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Netexplo, le forum qu’il vous faut… 06/04/2013

Posted by evidencesx in économie, digital, entrepreneuriat, innovation, numérique, social business, social media, social network, startup, technologie.
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Nouvelle édition 2013 de ce fameux forum, que je couvre depuis plusieurs années, et si il a lieu tous les ans, un an c’est long, très long dans le digital. Cette année, nous avons été touché (pas encore par la grâce), mais en tous cas par le big data, le social retail, la tv connectée qui prend forme, et les plateformes, objets, lieux connectés, toujours plus. Rien ne saurait donc nous surprendre encore…Et pourtant ?

Le club de la presse ouvre le bal avec ce jeudi, un sujet attendu et d’actualité avec « Chine : un digital dragon ? ». En effet, pour parler géopolitique, et comptes tenus de la percée de la Chine dans les échanges internationaux, on entend rarement parler de ce pays comme un exemple du digital, sauf bien entendu à y comprendre, que tous nos devices chéris, y sont fabriqués pour le compte de multinationales étrangères. Certes. Mais il se passe aussi des évènements comme le CHTF, ou bien CNINICT, des expositions désormais gigantesques et internationales, qui soulignent l’ambition démesurée mais possible du Dragon Chinois. « La Chine fait aujourd’hui à la Corée, ce que la Corée a fait il y a des années au Japon ». Une remarque qui concerne les formidables progrès réalisés dans l’EGP, tous azimuths. Le dernier CES à Las Vegas a montré cette année nombre d’acteurs Chinois arrivant en force avec des produits d’une qualité surprenante (TV, mobiles, tablettes…).

« Changer le monde, cette année c’est le changer en décidant ce que nous voulons faire des technologies ». Décider, vouloir, c’est donc l’action que souligne Eric Falt, Directeur Général adjoint de l’UNESCO. L’action globale, les jeunes, l’éducation, vous, moi, eux, comment nous sommes affectés, tous et plus, par la technologie. Avant que cela ne soit des prolongements de nos corps, membres et cerveaux, équipons le monde pour dépasser nos envies, développer un monde plus équitable, juste, équilibré et durable. Si la technologie va beaucoup plus vite que notre imagination, ce serait donc nous qui serions à la traîne : bougeons nos neurones, pour pousser la machine plus loin, à notre service.

Video de Fleur Pellerin, Ministre… absente du forum nous délivre sa vision des enjeux numériques pour la France, à l’aube de grandes ambitions : la marque France et Paris capitale du numérique (LE cluster de référence).

Introduction Thierry Happe, Cofondateur Observatoire NETEXPLO, avec cette année, encore une fois l’influence de la Chine : 564 millions d’internautes, c’est beaucoup, ça va vite, mais c’est seulement 42% seulement de la population totale…c’est dire le potentiel. Du « made in China » vers « Designed in China ». Baïdu, Renren…vont devenir plus puissants que les réseaux existants du monde occidental. Réseaux sociaux et mobile sont les clefs de désenclavement en Chine, peu couteux, et surtout permettent en 140 caractères chinois, d’exprimer beaucoup plus de choses !

Et cette année…pourrait être l’année de la e-santé, tant il y a d’innovations dans ce domaine.

Le « NETEXPLO TREND REPORT 2013 », avec cette année Julien Levy, Professeur HEC Paris. Nous démarrons par la première tendance de fond : le cloud. Je ne sais pas ce que l’on y trouvera, car si l’on en croit l’actualité, ce que l’on nous dit sur le bœuf, c’est qu’il est en fait un cheval ( !) et que Darwin n’aurait sans doute pas compris cette évolution accélérée de son processus déterministe. Alors le cloud, c’est une métaphore, plus que de la technologie car cela modifie bien entendu les pratiques technologiques, mais surtout rend invisible, indolore et surtout encore plus virtuel, nos actes, données, réflexes et réactions. Le « Cloudcare » est pour le moment une initiative bienveillante. On veille, on surveille pour votre bien, votre santé, votre parcours. Mais dans le cloud, le problème, c’est que « l’individu », « l’ami » qu’on se fait de manière individuelle sur les réseaux sociaux, c’est qui dans le cloud ? La confiance que l’on met dans un contact, IRL ou online, va t-elle suivre le même engouement avec le cloud, ce « big brother » certes bienveillant, mais anonyme ? Et puis surtout, veiller surveiller c’est une bonne idée pour protéger les gens et probablement aussi, prévenir…Mais qui nous dit que cet engagement formidable ne va pas être dévié à des fins ou mercantiles, ou de dénonciation, voire d’exclusion à terme ?

Fact checking, nous permettrait de marier expertise et crédibilité, là où l’invasion du marketing 2.0, portait en lui une part de manipulation…Twitter une autre part de bruit inutiles, voire déformés ? Il y a longtemps que la presse prend ses distances avec la crédibilité des informations véhiculées. Décoder le réel par la matière…les smartphones, ah oui en plus de téléphoner sont des outils formidables pour le « seamless », le « sans coutures », réconcilier l’IHM, les machines et l’homme, le online et l’offline. La révolution, c’est finalement le tactile, quelque soit la device, on s’affranchit du « toucher ». Alors vraiment ce tourbillon qui peut rendre fou, ne doit jamais nous détourner d’un objectif : rendre le monde meilleur et plus juste. Si tous ces liens, machines et esprits virtuels, alors oui adhérons en masse et développons notre apprentissage et le cadre de prévention qui va avec.

