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Il était temps : l’organisation du web s’organise…la curation ou « édition » du web, du contenu vers la mise en scène… 08/02/2011

Posted by evidencesx in économie, développement durable, e-tech, innovation, numérique, technologie, web.
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Conférence pertinente le 7 février, dans le cadre de la socialmediaweek, sur l’avenir du web et sa capacité à organiser les contenus et pages selon des goûts individuels : la web curation. Proposée par la région IdF, Scoop.it, Pearltrees et RWW France, elle réunit acteurs, penseurs et journalistes du web pour débattre de l’intérêt et de l’actualité de ce sujet hype.
Aujourd’hui le web est devenu un monde ultradense de données de qualité et d’importance inégales, dans lequel il devient difficile de trouver la bonne information. En résumé, il est de plus en plus compliqué de différencier les informations importantes, des futiles, des vraies ou de la désinformation (hoax). Il semblait important d’imaginer, comme pour les livres, des bibliothèques et leur index, permettant de naviguer et de classer rapidement ses informations. Un nouveau concept est né : la curation.
Ce mot, importé brutalement de l’anglais, et que l’on pourrait plus joliment traduire par « Edition du Web », décrit ce qu’on pourrait comparer au travail d’un conservateur (de musée) : la sélection et la présentation d’informations numériques (texte, photos, vidéos, twitts, etc.) en fonction d’un thème, mais surtout faîtes par tout utilisateur passionné, frappé d’intérêt, pour tout le monde. Un travail subjectif et personnel, permettant d’organiser le contenu pour le consommer et le diffuser plus intuitivement. En fait, une page de résultats de search, c’est de la curation…dirigée par l’argent (keywords et ads) et le ranking (pagerank).
Quel intérêt me direz-vous ?
– Organiser tous les sites que vous aimez pour les retrouver facilement.
– Proposer un point de vue sur un sujet grâce à une compilation de pages.
– Partager votre univers, vos goûts, vos centres d’intérêt avec un réseau et potentiellement, le reste du monde.
– Ou plus spécifiquement, compiler une sélection de pages pour faire une étude comparative avant un achat, rassembler les informations, interviews et productions, des artistes participant à une soirée ou une exposition, préparer un circuit de shopping…
Plusieurs sites de curation ont vu le jour récemment, et les études suggèrent que la tendance devrait se développer.
Le Web étant désormais une plateforme participative et communautaire, vous êtes probablement déjà tous des éditeurs du Web (ou curators) : avec un simple marque-pages ou Delicious, vous avez stocké des pages, liens et autres contenus, parce qu’ils vous intéressent.
Les sites de curation qui ont vu le jour (pealtrees.com, scoop.it, curated.by, storify.com) ont leurs spécificités.

La conférence est organisée dans les locaux du conseil général d’IdF (Hémicycle Paris 7ème) et est séquencée autour de deux tables rondes et d’un point de vue sociologique :

  • « Histoire du modèle individu-contenu : de la recommandation à la curation ? » – par Dominique Cardon, Sociologue Chercheur au laboratoire des usages de France Telecom R&D et à l’EHESS, avec quelques réflexions actuelles sur le web :
    • l’individu, la starisation de la personne par les contenus (like, link, RT…)
    • le meilleur moteur aujourd’hui de search : le social (réseaux de connaissances, d’information et de mise en relation)
    • la méfiance  relevée pour les marques et les institutions exacerbe le déchainement en ligne d’opinions et d’avis (pas toujours favorables)
    • les mouvements de fonds entre journalistes (et experts : documentalistes) et blogueurs : process inverses (le web communautaire publie et trie ensuite : nécessité de « curation » et d’organisation du web) ; les journalistes et documentalistes bâtissent eux sur le sourcing et la vérification, avant la publication…
  • Panel : « La curation bouleverse-t-elle l’information ? » avec :

  • Panel : « Qui sont les curators ? » avec :

Ces deux jeux d’expression sont le théatre de plusieurs questions intéressantes :

  • la curation, un nouveau terme pour de l’existant ?
  • la nécessité d’indexation différente du search, pour tout le monde et par tout le monde : modération et fiabilité ?
  • les modèles de collaboration qui fonctionnent : wikipedia, wikileaks (!), innovation…un vrai goût d’expression dans les réseaux sociaux
  • la curation : mode individuel, d’experts, d’avis et donc subjectif forcément ; comme la presse ?
  • la mise en avant du web par le contenu et non plus par l’individu : mais quand même réalisée par des individus à la base…
  • la nécessité d’organiser c’est sûr mais de stocker et d’archiver pour rendre efficace l’action et l’usage : le wall de Facebook c’est de la curation, la timeline de twitter aussi…Mais quid de retrouver facilement sur un thème, un sujet, les informations ?
  • la curation donc un vrai « métier », une fonction sur la chaîne de valeur, entre éditeur, metteur en scène, créateur, mais aussi la tentation au repiquage est forte…
  • enfin les applications BtoB, devraient être aussi intéressantes, un nouveau métier après community manager, pour gérer l’archivage de contenus connexes au métier d’une entreprise, plutôt que la réputation d’une marque

