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Education, Enseignement, Apprentissage : année zéro. 01/05/2021

Posted by evidencesx in économie, éducation, design, innovation, management, numérique, transformation.
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L’enseignement et l’éducation sont « orientés produit ou programme », mais en fait, rarement client. Programmes administrés, subis, académiques, souvent très éloignés des besoins économiques de la société, et bien plus encore de l’épanouissement des individus à travers l’apprentissage. Des formats destinés au gavage, à l’excellence et aux notations sauvages, pour accéder à des niveaux, puis à des diplômes…et par filière à des métiers, dont les contours sont bien plus flexibles et loin des connaissances captées. Bien évidemment, l’apprentissage, les stages nombreux et les échanges ont permis de « recoller » aux exigences du monde du travail, mais le fond ne change pas : des programmes peu portés sur « l’individu » et plus sur « le classement et la compétition ». Or, même si l’apprentissage de groupe est important, il est tout de même une somme d’individus, de clients différents dont l’épanouissement et la trajectoire sont individuels.

Pour préciser cette individualité, il convient aussi de préciser comment la connaissance se diffuse au travers de 4 cadrants bien connus, cadrants déterminant la manière d’enseigner mais aussi la manière d’apprendre. On y retrouve des standards ancestraux, comme les prémices d’un monde qui change sous l’effet du numérique, de l’apprentissage permanent et de la suppression de la temporalité.

Le mode « hiérarchique individuel »

C’est celui le mieux connu, le plus répandu, mais aussi celui qui va rapidement être obsolète. Celui répandu à l’ENA, qui vient de disparaître et dans toutes les filières dites « académiques » d’excellence. Mais aussi, toute l’éducation nationale traditionnelle d’encore aujourd’hui…Caractérisé par un « sachant » (l’enseignant) et des « apprenants » (élèves, étudiants…), recevant un programme unique, rythmé par un planning rigide, sanctionné par des examens et notations, permettant d’évaluer l’accès à la connaissance (savoir, savoir-faire, savoir-être), formalisé par des diplômes. En fait assez mécanique, peu empli de sentiment, de motivation profonde, faisant du diplômé un « employable », quoique de moins en moins en terme de garantie. C’est ainsi qu’on retrouve partout des diplômés, sans emploi, sans envie et sans avenir, tant ils y ont été conduits sans réelle motivation, par tradition ou par héritage. L’idée n’est évidemment pas de noircir le tableau, mais d’exprimer clairement les limites de ce mode d’enseignement…

Le mode « hiérarchique collectif »

Une évolution nécessaire par le fait qu’ensemble on va plus loin, et que le travail en « projets » est de plus en plus indispensable dans l’économie moderne. Il est tout de même organisé par un programme unique, par un « sachant », mais repris par le groupe, qui le fait sien, et qui l’améliore. C’est le groupe qui progresse ensemble, et l’on est moins sensible à la « tricherie », puisque le partage fait partie de l’enseignement. La mesure et les notations y sont toujours individuelles, mais la motivation d’apprentissage est maintenue par l’intérêt du collectif et par l’enseignant. Qui a plus un rôle de « coach », pour insuffler l’énergie, les sujets et l’animation du groupe. Le meilleur exemple est celui du sport collectif et de l’entraîneur…

Le mode « distributif individuel »

Nous revenons au niveau de l’individu, mais maître de son destin : de son rythme, de ses moyens, de son avancement. « L’autorité pédagogique » est partout et tout le temps, l’étudiant picore et pioche parmi les formats, les influences, les sources selon ses envies, les moments et adapte ses format à sa forme et à sa réceptivité. Les progrès sont individuels et s’affranchissent du temps et de l’espace. Pas de salle de « classe », mais plein d’univers d’apprentissage, qui ponctuent son parcours et ses expériences. La hiérarchie est bannie et les « niveaux » se mélangent, à l’inverse de l’éducation habituelle classée par âge, niveaux de classe, diplômes. La difficulté sera d’apprécier la progression et le niveau de l’élève, tant les expériences sont individuelles. Les tests par format restent cependant individuels et permettent d’évaluer de fait le niveau et la maturité de la compréhension. Un bon exemple d’apprentissage via ce mode est la série de livres « xxxxxx pour les nuls », qui permet à son rythme de découvrir une discipline en partant de rien…

Le mode « distributif collectif »