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Netexplo Awards présentés avec cette année les 10 lauréats suivants :

LazyTruth : filtrage de contenus pour en extraire le vrai du faux, une initiative cruciale comptes tenus des contenus numériques en circulation et leur prolifération exponentielle

Parkinson’s Voice Initiative : détection de la maladie de Parkinson, en 30 secondes, en écoutant la voix d’un patient (et la vibration de ses cordes vocales), diagnostic qui peut être réalisé au téléphone !

ConnectCubed : utilisation du « gaming » pour cerner le profil d’un candidat lors d’un recrutement

Windows Of Opportunities : exploiter une surface (type vitres de véhicules) pour coller de la réalité virtuelle par des calques. Une « UX » extrêmement bien réussie pour des usages surprenants !

Yoza cellphone stories : combattre l’illétrisme, l’accès aux livres et à l’éducation en donnant l’écriture aux membres, qui racontent des histoires simples sur leur smartphone

Zero Gâchis : mets en relation les stocks de produits en date limite de consommation avec des consommateurs contraints financièrement, évitant ainsi le gâchis alimentaire trop important pour les magasins

CareSquare : devices d’assistance des personnes âgées tactile, avec des applications de service immédiat

Sparx : un jeu qui combat les situations de dépression et qui vous apprend sur vos émotions, dans une spirale ascendante, un serious game qui stimule et remonte le moral !

China Survival manual : prévenir les internautes Chinois des risques sanitaires et de scandales alimentaires

Netexplo Grand Prix : Electronic Tattoos, des tatouages électroniques qui se collent et se décollent, bourrés de transistors, d’électronique, etc. Des applications gigantesques de suivi médical et de dossier universel interactif… !

Après-midi : Media, Business et Communication

La formidable migration des usages et des écrans par Duncan Stewart, nous emmène à réfréner nos intuitions : le PC n’est pas mort, le parc est encore extraordinairement grand, stabilisé, mais le PC est fait pour certains usages et les autres devices pour d’autres : TV, smartphone, console, tablette…Et la révolution numérique a créé des usages en créant des devices et vice versa. Le multi-équipement ne servirait donc pas à « nous aliéner plus » mais à maintenir le lien numérique, dans toutes les phases quotidiennes de notre vie.

Pour le business ? le crowdfunding avec les fonds collaboratifs et communautaires se développe et constitue une alternative pertinente au frein marqué des investissements possibles dans les startups, mené par une fiscalité appuyée en France, notamment. Modèle qui mèle participation, engouement, liberté de choix et enjeu social, le crowdfunding va se développer, si la transparence reste de mise, pour maintenir un vrai levier social d’action, dans les entreprises de demain.

14h30 : Neil MORGAN (Grande-Bretagne), ADOBE, « The digital self : le marketing à l’ère du consommateur social »

La question de la presse et des enjeux de résistance, d’organisation et de pertinence dans l’environnement de l’information redondante, celle qui n’a plus de valeur, qu’on obtient gratuitement. C’est Jennifer Preston du « New York Times », qui déroule la politique héroîque et gagnante menée pour traverser l’incertitude de la presse, sur son maintien d’acteur de référence et de migration des supports papiers en numérique. Entre paywall, échantillon et investissement dans une édition de qualité, l’adaptation de la presse colle avec notre quotidien et la nomadisation de la consommation de contenus. Orienté autour des supports (journal, news, flux, tablettes, smartphones, TV, écrans hors domicile, consoles), notre vie est rythmée par des moments plus ou moins forts et propices à l’absorption d’information. Exister comme media, c’est être capable d’être présent à tous ces moments, selon les supports adéquats, en effectuant tri et enrichissement de l’information brute : illustration, commentaires, analyses, contre-enquêtes…L’enjeu n’est plus la rapidité et la quantité, mais le « mieux » et le « vrai ». Des sites comme factchecking.org se sont développés, non pas comme des sites d’informations, mais surtout comme guichets de validation de celle-ci, là où le « users generated content » offre l’immédiateté mais aussi le plus grand danger : l’intox. Comment faire le tri, dans des conflits toujours plus rapides et dans cette course, toujours, à l’audience ?

2ème jour avec, au « Club de la Presse » : Peut-on réussir dans le digital ailleurs que dans la Silicon Valley ?

Véritable sésame du rêve entrepreneurial (et Américain pour le coup), la Silicon Valley est encore le symbole d’efficacité et d’énergie pour les startups. Même si se développent des modèles « équivalents » (NYC, Israel, Berlin, Paris ?…), personne n’égale autant de brillance pour sourcer, dynamiser et alimenter l’innovation et l’envie entrepreneuriale. Alors, oui on peut probablement réussir dans le « digital » ailleurs (à noter le terme digital est sans doute inapproprié, car flou et renvoyant à un moyen plus qu’à un but), si l’on réunit tous les ingrédients nécessaires : éducation, expérience/mentoring, incubation, financement, amorçage, accompagnement, suivi et partenariat grandes entreprises. Non pas qu’il manque quelque chose à chaque fois ailleurs, mais plutôt que seul la Silicon Valley a su encourager un éco-système vertueux, vrai cluster de confiance. Les générations futures et l’innovation collective pourront sans doute driver le changement pour faire émerger ailleurs cette philisophie « pour de vrai », là où de nombreuses initiatives restent dans « l’intention ».

