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Le « Design Thinking » ou la nouvelle donne de l’innovation (w/ @HECParis) 11/11/2014

Posted by evidencesx in agile, business development, design, flexible, innovation, lean, startup, thinking.
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Bien ce nouveau village, le village by CA et cette soirée assez surprenante d’une belle ovation aux nouvelles formes d’organisation de l’innovation. Le 20 Novembre, une belle réunion sous la houlette de « HEC Alumni Technologies avancées« , avec plusieurs participants, témoins, acteurs ou chercheurs. Chercheurs d’un sens nouveau dans cette économie sclérosée et tellement nécessiteuse d’une pensée libérée et accompagnée par une action incessante, réactive, flexible et souhaitée. Souhaitée par le design et la demande des clients, toujours plus proche, adaptée et smart.

L’accélération des cycles d’innovation, l’inflation du volume des connaissances, les technologies du numérique, des transformations sociales et sociétales fulgurantes… tant de facteurs qui poussent les entreprises à expérimenter de nouveaux modes d’organisation de l’innovation et de la R&D, comme le Design Thinking.

L’objectif est de rendre les entreprises plus agiles, sous l’impulsion de modes comme le « Lean » bien connu…Les thèmes développés autour d’un partage d’expériences ont porté notamment sur :

  • Les événements déclencheurs qui ont amené à dédier des ressources au design thinking,
  • Des indications sur les moyens à déployer et la gouvernance du projet, ainsi que les nouveaux modes de gouvernance, dans un environnement devenu collaboratif plus que hiérarchique
  • Les problèmes rencontrés mais également les réussites, résultats obtenus lors du déploiement de la nouvelle organisation,
  • Des conseils pour développer une approche « design thinking » et notamment des structures adaptées, agiles, à côté d’organisations plus massives

DesignThinking1

C’est sur c’est très tentant d’organiser le renouveau et surtout l’avenir indispensable des structures confortables, qui peuvent connaître brutalement une sortie de piste fatale (a été cité l’exemple de Kodak, complètement sorti du jeu monopolistique de la photographie avec l’arrivée du numérique…). La multiplicité et la fragmentation de l’information devenue banalisée et accessible à tous (open source…), il faut désormais tirer tous les avantages des modes collaboratifs, en organisant de la « pensée multiple », du « team innovation », en autorisant même la destruction d’activités en déclin (« licensed to kill » signifie organiser sa propre concurrence et cannibalisation, en incarnant son propre danger, en interne ou dans une structure légère « intrapreneuse »).

L’heure est venue d’accepter le mystère, de vivre avec l’ambiguïté, de cultiver des (nouveaux) modèles fertiles

Yeah, ça force le respect. Disruption, game changing, open innovation, out of the box, design thinking…de nouvelles écoles de pensée, mais pas que. Après la mode des « think-tank », voici l’ère du « proof of concept », du prototypage tous azimuts, gorgés de sève régénératrice pour les groupes ancestraux qui peinent à veiller, voire en manque de vision.

L’agilité et la flexibilité sont devenues des pré-requis, car le capital est cher et plus rare, capital en général très consommé dans la R&D classique. L’aversion au risque, jusqu’à soupçonner son voisin et le manque de confiance ambiant poussent donc vers des réflexions rapides, légères et différentes. Organisé autour de la diversité (Hommes/Femmes, origines culturelles, âge…), les équipes sont passionnées, sans Dieu ni maître (presque) et organisent le chaos de la pensée, autant internes que recrutées à l’extérieur. Une véritable ruche donc, pas très rassurant pour les actionnaires, plus sensibles aux KPI, ROI et rentabilités sonnantes et trébuchantes, mais force est de constater, que de ces petites coquilles, sortiront peut-être des pépites ?

Comme un chercheur d’or qui fait la fortune de son patron, mais qui peut finir, lui, épuisé et pauvre…

Un beau morceau d’espoir donc, qui illustre bien les nouveaux modes de pensée de l’innovation disruptive, souple et collaborative. Un mode qui devra convaincre, gravir et prouver qu’il est l’avenir des organisations et des humains, remis au centre du processus de création. Non les machines ne l’emporteront pas, elles seront domptées et épauleront l’homme, incarneront le progrès, mais resteront des moyens modernes et non des fins, fin des processus humains.

