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La Décivilisation est amorcée… 16/01/2017

Posted by evidencesx in économie, flexible, innovation, politique, stratégie, technologie, Uncategorized.
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Nous voici devant une impasse, un monde infini avec des ressources qui elles, se tarissent. Il est temps d’évoquer la « décroissance », ou la « disruption positive », tant les technologies nous autorisent des futurs possible, à l’aune d’un « autre » monde.

On peut toujours en effet nier l’évidence, mais elle s’impose à nous. Economie, croissance, ressources, population, espérance de vie…tant de facteurs qui vivent leur croissance de manière indépendante, mais qui pourtant sont fortement corrélés.

La décroissance n’est pas synonyme d’appauvrissement, mais plutôt de « mieux » avec « moins ». La revanche de « l’être » sur « l’avoir ». Une autre époque (formidable ?), qui nécessite une remise en cause globale et solidaire. Autant dire, un beau chantier d’injonctions paradoxales, qui s’impose à tous. On pourrait donc y voir un principe de « dé-civilisation », au sens d’une grande étape à franchir, pour aborder l’avenir autrement. Collectivement, de manière responsable et sans panique…

decivilisation

On peut recenser a minima, « huit idées-force de dé-civilisation » :

  • Le démontage social, économique et écologique a déjà commencé. Les signes autour de nous indiquent que toute notre manière de vivre est en train de devenir « histoire ». Nous allons devoir faire face à cette réalité avec lucidité et apprendre à vivre autrement. Une forme d’adaptation « Darwinienne », contrainte par l’écosystème des forces mondiales.
  • Nous rejetons la fatalité qui soutient que les crises convergentes actuelles peuvent être réduites à un ensemble de « problèmes » nécessitant des « solutions » technologiques ou politiques. Ces solutions sont désormais du domaine citoyen, dans le sens d’une meilleure conscience et utilisation des ressources de notre terre. L’apprentissage du « test and learn », avec des cycles qui s’accélèrent et des issues incertaines, mais plus appropriées.
  • Dans l’éternelle chasse au bouc-émissaire, nous voyons les racines des crises dans les histoires que nous nous sommes racontées à nous-mêmes. Nous avons l’intention de mettre au défi l’histoire qui soustend notre civilisation : le mythe du progrès, le mythe de l’anthropocentrisme et le mythe de la séparation de la « nature ». Ces mythes sont plus dangereux du fait que nous avons oublié qu’il s’agit de mythes et que la réalité nous rappelle à la sagesse. Sagesse du concret quotidien et des impasses probables.
  • La narration va bien au-delà du simple storytelling, divertissement bien connu. C’est par les histoires que nous tissons la réalité, mais cela doit être dans une optique de solutions rapides et efficientes.
  • Les humains ne sont pas l’objet ni le but, mais des créatures historiques, aléatoires et semble t-il, plus « intelligentes ». Notre art commencera par la tentative de sortir de la bulle humaine. Avec une prudente attention, nous allons nous réengager avec le monde non-humain. Et « l’intelligence artificielle » nous y aidera ou nous remplacera. Il est temps d’y penser car c’est encore l’être humain qui a la télécommande, avant le règne des robots.
  • Nous allons célébrer l’écriture et l’art qui s’inscrivent dans un sentiment de lieu et de temps. Notre littérature n’a trop qu’un sens culturel et historique alors que le langage, l’écriture, la lecture marquent et célèbrent notre intelligence. Au delà du divertissement, elle structure notre pensée, notre personnalité et fixent nos idées. Une civilisation qui n’écrirait plus ne se raconterait ainsi plus et n’aurait plus d’héritage tangible.

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  • Nous ne nous perdrons pas dans l’élaboration de théories et idéologies. Il faudra trouver des solutions pour tous et pour réduire l’injustice, principal fléau de dé-civilisation. Avec la rage, le respect de la nature et de nouvelles ressources non plus « exploitées » mais cultivées et respectées. L’énergie de toute part permet le mouvement, même s’il n’est pas perpétuel.
  • La fin du monde tel que nous le connaissons n’est pas la fin du monde tout court, mais la fin « de ce monde ». Ensemble, nous trouverons les chemins qui mènent vers ce monde inconnu devant nous. On le sait bien, l’inconnu et le changement sont deux facteurs de stress et de peur. Mais la peur fait réagir…

Et demain ?

Ayant écrit cela, il faut se demander, si vous lecteur vous êtes prêts à sortir de vos privilèges et du confort artificiel qui c’est sur, ne durera pas. Avec quel rôle, quel avenir et quelle maîtrise de son destin. Nous avons l’intelligence (humaine et bientôt artificielle), et la matière (ressources), le produit de ces éléments n’est-il pas le monde organisé ? Quel monde, encore à définir souhaitons-nous ?
Ce qui est sur, c’est qu’une fin arrive et qu’une autre époque doit démarrer. Y aura t-il synchronisation et sinon à quel prix ?

 

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Quand l’écriture aide les managers à développer leurs expériences en compétences… 18/02/2016

Posted by evidencesx in diversité, leadership, management, RH, thinking, Uncategorized.
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Qu’est-ce qu’aujourd’hui l’écriture dans la tête des jeunes générations ? Au mieux des devoirs, contraintes, un outil, mais rarement un plaisir. Et pourtant, écrire est une tradition ancestrale et elle a valeur d’histoire, d’histoires aussi et parfois d’exutoire. Et comment celle-ci peut aider les managers, dans leurs expériences variées et tumultueuses de leur quotidien ?

La digitalisation des contenus a transformé nos usages de communication, comme les outils désormais quotidiens que nous utilisons : SMS, mails, chats, videoconférences…Nous avons transmis très vite nos savoirs et sentiments, à travers les canaux de la technologie galopante, usages qui surgissent bien vite dès l’école de nos jours.

Il serait inutile de freiner, de craindre voire de repousser l’innovation telle qu’elle se présente, inutile car elle est souvent synonyme de progrès, de productivité et de bien-être amélioré. Dans ce dernier point, on pourrait tout de même se demander si être désormais joignable à toute heure améliore le bien-être…Mais bon, la grande révolution numérique, même si elle laisse sur le carreau des métiers, des fonctions voire des industries entières, n’est que le fruit de l’homme, par l’homme, et nous l’espérons, pour l’homme.

La seule valeur qui semble résister et qui demeure constante et valorisable : le temps. Nous chassons plus de temps, « mieux » de temps, bref gagner du temps est une gageure, sans parfois profiter de celui qui passe et de ce qu’il contient. « Carpe diem » semble aux oubliettes donc, et dans le temps de l’entreprise qui en manque en permanence, il est difficile d’échapper à la standardisation : process, formation, entretiens, recrutements, profils…Le standard rassure, profite et est efficace (sur ce point, loin d’être le seul évidemment…).

Le manager standardisé : le soldat interchangeable

Si le temps a donc de la valeur, « l’horloger » ou manager lui, regarde et agit en bon soldat. L’affectif a rarement sa place, pas plus que l’individualisation des sentiments, pour arriver à ses fins. On formera donc ceux-ci sur des bases identiques, de masse, noyés entre objectifs de productivité, budgets collectifs de formation et niveau général de compétences.