Joël de ROSNAY, la lumière, lui il l’a reçue très tôt et depuis, elle ne le quitte plus. S’il est une personne qui vit plutôt bien avec son temps, c’est lui, car il sait trouver l’exposé juste pour nous expliquer simplement les « mutations » technologiques, à travers le miroir des changements sociaux. Dans son exposé passionnant, il nous livre ses pensées, comme un « mutant du numérique », citoyen de son temps comme nous ou selon lui, l’intelligence puissante de la technologie est devenue « portable » (mobile), et va sans aucun doute vers « l’intégration ». Intégration dans les appareils, vêtements, corps, animaux, objets…l’hyper-connectivité va se transporter d’un problème de réseaux à un problème d’assimilation de fonctionnalités EN nous-même.

Alors « Comment le digital transforme-t-il l’entreprise et ses différents métiers ? » serait presque une question déjà dépassée, car si on ne s’en est pas rendu compte avant…On a sans doute raté quelques vagues importantes. Par exemple, la gestion des talents et des compétences, l’historisation et la transmission du savoir (knowledge management), la manière d’enseigner et d’apprendre, l’accès à l’information et l’interactivité, la manière consommer, la sollicitation individuelle ou le marketing personnalisé, la e-santé et le « e-care ». Ou une (meilleure ?) tendance à pister tout et tous, pour le meilleur ou pour le pire (care cop ou big brother ?). Mais sans aller trop loin dans les process spécialisés par industrie, le digital mène un changement important dans la manière de travailler, les échanges, l’accès à l’information et la prise de décision. Les théories bien connues du « lean management » chez les startups, déjà raccourcissaient les cycles pour mieux éviter l’échec et apprendre en incrémental, pour finalement innover plus vite. La modélisation digitale et l’entreprise 2.0, dans leur management tendent vers une banalisation des phases d’attente pour un process continu, qui s’auto-corrige par la capacité de réaction temps réel.

Quand Francis Pisani nous propose son « Tour du monde de l’innovation digitale : vers un monde multipolaire ou l’innovation distribuée », nous comprenons combien l’innovation digitale constitue une forme de révolution, a priori homogène, mais dont l’accès est incrémental et grisant. Comment devancer nos besoins et nous exciter en nous rendant encore plus exigeants. Plus la peine ou le temps de digérer, l’innovation s’apprend en marchant, en singeant et en copiant les usages de la collaboration. Un partage mérité, dont l’accès mérite d’être accéléré, c’est sur.

Un petit passage de Mitchell BAKER de la MOZILLA FOUNDATION, qui nous fournit entre autres Firefox, pour rappeler l’expansion colossale des principes de l’open-source, avant même notre époque de partage social exacerbé. Principes qui se sont étendus dans des domaines importants de l’infrastructure IT, tous azimuths. L’open-source, au delà de la prouesse technique du maintien et de l’évolution par l’utilisateur, c’est un état d’esprit où tout le monde collabore. Plus de hiérarchie ou si peu, mais une passion commune qui progresse à des coûts défiants toute concurrence et qui insuffle une liberté rassurante, dans la durée…

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« Comment gérons-nous notre hyperconnection ? », traité par Orange…tient plus du déballage du catalogue, où l’on y suppose qu’Orange peut répondre à tous vos besoins, même sans le dire, tant ils sont partout. En revanche, l’exercice permanent consistant à nous pousser la 4G avant que ne marche correctement et partout la 3G me semble préoccupant d’une société du « gâchis » où l’on jette, ne répare plus et remplace tout avant même d’en avoir couvert toutes les utilités. Autrement dit, il serait plus utile de former les gens à cette hyperconnectivité, en montrer et exploiter vraiment les opportunités, relier TOUT le territoire en fibre HD, et surtout sans d’abord penser au tiroir-caisse. S’il y  bien un rôle de « service public » et si le digital dirige tous les services de demain, alors oui équipons partout, mais arrêtons de pousser de l’innovation chère et incomprise et concentrons-nous sur « comment relier vraiment les gens », plutôt que de les gaver avec des réseaux plus chers dont ils n’auront peut-être pas besoin.

Je trouve que le sujet « Femmes et Réseaux sociaux : une équation porteuse pour l’entreprise ? » a peu d’intérêt, comme si les réseaux sociaux avaient un « genre » ou une utilisation particulière par les femmes. Ce qui est porteur pour l’entreprise, c’est l’architecture de travail en RSE et la possibilité de sourcer partout, l’innovation et l’engagement des salariés, femmes et hommes en parfaite harmonie. Et il y a encore du travail de pédagogie et de montée en compétence pour mettre en œuvre les richesses opérationnelles du « social graph » de chaque salarié, en construisant une vie numérique professionnelle, utile et efficace pour l’entreprise. Comme d’habitude, la mise en avant d’un genre, d’une communauté, etc risque le rejet

Amadou MAHTAR BA qui nous vient du Sénégal (AllAfrica.com), en traitant le sujet « Internet et Innovations en Afrique : moteurs de démocratie et de transformation économique et sociale » me semble par contre très opportun, au moment où des frictions ressortent, entre terroristes et défense de la démocratie, maintien  des richesses locales du sous-sol et défense des intérêts d’exploitation, l’Internet joue un rôle majeur dans la transmission de l’information, la situation temps réel et l’accès à l’éducation. Et l’Afrique, c’est grand et assez désertifié en terme d’infrastructures filaires…et donc le mobile s’est imposé dans de nombreux cas comme un outil incontournable, pour s’exprimer, partager et s’informer. Bon nombre de préventions (santé, guerre, viol, éducation…) sont réalisés aujourd’hui grâce à l’écosystème du « mobile », et le coût des terminaux mobiles à la baisse devrait offrir dans quelques années de vrais micro-pc portables, nourris d’applications riches. Vive l’Afrique connectée !