L’évolution la plus logique à l’ère des wikis, du digital, et du mode collaboratif. Une version maximale du collectif où le groupe pioche et pique dans les ressources dénichées partout : conférences, experts, gourous, prototypes, influenceurs, rapports, articles,…Le « learning as a service » par excellence, mais orienté autour d’un collectif partageant des mêmes objectifs. Un « guide » peut organiser des rencontres et des confrontations entre les membres, et la motivation collective doit être maintenue. Ce guide fait figure d’animateur, de « community manager » et propose des « carrefours d’expériences » à découvrir et à commenter. Clubhouse aujourd’hui est un bon exemple, où quelqu’un propose un moment de discussion, autour d’un thème, et laisse le groupe se modérer et participer. A la fin de la session, chacun à son avis, a appris des autres et aux autres. L’important de bien maintenir la cohésion du groupe autour du thème…L’évaluation est réalisée par chacun, en fonction de son avancement et sa propre satisfaction. Si l’un des membres n’avance pas assez, il pioche ailleurs pour parfaire son enseignement, en ;ode distributif, à son propre rythme. Le moteur nous l’avons vu, figure évidemment dans la motivation et la passion pour le sujet appris. Le groupe comme déjà dit précédemment doit tout faire pour maintenir la cohésion, la surprise, l’engouement…Métier au premier chef du nouvel « enseignant »…

Aimer enseigner, aimer apprendre : vers un nouveau contrat ?

Lorsqu’on examine le titre, on se dit tout de suite que tout est lié : l’enseignant s’épanouit si le groupe et les individus s’épanouissent. Comme une entreprise prospère si ses clients sont heureux. On peut mesurer en revanche les difficultés pour les uns et les autres :

  • L’enseignant : il doit se renouveler, s’adapter à chacun et à chaque situation. Et toujours espérer que le groupe et les élèves vont le dépasser. Et lui enseigner à son tour. De maintenir le dialogue et surtout la flamme du goût d’apprendre, le dépassement des élèves toujours attiser la curiosité, renouveler leur passion et cultiver la surprise. Enfin, maintenir le goût du challenge et l’envie d’apprendre aussi ailleurs, pour que l’élève cherche toujours plus loin et repousse ses limites. Et multiplie les expériences d’enseignement .
  • L’élève : trouver et conserver sa motivation, sa soif d’apprendre, car l’auto-apprentissage est un mode qui se développe plus que tout et surtout parce que les élèves demandent plus de liberté. Liberté qui ne signifie pas « ne plus rien faire (!), mais prendre en main « son » apprentissage, unique et personnel. Il y va ainsi de sa croissance personnelle, car si demain elle n’est plus mesurée systématiquement par des examens, il faudra bien connaître son « niveau de maturité », pour guider sa progression et futurs enseignements

Reprendre une des vérités énoncées plus haut est une évidence : faire de l’enseignement orienté clients, et donc dont l’élève est roi et le héros. Stopper l’abrutissement des programmes décalés voire dépassés, par les différentes inspections, faire co-créer les programmes par des opérationnels : entreprises, anciens auditeurs recruteurs, auditeurs eux-mêmes. L’enseignant n’est pas mort, il devient le chef d’orchestre entre le contenu, la cible et surtout « pédagogise » ces contenus selon les formats, moments et occasions d’enseigner. Mais surtout : il maintient et cultive le désir d’apprendre ! C’est capital d’avoir envie pour les élèves et pour cela, il faut donner envie…Si l’école n’était pas obligatoire et en situation de monopole, il y a bien longtemps qu’elle serait désertée…

Bâtir du storytelling, réapprendre l’émotion y compris dans les sciences exactes. Jeu, émotions, surprise. L’apprentissage doit être une série d’étapes (et non pas de diplômes !), donnant chacun plus d’envie de poursuivre. Et chaque quête est personnelle, unique et affranchie du temps. Bref, avec l’organisation actuelle de l’éducation nationale, ce n’est pas gagné…Mais c’est un défi passionnant qui mériterait d’être étudié et testé.

La métaphore de la machine à café

Une image qui m’est venue et qui n’existe pas sur le plan des machines à café : accepteriez-vous une machine qui n’offrirait qu’un seul choix (à prendre ou à laisser) ? C’est pourtant bien souvent ce qu’offre une éducation assignée, monolithique et aseptisée. Trop dirigiste et peu centrée sur le confort, le bonheur et surtout, l’adaptation à ses « clients ». N’a t-on pas montré récemment les limites de l’ENA (où est pourtant formée l’élite de l’administration), des gens intelligents mais sans doute déconnectés des besoins du « marché », et principalement des modes de fonctionnement auxquels aspirent tous les Français ?

Et la machine idéale…celle que toute entreprise a : pourquoi on trouve ça normal pour le café et que c’est si dur de l’imaginer pour l’enseignement ?

Une forme de « learning as a service » ou chacun détermine la vitesse, le contenu et le format de son apprentissage, dans bien entendu une structure (école ?), mais pas que et surtout maintenant la pression pour apprendre, ailleurs : MOOC, web, conférences, discussions experts, réseaux sociaux, manuels de références, livres, articles, rapports, videos, podcasts…bref tout ce qui éveille et éduque.