Et l’individu dans tout ça ?

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La marche forcée inéluctable du résultat

L’organisation qui emploie le manager, a des objectifs clairs de résultats, dictés par ses actionnaires, et des grains de sable impertinents pourraient faire capoter l’ensemble. Le risque de dérive de la route du profit serait donc plus fort, que le chemin, les expériences et les étapes pour y parvenir. C’est ainsi que l’on standardise le niveau de compétence par des formations d’ensemble, rationnelles et généralistes, qui lissent et répartissent le risque. Mais passer du « good » au « great » nécessite du travail individuel, du repérage personnel des histoires individuelles. Nous avons tous des lendemains douloureux de formation classique, où arrivés au bureau, non seulement le travail en notre absence s’est accumulé, mais surtout il y a un vide post-formation : qu’ai-je réellement appris, que va t-il me rester, que vais-je pouvoir « mettre en pratique » ?

L’angoisse de la page blanche…

L’écriture et le récit, des méthodes éprouvées de fixer ses idées, sentiments, questionnements

Il existe pourtant des méthodes individualisées de formation, en situation réelle et parce qu’in situ, beaucoup plus opérationnelles et efficaces, pour emmener les managers sur les chemins du succès. Retenir, raconter, écrire font partie des outils de programmes passionnants où le manager résume ses rencontres, ses difficultés, ses échecs, ses doutes et ses succès, à travers un journal de bord. Pendant les étapes de ce processus, le manager est épaulé par un accompagnateur et animateur, qui lui assure bienveillance, feedback et conseils pour l’aider dans son quotidien à surmonter ses peurs et les défis qu’il se fixe lui-même à travers son programme personnalisé. Autant vous dire que :

  • Le manager se sent effectivement bien concerné, parce qu’il est réellement le héros de son changement. Il est actif, orfèvre et ouvrier de son avenir de manager
  • L’expérience est réelle, et non pas dans une salle qui s’endort sous les enseignements théoriques : cela se passe tous les jours, tous les instants, sur son lieu de travail
  • L’apprentissage est extrêmement immédiat et opérationnel parce que bercé par le rythme quotidien des défis
  • Le bien-être global et les résultats sont édifiants, portés par le bon sens et un fil conducteur logique et bienveillant

La formation devient histoire, racontée par le manager qui souligne tous les instants et qui conserve son histoire et la mémoire des instants importants. Une plateforme électronique de type « blog personnel » sécurisé, recueille les outils d’écriture, de documentation, de commentaires du coach aide le manager dans son récit. Une belle méthode et une bonne manière de témoigner et d’être héros de sa propre progression.

L’écriture a un pouvoir colossal de concentration et d’apprentissage durable des faits racontés. Développer chez le manager le goût du récit, c’est lui assurer confiance, réussite et une bonne assimilation de ses expériences, qui se transformeront très vite en compétences.

Plus d’infos sur http://esprit-manager.com

Une autre façon de voir l’entreprise apprenante…une odyssée passionnante 29/11/2015

Posted by evidencesx in éducation, diversité, HR, management, Uncategorized.
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Les circuits, les process, les hiérarchies, tout est remis en cause ? Les diplômes, les formations, l’enseignement, un processus sans fin ? Le lâcher-prise collaboratif nous rendrait-il plus innovant ? Et si l’entreprise apprenait elle-même de ses expériences, un peu comme un tout commun, corps vivant formé d’humanités ?

La démocratie s’est emparée de l’entreprise. Par l’ensemble de processus collaboratifs de travail en mode projet, les équipes ont vu peu à peu les systèmes hiérarchiques se dissiper, au profit d’équipes multidisciplinaires, voire transgénérationnelles. Les managers en quelque sorte, initieraient des projets, imbriqués les uns aux autres, comme des briques organisées ou pas, pour bâtir le futur.

Le management tel que nous le connaissons, réside encore dans sa capacité à guider, décider, motiver et prendre les meilleures options tactiques. Il en va ainsi des managers vers les équipes, équipes au cœur du dispositif opérationnel. Mais celles-ci voient rarement des managers comme les « héros » de leurs propres succès. Et pour cause : pression du quotidien, encadrement des équipes, livrables, administratif…l’organisation classique d’une entreprise est chronophage et ne favorise pas, au contraire, la prise de temps et la réflexion sur soi, et sur le « comment je fais ».

Brand-Experience

Le quotidien est porteur d’expériences réelles, pleines d’apprentissages

Le cycle quotidien, s’il se répète, est ponctué d’étapes notables (dire bonjour, argumenter, présenter, résoudre, solliciter…). A comprendre, appréhender et mettre en pratique dans son cheminement de manager. Plutôt que d’être sorti de celui-ci pour des formations interminables, anonymes et groupées, souvent trop théoriques, l’école du travail doit être le théâtre d’apprentissage pour tous. Témoin, un manager, relatant sa piètre expérience : « les formations classiques démarrent en général par un tour de table, où chacun présente son contexte, son profil et ses attentes. Données ensuite enterrées tout le reste de la formation, qui retombe dans une banalisation et une généralisation de groupe. On repart donc frustré, de n’être jamais le bon exemple ou celui qui se reflète dans le contenu. Peu de chances donc de mémorisation, encore moins d’usage dans le réel ». Exit, et commence le « formation blues » où le vide de la post-formation envahit le manager à son retour dans le monde réel.

C’est pourtant dans le réel que les groupes humains construisent leur savoir-faire et savoir-être, dans les interactions qu’ils doivent affronter chaque jour.

EntApp

La collaboration vers le « mieux »

Les organisations désormais en mode projet, plus consensuelles, plus immersives et moins hiérarchiques forcent le manager à être plus légitime, à devenir plus « leader », que chef d’unité, comptable du temps qui passe. Le succès est collectif, comme la philosophie chinoise célébrant une réussite plutôt qu’un empereur. Le collectif est donc solidaire dans un même but, avançant au même rythme et essuyant échecs et succès, au gré des compétences, tentatives du groupe vivant, multi-formes. L’apprentissage se fait dans un mode collaboratif, au profit de tous, comme un corps vivant formé de la dynamique des individus et cimenté par un goût du challenge, du bien faire et d’un objectif clair. Ce mode collaboratif est d’autant mieux vécu, que le leader ou le manager qui anime l’équipe ou le projet, est porteur de sens et bien dans son époque. Il est à l’aise dans son rôle, conseille l ‘équipe, fait faire mais sait faire aussi. Il surmonte ses peurs et transmets ses compétences… « l’entreprise apprenante est d’abord une aventure individuelle, le gage d’une collaboration réussie, durable et profitable à tous… »….

 

…Parce que le manager sait tirer tout profit de ses expériences passées. Expériences dont il tire son énergie, ses réussites et qui éclairent le chemin du futur.