Quels sont cette année les « Regards Croisés sur la 6e édition du Forum NETEXPLO » avec un ensemble de chercheurs, professeurs et correspondants internationaux, qui assurent la ligne éditoriale et le sourcing de projets identifiés. Interfaces, hommes, machines, pensée, sens, réseaux et nerfs, tout est potentiellement relié. L’intégration de technologies dans le corps est « prête » technologiquement, ou quasi prête. Mais pas encore économiquement possible et déontologiquement acceptable. Nous avons à sécuriser, identifier qui est dans le « cloud », qui dirige quoi et qui surveille qui. N’oublions pas les élucubrations de « 1984 », qui si elles faisaient frémir, restent possibles, encore plus aujourd’hui et de manière silencieuse. Au nom du progrès, jusqu’où doit aller cette « intégration » et qui va en régir les lois, comportements et censure, si l’on considère que le web ne supporte aucune censure et que la liberté d’expression est totale.

Une bien belle édition des innovations digitales, dont on sort surpris et captivé, tant la technologie nous porte et nous fait rêver, comme de grands enfants, d’un monde enfin partagé, par les réseaux, le lien social et l’innovation collaborative. Un grand bain de jouvence technologique, de celle qui aide les peuples à progresser ensemble. L’Unesco, dans ses murs est un lieu parfaitement adapté à ce type de débats, et pourrait à l’instar à ce qui se passe en Suisse à Davos y prendre une part plus officielle en démultipliant ainsi le réseau de participation, par une conscience obligatoire de tous les états du monde.

Bravo et merci aux organisateurs pour cette initiative très pertinente.

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Compétences, quelles compétences ? d’après @oecd forum 01/07/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, digital, diversité, entrepreneuriat, innovation, social network.
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Je me suis rendu à l’OECD Forum 2012, dont j’ai particulièrement apprécié l’organisation et les sujets et ai participé au « IdeaFactory » workshop sur les « skills », appréhendant sur le plan global et planétaire, la problématique des compétences. Ces compétences qui manquent cruellement à certains pays, et qui foisonnent chez d’autres, viennent bien d’un apprentissage séculier, dans la mécanique de l’éducation, du savoir, de l’héritage et des coutumes. Mécanisme, orchestré, organisé et pratiqué par les différentes couches sociales et les acteurs de la connaissance…Mais parfois bien plus modestes, comme la cellule familiale qui colporte les secrets et les us de la tribu, clan ou de la tradition orale. Bien passionnant, si ce n’est que ces différences se font sentir désormais dans la compétition mondiale, sans bien entendu parler d’intelligence, mais de choix environnemental du savoir : quels savoirs, quelles spécialités, dans le tumulte de la compétition mondiale vers un équilibre des marchandises, échanges et idéaux, équilibre social, de paix et partage des richesses. Comment dans ce cas l’envisager, alors que ces différences ne font que s’accroître, par manque d’infrastructure et de formations adaptées, pour ré-équilibrer les chances des individus et des générations futures ? Il y a bien un enjeu majeur de formation mais surtout de choix de quelles formations, pour quels débouchés et quels métiers et industries…

Là où déjà le déséquilibre des ressources naturelles constitue une inégalité majeure, les compétences seraient donc une « marchandise », précieuse, dont l’acquisition et le capital feraient l’avenir d’une nation, très tôt. Comme les choix énergétiques ou en terme d’industrie ou d’agriculture, l’éducation – système, orientation, ressources et investissements – est donc un objet majeur d’attention et le focus sur le développement des compétences est donc clef pour l’avenir d’un pays. Mais tout comme une économie de biens et de services, il doit y avoir une modération, un équilibre entre offre et demande, de manière à pourvoir les pays, sans surplus mais aussi sans carence importante, la « balance des compétences » doit être équilibrée. Aussi, étant retenues comme stratégiques, les compétences et leur culture doit faire l’objet d’un écosystème favorable à l’identification des besoins, la culture de bon niveau des demandes et la bourse aux échanges. l’OCDE identifie ainsi un diagramme extrêmement pertinent pour faire les bons choix, cruciaux pour l’avenir des futures générations et de l’économie héritée. Selon 3 choix majeurs comme :

  • Un pays peut développer les compétences appropriées en
    • identifiant les opportunités en terme de métiers/secteurs porteurs où il est compétent/pertinent
    • renforçant l’investissement dans la filière éducative de référence
    • préparant les mutations technologiques et sociales dans l’éducation même, en renforçant la veille et les partenariats « recherche/éducation/entreprises » (les fameux « clusters »)
    • favorisant les échanges internationaux et en développant un programme de « long life learning », avec des phases adaptées aux rythmes de vie
  • Un pays peut activer l’offre de compétences détenue en
    • subventionnant l’exercice de compétences rares, la documentation et la formation dans ces domaines
    • exportant le surplus et en communicant sur les richesses et l’unicité des compétences détenues
    • favorisant l’échange de compétences lorsqu’elle n’est pas monétisable, surtout pour qu’elles ne disparaissent pas et que l’héritage de la transmission puisse avoir lieu
  • Un pays peut veiller à ce que les compétences détenues soient utilisées plus efficacement en
    • renforçant le lien entre offre d’emplois et adéquation de compétences et en organisant la flexibilité bilatérale
    • optimisant l’offre de compétences en l’utilisant là où elle est le plus utile pour le pays : demande interne, formation, internationalisation, mutation…
    • minimisant la sous ou sur-utilisation d’une compétence donnée pour besoin exprimé
    • menant des études visant à documenter l’utilisation actuelle des compétences et diriger la future politique de production de compétences : quoi, comment, pourquoi ?