L’inexorable transformation

C’est inexorable, car la pression est trop forte. Pression technologique qui banalise les contenus, ivresse de la connaissance à portée de clics, élèves de moins motivés ou sous pression, enseignants démotivés par le niveau général qui baisse d’année en année. Des signaux importants d’un changement de monde. L’école 42 n’a t-elle pas montré une autre voie, un écosystème où il n’y a qu’une règle : décider seul de son parcours, en trouvant les solutions par la pratique, avec le soutien d’alter ego et la dynamique bienveillante du groupe. Pas de plannings, pas de limites, pas de notes…et des résultats étonnants en terme d’épanouissement, de bonheur personnel et de réussite professionnelle. C’est un modèle, est-il duplicable partout ?

L’enseignement ne doit plus être une course aux connaissances, mais une courses aux expériences. Expériences constituées de rencontres, de débats, d’expérimentations, d’échecs et de réussites, de confrontations. Les réseaux sociaux par exemple et lorsqu’ils sont bien utilisés, participent à de vrais échanges, au delà de la pure information. Ils génèrent de l’intérêt, des passions et des rêves. Et surtout, ils sont une somme d’individus, qui chacun à leur rythme et à leur manière, apprennent. Et tracent leur propre voie dans cet enseignement moderne. Les conférences et débats, eux aussi permettent de capter des avis d’experts, de créer de l’engouement et de l’engagement. Loin d’avoir à citer toutes les sources possibles (et elles sont nombreuses hors de la « classe » !), l’enseignant moderne est celui qui saura éveiller son public à toutes celles-ci et maintenir le feu sacré de la passion et de l’apprentissage permanent…

Disrupted. 10/02/2021

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ça arrive un jour ou l’autre. Au début on prend ça pour une punition, un arrêt de mort. Et c’est normal : c’en est un. Les plus visionnaires organisent leur propre concurrence, pour devancer, prévenir ou repousser l’inexorable. Les autres se réveillent hagards ou pire, surpris. Qui pouvait prévoir ? Qui avait vu venir ?

Jusque là, cette introduction pourrait s’appliquer partout : un licenciement, une catastrophe naturelle, une maladie soudaine…Mais le domaine qui nous intéresse ici, c’est l’entreprise, ou les entreprises, dans leur quête de croissance, de profit et de sens. De survie, de concurrence accrue et d’originalité. Si le concept de « technologies de rupture » date un peu (1997, Christensen…avant les services, avant le web, avant le digital, avant l’IA…), les règles existent toujours, et les plus performants les ont domptées, pour faire les plus belles réussites de ces dernières années : Netflix, Uber, Space X…

L’innovation « Disruptive », par opposition à « incrémentale », obéit à des règles et des réactions observées, qui n’ont rien à voir avec l’innovation classique. Mal traduite par « technologies de rupture », la disruption est souvent déclenchée par des sauts technologiques, scientifiques ou créatifs, mais tient plutôt d’innovation marketing que technologique (même si cette dernière est le véhicule qui la rend possible). Plusieurs phénomènes éclairent l’environnement des sociétés qui échouent et se réveillent avec un gros mal de crâne pour n’avoir rien vu venir…:

  • ce n’est un problème de performance, de taille, ni de management : les sociétés, même de taille importante sont très bien gérées, managées, capitalisées, organisées, détiennent talents et ressources, procédés et des processus éprouvés. Elles sont des leaders sur leur marché, où elles excellent dans la tenue des parts de marché, des profits, de l’innovation produit et services. Elles sont dans le marché. Mais alors ? Elles manquent d’imagination (Lors des attentats du 11/09 aux USA, les Américains ont dit après coup « nous avons manqué d’imagination » – dans le sens où personne n’aurait cru cela possible -…)
  • elles ne sont pas flexibles et ont beaucoup à perdre à court terme : la disruption vient toujours de sociétés agiles, naissantes, rapides et autonomes…qui elles n’ont pas grand chose à perdre
  • la disruption ne peut être appréhendée avec les lunettes d’un marché existant : souvent moins chère, sans demande client, elle menace en silence et en toute obscurité le marché existant. Les clients actuels ne sont pas les bons, ils ne savent pas encore qu’ils auront besoin de cette nouvelle offre et le business model est souvent à inventer. Le marché futur progresse plus vite que la demande…
  • prix inférieur, marge inférieure donc, marché flou ou inexistant, clients mal satisfaits, performance produit ou service inférieure…Mais alors pourquoi, comment ? C’est tout le dilemme de l’innovateur : parfaire ce qu’il sait faire en protégeant son marché et ses risques…(innovation incrémentale) ou bien, saborder en quelque sorte à terme, son trésor de savoir-faire, en menant une révolution larvée qui tuera son business initial (innovation disruptive). Vous l’aurez compris, la décision est dure à prendre…Mais dans l’entreprise, n’y a t-il pas le goût du risque ?

La difficile question du choix…

On pourrait croire que finalement averti ou du moins « éveillé » à ces phénomènes qu’on pourrait parfois qualifier de « chaotiques », on en sort plus armé. Mais c’est surtout parce que les entreprises innovent partant de leur savoir-faire, qu’elles n’arrivent pas à imaginer autre chose : nous ne saurons pas faire ou notre savoir-faire est irremplaçable ou encore, c’est impensable…Et c’est parce qu’elles survalorisent leur passé et leur histoire, qu’elles pensent que celui-ci va se poursuivre tranquillement, retranché derrière des barrières de fierté, d’assurance et de confort. Pourquoi changer, quand tout va bien ?

