croissance de ressources n’est pas forcément en ligne avec celle du business. Autant bien la maîtriser et surtout les paliers : quel(s) déclencheur(s) valider et quand, à quel moment embaucher plus, agrandir, allouer plus de ressources SI, etc. Il y a des effets de cliquet qu’il faut savoir retarder…

4) process et systèmes : une petite entreprise doit être processisée, comme une grande, une fois l’étape « build-measure-learn » et les points clefs validés. On gagne du temps ensuite dans l’extension auprès des nouvelles recrues, dans les phases de vente, etc. Il ne s’agit pas d’alourdir mais de préciser, pour déployer justement plus rapidement et avoir une homogénéité et un esprit d’entreprise.

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5) déployer et valider vite. Sans trop penser à l’extension trop vite! Le plus important étant de valider en réel les hypothèses, corriger vite et reproduire des versions successives, pas parfaites, mais acceptables et présentables aux clients. Ceux-ci vous feront un retour rapidement et vous feront gagner du temps sur des versions trop parfaite mais décalées du « marché ». Rien de pire qu’un produit ou service parfait qui ne se vend pas…On a passé beaucoup de temps pour rien et l’effet déceptif, terrible pour les troupes !

6) le client, tout de suite : petit, il est indulgent et saura vous conseiller sur vos erreurs. Si vous manquez de ressources ou de jugement, écoutez-le humblement, il sera ravi. Nous sommes dans une ère purement collaborative où les chefs de produit sont désormais les clients. C’est normal qu’ils participent (et le plus tôt possible), à l’élaboration de ce que vous souhaitez qu’ils achètent, non ?

7) un grand classique : focus sur le core, et un truc à la fois. Mieux c’est parfois moins, regardez Apple le nombre de fois où ils ont dit « non » pour se concentrer sur peu de produits, mais plutôt bien réussis…

8) contrôler la demande : en gros mieux vaut refuser des clients et servir les autres mieux au début que d’être dépassé par le succès. Gérer la pénurie c’est mieux que de vouloir servir tout le monde, avec une expérience moyenne. C’est dur de refuser, mais c’est surtout capital pour la marque et le sérieux, surtout lorsqu’on n’est pas connu, et que souvent les clients font un arbitrage avec un concurrent plus établi, lui. ils prennent déjà un risque, si chez vous ils sont mas servis, attendez-vous au pire et à leurs foudres !

9) cash : la première ressource (après l’eau et le pétrole !). Un oeil dessus et surtout sur la ratio burn / cash in, en gros la consommation de cash en jours de CA par exemple ou le fameux BFR, cad le besoin de financement de l’exploitation courante. Avant d’avoir les banquiers à la porte, montrez-leur que vous savez compter…Etrangement, faire croître le CA trop vite, nécessite aussi du cash et il faut l’anticiper. De gros clients paient plus lentement ou génèrent des litiges, etc

10) le chiffre 2 : diviser vos anticipations de CA par 2, multiplier l’aléa, les délais et les charges par 2. L’entreprise c’est de la passion et la passion comme je le disais au début rend aveugle. Et optimiste. Si cela est définitivement une qualité pour un entrepreneur, il vaut mieux le modérer lorsqu’on parle chiffres. C’est plus sage et la sagesse c’est aussi ce qui fait durer les startups…

Cela ne fera pas le succès de votre entreprise, mais vous augmentez ainsi les chances, drastiquement. Rien ne remplace en effet la passion, l’envie, un bon service sur un marché identifié et des clients acheteurs. La recette n’est pas plus compliquée. Entre « leap of faith » et « proof of concept », l’étape qui validera vos hypothèses en « validated learnings », sorte de milestones qui jalonnent votre route vers le succès. Et des guides, on en manque parfois, tant le métier d’entrepreneur est semé de doutes, de solitude…mais d’espoirs. En route !