Les compétences, nous venons de le voir sont donc ressources rares, mais surtout gérées aujourd’hui sans équilibre global et réflexion d’ensemble : former des gens inutilisés par la suite (le chômage…) ne sert qu’à illusionner et flatter des filières académiques, pour la plus grande désillusion des diplômés…Et lorsqu’on parle de « formation continue », 80% des formations ne servent à rien sinon à dépenser le budget formation des entreprises, sans espoir de retour ni même d’objectif initial…Il est donc temps de rendre cohérent les actions et de mieux utiliser les subventions et aides, pour former non pas mieux, mais plus utile. L’apprentissage est une filière intéressante car elle réunit l’offre de formation au plus tôt, avec la concrétisation en unité de travail dans des entreprises, permettant pour l’apprenti, d’adapter au mieux et au plus juste sa formation et son style, pour l’entreprise de former au plus près de son besoin, les compétences tout de suite utiles…Mais plus proche des besoins primaires, il y a juste la nécessité d’exister dans un éco-système local. Nombre de rues dotées des plus pauvres, forment et adaptent, par morphisme les compétences quotidienne, avec des capacités exemplaires de flexibilité. Mais l’on reste à une vision très court termiste, nous sortons donc d’une prise en compte plus macro-économique, aspect qui rend un pays plus compétitif, à terme.

« Better policies for better life », dit l’OCDE dans sa baseline, espérons que la politique d’équilibre et d’échanges en terme de compétences et de coopération pour la formation et le partage des connaissances sera une réussite pour doter les moins chanceux, d’intelligence et de culture leur permettant d’émerger et d’en faire le négoce…La bourse des connaissances et des compétences n’existe pas encore et pourtant, elle pourrait donner lieu à des échanges utiles et à un circuit vertueux de progrès mondial. J’y crois, j’en ai envie et j’y collaborerai dès que possible…

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NetExplo Forum, la conférence 2012 19/03/2012

Posted by evidencesx in économie, digital, e-tech, entrepreneuriat, innovation, numérique, social business, technologie.
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Nouveau logo, nouvelle base line avec « Global Observatory on Digital Society », la nouvelle édition 2012 s’est tenue à l’Unesco comme l’année passée les 15 et 16 Mars. 10 lauréats encore cette année, du monde entier avec des idées « disruptives » puisque l’idée est d’identifier les pistes d’innovation digitale dans le monde entier, et à la clef des prix remis par une communauté d’experts reconnus.

Une présentation du Trend Report 2012, par Bernard Cathelat, illustrant les technologies s’offrant à nous et dessinant la vie qui ira avec : quels impacts sur notre quotidien ? quelles opportunités ? quelles ruptures ?

2011, c’était l’année Facebook, le réseau « utilities » comme le qualifie lui-même Mark Zuckerberg, un vrai réseau désormais car près de 900 millions de membres, ça force le respect tant l’audience, le temps passé et l’activité dépassent le seul phénomène de divertissement. Facebook est une ville, un pays, un monde, un univers : mode de vie, procédures, monnaie…tout s’y passe. Et si les prochains lauréats étaient désormais DANS Facebook, puisque tout y est ? Et puis 2011 c’est l’année de l’envol des smartphones et donc des applications mobiles : consolidation de IOS (Apple) et décollage d’Androîd, la mobilité bouscule nos habitudes : de shopping, d’information, de recherche sur le web mobile et de jeu. « Nous sommes partout et nulle part et cette ubiquité repousse les limites de la technologie mais surtout de nos attentes » : toujours plus, tout le temps et toujours mieux. C’est dans cette espérance d’un monde toujours plus relié que naissent alors des initiatives « digitales », puisque nous sommes « dans l’Internet » plus que jamais…

On peut donc noter quelques tendances importantes, qui tout silencieusement, risquent de fracturer l’approche digitale, quel que soit le secteur d’activité et les attentes. L’attention est plus que jamais portée sur la « confiance », l’authenticité des ID, la protection des données et la multiplicité des profils possibles (nécessaires ?). Alors entrons-nous désormais dans le « Crystal World », un monde qui se veut plus transparent mais pour quelle transparence ? Ou bien, sommes-nous dans un gigantesque échiquier qui nous traque et nous profile (« track and profile« ), pour mieux exploiter nos données et nous surveiller…? Comment gérer sa réputation et son identité, sans devenir ni schizophrène, ni égocentriste, et tout ce combat autour de l’identité (« ID Drama« ) ? Comment enfin rester dans la relation pure et chargée de sens (« Sway Capital« ), sans tomber dans la marchandisation des liens et des profils, où nous constituons un capital marchand par les relations que nous entretenons et les échanges effectués (« Match Marketing« ) ?

Privacy, track and profile : toute la révolution numérique est-elle bonne à prendre ou pas ? Quid de la sécurité ou du flicage ? Quel seuil de secret allons-nous accepter ? La meilleure connaissance du consommateur est-elle séduisante ou repulsive ? Dans le milieu professionnel, perte de productivité ou meilleure gestion des talents et repérage des influenceurs dans l’entreprise ?