Or, nous savons bien que c’est justement lorsque tout va bien qu’il faut investir dans l’avenir pour éviter les « coups durs » et surtout de se faire…disrupter. La violence et la rapidité d’exécution des nouveaux entrants est sans précédent et ne laisse place à aucun hasard : des stratégies flexibles, précises et déterminées permettent de capter de la valeur partout et de rendre obsolète, à peu près tout. Personne n’est à l’abri et tous les secteurs/métiers seront concernés. La question c’est quand…Alors faut-il d’organiser sa propre disruption et choisir lorsqu’on en a encore toutes les capacités, ou suivre voire être témoin de sa propre débâcle, trop tard ? Il y aurait tout de même maintenant des bribes de réponse à cette question, quand on regarde quelques acteurs déchus et pourtant dominants par le passé : Nokia, Kodak…

Disruption vs Blue Ocean…

En stratégie d’entreprise, il existe d’autres moyens de perturber son quotidien. Créer un « océan bleu« en est un, parfaitement maîtrisé. Echappant ainsi à la compétition féroce, une stratégie « océan bleu » consiste à délaisser les marchés trop compétitifs où la demande est certes soutenue, mais où la compétition est trop intense, sacrifiant marges et profits dans un combat à mort. Elle détermine de nouveaux critères de compétitivité, dans un nouveau « canevas » stratégique, nouveaux critères qui vont bâtir de nouveaux produits et services dérivés, autour d’une nouvelle promesse de profit, mais surtout d’une nouvelle demande. La poursuite de l’innovation sur ce nouveau marché, accompagné d’une baisse des coûts est financée par la hausse de la nouvelle demande et le saut créatif incomparable. Quelle différence ? Elle est de taille. L’entreprise est la même, avec la même organisation, structure et sur ses métiers de base. L’innovation n’est pas « disruptive », mais de marché et de produits/services. Elle ne remplace pas le business initial à terme, mais ajoute une activité à plus faible marge mais à plus forte demande. Une manière de maîtriser ses risques et de maintenir l’existant…

Quelques exemples bien connus…

  • Lorsqu’on demande aux utilisateurs de voitures à chevaux, ce qu’ils demandent comme amélioration, ils sont unanimes : des chevaux plus rapides. Personne n’imagine l’arrivée de l’automobile, car les clients ne savent pas formuler une telle innovation. Pas de demande, pas de marché. Et pourtant…
  • Steve Jobs ne demandait jamais à ses clients ce qu’ils voulaient. Pour les mêmes raisons, les clients n’arrivent pas à se transposer pour un tel saut d’innovation. Pourtant lorsqu’il invente l’Iphone, la demande est un raz de marée…Tout simplement parce que les acteurs existants peaufinent les services de voix où le marché est en baisse et que l’Iphone in fine est tout sauf un téléphone !
  • La pensée disruptive veut que l’on raye de son vocabulaire le mot « impossible », qui n’a de sens qu’à un instant T, instant de plus en plus court, proportionnel aux cycles des évolutions technologiques. L’aventure de Space X démarre avec un « Why » : pourquoi les lanceurs de fusées ne seraient ils utilisables qu’une seule fois ? Ce qui est insensé, impensable, inacceptable pour les leaders du marché (NASA…), se concrétise pourtant sous la pensée d’un homme ingénieux, entêté et inventif. Mais surtout imaginatif !

Capter les signaux faibles

Le caractère « chaotique » de la disruption la rend donc, par définition, difficilement reproductible. Tout le monde sait forcément expliquer le passé (encore que…), mais voir venir et anticiper, là est réellement la question. Changer de paradigme nécessite changer de manière d’observer, de prévoir et de regarder. D’innover. Regarder la croissance, détecter les nouveaux entrants et surtout étudier les écosystèmes qui naissent. C’est très souvent lors de la formation d’un écosystème, que se forment de nouveaux modèles autour de nouveaux acteurs. Un premier signal faible qu’il faut savoir décrypter…La désintermédiation par exemple, capte la valeur des distributeurs, autour de la formation de d’écosystèmes de plateformes, qui se sont formés dans le sillage du e-commerce (Amazon, CDiscount…). Après la maturité du e-commerce, les services sont désintermédiés tous les jours, au travers de ces plateformes. La désintermédiation est la première étape d’une disruption annoncée, dans le sens où elle capte une partie de la chaîne de la valeur, service horizontal qu’elle va vendre partout ailleurs…C’est Uber, qui après avoir disrupté le simple service de Taxi, a si bien modélisé sa proposition de valeur, qu’il propose aujourd’hui « du temps de transport optimisé » : il peut ainsi capter tout le transport qu’il souhaite (livraison de colis, de repas, de médicaments…), sortant du simple vertical des « taxis »…

Vers une forme de pensée ?