De Gaulle disait « des chercheurs qui cherchent on en trouve, des chercheurs qui trouvent, on en cherche ». Espérons qu’ils soient tous de ceux-là…

Un bon site sur le sujet pour les passionnés : « design thinking blog« 

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Ah j’oubliais : 10 trucs avant de vous lancer… 05/01/2013

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management.
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…dans une startup !

C’est sur il y a la fièvre. Celle qui pousse, empêche de dormir et fais changer (parfois) le monde. La passion comme l’amour rend aussi aveugle et en être conscient c’est déjà être deux (rappelez-vous : un homme averti…). Et donc avant de se lancer dans l’expérimentation si vous avez choisi le lean, ou plus dans le dur si vous êtes joueur, quelques trucs pour éviter le pire, avant de lancer votre petite entreprise, comme on dit.

1) engagements : attention et notamment aux RH, préférer « faire-faire » ou « buy » à « make » dans un premier temps. Ressources délocalisées, travail plus flexible et complémentaire, voire cultures qui s’enrichissent…de nombreux exemples pleuvent.

2) parier sur les bonnes personnes : ça me rappelle le « good people on the bus » de « good to great« , totalement vrai, mais là, s’attacher aux profils et miser sur le potentiel pour l’entreprise, non pas en tant que personne, mais en tant qu’actif. Celui ou celle qui aura à CT le plus d’empreinte en terme de valeur (savoir, management, décision, poste-clef…) et ne pas hésiter  à parier dessus. Quand je vois les startups qui embauchent des stagiaires, avec des profils de postes senior parfois, ça me fait froid dans le dos, même si économiquement on voit de suite l’intérêt, c’est une ineptie (pas sur le plan de la formation des jeunes bien entendu je trouve ça très bien !). Il y a des responsabilités qui tiennent de l’expérience, du tact et de réactions à froid, que seules des personnes qui l’ont déjà vécu peuvent restituer. C’est tout.

3) l’art de la croissance raisonnée : la croissance de ressources n’est pas forcément en ligne avec celle du business. Autant bien la maîtriser et surtout les paliers : quel(s) déclencheur(s) valider et quand, à quel moment embaucher plus, agrandir, allouer plus de ressources SI, etc. Il y a des effets de cliquet qu’il faut savoir retarder…

4) process et systèmes : une petite entreprise doit être processisée, comme une grande, une fois l’étape « build-measure-learn » et les points clefs validés. On gagne du temps ensuite dans l’extension auprès des nouvelles recrues, dans les phases de vente, etc. Il ne s’agit pas d’alourdir mais de préciser, pour déployer justement plus rapidement et avoir une homogénéité et un esprit d’entreprise.

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5) déployer et valider vite. Sans trop penser à l’extension trop vite! Le plus important étant de valider en réel les hypothèses, corriger vite et reproduire des versions successives, pas parfaites, mais acceptables et présentables aux clients. Ceux-ci vous feront un retour rapidement et vous feront gagner du temps sur des versions trop parfaite mais décalées du « marché ». Rien de pire qu’un produit ou service parfait qui ne se vend pas…On a passé beaucoup de temps pour rien et l’effet déceptif, terrible pour les troupes !

6) le client, tout de suite : petit, il est indulgent et saura vous conseiller sur vos erreurs. Si vous manquez de ressources ou de jugement, écoutez-le humblement, il sera ravi. Nous sommes dans une ère purement collaborative où les chefs de produit sont désormais les clients. C’est normal qu’ils participent (et le plus tôt possible), à l’élaboration de ce que vous souhaitez qu’ils achètent, non ?

7) un grand classique : focus sur le core, et un truc à la fois. Mieux c’est parfois moins, regardez Apple le nombre de fois où ils ont dit « non » pour se concentrer sur peu de produits, mais plutôt bien réussis…

8) contrôler la demande : en gros mieux vaut refuser des clients et servir les autres mieux au début que d’être dépassé par le succès. Gérer la pénurie c’est mieux que de vouloir servir tout le monde, avec une expérience moyenne. C’est dur de refuser, mais c’est surtout capital pour la marque et le sérieux, surtout lorsqu’on n’est pas connu, et que souvent les clients font un arbitrage avec un concurrent plus établi, lui. ils prennent déjà un risque, si chez vous ils sont mas servis, attendez-vous au pire et à leurs foudres !