Dans cette course à « l’auto-médiatisation » de la personne (et maintenant des marques et de leur réputation), il faut sans arrêt aller et venir entre :

  • montrer (tout ?), plus (et mieux), s’étaler sur Internet car c’est une vitrine sans précédent de célébrité et d’accélération de la réputation
  • se méfier de la « mémoire du web » qui historise, stocke et conserve tout et du coup, s’en écarter car trop de risques immédiats ou potentiels à venir…

On voit dont apparaître une qualification de ce que l’on étend sur le web avec des possibilités de profils différents (hibe), d’identités parallèles, nous sommes dans ce que B. Cathelat appelle le « sway capital », d’un meilleur usage des réseaux sociaux, en segmentant ce que l’on y met et trouve…Et l’on voit, au fur et à mesure de l’augmentation des données publiées, un formidable catalogue d’informations disponibles, gratuitement en ligne, mises en ligne par les utilisateurs : des consommateurs, salariés qui mettent en permanence leur vie, de manière transparente en temps réel…ça n’aurait pas une valeur, ça ?

Oui vous l’avez compris, tout ce que les marketeurs et les DRH ont toujours rêvé d’avoir s’étale là, sous nos yeux...la vie privée et l’extraordinaire exploitation possible…Le web devient-il une transposition de notre vie réelle, avec une nouvelle vague de pression promotionnelle et d’ingérence dans la vie privée des gens. Ou doit-il rester le vecteur noble, scientifique, libre et autonome, impartial, véhicule du savoir de la connaissance et pont entre les populations. Oui le « big data », invasion de données, extraversion de profils individuels pose le réel problème de « jusqu’où » et « comment » pour rester une évolution technologique majeure, sans les travers de gens peu scrupuleux. Méfions-nous donc du « match marketing », retour en force du « one-to-one » où nos appareils pourraient prendre le contrôle, en nous dictant notre conduite, nos régimes, ce qui est bien à consommer pour notre santé…

L’explosion des réseaux dits « sociaux » vient d’un saut technologique, mais aussi d’une désaffection pour les modes de communication traditionnel, en choisissant les cercles de connaissance, de contacts et le réseau que l’on souhaite. Si cette construction devient une foire à la monétisation, on risque de détruire la confiance longue à bâtir et encore plus en ligne, avec des micro-réseaux de niche et une méfiance…Allez-vous vendre vos contacts et votre réseau au premier venu, sous prétexte d’un capital sous-jascent…? Alors, je ne serai plus votre « ami »…Je n’ai pas signé pour la marchandisation de mon profil à tout va…

La meilleure innovation reste celle qui « résoud simplement un problème compliqué », mais surtout qui répond à un besoin avéré, annoncé : « mieux, mais pas trop, en toute liberté ». On peut donc retenir trois tendances essentielles cette année :

  • omni-surveillance, tout savoir…
  • hyper-individualisation (reconnaissance, tracking…) : trop de contrôle ? (bio-mono-ID)
  • risque de marchandisation (monétisation, exigences de rentabilité et fuite vers les micro réseaux sociaux avec une méfiance renforcée ?

À nous désormais de “connecter juste”…

Où va le monde numérique : “l’Alter-Web” tel qu’il avait été créé (libre, créatif, gratuit…) ne doit pas perdre cette liberté et être envahi avec toutes les pollutions de la vie réelle…Gardons l’anti-conformisme, le gratuit, la fraternité, la liberté, etc ; Et décidons de le faire avant que « l’hacktivisme » s’en empare et en fasse un espace de combat…

Excellente introduction, au moins cette année, nous serons prévenus et un homme averti…

Venons en traditionnellement aux prix remis, avec un special award pour Blindspot, premier prix remis par E. Besson (ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique). Un prix qui en dit long sur les possibles et la capacité technologique simple, à lier les « gens » : une canne blanche, intelligente (bluetooth avec oreillette et système de communication « social » de géolocalisation) pour les mal/non-voyants, imaginée par Selena Chew, ancienne étudiante en design à la NSU, Singapour. Chapeau et sans voix…Simple et utile, pertinent…Un projet qui doit trouver des débouchés de masse et de commercialisation sans tarder…Et surtout un projet qui gomme le handicap, où la technologie relie les peuples…

Puis viennent 9 autres lauréats :