On serait alors tenté de proposer une série de conseils, permettant d’apprivoiser ces phénomènes chaotiques :

  • quels sont les écosystèmes qui se développent ?
  • quelles fonctions nouvelles, usages où de la valeur se dégage ?
  • dans la chaîne de valeur de l’entreprise qui s’interroge :
    • quelle partie est dominante (« core competences ») ?
    • quelle partie est assise sur des savoir-faire, qui pourraient devenir dépassés ?
    • quelle est la raison d’être de l’entreprise sur laquelle on doit s’appuyer, vs des savoir-faire dépassés : pourquoi l’entreprise fait ce qu’elle fait plus que « comment » elle le fait ?
  • quelles sont les nouvelles niches et acteurs émergents ?
  • quelle est la demande insatisfaite et pourquoi (couple marché/clients) ?
    • passer du POC (Proof of Concept), orienté entreprise, à POM (Proof of Market), orienté demande
    • inventer un mindset « product management », à la croisée de l’innovation
  • donner une vision future aux talents pour les emmener : vendre le changement, transformer les talents

Cela ne pourrait être exhaustif et devient challengeable, mais une chose est sûre : assoir sa tranquillité sur le passé, son histoire et ses savoir-faire est l’assurance d’aller dans le mur, aujourd’hui ou demain. Or, l’innovation capitalise très souvent sur ces actifs rassurants, qui ne sont en fait qu’une forme d’aveuglement au monde de micro-fréquences qui nous entoure. Monde nous l’avons vu, dont la violence et la brutalité sont accrues par la déshumanisation (#AI, robotisation, automatisation…) et la non conduite du changement. Incertitudes qui planent, doutes permanents, la tentation protectrice est plus que jamais de mise. Or, l’entreprise est créée par des risques et pour presque, le risque. L’innovation planifiée est prévisible, attendue et in fine, dans la ligne du passé. Seule, elle ne permet plus d’assurer la survie des entreprises à terme, terme de plus en plus court. L’ère est aux joueurs de Poker, qui misent peu et risquent tout contre l’entreprise installée qui risque tout et mise malheureusement mal. Se réinventer, c’est savoir se mettre en danger et réinventer ses manières, ses processus et sa valeur. De l’audace, de l’opportunisme et du feu sacré pour sortir des sentiers connus. Vers l’inconnu et au delà…

Réciprocité, mutualité…Et si une autre économie était possible ? 25/04/2020

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Il faut bien une bonne crise, pour avoir en face les vrais enjeux. Je ne sais pas ce qu’il restera de cette fameuse crise du Covid-19, une forme de « guerre », comme l’a qualifiée le Président Macron, guerre où, ironie du sort, nous étions privé de notre seul porte-avions…Le colosse aux pieds d’argile a montré ses limites, et nul ne peut se considérer être à l’abri, désormais. Cette crise, dont peut avancer qu’elle est mondiale et globale (monnaie, cours du pétrole, déplacements et migrations…) nous aura mis devant des responsabilités encore plus grande : une autre croissance est-elle possible, sans prêcher la décroissance, eu égard aux enjeux environnementaux ?

Un autre Capitalisme, en effet…

Le Capitalisme, cet épouvantail qui fait peur à tout le monde, mais surtout parce qu’il a été dévoyé de son rôle, prend du plomb dans l’aile. Le capital nécessaire aux investissements est plus que jamais indispensable à la relance. Mais le traitement de celui-ci et surtout, l’usage, ne peut être in fine que financier. L’accroissement exponentiel des richesses, réservé à peu, est le résultat d’un arbitrage plus que douteux. Une telle crise ne peut-elle remettre en cause, notre « culture de la performance » telle que nous la connaissons. Sans doute. Je l’espère. La formule « le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant » est telle, qu’elle est remplie de beaucoup de significations, multiples. Inutile de revenir sur les nombreuses leçons à tirer de cette curieuse actualité, et si nous n’en retenions qu’une : comment tirer partie des enseignements sur nous mêmes, que cette crise nous aura appris ?

PlantageCapitalism

Le changement vient de nous…

…et de personne d’autre. Relever, apprécier et comprendre ce qui ce sera passé, et réunir ce qui fait toutes les énergies de reconstruction : l’environnement et la nature, les écosystèmes sociaux, le bien commun, une économie de réciprocité et de gain mutuel, partagée. Utopie ? Regardons ce qui vient de se passer et la solidarité qui s’est organisée en ces quelques semaines de confinement et surtout, le dépassement des considérations financières, au profit de l’unité humaine et la résilience des peuples. Cela ne peut pas être pour rien et surtout réservé à cette période particulière. Il nous appartient d’organiser ce changement, dans les fondements même de la production de profit. De quel niveau de profit avons-nous réellement besoin ?  Quel est en effet le juste niveau de profit ?