Neuf ou vieux peu importe, si il y a un sujet et un (des) usage(s), les plateformes devraient émerger de manière significative autour des producteurs de contenus digitaux…et au vu du raz de marée du numérique sur tous les métiers de contenus, la nouvelle bibliothèque mondiale du web, doit s’équiper de nouveaux « gatekeepers », pour en garantir les étagères…

 

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Digital books, digital dreams ? 07/11/2009

Posted by evidencesx in économie, business development, digital, innovation, marketing, numérique, stratégie, technologie.
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Seul produit culturel antérieur à la révolution industrielle et premier bien culturel consommé à domicile par les français, le livre a résisté jusqu’à aujourd’hui à la dématérialisation des supports, même si il a été le premier support physique à avoir été porté en « numérique » (scan et pdf…). Mais, un peu partout dans le monde, la révolution numérique se met en marche et remet profondément en cause l’écosystème du livre :

• Aux Etats-Unis, l’auto-édition avec les titres imprimés à la demande explose, pour dépasser la production traditionnelle.
• Le marché japonais des livres téléchargés a bondi de 30% sur les 12 derniers mois et pèse désormais 348 M€.
• Amazon se lance dans une intégration verticale pour phagocyter toute la chaîne de valeur du secteur et impose son Kindle sur le marché (récemment lancé en Europe et en Inde)
• Google numérise plusieurs millions de titres et lance une campagne dans 144 pays pour retrouver les éventuels détenteurs de droits.
• En France, les liseuses semblent avoir du mal à s’imposer, les devices comme l’iPhone devenant des « go-between » convergents menaçants et très bien élaborés
• Aux Etats-Unis, Apple avec son Itunes et Disney reprenant les titres de Marvel Comics, préparent le référencement du I-Store…

Nous voyons bien une agitation importante, rapide, orchestrée surtout par des acteurs non traditionnels du secteur de l’édition, là où justement les acteurs traditionnels peinent à trouver une issue, entre discussions communautaires, régulation et exception culturelle Française, et tâtonnements du marché naissant.

Les traditionnelles barrières à l’entrée tombent, faisant le jeu de très gros acteurs comme Amazon et Google mais aussi d’un nombre important de nouveaux entrants, venus du monde numérique ou de l’édition. Cependant, à ce jour, si les nouveaux modèles foisonnent, aucun ne s’est véritablement imposé.
La question du positionnement des acteurs traditionnels de l’édition se pose dès lors de manière critique.  Sur quelles compétences une entreprise traditionnelle de l’édition peut-elle capitaliser pour entrer dans l’ère numérique ? Quel positionnement cet éditeur généraliste peut-il défendre face à une concurrence de plus en plus éclatée ? Quel modèle économique paraît viable dans ce marché timide et surtout extrêmement incrémental ?

Bezos_Kindle

Des éditeurs qui cherchent à protéger leur business et à le faire croître par des opportunités numériques et des acteurs technologiques qui cherchent des contenus : nous sommes au coeur de la bataille du numérique, dont j’avais déjà eu l’occasion de parler ici.

Miroir, miroir dis-moi qui est le plus beau, en attendant, quelles seront les alliances nécessaires, elles seront autour de facteurs clés réunissant actifs et auteurs, puissance de stockage et de logistique numérique et vecteurs d’audience et clients potentiels. En tous cas, la segmentation du « livre » dans son ensemble est plus que nécessaire. Il ne s’agit évidemment pas de scanner tout le fond documentaire en l’état (comme le propose Google ou la BNF), mais bien de définir ce qu’est un livre numérique, comme étant demain un nouvel objet (et d’ailleurs sera t-il un objet et non pas plutôt un service ?) : opportunité donc de développement produit (interactivité, son, images, video….) à la croisée de document multimedias et de films d’animation. Ainsi les segments livre scolaire, romans, beaux livres, BD…n’évolueront pas au même rythme dans cette migration numérique. Et comme la France passe au « tout numérique« , attention, les livres arriveront bientôt par les antennes de télévision, eh oui…

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