Il s’agit tout simplement de la définition de l’objet social d’une société permettant de développer un projet, une économie, des innovations et des équipes. Le tout autour de cette fameuse cellule qu’est l’entreprise, accueillante, bienveillante et formatrice. Mais comme l’économie collaborative opère des mutations importantes dans les processus éducatifs, l’entreprise doit apprendre aussi de ses collaborateurs, en les écoutant plus. En leur permettant d’accéder à des formations plus individualisées, qui le font réfléchir et choisir son chemin intrapreneurial, ses outils et son tempo. Esprit Manager définit ce parcours comme une « méthode itérative immergée, individualisée et apprenante  où le manager vit, subit et raconte ses étapes quotidiennes de manager ». En y attachant des défis et un scoring de progression, il est au centre de son parcours et maîtrise bien son apprentissage. Le développement des compétences y est ainsi décuplé au profit de l’entreprise et de son organisation, qui apprend elle-même, par l’agrégat des progressions des managers, mais aussi de l’effet collaboratif des managers formés.

Il y aurait donc un investissement capital à réaliser dans de nouveaux formats d’apprentissage, pour les managers et…l’entreprise. Une voie très innovante pour le développement des compétences des managers.

 

Plus d’infos sur http://esprit-manager.com

Uberisation, de quoi ? 31/10/2015

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Uberisation est désormais un mot. Mot dérivé d’une entreprise qui a complètement bouleversé une industrie, celle des taxis, ou plus largement des transports payants de personnes. On voit par ailleurs que cela ne s’arrêtera d’ailleurs pas là…Et là, figurent pèle-mêle du grand résultat, acteurs isolés, législateurs-régulateurs en peine et sans voix. Parce qu’ils n’ont rien vu venir, n’y ont pas cru, manquent d’imagination. C’est aussi ce qu’ont dit les grands responsables après la catastrophe du 11/09 aux USA : « nous avons manqué d’imagination ».

De quoi s’agit-il ? Tout simplement de possibles rendus réels, par la révolution digitale, celle-là même qui a « disrupté » d’autres industries avant : disque, livre, tickets, conseil médical, restauration, livraison, optique…La liste serait trop longue. Il y a donc aujourd’hui une grande responsabilité du chef d’entreprise à bien cerner ses choix, succès et compétences pour ne pas que tout ceci s’évanouisse un beau matin par un nouvel entrant, moins cher et meilleur (définition d’une innovation dite « disruptive »).

Rappelez-vous Kodak, qui possédait en son sein, l’inventeur de la photo numérique et pourtant n’y a pas cru, voire ne l’a pas développé au risque de cannibaliser sa propre activité. Regardons désormais où est Kodak et ce qu’elle est devenue devant ce raz-de-marée numérique. Une société du passé...

UberEats

Même si l’uberisation n’est pas forcément technologique (qu’y a t-il de réellement technologique dans Uber aujourd’hui ?), l’innovation réside dans la capacité et l’opportunité de bâtir une expérience consommateur bien plus plaisante, rapide, efficace et surtout utiliser les outils modernes : géolocalisation, paiement mobile, tag, data et CRM…avec une excellence opérationnelle des « salariés », qui ont intégré les valeurs et l’esprit du service (ce point est aujourd’hui l’objet de révoltes localisées, en raison de précarité du travail, ou de l’inadaptation du modèle juridique, social, économique et fiscal résidant d’une époque trop longue à se réformer).

Il est donc bien de la responsabilité de tous, et non pas pour protéger (nous avons bien assez de tendances protectionnistes) nos acquis, salariés et rentes, mais pour innover et augmenter la satisfaction du client, qui comme nous le savons, augmente la fidélite et donc l’espérance de gain.

Etes-vous prêt pour un diagnostic, ouvert, franc et réaliste de vos activités ? Il vaut mieux prévenir que guérir disait l’autre, et il y désormais des maux incurables, conduisant à l’impasse…économique et sociale.

Pour ceux que cela intéresse, retrouvez un think tank de plus avec l’observatoire de l’uberisation, qui va suivre, tracker et proposer des solutions de notre époque…

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#Systematic15…tic toc 10 ans ! 30/05/2015

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C’est parti pour la convention nationale 2015, du pôle Systematic, toute particulière cette année : 10 ans déjà d’existence pour ce cluster IT, qui s’est bien développé dans les milieux d’ingénierie et les domaines technologiques.

Retour sur 10 ans donc d’expériences, de succès, d’innovation et un bilan plein d’espérance mais de constats malheureusement, reflétant les limites sociales de notre pays. Notre modèle bâti sur un contrat social plutôt bien fait, en subit aujourd’hui les limites : trop de castes, de structures rigides, de clientélisme (jusque dans les arcanes de l’Etat), une modernisation lente, comme si la slow innovation était un modèle acceptableVieille France dans une vieille Europe, bel organe bien plus mammouth que couguar, hélas. Le fil numérique et digital a bouleversé nos rapports entre humains, marques et objets. Les générations imposent leur résistance ou leur style mais le collectif est là pour fonctionner. Il reste nos vieilles institutions qui comprennent mal les enjeux et qui ne réforment pas suffisamment, au profit de rustines inefficaces sur le moyen terme. Le temps politique est trop court et sert les urnes mais pas le pays, ni l’Europe. Trop de réformes inutiles et peu comprises, l’éducation recule et les savoirs de base sont en faillite. Ecole, entreprise, institutions. Trop d’incohérences, incapacité chronique à engager les efforts importants de ré-allocation des moyens (ie budget de l’Etat) et d’appréhender les enjeux stratégiques du pays. Faut-il vendre encore plus d’engins de mort (ie Rafales) pour se satisfaire de notre balance commerciale ? De notre ingénierie made in France ?

Redonner du sens le « on purpose » anglosaxon, et l’open innovation. De vraies pistes pour booster et provoquer l’écosystème d’innovation collaborative. Vitesse, collaboratif et audience sont des clefs d’accélération du changement. Espérons qu’il soit profitable, juste et partagé « pour un monde meilleur » (OECD claim). Et cette collaboration entre cluster, pôles et entités professionnelles (PME, groupes, chercheurs, écoles, collectivités et institutions publiques) doit réduire leurs différences et faire en sorte de mieux travailler ensemble. Les alliances dites « chasse en meute » seraient plus efficaces pour faire masse aux conglomérats étrangers

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L’offre décuplée de cette ouverture collaborative, où les logiciels et applications libres fleurissent depuis des années, va également poser des problèmes drastiques de sécurité et de surveillance. Les fables et anticipations passées (1984, big brother, le panopticon, le prédictif…) prennent vie pour le meilleur et pour le pire et sont déjà là. Mais dans les entreprises, on se plaint facilement même si l’on génère en interne des comportements de sécurité aussi peu précautionneux que les applicatifs de loisir à la maison…Il faut en effet gérer la frustration et le plaisir, doux équilibre entre sécurité, confort d’utilisation, ouverture et interfaçage smart. Et pour éviter un jeu à somme nulle (#RIP JohnNash), cela doit devenir au global un #jeuàsommepositive où tous les acteurs sortent grandis et enrichis.