People and Planet first

Il y aura donc à prendre des responsabilités solides pour les générations futures, pas après demain ou peut-être, mais maintenant et surement. Réinventer les « théories managériales », re-sensibiliser et faire confiance dans le bon sens commun et l’envie indescriptible de construire ensemble. Cela passe en effet, par une redistribution des cartes, à grande échelle. Subsidiarité, économie collective et circulaire, économie de gain mutuel, de respect et de partage, une destruction pas à pas de notre colbertisme centralisateur, à tous les niveaux : enseignement, éducation, politique, sociétal, entreprises, associations, tous doivent reconsidérer un nouveau modèle plus équitable…Un renouveau indispensable  pour restaurer la concorde et un équilibre sain, juste et partagé. Partout.

EcoPartage

Nouvelle Théorie manageriale ?

Regardons de près les différents compartiments de jeu, d’une telle ambition. Dans ce contexte de nouveau capitalisme, où la création de valeur fait l’objet d’une attention discutée, où elle n’est pas simplement extraite d’un modèle à bout de souffle et sous contrainte. Où la manière de créer de la valeur dépend d’autres indicateurs, avec un nouveau mode de fonctionnement :

  • redonner du sens à la stratégie d’entreprise est déjà bien, mais dire que « donner du sens » EST la stratégie, est bien mieux ! Un sens qui va réunir le plus grand nombre…
  • un nouveau fonctionnement en « écosystèmes », qui mutualiserait économistes, entreprises, associations, citoyens, chercheurs, scientifiques, pouvoirs publics, Un décloisonnement du pouvoir et surtout du syndrome « celui qui paie joue de la trompette », cad, le pouvoir concentré dans quelques mains détenant le capital financier
  • inventer et définir des KPIs « non financiers », qui élargirait le raisonnement du profit, au delà de la simple notion financière de celui-ci. Ces KPIs apporteraient tout leur poids à la notion de « juste profit », dont la portée dépasse le seul ROI. Nous parlons de :
    • capital humain, avec un indice de développement humain, de bien-être, de richesses de base (nourriture, santé, éducation…)
    • capital nature, permettant d’accompagner et d’intégrer les enjeux et impasses environnementales qui s’imposent à nous
    • mais aussi de capital financier, mais « au service de » et non comme une fin en soi
  • redistribuer le juste profit, non pas comme un jeu de « gagnants-perdants », mais un équilibre, forme de respect mutuel et de partage équitable, dans toute « entreprise » économique
  • faire de ce modèle un modèle de « expanding leadership », non fini, en amélioration continue et surtout comme locomotive de toute action. Une nouvelle forme manageriale de progrès…

Que manque t-il, alors ?

Au moment où ces lignes sont écrites, nous avons basculé du côté de l’espoir, d’avoir vaincu la crise et de continuer la vie d’avant. Alors tout ceci n’aurait servi à rien. Je ne le crois pas, mais il va falloir être vigilant. Le naturel revient au galop, et le temps marqué nous a fait prendre conscience de nombre de choses essentielles, les plus simples et les plus évidentes. Evidentes, simples, essentielles, elles le sont toujours. Mais on ne les voit pas, on ne les entend pas et on ne veut surtout pas en entendre parler. La croissance n’attend pas, la finance non plus et la course effrénée pourrait reprendre. Ou alors une nouvelle conscience populaire, citoyenne, collective mais venant de chacun, peut surgir et changer la donne. Un effort personnel de chaque instant qui deviendra le réflexe nouveau, ancré en chacun de nous. Nous pouvons faire bouger les lignes, ensemble, mais chacun. Chacun, dans notre rôle, à notre place, dans notre fonction. Alors, n’oublions pas…

La drôle de transformation… 30/04/2019

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Aujourd’hui tout est transformation. Un vrai objectif plus qu’un moyen d’innover. Toujours plus, sous pression, pour ressembler, copier ou tout simplement continuer d’exister. Les mots et concepts sont à la mode et emploient nombre d’entreprises avides et de conseils pas toujours bien avisés. On génère du business, du changement et de fausses promesses du grand soir. Quelles sont réellement les aspirations sous-jacentes d’une telle agitation ? Mode, nécessité ou miroir aux alouettes ?

La Transformation du tout

Alors on ne parle que de ça, comme un totem moderne, la nouvelle patte de lapin ou le grigri qui sauve. Pour aller mieux, on transforme. Qui, quoi, pourquoi, ça c’est une autre histoire. On réinvente le bouc émissaire, cher à René Girard, pour tout changer tout doit changer. Trouver des causes, trouver des coupables : changements d’équipes, d’organisations, d’outils, on investit dans de nouveaux gadgets. La mise à mort créé la société. Bref, un bon changement (presque) mieux qu’une bonne guerre. Vous connaissez bien entendu le célèbre cartoon concernant le changement…