9) cash : la première ressource (après l’eau et le pétrole !). Un oeil dessus et surtout sur la ratio burn / cash in, en gros la consommation de cash en jours de CA par exemple ou le fameux BFR, cad le besoin de financement de l’exploitation courante. Avant d’avoir les banquiers à la porte, montrez-leur que vous savez compter…Etrangement, faire croître le CA trop vite, nécessite aussi du cash et il faut l’anticiper. De gros clients paient plus lentement ou génèrent des litiges, etc

10) le chiffre 2 : diviser vos anticipations de CA par 2, multiplier l’aléa, les délais et les charges par 2. L’entreprise c’est de la passion et la passion comme je le disais au début rend aveugle. Et optimiste. Si cela est définitivement une qualité pour un entrepreneur, il vaut mieux le modérer lorsqu’on parle chiffres. C’est plus sage et la sagesse c’est aussi ce qui fait durer les startups…

Cela ne fera pas le succès de votre entreprise, mais vous augmentez ainsi les chances, drastiquement. Rien ne remplace en effet la passion, l’envie, un bon service sur un marché identifié et des clients acheteurs. La recette n’est pas plus compliquée. Entre « leap of faith » et « proof of concept », l’étape qui validera vos hypothèses en « validated learnings », sorte de milestones qui jalonnent votre route vers le succès. Et des guides, on en manque parfois, tant le métier d’entrepreneur est semé de doutes, de solitude…mais d’espoirs. En route !

Colloque « PME, l’état d’urgence », avec PME Finance : un moment de passion… 05/10/2012

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management, stratégie.
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Colloque très intéressant en cette période de “chasse aux pigeons” (#geonpi) et au mouvement d’ampleur destiné à faire réagir la classe politique, face aux projets annoncés un peu vite par le gouvernement, s’agissant de la taxation des plus-values alignées sur le barême de l’IRPP. Même si le sujet est plus centré sur le financement des PME en France, sujet les empêchant de devenir des PME moyennes (« ETI »), enviées à l’Allemagne, on voit bien que la période est fébrile et que l’on touche à des domaines sensibles…Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui en France :

  • Les PME dynamiques en croissance créent plus d’emplois que les grands groupes
  • Il y a un manque crucial d’intermédiation (ie ce qui permet à une startup de devenir “moyenne” “ETI”, voire, internationale)
  • Les défiscalisations réalisées en investissant dans des PME ne sont pas qu’opportunistes : il y a encore un esprit pionnier du risque (au delà de la rentabilité pure du capital investi), une envie de faire grandir l’exploitation d’une enterprise
  • Si ces investissements ne peuvent plus se réaliser en France, les capitaux iront ailleurs et manqueront à la croissance Française, déjà en berne
  • De plus, si ces montants sont investis dans l’immobilier de nouveau, nous aurons une bulle spéculative sur la pierre, qui va à l’encontre du plan social d’habitat et de création de logements

Même si l’argent est relativement peu cher (ie taux d’intérêts faibles), il reste rare car soumis à des arbitrages trop reposés sur la fiscalité d’une part et sur une législation Européenne qui échappe à la France (Bâle 3), réveillant des soupçons d’anti-Bruxelles, qui impose des ratios aux banques. Cherche t-on d’abord à tirer un revenu maximum d’un montant investi ou bien reste t-il encore le geste humble, citoyen et entrepreneurial d’investir pour créer (emploi, croissance, image, produits, innovation…) qui scelle le destin d’une entreprise ?

En plus, pourquoi cela n’est-il pas plus “simple” ? Quand on cumule les exercices de création, financement, subventions, représentation, etc, je n’ose à peine souligner les kilos de papiers qu’il faudra remplir, les heures à se justifier et convaincre…énergie qui certes prépare à la dure compétition des marchés, mais qui épuise l’entreprise avant d’avoir commencé…

Alors voyons un peu ce qu’il y aurait dans les “tuyaux” : face à la crise, encouragement des entrepreneurs, projet de loi de finance et réformes nécessaires…

J’en parlais plus haut, le problème réside largement dans l’intermédiation du financement, car entre “banque commerciale” et “banque d’investissement”, en attendant la banque publique d’investissement (et le rush de démarrage qui va l’accompagner…), le financement quotidien des PME est largement insuffisant…car finalement jamais (peu ?) pris en compte par la sphère publique. Trésorerie, où es-tu ?