Un exemple de sujet abordé ici, avec la continuité d’une exposition de startups, proposant des solutions technologiques d’avenir. Un pôle extrêmement pertinent dont le travail a suscité de nombreuses félicitations et une dynamique collaborative entre les acteurs économiques du pays, bien au delà de nos frontières.

#systematic15

Former l’informel, une autre manière d’apprendre…par les expériences pour les compétences 13/05/2015

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Formation, Management et Apprentissage, notions largement débattues dans les entreprises, doivent également vivre leur révolution. La traditionnelle équation « budget + équipes = formation » a vécu. Elle a vécu parce que selon des retours réguliers, les méthodes empiriques et classiques, laissent entrevoir des failles et du gâchis consommés, néfastes à moyen terme sur les organisations. Pourquoi ?

  • Les manageurs, de retour de formation, appliquent rarement leurs nouveaux acquis mais par contre mobilisent sur leur temps de travail, leurs cellules grises pour résoudre des injonctions paradoxales de type « faire mieux avec moins et toujours plus »
  • Les DRH, assises sur les budgets formation à dépenser, remettent rarement en cause les habitudes et sortent peu des traditionnelles formation « savoir-être, savoir-faire », quelque peu terre-à-terre
  • Les Dirigeants voient leur équipes partir par cohortes entières, motivées ou pas, prétextant la dilution des budgets formation, sans garantie ni de ROI, ni même parfois de remerciements, un peu comme si « on a toujours fait comme ça »
  • Les organismes de formation, assis sur un tas d’or, des monopoles et des rentes de situation travaillent avec des trésors d’imagination pour vous prouver que vos équipes ont besoin de renouveau, qu’elles apportent en réel, peu

            Managers

Une situation qui dure, mais qui contrairement au développement durable, comporte des risques : usure, mécontentement, moindre implication, incompréhension, climat interne dégradé et productivité en berne, voire démissions et grèves. Rappelons que l’une des composantes du développement durable est bien sociale et traite de l’équité et de ressources humaines bien au travail, stables. Le « sustainability training » existe pourtant car là où l’apprentissage a apporté du concret dans le milieu académique, il existe également dans l’enseignement d’entreprise par les expériences.

Le très sérieux CNRS en a même fait aujourd’hui un sujet de recherche, épaulé par Esprit Manager, une entreprise spécialiste de « l’apprentissage par les expériences pour les compétences ». Le sujet vise à comparer un groupe témoin formé de manière traditionnelle et un autre groupe formé selon le cercle vertueux d’un apprentissage permanent par les expériences pour développer ses compétences. Une méthode qui a déjà trouvé écho chez de grands groupes et même hors de France. Ce projet est piloté par le CEE et l’unité de recherche « dynamique des organisations et du travail » du CNRS. C’est dire si le sujet est crédible et sérieux.

Une nouvelle méthode des entreprises « people oriented ».

C’est Vineet Nayar CEO de HCL Technologies, qui écrivait un magnifique ouvrage intitulé « Employees First, Customers Second: Turning Conventional Management Upside Down », best-seller, idéalisant les équipes et ressources humaines, mais surtout à partir de faits réels, bâtis dans son entreprise. Une manière de saluer le travail des salariés et surtout de donner du sens à tout un projet d’entreprise : s’occuper d’abord de ses salariés, qui tout naturellement créeront à leur tour une expérience client sans égal. Il fallait y penser mais aussi le mettre en place, mais il l’a fait. A l’instar de Zappos (revendu à Amazon) qui prône le bien-être au travail (j’en avais parlé ici) et qui désormais se sépare massivement de son management intermédiaire pour rechercher une autogestion collaborative, le bien-être n’est pas une figure de style mais bien un investissement durable (vous voyez le paramètre « sustainability » ?). Le bien-être des équipes passe donc par des individus à leur place, investis et motivés et surtout bien dans leurs postes. Bien, parce qu’ils le maîtrisent mais aussi parce qu’ils auront un processus de progression propre, adapté et où ils seront les premiers acteurs. Une formation dont « vous êtes le héros ».

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Comment ça marche ?

Le principe est tout d’abord de laisser les managers à leur emploi classique, in situ et d’analyser avec un coach des situations réelles et quotidiennes. Les résultats sont plus efficaces car en temps réel et n’empiètent pas sur le temps de travail car la démarche est DANS l’activité quotidienne.

  • Analyse du contexte du manager
  • Apprentissage du « ongoing listening » ou de sa capacité à s’observer lui-même, à l’œuvre
  • Mise en place de défis à relever
  • Echecs, succès et ressentis : parler du vécu, des actes et des issues
  • Analyse régulière des progressions et des « learning keys »
  • Et on recommence…

Evidemment il n’y a pas réellement de fin, car l’apprentissage par l’expérience développe de nouvelles compétences qui vont appeler…un goût pour l’exercice et pour de nouveaux défis. Finis les formations barbantes, théoriques et banales…Place aux nouvelles méthodologies qui mettent au centre l’individu, pour son développement qui ne ressemble pas à une « fiche théorique quelconque ». Il est ainsi plus motivé, en ressent très vite les effets et sent investi et plus concerné dans sa mission.

Par ailleurs, les exercices ayant lieu dans le cadre réel de son travail, l’efficacité globale est décuplée et directement rentable pour lui et l’entreprise

Le Manager peut se loguer sur une plateforme professionnelle sécurisée pour y raconter ses expériences, relever ses défis, suivre sa progression et recevoir des guides, conseils et réponses de son coach ou de son mentor. La plateforme permets également de retrouver des sources bibliographiques, références video, films, etc qui vont aider le Manager à cristalliser certaines idées et illustrer des exercices demandés dans les défis.

Le temps est révolu aujourd’hui d’absorber des contenus, pires théories, dans notre monde toujours connecté. Tout le savoir étant à portée d’un clic, la distinction notable aujourd’hui c’est l’expérience et ce qu’elle procure dans le développement de l’individu, échecs comme succès. Ce sont ces expériences qui du coup développent la personnalité, le style et l’approche d’un manager et renforcent ses compétences dans l’exercice de son métier. Encore faut-il passer du temps à l’autoanalyse, l’observation, l’écoute et savoir capitaliser sur ce capital recensé…

Prêts pour le développement durable des compétences ?