qui-veut-que-ca-change

En effet, il est tellement plus facile de transformer, en imputant le non fonctionnement à « avant » ou à « d’autres », sans vraiment toutefois comprendre ce qu’il faut changer, pourquoi, etc. Gommer son histoire, gommer son passé, croire à un nouveau départ, c’est louable, encore faut-il comprendre pourquoi on en est là. Tirer des conclusions, analyser et parier sur l’avenir. Mais comme dit l’adage, « on sait ce qu’on a, on ne sait pas ce qu’on aura… ». Et il y a désormais une bande d’usurpateurs du changement, qui vous mettent en tête que changer c’est être bien vivant, en copiant le lean management, les startups, la flexible attitude, etc. Se multiplient donc les cabinet spécialisés en transformation, et on ajoute « digitale » parce que ça fait mieux. Le digital n’étant qu’un outil, qui s’il est mal utilisé, ne produit rien voire, l’inverse des résultats escomptés, en coûtant beaucoup d’argent…un peu comme se soigner avec un mauvais médicament.

Pour savoir où on va, il faut savoir d’où on vient…

Je crois que cette euphorie aurait probablement plusieurs causes :

  • une certaine envie de nouveauté, comme un pansement sur une jambe de bois, où on invente de nouveaux besoins…changement pour changement. Comme on sacrifie une équipe, une idée, on jette ce qui ne fonctionne pas sans vraiment comprendre ce qui ne fonctionne pas. Un nouveau moyen soignera sans doute la cause.
  • une paresse à poser les bonnes questions, où réparer coûte plus cher que changer. Le syndrome de la consommation effrénée, le renouvellement permanent. Courir après demain, sans comprendre aujourd’hui.
  • une sampiternelle course aux nouveaux besoins, sans réel besoin. Vouloir sans savoir.
  • le digital ouvre tellement de perspectives, qu’on va en faire des storytellings à toutes les sauces, même là où on n’en a pas besoin.
  • le syndrome totalitaire : qui n’a pas eu entre ses mains un objet dont nous utilisons seulement 20% des capacités ? Mais savoir qu’on peut tout, rassure et donne un sentiment de puissance. On a bâtit ainsi des logiciels, processus, organisations…sous utilisées, qui sont ensuite jetés ou déconstruits sans usage réel. On provoque l’obsolescence sans en cerner l’usage ni les capacités. Ainsi va le gâchis.
  • le zapping du plus vite, sans doute même sans aimer la vitesse, mais pour rester le premier (en quoi ?), rester devant, avoir ce sentiment d’élite en accélérant sans être jamais dépassé. La même ineptie que la vitesse au volant pour grise notre ego.

Il s’agirait de grandir

Les analyses bien menées sont parfois longues mais terriblement emplies de sagesse et d’enseignement. Si nous n’avons plus la patience de chercher à comprendre, parce que c’est trop compliqué, c’est plutôt navrant. L’effort consenti en vaut largement la chandelle (laquelle éclairera toujours mieux que de foncer dans l’inconnu sous prétexte de transformation). L’inertie au changement est grande certes et la transformation n’est pas pour tout le monde et tout le temps. Un temps pour tout. Or aujourd’hui, transformer c’est le placebo miracle pour tout car il crée l’illusion du tout nouveau en effaçant les réalités qui dérangent. En effaçant sans résoudre dans le fond, les problèmes. Des outils qui changeraient les mentalités ? Les comportements ? Les objectifs ? Une forme de poudre de perlimpinpin, opium du peuple, mais véritable écran aux réalités qui dérangent. Les nouveaux jouets des classes dirigeantes, permettant de promettre sous des noms pompeux du marketing moderne, le changement le vrai, aux actionnaires impatients.

A la fin de la pièce de théâtre, les masques tombent et les résultats aussi. A t-on pris le pouls des organisations pour vérifier le mieux ? Rarement. Le changement c’est maintenant et tout le temps, pour permettre de battre le temps qui passe. Une forme de fuite en avant où « l’herbe est toujours plus verte ». Désirer ce que l’on a pas pour mieux ne pas en profiter lorsqu’on l’a. Le consumérisme à tout va, pour posséder sans comprendre.

digitaltransformation

Alors les transformations à tout va, c’est bien simple : plus il y en a, plus ça occupe et plus ça sème le trouble et la confusion. Une autre manière de fuir la réalité qu’on veut plus voir, de ne pas régler les vrais problèmes. L’industrie du spectacle digital a encore des beaux jours devant elle, les Vivatech mondiaux peuvent continuer d’endormir les gens (vous imaginez retenir quelque chose lorsqu’il y a 2.000 startups en présence vous ?). A force de transformer, on revient au même point de départ, moins riche et encore plus embrouillé. La transformation digitale serait donc le nouvel opium de l’économie, faisant rêver les cohortes de startups rêvant de licorne et les grandes entreprises s’achetant une conscience de pseudo innovation.