Le cri de la PME s’adresse également vers les grands groupes ou “comment améliorer les relations entre PME et grands groupes ?”. Tout le monde sait qu’une PME, en dessous d’un certain seuil (CA, image…) est invisible, comme si elle était dans l’antichambre (on espère du succès) mais surtout, en sursis du bon vouloir des “puissants”, qu’ils soient financiers, industriels ou politiques. Comme un enfant à qui on dit “quand tu seras grand…”. Franchement, la “valeur n’attend pas le nombre des années” non ? La faute à la crise : “quand les gros maigrissent, les maigres meurent ?” Espérons bien que non…N’oublions pas que, pour doper un autre indicateur en berne (ie chômage), il faut des PME dynamiques, en croissance qui elles embauchent…Place à la CDC, qu’on ne présente plus, quelques projets en discussions, montrent que l’environnement quasi-public réagit et montre une posture d’entreprise…Reste que les délais ne sont souvent pas en phase avec les impératifs de survie des PME…Alors vite, SVP.

Et l’épargne ? l’AFG, qui regroupe 600 associations d’épargne (2.600 Milliards d’€ en France), représente 20% des sociétés cotées…Bien. Mais d’où va venir l’épargne dans le futur ? Plafonds, taux…sont des mesurettes, lorsque les banques entre Bâle 3 et la crise de liquidité font la sourde oreille…Il reste la fiscalité et l’attrait “du profil”. Si le volet ISF semble intouché, l’IRPME semble désormais “noyé” dans les déductions fiscales “mutualisées” et donc on mélange “choux, carottes et poireaux”, ce qui accorder peu d’attention aux PME innovantes. Créer un PEA “PME”, spécialisé serait une piste intéressante…Mais surtout évitons les amalgames dangereux : “l’épargne long terme est considérée comme du ‘capital’. Et le capital aujourd’hui, c’est ‘sale’”. C’est mal, c’est “contraire” au travail. C’est pourtant ce que demande en premier une banque à une PME “augmentez votre capital” pour pouvoir emprunter. Faudrait savoir ? il faut ou il ne faut pas ? Le capital, c’est ce qui finance le long terme, donc c’est indispensable pour le fond de roulement et la pérénité de l’entreprise. N’importe qui sait qu’il ne faut pas financer des emplois longs avec des ressources court terme…Utilisons les “obligations grand public”, levier existant de bon rendement et à part plus accessible ? Décuplons les prérogatives d’Oséo et libérons-nous de la complexité., Vite, vite…

Pourquoi pas la bourse ? Mais comment lorsqu’on est plus “petit” réussir à réaliser le dossier nécessaire…et exister sur ces marches impitoyables…Créer la bourse des entreprises (segments B, C et Alternext, soit 830 entreprises en Europe) et adapter, voire customiser les procédures aux PME, comme moyen accessible à celles-ci mais aussi comme vitrine : une entreprise en bourse, ça attire et s’exporte bien.

Voix aux business angels…qui font partie de l’éco-système de “démarrage”, qui oeuvrent réellement très tôt et souhaitent être considérés comme salariés et créateurs de startups, fiscalement. Sans se faire plumer, après.

Que prévoit du coup le PLF2013, ou “projet de loi de finance 2013”, à ce jour…Le sujet évidemment “chaud” du moment : taxation des plus-values réalisées à la revente…On ne vas pas revenir sur le front des volatiles largement nommés sur Facebook, il faut tout de même saluer, quelques mesures favorables inchangées voire, améliorées : JEI, CIR, ISF PME…sont des leviers performants et plutôt bien exploités. Et pourquoi pas soutenir les projets innovants comme le FCPI, FIP mais aussi le PEA PME ? Transférer et autoriser les mannes de l’assurance vie, vers le financement PME ? Pas un réel manque d’idées, mais surtout une espèce d’“inertie”, de paralysie devant la crise et de mise en route opérationnelle, concrète. En attendant, il faut payer les salariés, les fournisseurs, l’état, les banques, les actionnaires…et pendant ce temps là, « les Japonais vendent » comme dirait l’autre...

Le mot de la fin revient à M. Jérôme Cahuzac, Ministre du budget, qui, relativement secoué comme le gouvernement par cette affaire “d’oiseaux”, tient en revanche plutôt bien la barre des réalités (la crise de croissance, un état de la France hérité “d’avant” -mmm-, une prise de conscience de l’entreprise) et surtout rappelle que les mesures en faveur des PME ont plutôt favorablement évolué à part une : la taxation des plus-values, une bombe qu’il vont tenter de désamorcer au plus vite. C’est dit, et avec le Coeur (façon Roméo et Juliette, une référence relevée…la politique c’est aussi du charme), balayant au passage les vieux réflexes hérités du communisme où “la gauche n’aime pas les patrons et le capital”. Mais n’est-ce pas là une chance d’en faire un débat de société, plutôt que d’orientation et de sensibilité politique ? Gauche, droite, à part pour le code de la route, ça sert encore ?