En savoir plus : Esprit Manager

La Dynamic night de Dynamique entrepreneuriale 24/09/2014

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Mardi 23 septembre, le soir. Une queue indécente, de celle d’un soir de match, et une envie de faire demi-tour. J’ai d’abord cru à une blague, à une organisation un peu légère. Bon c’est la première soyons indulgent…Et après tout, nous sommes invités. Entrée, placement, le Pau Brazil un bel endroit bien placé, cosy et Parisien. La foule, tantôt initiée, tantôt interrogative, des entrepreneurs en veux-tu en voilà…La soirée Club Dynamique peut démarrer. Julien Nishimata et son frère chauffent la salle et offrent un début hilare, parfois long. Trop long. Tout le monde est là pour networker, éventuellement boire un coup et rencontrer pairs, clients potentiels et icônes. Finalement on parle peu du club, des avantages, de l’objectif. Je suppose que ça viendra, lorsque tout le monde ayant laissé sa carte de visite, sera relancé pour y souscrire. Le buffet est dressé, et dès la fin du discours finalement peu utile, le naturel revient au galop. Rush sur les mets et boissons de qualité, et on échange. On échange ses doutes, ses craintes, ses aventures et ses cartes de visite. Très vite on en vient à une forme de théatre d’ensemble ou l’avenir serait au « H2H », la marque de fabrique de ce club en devenir. Bien au delà des réseaux sociaux, usines à fiches et profils électroniques, on oeuvre « IRL » ou « away from desk » pour se présenter et recueillir conseils, contacts et espoirs. Si la forme est à parfaire, le fond est bien là et à le mérite d’exister et de réussir.

ClubDynamique

Une formidable usine à audace, passion où tous ces chefs d’entreprise vont peut-être créer les entreprises dont notre pays a bien besoin. Certains s’y essaient en fuyant pôle emploi, d’autres recommencent acharnés et convaincus qu’ils vont rebondir après un échec, et le reste se teste pour connaîtres ses limites et ses compétences. C’est ça l’entrepreneuriat, un saut aveugle, un peu fou vers l’inconnu, plein d’espoir, de passion et d’audace, c’est ce qu’il y a de plus beau. Un peu quand même comme un saut en parachute, mais sans parachute, tant les risques sont démesurés par rapport aux espoirs de gains. Entrepreneurs masos ? Non, énergiques, volontaires et fougueux, comme la France en a réellement besoin pour reconstruire le pays et aborder la conquête de nouvelles frontières.

J’ai bien fait de ne pas faire demi-tour et j’y retournerai sans doute. Rien que parce que le club existe et pour l’énergie de ceux qui ont permis qu’il existe…

Bon vent et belle réussite en attendant la deuxième édition…Si personne ne s’en charge, à nous d’inventer le futur. « Vivons notre vie parce que celle des autres est déjà prise ».

@Netexplo Customer: « Internet et les nouveaux modes de distribution » 13/04/2012

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Petit déjeuner de la série « netexplo observatoire » chez Deloitte avec invité, JL. Chrétien, du groupe Accor, pour nous parler d’Internet et des nouveaux modes de distribution ce jeudi 12 Avril. Le groupe Accor en effet malmené comme tant d’autres, par le raz de marée numérique, implicant un vaste dossier d’invasion d’Internet et de renouveau de sa relation consommateur. Programme de fidélité, social recommandation, social advise, « prefering & delivering »…Le groupe Accor est confronté comme de nombreux métiers à un bouleversement important de ses process et modes d’adressage au consommateur.

Métier autrefois décentralisé au niveau de l’hôtel même, les pratiques se structurent en « réseau » et connectent le consommateur plus avisé, informé et sollicité que jamais. Comment capter l’attention, déclencher la préférence et augmenter panier moyen et fidélisation, tout en maintenant et évitant une inflation des couts d’acquisition ? Voilà les défis à résoudre, dans un environnement ou le « change management » est capital pour ce groupe, et la réduction d’actifs pour un développement de la franchise doit permettre de maintenir son audience.

Désintermédiation, ré-intermédiation, infomédiation…Les circuits de distribution traditionnels s’effondrent et de nouveaux intermédiaires (tripadvisors 50 MVU / mois !). Le “Open New Frontiers in Hospitality”, baseline d’Accor peut-il s’appliquer par l’expérience de consommation clients et même avant, par les manières dont le client va s’informer, choisir et acheter Accor, dans ses modes à lui : ceux qui correspondent à son mode de vie, éthique, univers de marque et valeurs.

Passer de la vente à la distribution demande une démarche complexe, par les réseaux d’entreprise et historiquement par des forces de vente, locales et gérées par l’hôtel lui-même. Le concept de distribution nécessite de référencer en amont des accords cadre avec les plus grands groupes, autorisant la “consommation” d’Accor pour leurs salariés : le monde devient donc ici encore, en réseau et plus connecté d’une certaine façon.

53% du CA est encore fait directement par l’hôtel lui-même (47% en central par Accor mais 30% il y a 10 ans) ; une politique de type « grands comptes » est par conséquent importante. Mais cette politique implique d’être plus efficace que l’hôtelier en local, pour convaincre notamment les franchisés de délivrer de coûteuses redevances…On attend 40% (US ou Europe) du chiffre global du segment “leasure” (aérien, hôtellerie, location voitures…) en 2013, effectué sur Internet. L’Asie et LatinAm dépasseront les 20% en 2012, accusant un retard de consommation sur Internet.

Accor a effectué une veille avec TripAdvisor pour intégrer le site sur les siens, profiter de la notoriété de ce réseau social de recommandation et inciter le client à laisser des avis et des évaluations. Un signe d’ouverture et de socialisation de la relation “marque et consommateur”

Mais il faut compter avec MakeMy Trip (india), CTrip (Chine), Rakuten (Japan), Wotif.com (Australie)…Intermédiaires émergents…avec une bataille sur l’offre référencée pour ces sites et permettant à Accor de retenir le plus pertinent et donc de la stratégie de distribution la plus intéressante (Groupon par exemple, avec sa stratégie de terre brulée et de promotions toujours plus dangereuses et donc destructeur de valeur n’est pas autorisé chez Accor…)

JL Chrétien nous résume donc les changements majeurs opérés/à opérer chez Accor :

  • décentralisation réduite vers un partage de responsabilité du consommateur entre central/local
  • d’un savoir-faire hôtellerie vers le web/CRM ; développement du programme de fidélité “A Club” et Facebook connect
  • d’actions locales vers une intelligence centrale : une structure « global tech solutions » (investissements massifs serveurs/SI/Apps)
  • une plateforme Accordirect.com, qui doit devenir la référence de search en terme d’hôtellerie et de séjour
  • formation au “change management” : apprentissage distribution Internet, réseaux sociaux…et examen pour tous les gérants/dirigeants d’établissements hôteliers
  • développement du digital dans le parcours client : plan, book, prepare, arrival, stay, check in/out, post advise (à noter le choix de Facebook Places pour se localiser en check in pour le client…et entrer dans une interactivité mobile)

A noter une concurrence silencieuse mais néanmoins réelle dans le secteur du « séjour », comme sur d’autres secteurs : le C-to-C, ou relation « second circuit » et entre particuliers pour trouver des résidences, séjours, etc plus personnels, adaptés et moins aseptisés…Un bon exemple : AirBnB. Eh oui c’est aussi sur « l’expérience clients » que se joue la consommation aujourd’hui, un domaine élargi de la relation clients, qui peine à être compris, en tous cas chez nous. La relation est encore très transactionnelle (une marque, un client = une transaction service contre monnaie), là où les marques dépensent des sommes colossales pour assoir et faire vivre des valeurs, qu’on ne retrouve pas forcément dans l’expérience de consommation. A mon sens, l’enjeu est important sur ce secteur car la concurrence et les possibilités de différenciation sur le middle market sont faibles…A l’instar de Zappos, il faut donc délivrer du « bonheur », avant même de délivrer le service…Je fais partie de cette communauté, j’en sais quelque chose, ce n’est pas un vain mot…

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L’Internet des Objets avec Netexplorateur.org 07/12/2011

Posted by evidencesx in économie, digital, e-tech, innovation, m-business, mobile, social media, technologie, Uncategorized, web.
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« Les objets deviennent bavards, le monde réel se transforme en un immense système d’information ». J’ajouterais que si les « marchés sont maintenant des conversations », il faudra compter avec les objets, qui en effet vont, au cours des prochaines décennies, prendre la parole…Comment, par quels moyens ?