  • Afroes (South Africa) : design et développement de plateformes de jeux à dominante « ludique, sociale et éducative » en Afrique, montrant encore une fois les multiples usages des mobiles dans la réduction de la fracture numérique et la lutte contre la violence et la prévention des abus sexuels (jeu : Champ Chase par exemple)
  • Wearable Behavior Navigation System (Japan) : un système portable en « réalité augmentée », permettant d’apprendre, de guider et de reproduire des gestes d’un expert à distance pour résoudre physiquement un problème : réparation, gestes d’experts, nombre d’applications (sauver une vie, réparation critique d’urgence…)
  • Dollars for Docs (USA) : un site d’open data sur les flux financiers entre laboratoires et médecins pour garantir l’exemplarité des prescriptions et l’impartialité du monde médical (issu USA) ; une opportunité intéressante du sujet « big data » évoqué plus haut
  • Word Lens (USA) : application sur IOS (Apple) pour une traduction instantanée par la capture d’un texte quelconque, avec l’objectif d’un mobile (IOS pour le moment) ; disponible en 3 langues (Français, Espagnol, Anglais) pour le moment, assez bluffant dans l’interface et la facilité d’utilisation
  • Free Monee (USA) : un concept vieux réactualisé en « match marketing », avec l’utilisation de vos données d’achats (relevés banques), pour proposer aux consommateurs des vouchers de réduction, d’après les marques consommées ; un modèle qui redonne de la valeur aux banques, fidélisant leurs clients, apportant du trafic aux commerçants et ciblant mieux les offres promotionnelles remises. Du Groupon plus intelligent…
  • Zeebox (UK) : plateforme de « social TV » assez complète permettant d’interagir dans des cercles d’amis, au sujet du fil d’émissions TV et fournissant des liens vers du « added content » : produits dérivés, bonus, sondages/votes,…le « TV sidekick » comme aime à l’appeler Anthony Rose.
  • H2020 (USA/Chile) : open data pour optimiser la découverte d’eau potable ou non, la geolocalisation et le tagging mondial pour partager l’information et augmenter l’accès à l’eau ; résolution globale et locale à la fois avec le smartphone qui localise les sources et la qualité de l’eau…un problème crucial résolu par tout le monde, une collaboration essentielle et permanente, encore une fois rendue possible par l’étendue de la pénétration du mobile comme outil d’information et de communication
  • Silkroad Point (USA) : enfin une initiative de « talent management » en plateforme sociale qui devrait convaincre les DRH de s’équiper et d’aller sur le terrain d’un encouragement massif à l’utilisation des plateformes sociales en entreprise. Et qui ajoute de la valeur aux salariés par leur « réputation », score d’influence, dont ils peuvent (aussi) faire profiter leur entreprise, à travers leur fonction professionnelle
  • Aadhaar (India) : 1ère BdD biométrique au monde, une ambition à 1,2 milliards d’individus ! une initiative « sociale et désintéressée » pour recenser sérieusement et donner un identité officielle à tous les Indiens ; et leur permettre « d’exister »officiellement, d’avoir accès à un système éducatif, de santé, de paiement, participer à la lutte contre la corruption, etc. Une tâche simple mais gigantesque eu égard au pays… »Chaque Indien, en scannant son iris et une empreinte digitale aura une fiche de citoyen officiel permettant l’héritage, la transmission, l’existence dans une cellule familiale » ;  à noter cette initiative menée par Nandan Nilekani, fondateur du géant informatique, Infosys…(60.000 stations d’enregistrement, 1 million d’enregistrements  par jour, 150 serveurs…)

Viendront ensuite deux parenthèses, l’une artistique, l’autre technologique avec  :

  • François Hebel, responsable des rencontres photographiques d’Arles, qui nous explique comment le numérique a modifié la photographie, de la prise de vue, la production et la distribution d’images et dans le métier de photographe…l’image, expression remplie d’émotion, véhicule des mots et devient la « grammaire des enfants » tant il est aujourd’hui avec un équipement « standard » de devenir un reporter d’images amateur sur toute la chaîne : saisie, retouche, production et publication…Un apprentissage plus facile que la langue, dégradée par l’utilisation des SMS ? Lorsqu’on s’intéresse de près au nombre de photos publiées sur les réseaux sociaux…nous y découvrons donc un mode d’expression sans commentaire, sans précédent…
  • Eric Carreel, fondateur notamment de Withings, avec entre autres les balances intelligents et connectées. Une immersion dans ce qui est « connecté » ou pas et les impacts sur le monde « électronique grand public », ou comment les objets communiquent de plus en plus, vers l’immersion en « marché de masse »…

Deuxième journée qui démarre sur un café de la presse, discussion animée sur le « big data » (décidément c’est LE sujet) : impacts, limites, risques et opportunités, dangers et exemples.

Puis Joël de Rosnay nous parle d’énergie avec énergie, renouvelée et renouvelable, en exprimant de son point de vue de scientifique avec « fusion entre numérique et énergie » : une équation bien plus compliquée que le débat manichéen entre « nucléaire ou pas », en introduisant les énergies renouvelables (au nombre de 12), le nucléaire et le « Smart Grid » cad toute l’intelligence informatique du numérique qui permet de gérer, d’équilibrer et d’arbitrer entre production et besoins de consommation. Et en surfant sur le sujet dominant de l’édition 2012, le big data, on en comprend ici toute la portée. Des dispositifs comme « dontflush.me » ou le sourcing de l’eau (H2020), etc, font avancer et comprendre parfaitement la « gestion » intelligente des énergies, grâce aux réseaux (techniques et humains). Une fusion « homme et nature » (et technologie) qui a du sens et qui nous protège par la volonté de survie, l’envie de collaborer et au delà de toute considération politique, pour qui l’environnement restera toujours derrière les impératifs économiques.