C’est un débat passionné, dont il est difficile de capter ici toutes les idées mais j’aurais tendance à retenir comme conclusion :

  • Qu’il y a un tissu d’entrepreneurs passionnés en France, et qu’il faut à tout prix retenir cette facette (et non pas les nantis du CAC40, les golden parachutes et les stocks options éhontés)
  • Qu’il est plutôt bien représenté et organisé : bravo à PME finance pour ce dynamisme !
  • Que la compétition est mondiale et que toute mesure nationale, peut avoir des effets de bord impressionnants (ie niveaux de salaires, affaire des 75% d’ISF…)
  • Que d’avoir des mesures de “répression fiscale” sur les grands groupes, qui certes peuvent le financer, revient à terme à dépouiller les PME aussi : les grands groupes qui licencient sont aussi les donneurs d’ordre des PME…alors si l’on veut garder des carnets de commande bien remplis…
  • Que renforcer l’attrait de l’épargne long terme ne suffit pas : il faut encore convaincre et restaurer la confiance dans l’avenir : placer son argent à long terme nécessite  1) de ne pas en avoir besoin  2) d’avoir une vision dégagée sur l’avenir…et dans cette époque d’incertitude…
  • Qu’il faut organiser la circulation de l’épargne et moins cloisonner celle-ci : l’épargne disponible doit pouvoir être utilisée, sans destination d’origine, d’après le choix du citoyen
  • Qu’il faudrait réfléchir à un taux unique de taxation, pour simplifier les affaires et pouvoir se concentrer sur la création de valeur plutôt que d’innover dans la recherche fiscale et d’asiler ainsi des “clandestins” qui dévoient le bien commun…une bonne idée ça ?
  • Qu’il faut que la France entière soit derrière ses entrepreneurs, fière et les supportant comme une vitrine, plutôt que de vouloir tout niveler, en réveillant ça et là, la lutte des classes. La croissance c’est l’affaire de tout le monde…

“Parce que dans les yeux des entrepreneurs, il y a des étoiles, et c’est mieux quand elles brillent…”

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Le Risque, moteur de l’Innovation 21/10/2011

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, innovation, management.
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S’il y a bien une donnée indispensable semble t-il à l’innovation, cela me paraît être le risque. Comme un stimulant le risque stigmatise en un instant, un moment, un passage, le condensé d’un changement d’état dont on espère qu’il change le monde (tout du moins dans une vision entrepreneuriale. Et le risque, ça paie. Il n’y a qu’à regarder toutes les composantes de la société comportant un risque et la rémunération attendue ou bien tout simplement l’espérance de plaisir, d’adrénaline, etc et l’on voit bien que le risque a une valeur : dans la dette, dans l’assurance, dans un sport à sensation, tout porte à croire que le risque est rare, valorisé et finalement une donnée incontournable à un accouchement quel qu’il soit. C’est ainsi que ce sont toujours inscrits les grandes innovations, dont certaines ont vu des dizaines de sacrifices, de géniteurs qui finalement ont conçu, sans en voir les résultats. Sans encore ajouter du panache à Apple s’il en fallait, Steve Jobs lui même déclarait « soyez insatiables, soyez fous », dans le sens où rien n’est jamais écrit et où il ne faut jamais renoncer. Comme si c’était bien aux grandes innovations à convaincre les marchés et les clients qui ne sauraient donc pas ce qu’ils veulent ?

Cette idée de ne pas trop planifier pour conserver l’adrénaline du risque, moteur de la créativité ultime : deadlines, challenges…la peur du risque ne doit cependant pas paralyser ce mouvement ascendant et vertueux de la collaboration transversale. Imaginer des concepts avec le stress positif de l’excitation du chercheur, la sensation du lâcher prise ou dans le grand bain, on risque tout : sa position, son futur, sa crédibilité…Mais après, de quoi avons-nous peur ? eh bien il semblerait que la peur de l’échec soit le N°1 en Europe, là où aux USA il est un fait de plus, dans la grande expérience de l’entreprise, nécessaire aux grandes oeuvres. Combien d’erreurs et d’échecs ont été constatés et ont servi de tremplins au « Euréka » final ?