C’est un nouveau volet organisé par la célèbre initiative « netexplorateurs », dont j’ai plusieurs fois dressé des comptes rendus passionnants ici, permettant de collecter dans le monde les meilleures initiatives en termes d’innovation, sociales, économiques et technologiques, qui s’est tenu le 6/12, dans les locaux d’HEC, porte de Champerret. Co-organisée par HEC et Netexplorateurs, cette journée nous expose les évolutions visant à rendre « réels » des objets inertes, leur donnant une vie numérique et online. Cette manifestation fait partie de la semaine du numérique, englobant des évènements majeurs liés aux tendances « digitales » du moment.

2020 : 20 Milliards d’objets connectés ; lesquels, comment, pourquoi et quels services ? Quelles applications pour quels changements dans les organisations, les métiers, les chaînes de valeur ?

« Nous n’allons plus sur Internet, nous sommes dans Internet » (J. de Rosnay, 2008). Comment ignorer du coup l’environnement dans lequel nous vivons, connectés, tracé, fiché… ? Quel degré d’aliénation allons-nous accepter demain ?

Démystifier l’Internet des objets, c’est ce que nous propose rafi Haladjian, célèbre entrepreneur et créateur du premier objet communiquant, le « Nabaztag » (lapin en Arménien). De son célèbre humour, connecter d’abord les lapins, puis après tout le reste. Son crédo, sa stratégie initiale, ne nous dit pas si il a réussi…Force est de constater qu’il nous semble plutôt averti, un peu comme si les objets lui parlent à lui. Serait-il l’homme qui parle à l’oreille des objets ? Sans doute. Créateur de « Sense » une plateforme qui promet de donner du sens aux flux de données, ordonnées en fonction d’un but « comme un système » finalement. Si nous sommes maintenant dans Internet, c’est qu’Internet a créé un environnement qui englobe notre environnement réel. Pouvons-nous échapper au « tout connecté » ? Selon lui, « aller chercher l’information dans la vraie vie » existe depuis près de 15 ans. L’Internet source des données, comportements, actions dans notre vie quotidienne. Mais jusqu’à là, ils stockaient ces données en historiques, là où aujourd’hui ils sont interactifs et communiquent en temps réel les statuts et les états dans lequel ils sont, pour faire réagir l’individu, et bien entendu, d’autres objets. Il n’y a pas loin jusqu’à ce que les objets créent eux-mêmes leur page Facebook, intégrant donc un réseau « social », leur permettant d’être vivant, dans une société connectée…

Vlad Trifa, de l’institut de Pervasive Computing, en Suisse à Zurich (@vladounet). EvryThg, titre de sa présentation…de l’Internet des « things ». Il dresse les enjeux industriels du fait de la connexion des objets et les cercles différents de connexion du web : real-time, social, programmable, sémantique et physique (objets quotidiens). Le web of things, c’est un espace commun à ces 5 cercles, un espace de design qui redessine les relations entre objets, personnes, actions, états…induisant des modifications majeures de comportements et de résultats économiques différents. Les objets connectés, c’est aussi les rendre uniques par le fait qu’ils ont une identité propre par leur place dans l’espace, dans le temps,  par leur propriétaire ou locataire. Ils deviennent de fait un autre périmètre que le simple objet physique, mais aussi un environnement caractérisant sa vie, son utilité, son « track record », sa réputation, etc. Maintenant lorsque vous achèterez un aspirateur, vous vous méfierez un peu plus…

Usman Haque, de « Pachube », propose lui un panorama autour de la plus grande initiative d’open data de données connectées. « Actually it’s all about people ». OK, mais demain ? La capacité de la communauté bâtie sur Pachube permets de partager des données qui devraient être plus « publiques », avec des applications extrêmement pertinentes comme par exemple la gestion de l’énergie (savoir quand dans une ville utiliser de l’eau ou pas, idem pour l’électricité, le trafic, la culture…see Dontflush.me). La connexion permet de gérer à l’échelon d’importantes communautés (quartiers, villes, villages…) des comparatifs de consommation, voire des défis ou compétitions entre citoyens, pour optimiser la responsabilité des usagers locaux…Très intéressant et très « citizen oriented ». Les « objets connectés » nous rendraient-ils (ou nous obligeraient-ils à l’être ?) plus responsables ?

Cédric Hutchings, de Withings (célèbre créateur de la balance connectée qui permet de partager son poids en temps presque réel sur les réseaux sociaux). La connection des objets selon lui nécessite une interface riche et performante pour réussir l’usage même de ces objets. Dans le cas de la balance, le « user friendly » est plutôt dans l’interface de l’application IOS plutôt que dans l’objet qui lui exprime sa beauté par le design même. Un autre exemple, le « baby monitor », objet + interface Iphone pour les parents. Connecté oui, mais surtout « utile ». Connecté ce n’est pas seulement connectable, il faut y ajouter de l’usage, c’est ce qui rend vivant les objets vraiment et qui ajoute la vie dans la durée surtout et l’enrichissement par l’utilisateur. Selon lui, la domotique est un terme vieux, dépassé et à réinventer car finalement trop rigide : une action entraîne une action isolée…Alors que la connexion permanente enrichit bien plus les possibles, dans la durée…

John Kestner, Proximeter (supermechanical) mettant en œuvre un portefeuille changeant de comportement en fonction de son état de remplissage…intéressant et surprenant a priori !

« if we have thousands of computers around us, they have to be really simple ». En fait, la reproduction de ce principe se retrouve dans le “proverbial wallet”, qui s’ouvre plus difficilement en fonction du niveau de vos finances…”care about spending your money” semble être son dicton favori. L’effort physique traduit dans l’objet devient fonction de son état intérieur, ce qui le rend « vivant » et connecté pour changer le comportement pour l’utilisateur : responsabilisation, arbitrages,…de quoi réfléchir avant d’agir. Twine, autre système communicant permettant de relier des capteurs « domestiques » et de déclencher des alertes, blocages ou actions dans un environnement habité. A suivre donc, car un objet très intéressant…

Ricardo Ferreira, avec Living Plan IT, optimisant la gestion d’une ville connectée et ses différents “objets” de l’urbanisme courant (inside Living Plan IT). Il illustre la dramatique dans des populations et la concentration extrême dans les métropoles, gigantesques institutions absorbant l’identité des individus en parfaits inconnus. La croissance nouvelle de ces migrations nécessite une nouvelle organisation, optimisant les ressources qui elles, ne grandissent pas à la même vitesse. L’expérimentation menée aux alentours de Porto au Portugal, montre une nouvelle aire « Plan IT », un concept global de gestion des données, ressources et informations. L’idée est d’inclure des capteurs partout, sur « chaque » objet, élément d’une composante urbaine, et de pouvoir communiquer avec et recevoir des informations d’état qui traduisent le comportement « vivant » de l’ensemble.