Sur les deux jours, les impacts numériques ont été mesurés et évalués (rapidement), sur d’autres continents : jeudi avec Rishi Khiani from Indian Times (Inde), vendredi avec Sergio Davila from falho.com.br (Brésil) et avec Amadou Mahtar Ba de Allafrica.com (Afrique). On y retrouve des réservoirs d’espoir, pour l’accélération de l’accès à la connaissance, l’information, l’action démocratique. Le numérique, comme partout, donne la voix aux populations et crée du lien, de l’échange et du sourcing d’innovation mais surtout redonne du bon sens  l’action politique, sous l’influence du peuple et du vote permanent, global et local. Le partage de bonnes pratiques, de mises en garde (sécurité, banditisme et violence). Le café de la presse du jeudi matin a bien montré comme l’Internet a fait « le printemps Arabe » et permis d’élever la voix, de soulever des peuples et de renverser des régimes ancrés depuis trop longtemps dans la surdité. Mais comme le souligne Amadou M.Ba, il est temps de prendre la parole de « l’intérieur » plutôt que de confier la voix de l’Afrique à CNN en quelque sorte. Les médias sociaux concourent encore une fois avec la collaboration locale, à prendre en main leur destin, par le peuple Africain. Quel que soit le continent ici, la masse démocratique en jeu est colossale et les plateformes sociales comme Facebook fonctionnent à plein régime, et les citoyens ont bien compris comment s’en servir. Bancarisation, santé, accès à l’éducation, à l’eau…toutes ces problématiques sont facilitées dans ce monde en « réseau » où le progrès technologique a décuplé le bon sens des gens, pour prendre en main leur destin, lorsque le pouvoir politique ne va pas assez vite.

Et quand ça ne va pas assez vite, il y a les Anonymous. Débat avec @pierrehaski (Rue89) et @TDanet (co-auteur du livre « Anonymous : peuvent-ils changer le monde ?« ), qui tracent et décryptent (autant que cela soit possible) l’origine, les mécanismes et la philosophie. Car il s’agit plus d’actions, de prises de position que d’une secte ou d’un club à la mode. Et c’est pour ça que c’est tout le monde et personne, car il s’agit juste de se reconnaître derrière les actions « justes » menées pour défendre la liberté, l’indépendance et la démocratie dans le monde. Et pourquoi cela a t-il une portée colossale ? eh bien pour les mêmes raisons « numériques » : la portée et la capacité impressionnante de la masse d’activisme et la puissance de l’Internet pour mobiliser, réunir avec une certaine confidentialité, toutes les initiatives de révolte ou de résistance. Finalement, issu de « l’Alter », cad « autre » moyen de faire et de proposition. Puisque la démocratie existe, ses moyens d’expression doivent exister. Parfois dans l’expédition « guerrière » et sans accord préalable. C’est comme ça…

Il restait à un panel de professeurs émérites du monde entier, grâce au réseau HEC et Netexplorateur, de conclure sous la houlette de @cedric et de synthétiser sous forme de « take away » ces deux jours et d’imaginer des pistes pour 2013…Mais chut, nous n’y sommes pas encore, savourons déjà cette édition bien remplie.

Il y a un certain « blues » à quitter une telle manifestation, mais il faut dire que cela ne s’arrête jamais en fait ; le réseau Netexplo fonctionne toute l’année pour identifier, qualifier et constituer une veille internationale permanente pour sourcer les plus brillantes innovations dans le monde. Et ponctue l’année par des RdV partenaires, pour maintenir la chaleur du réseau, du partage et de l’étendue de la connaissance. Un grand bravo Martine B. et Thierry H. pour la réussite méritée de cet évènement et à toute l’équipe de préparation, conception, production, spécial big up pour l’Unesco, qui ne pouvait pas mieux représenter ces projets de développements digitaux, pour nos mondes de demain.


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Netexplorateur 2011 : toujours plus d’innovation… 04/02/2011

Posted by evidencesx in économie, développement durable, digital, diversité, e-tech, innovation, numérique, social media, social network, technologie, Uncategorized, web.
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La 4ème édition a eu lieu dans les locaux de l’UNESCO cette année, les 3 et 4 février. Ce forum permet de partager une année d’observation des usages émergents mondiaux de l’économie numérique et y rencontrer plus de 1.000 décideurs économiques, politiques et médias ainsi que des startups innovantes, mais aussi des chercheurs, autour du web. 10 prix ont été remis cette année comme à l’habitude :

  • Flattr (Suède) : social micro paiement entre auteurs et utilisateurs
  • MyTown (USA) : social gaming monopoly
  • Obami (South Africa) : portail communautaire lié à l’éducation
  • mPedigree (Ghana) : lutte contre la contrefaçon de médicaments
  • HAL (Japan) : robot exosquelette pour augmenter les capacités musculaires du corps humain
  • CENSO 2010 (Brazil) : le recensement de la population Brésilienne entièrement digital
  • Lewatmana (Indonésie) : plateforme collaborative pour communiquer sur le trafic à Djakarta
  • Natural Security (France) : identification biométrique pour les applications diverses (paiement, authentification, accès…)
  • Datasift (UK) : data aggrégateur pour le social media
  • E-Skin (USA) : peau synthétique et robots sensitifs

Cet observatoire est extrêmement utile pour sortir la tête du quotidien, sourcer les innovations les plus anodines, mais pertinentes, de l’autre bout du monde. A l’aide d’un réseau « d’explorateurs » locaux, le forum recense ainsi chaque année 100 projets et décerne parmi ceux-ci, 10 prix. Nous voyons bien qu’au delà du web, l’innovation prend des formes diverses très utiles lorsqu’il s’agit d’avoir des idées et de se débrouiller localement. De nombreuses entreprises partenaires de ce forum aident ainsi à identifier (oui aussi pour elles…) des sources de progrès pour leurs produits, process et services. Des sujets d’actualité sont également évoqués (Cloud computing, social networks dans l’entreprise, managing gen Y, media and marketing trends 2011…).

Conférence version géante cette année avec plus de 1.500 participants et dans de splendides locaux de l’UNESCO à Paris, avec une logistique et un équipement sympathiques. Wifi et réseau mobile impeccables, bravo.

Site du forum : http://www.netxplorateur.org

@netexplo