Il faut donc du risque dans tout, pour donner du goût, pour donner de la valeur, pour rester humble aussi face à l’inconnu et pour séduire tout le monde : si le risque ne se dompte pas, il s’approche, se gère, on vit avec  sans que cela modifie nos aptitudes physiologiques et donc nos réflexes et notre capacité à décider. Le risque est donc un élément majeur des cours de management et doit être un enjeu pour le leader, comme pour l’innovateur. C’est ainsi que se créent les grandes aventures, les marques dont on se souvient, avec de la personnalité et des aspérités mémorables.

Le risque, une autre manière de respirer, d’attendre, de douter, un compagnon nécessaire à la création pour faire sortir les meilleures idées de leur boîte : une épice indispensable à une vie trépidante et hors norme, un chemin sinueux et initiatique dont les méandres nous seraient inconnues et pourquoi pas, périlleuses. Habillés comme tels, la chevalerie moderne en quête de sensationnel a du sens pour retrouver le goût des poursuites sans fin, avec le crédit d’un aventurier. L’étiquette n’est d’ailleurs pas neutre pour un leader, charismatique ou pas et pour la manière d’aborder les problèmes et les ressources : voici aussi pourquoi la vigie d’une entreprise n’est pas toujours aussi claire qu’on veut bien le penser ; il faut du nez, du courage et de l’opportunisme pour toréer ce risque qui nous tourne autour, comme un insecte agaçant. Alors plutôt que la peur, ayant le goût pour le risque et surtout son apprentissage dans les écoles. « Le plaisir d’échouer, d’avoir des mauvaises notes et d’apprendre, d’apprendre…doit nous conduire à une sorte de clairvoyance rare et infiniment passionnante : l’intuition. »

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L’Entrepreneur est-il un bon développeur ? 09/05/2011

Posted by evidencesx in économie, business development, développement commercial, entrepreneuriat, management, stratégie.
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Question en effet cruciale, au moment de lancer une startup, tout va très vite : l’envie, les rêves, la passion (capital !). en général, parti d’une invention (plus ou moins géniale…), issu d’une innovation (technologique, économique ou sociale), une équipe (parfois une seule personne !) et c’est parti : idée, présentation, prototype, business plan, réseau d’amis et outils sociaux pour faire le buzz et peaufiner l’idée. Et c’est là que les problèmes commencent à pointer leur nez :