Laurent Maruani, professeur de Marketing à HEC, nous résume en une synthèse particulièrement intéressante quelques clefs relevées d’après ces présentations, avec :

  • Arrivée de toutes ces applications en mass market après les années « hippie shake » expérimentales ; la vitesse de déploiement et d’appropriation est vertigineuse
  • Time to market, tout de suite avec des avantages réciproques : principal « statement » de tout bon marketing
  • La profonde modification dans la montée en charge de ces technologies, pour qui la phase de « early adopters » est de plus en plus courte, le fossé (« chasm ») toujours existant, mais la durée des cycles s’accélérant, changeant donc le financement de ces innovations ainsi que le retour sur investissement attendu
  • L’identification aux objets et l’acceptation de ceux-ci, en tant « qu’individus » ou le rejet massif de « trop de données », trop de connexion…
  • L’intérêt (user interest) est une dérivée du data volume, ce qui signifie qu’il y a un « tri » et une organisation sensée de ces données à travers des flux et ces objets, pour qu’ils deviennent « utilisables » au sens de « vivants et concrets »
  • L’internationalisation du langage des entreprises : quelles cultures favorisent « l’international » et du coup, ces objets peuvent-ils aider ces passerelles nécessaires ?
  • Les dangers du « tout transparent », des risques de glissements de comportement des citoyens, rendant les uns renommés et adulés et d’autres dénoncés et décriés, par le fait que tout le monde se met en scène, à nu, par ces objets rendant compte d’une vie, elle, privée ?
  • Et d’ailleurs où s’arrête ce cercle privé maintenant : foyer, immeuble, ville, pays… ?
  • Bien différencier « industrie » et « marché » pour garder la raison pour l’un et le besoin pour l’autre
  • Un jour les objets cesseront d’être objets pour faire « corps » avec nous, c’est-à-dire, greffés au corps humain. Aura-t-on le choix ? Quelles attitudes alors avec un système « interné » vs externe et environnant ?
  • Finalement, le questionnement engendré par la connexion des objets, « nomme » l’état relevé et implique du coup un comportement changeant : poids, taux d’alcoolémie…
  • Détester la technologie, c’est en fin de compte le meilleur chemin de l’innovation réelle, car centrée sur l’usage et l’essentiel. (j’adhère en terme de chemin créatif pour s’affranchir des barrières de l’ingénierie…)

« Interne, externe, se peser ou être vu, soi ou l’autre. Les lapins feront des petits…. ». Quelle réaction du législateur, du corps politique face à des enjeux de cette taille où les frontières ne s’analysent qu’à la vision que nous avons aujourd’hui. Comment en effet « juger » ces objets avec quelles lois, pour le futur ?

Enfin, le nouveau matérialisme lié à ces objets, quant à la continuité et la valorisation de ces entreprises et projets naissants. Industrie, marché, ressources, une île nouvelle, pas déserte, pas inerte mais un îlot de créativité pour les générations futures…

Une conférence passionnante comme d’habitude des forums Netexplorateur, introduite par T. Happe et modérée/animée par Cédric Ingrand, rédacteur en chef high tech sur LCI. Le rendez-vous est donné pour le forum à l’Unesco, les 15 et 16 Mars, prochains.

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L’heure est-elle encore à l’abonnement ? 29/09/2011

Posted by evidencesx in économie, business development, développement durable, innovation, management, stratégie, Uncategorized.
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Un terme qui est encore dans le dictionnaire, mais qui pourrait un jour faire partie du vieux Français, tant il est peu commercial, désuet et lourd d’affaires peu glorieuses…En tous cas un sujet réel, depuis la migration de notre économie industrielle vers de plus en plus de services et de dématérialisation de celui-ci. Le remplacement progressif de la « détention » par la « jouissance » et donc vers un service plutôt qu’un bien, va encore profondément modifier la concrétisation de l’espérance de gain des entreprises, car elle demande à renoncer à des ventes pures, au profit de loyers, redevances,…peu importe leur nom. Oui les entreprises pour rassurer leurs actionnaires ont aussi besoin de profits immédiat, de cash pour alimenter le quotidien. Mais là encore, l’équation est réelle : comptant ou à crédit, en quelque sorte ?

1) les usagers achètent des usages qui s’usent, la long tail du service :

Depuis très longtemps, lors de l’installation de l’économie de services, l’idée d’investissements longs amortis (= qui s’usent), équilibrés par une « rente » (= un loyer) du consommateur a fait son chemin. Si elle rassure l’investisseur et tous ceux qui doivent y prendre un risque, cette innovation part du modèle, du principe, de l’entreprise et du produit (ou plutôt service) et non pas du client. On répercute donc les vices (ou nécessités capitalistiques du modèle) au consommateur, sans lui demander. On bâtit donc des hypothèses de nombre d’usagers, qui paient un certain montant pendant un certain temps = la customer lifetime value du client (eh oui le client vaut lui même de l’argent…).

Mais bien entendu, au fur et à mesure de l’arrivée de la concurrence, le client qui n’est plus aveugle, compare. Et donc risque de rester moins longtemps « locataire » du modèle…dont l’amortissement financier est basé sur la fidélité. Fidélité à la marque, aux prix, aux services et parfois contrainte : on invente les contrats à « petites lignes », que personne ne lit et qui pourtant enferment le consommateur dans une prison dorée…Si effectivement, ce mode de consommation génère de l’inertie bons pour les opérateurs de services et endort le consommateur, la pauvreté en terme de promesse et de marketing est navrante. Si conserver ses clients, c’est les menacer avec un contrat…Si j’en parle, c’est que ça arrive encore en 2011…Mais après tout, ce mode soporifique a aussi des avantages : la consommation au « forfait » est censée être facile et moins chère…à voir, surtout si finalement le service consommé n’est plus : qui n’est pas abonné à quelque chose qu’il n’utilise plus ?

Après tout, il semblerait qu’on en reparle comme d’un modèle d’avenir, simplifiant les relations entre distributeurs, ayant-droit et consommateurs…Encore faut-il jauger de sa capacité à consommer dans la durée, le service offert. Quand il s’agit d’une nécessité « première » (eau, électricité…et maintenant internet), on ne se pose pas de questions. Mais lorsqu’il s’agit de contenus (jeux, video, livres, images, revues…), l’envie déclenche mais n’est sans doute pas constante…

2) de l’envie de tout arrêter : le burnout du consommateur, récupérant sa conscience (et son argent) :

Et puis un jour, on réalise, par un excès de zèle, un besoin de nouveauté ou contraint par son niveau de vie qui baisse, on fait table rase : haro sur tous les contrats longs, qui nous aliènent, qu’on a oublié dans un tiroir et on consomme autrement. La floraison de comparateurs sur le web aide grandement aujourd’hui à faire le tri, mais rien ne remplace un vrai tri dans sa tête par rapport à ses besoins et sa consommation. Si l’abonnement est addictif, c’est qu’il endort toute rebellion, par un système indolore de captation du RIB. Et ensuite finalement, il ne vous reste que des prélèvements, l’envie elle ayant disparu depuis longtemps…C’est ainsi que repenser sa consommation, c’est peser chaque jour son engagement et ses besoins, dans une optique d’optimisation : de son temps, de son budget, de son rapport avec la consommation utile et raisonnée. Trop c’est trop, la société consumériste nous « abonne » tout entier à l’envie de plus au lieu de l’envie de mieux. Notre faute ? être trop vulnérable, influençable (et c’est pourtant la mode et l’ère des influenceurs sur le web…), céder aux sirènes du « fitness status », ou acheter ne signifie plus un bien ou un service mais un statut, qu’il faut montrer ou mieux, avec lequel on vous identifie, on vous reconnaît et on vous classe. Classer, reconnaître, segmenter…Pourquoi faut-il toujours mesurer par du rationnel une envie passagère ou un plaisir pur ?

Alors on arrête, on écrit, on téléphone, on jette, on se désabonne, on rejette l’entité responsable, enfin on essaie : rappelez-vous les petites lignes…que personne ne lit. Elles sont là pour vous rappeler gentiment votre promesse implicite de fidélité et garder votre argent encore un peu…Et c’est là qu’est l’os : la difficulté à convaincre le consommateur pour un service est de plus en plus difficile, et proportionnel à l’effort qu’il faut déployer pour le quitter.

Les opérateurs sont là, trésors d’imagination pour séduire le consommateur. On banalise les produits, l’abonnement est roi, car il enferme, il verrouille, il endette le consommateur…longtemps. Quand l’abonnement devient plus important que le produit…Les subventions de mobiles dans la téléphonie avaient habitué les gens à effacer la valeur des produits en « offrant », à crédit, des mobiles chers…moyennant engagement et fidélité d’une part, surfacturation du service d’autre part. Je trouve que l’avenir des produits est bien morose : réduire la valeur de toute une industrie à un cadeau Bonux, pour tromper le consommateur. No comment. Le fait de passer d’une économie de détention à une économie d’usage et de service, ne doit pas masquer la réalité : à force de rendre gratuit tout et n’importe quoi, on met une pression forte sur les coûts, donc sur l’emploi et sur la délocalisation. Comment ainsi valoriser son industrie…puisqu’elle est offerte au moindre cri ?

Une relation pas toujours libre enferme notre avenir. (On fera un parallèle aussi en France avec l’emploi et la difficulté du « turnover » qui sclérose et verrouille toute décision). D’où la nécessité d’inventer d’autres formes moins engageantes de consommation : je consomme je paie vs je paie et je consomme peut-être.

3) après les différentes révolutions, celle de l’usage 2.0 : réfléchi, durable, raisonné, à petites doses…jusque dans les nuages :

Indépendement du choix déraisonné qui s’offre désormais à nous, la désescalade de consommation pourrait venir du monde « en développement ». Les pistes du social business, nous montrent comment acheter juste ce dont on a besoin, tout simplement parce qu’on ne peut pas payer plus. Et puis aujourd’hui, nous sommes entourés de « recommandation », de « social commerce » et de réseaux (plus ou moins bienveillants). On ne sait plus ce que l’on consomme et surtout où, puisque le service est souvent dans les « nuages » (cloud) et ne vous appartient que quelques secondes ou quelques heures. La consommation à l’acte devient donc une multitude d’impulsions et d’envies, sans attache et parfois sans avant ni après, un cauchemar pour les prévisionnistes : l’accès temps réel à des portions infimes de la chaîne de valeur d’une entreprise et du micro-paiement, notre société de zapping comportemental implique la capacité à gérer ces vagues de commandes informes, on pourrait dire presque chaotiques, tant elles ont l’air désordonnées, mais soutenues.

Mais attention, il faut  finalement distinguer l’usage, qui semble aujourd’hui plus disruptif parce que dé-linéarisé (mobile, saccadé, segmenté…) et par notre mode de vie plus nomade et sans arrêt en mouvement, et l’accès à des sources de consommation où il faudrait payer par acte et donc effectuer un acte bancaire à chaque fois…Vite pénible. Et c’est pour cela que les supports digitaux de nos anciens media (journaux, livres, jeux…), sont portés dans des bibliothèques importantes, à accès simultané et infini. Un modèle donc de paiement « forfaitaire », ferait donc légion et pressionCe qui ne veut pas dire abonnement. La notion d’abonnement, où le consommateur se sent « lié » et redevable ne convient plus à notre envie de liberté et notre infidélité latente…Les pistes actuelles seraient donc autour :

  • d’offres de services sans engagement, simplifiantes du point de vue de la consommation (mobiles, ergonomiques, à la demande)
  • d’offres forfaitaires certes, mais surtout modifiables à tout moment sans frais, pour s’adapter à nos vies trépidantes
  • d’offres à tarifs modulables aussi en fonction de la consommation réelle (à noter la télévision n’a jamais porté ses offres sur de la consommation à la minute, comme peut le faire la téléphonie et pourtant les outils existeraient aujourd’hui dans les box pour savoir combien de temps la télévision est allumée…; l’internet lui est tellement banalisé qu’on peut considérer qu’il fonctionne tout le temps)
Et puis au delà de tout ça, bien se poser la question : de quoi a t-on besoin, vraiment ? Je sais, c’est le boulot de nombre d’entreprises de faire croire qu’on a besoin de leur service, de plus et tout le temps. Mais la « forfaitisation » du besoin a des limites : il faut réinventer le nihilisme des choses pour apprécier la simple consommation, à l’acte. Pourquoi je le fais, pour combien de temps et comment j’arrête. Ces questions sont réelles dans l’invasion des contenus, messages et interactions de chaque jour. Et commencer à vraiment consommer ce dont on a besoin uniquement, consiste à arrêter de céder aux scooters, pc, tv…offerts pour 1€ et se concentrer sur le service (et le besoin) de l’instant. Les publicitaires et marketeurs sont de bons vendeurs de somnifères, qui déportent l’insatisfaction du consommateur plus tard : lorsqu’on découvre les petites lignes, les clauses vicieuses et surtout son relevé de compte : acheter à crédit quelque chose que l’on a pas voulu en fait, s’en apercevoir et être engagé…là commence, le désespoir…
Lorsqu’on examine le rapport entre l’envie/la satisfaction et l’évolution dans le temps, force est de constater qu’on peut se faire peur…Mais si on y pense vraiment, c’est totalement ça : la quête du plus et l’hédonisme nous aveugle et peut être synonyme d’angoisse, de dépression (de crime ?). Vraiment, ça vous dit rien ?
Maintenant, vous saurez…