  • la vision est-elle de matière à durer, grossir et intéresser un marché potentiel suffisamment important ?
  • l’idée ne nait-elle pas sur un marché mort-né, trop petit, encombré…?
  • quels partenaires pour quel usage, dans la jungle et le rush du démarrage ?
  • combien de cash disponible et pour combien de temps, eu égard aux prévisions du BP, toujours trop optimistes (la passion est un outil formidable, mais l’amour ne rend-il pas là aussi aveugle ?) ?
  • combien de temps avant la duplication, copie, entrée de nouveaux compétiteurs, meilleurs et moins chers ?
  • et surtout quand surgira le seuil d’incompétence, et comment repérer celui-ci ?
Toutes ces questions, posées et réfléchies à fond avant la création, décourageraient probablement un certain nombre d’entre eux…Et c’est dommage. « la création vient de l’impulsion et de la passion, parfois dans la douleur, l’ombre et l’oubli » pour un défi à relever : grandir, apprendre, échouer, changer le monde, changer son monde, manager…Tout le monde y trouve son compte.
Mais vient ensuite le temps du développement, pour ceux qui auront passé le seuil de leur rue et réussi à convaincre : amis, partenaires, marchés, journalistes, angels, investisseurs…heu clients ? Et il serait malhonnête de déclarer « l’universalité et la multi-compétences chez tout entrepreneur ». Lorsque l’idée prend et décolle (et parfois extrêmement rapidement), il faut penser à plus grand, beaucoup plus grand…de toute façon les investisseurs qui vous ont fait confiance y pensent pour vous et vous y forcent quelque part…
Il fut un temps où, très rapidement les investisseurs évinçaient (avec  de bonnes indemnités) les fondateurs qu’ils jugeaient sous-dimensionnés par rapport à leur ambitions et la folie des gains en jeu. En effet créer c’est une chose, développer, gérer et faire grandir c’en est une autre. On est souvent tenté ensuite de faire rentrer au management des expériences de tous types : même secteur, produit, managers de réseau, de distribution, cadres de la concurrence, etc. Et c’est logique : après la furie du démarrage, la construction durable d’un succès n’est plus la même chose. Les organisations humaines font qu’à plus de deux personnes, ça se complique…!
Le management, la science du « travail ensemble » nécessite de l’expérience, du vécu et les situations relationnelles de la vie. Il n’est pas toujours évident pour un jeune créateur de se comporter en manager et de disposer du tact et de l’emphase indispensable…L’inverse n’est d’ailleurs pas vrai : un jeune créateur a parfois tout le charisme nécessaire pour réussir et faire réussir une équipe. Même si ce n’est pas l’homme ou la femme-orchestre, un entrepreneur doit savoir bien s’entourer pour transformer son « essai » et développer son fonds de commerce…
C’est d’ailleurs plutôt une tendance visant à conserver les créateurs d’origine  que l’on voit se profiler aujourd’hui. Les Mark Zuckerberg, Sean Parker, Andrew Mason et même Larry Page et Sergey Brin semblent bien ancrés aux commandes de leurs empires, bien décidés. Et pourtant ils n’étaient pas forcément préparés à manager et conduire des équipes gigantesques au sein de leur multinationales et à gérer des reporting complexes pour les investisseurs avides, rivés sur la bottom-line. Mais ils représentent le principal carburant, l’identité, le style et le rythme de ces réussites incontestables et s’accrochent à leur rôle de créateur de rêve et de…valeur. Cette tendance illustre qu’une fois confié des fonds aux créateurs d’origine, ceux-ci sont parfaitement libérés des soucis quotidiens de « cash management » (enfin presque), et peuvent donner libre cours à leur art, et surtout à l’art collectif de l’entreprise plutôt qu’au projet d’une seule personne.
Tout investisseur qui se respecte fait un cadeau inestimable lorsqu’il fait confiance à un de ces jeunes créateurs : les libérer pour qu’ils excellent dans leur art…créer. Mais tout ceci n’empêche pas de bien s’entourer, pour garantir le partage des risques, mais surtout de faire grandir l’édifice commun et accessoirement les montants engagés. Une équipe pertinent, que j’estime autour de :
  • les créateurs
  • les investisseurs : proches, angels, fonds, banques
  • des conseillers surtout hors de l’entreprise (et pas les conjoints trop consensuels !) ; en fait de bons « amis », qui n’ont aucun enjeu dans la startup
  • des mentors : modèles, icones et idéaux, auxquels les créateurs pourront se confronter et se mesurer : générant la frustration mais aussi l’admiration…
  • des chercheurs, théoriciens, enseignants : juste pour se dire qu’il y a des modèles, mais qu’ils servent juste pour développer l’appétit d’apprentissage qui ne doit jamais quitter les créateurs
  • de l’expérience, à travers des seniors qui donnent la méthode, gagnent du temps et assoient la stratégie de déploiement
  • du jeune, du jeune, du jeune : pour l’énergie, l’innocence et l’errance du démarrage. Avec l’illusion que tout est possible, les échecs et écueils et les découvertes inespérées
  • du réseau, du réseau, du réseau car aujourd’hui toute création fait parti d’un éco-système, qui profite, grandit et s’inspire de chaque création. Il faut donc partager et mettre à profit les réussites des uns, pour qu’elles servent aux autres, comme un miroir-test permanent, qui rend compte du cap de l’entreprise

Vous imaginez un peu l’alchimie de tout ça, un vrai explosif créatif collaboratif, du partage, du respect. L’entreprenariat, un orchestre, une partition et un objectif où tout le monde joue au diapason, sans oublier que tout le monde a un rôle et que les compétences s’acquièrent ensemble, au contact de peurs, errances, erreurs et aussi expériences. C’est là où nous touchons aux limites de cette expérience, où bien souvent elle fait défaut à ces jeunes créateurs, qui sans manquer d’envie et de passion, manquent d’encadrement.

Vous l’avez compris, le sujet n’est pas tellement de dépouiller ou pas les jeunes créations de leurs créateurs, mais d’être sûr, qu’ils profitent bien tous d’un éco-système, en place, disponible et productif, qui s’auto-alimente : les réussites d’hier doivent s’investir dans les jeunes pousses, pour que ne s’arrête pas le processus d’innovation et l’envie d’entreprendre. Et il ne s’agit pas uniquement de subventions diverses et variées, mais de bonne volonté…