Si le trip est bon, la descente risque d’être douloureuse…

L’Intelligence Artificielle n’existe pas… 10/03/2019

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Tout est affaire de sémantique. Derrière ce titre provocateur, la réalité se cherche une voie, entre effet de mode, disruption, risques et opportunités. Devant l’avalanche de papiers, tantôt apocalyptiques, tantôt futuristes, au rythme d’une technologie effrénée, les applications de l’#IA sont elles, bien réelles. Mais s’agit-il bien d’intelligence ? Telle qu’elle est aujourd’hui définie, sans doute non, et j’ai bien peur qu’il faille rapidement y trouver une autre définition. Les machines, certes puissantes et multipliant les défis, sont aujourd’hui encore pilotées et conçues par des ingénieurs eux bien réels et la machine est encore bien loin d’intégrer les émotions. Pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur parce qu’il reste encore à l’humanité cette fraternité, cette liberté de jugement et ce libre-arbitre, le pire parce que ces émotions peuvent être parfois catastrophiques dans la prise de décision. Nous assistons sans doute à une configuration idéale où la machine prépare sans peine des calculs et des résultats pour l’homme, et accélère ainsi la connaissance immédiate pour des décisions optimisées. Dieu, le grand architecte, l’homme a donc le meilleur immédiat sans faute, pour décider de son quotidien. Le « deep learning » ou « machine learning » font ingurgiter des quantités de données et de connaissances incapables sinon d’être digérées par le cerveau humain. Mais cela ne saurait être de l’intelligence, n’est-ce pas ? Parfois, on parle de « robotique cognitive » ou encore de « techno-science décisionnelle » Au mieux, des performances en acquisition de connaissances inégalées, et désormais inatteignables pour l’homme. Donc acte.

 

AI_frame

 

Le Grand Remplacement

Sans vouloir citer Houellebecq, et sa démonstration de plan social déguisé chez nos agriculteurs, l’#IA va créer une révolution à son image : froide, rapide, automatique, à l’instar des révolutions de l’écriture, industrielle et informatique. On s’en est toujours remis, sur le long terme on peut le penser. Mais le long terme sacrifie des générations sur un terme plus court, et la question c’est bien « comment tirer le meilleur parti de cette nouvelle révolution, mais pour tous ? ». Sans doute en étant conscient, sans déni que ce futur est déjà là et qu’il faut le dompter. Secteur par secteur, métier par métier pour optimiser ce qui peut (doit ?) l’être, sans mépris de la valeur travail et des organisations existantes. La technologie est très souvent un réel progrès intrinsèque, mais le culte du profit la transforme, la détourne de son objet originel : améliorer la vie de chacun. Il ne faudrait donc pas voir peur du grand remplacement (il est inéluctable), mais plutôt de transformer en mieux pour tous. A court terme, c’est une utopie, sauf si on l’anticipe. Et l’anticipation, c’est le rôle des leaders pour l’existant et de l’éducation pour le futur.
Pour les leaders, le risque est grand : tout changement est anxiogène et bourré d’incertitudes, aussi on préfère souvent le rôle de (fast ?) follower à celui d’innovateur. Si la technologie regorge de POC en tous genres, les ROI et les espérances de gain avec l’#AI sont encore incertaines. Tout simplement car toute version d’#AI, même auto-apprenante a du mal à être amortie. Doit-on investir dans quelque version qui va être très rapidement dépassée ? Mais surtout, l’#AI pousse plus que de nature au changement, massif et brutal parfois et accélère la nécessité des décisions. Et la casse est souvent encore pour l’emploi, car les emplois crées ressemblent peu aux emplois détruits et les potentialités de formation et de transformation encore une fois à court terme, sont faibles. Même sans intelligence, l’#AI est bien le meilleur et le pire.  Etant prévenu et rien n’étant inéluctable, il faut s’organiser. Comment préparer l’avenir : formation et éducation des plus jeunes semble donc être la solution idéale pour absorber ce mal nécessaire…

MachineIntelligence


L’éducation est-elle préparée à ce choc sans précédent ?

La tâche est gigantesque, passionnante mais avec un secteur peu flexible, qui malheureusement se trompe de client (*). Après la course aux diplômés comme une fin en soi, abaissant partout le niveau moyen de l’éducation, les mutations indispensables ne sont toujours pas en marche :

  • trop de filières en impasse, parce qu’elles existent depuis toujours, même si la demande en emplois s’est considérablement réduite
  • des programmes qui ne correspondent pas aux réalités du marché du travail : (*) le client n’est pas l’élève, mais l’emploi, la demande réelle du marché. A quoi servent des diplômes ne conduisant à aucun emploi ?
  • une flexibilité totalement décalée avec les cycles technologiques rapides : la durée de formation est trop longue et les diplômés obsolètes lorsqu’ils arrivent pour enfin travailler…
  • une éducation trop centrée sur le savoir, pas assez sur le faire et l’autonomie, encore moins sur les soft skills. Or le savoir, c’est justement ce que les machines peuvent ingurgiter sans peine, à des rythmes effrénés et sans équivalence pour le meilleur cerveau humain…
  • une éducation qui n’anticipe pas assez les métiers de demain : les filières sont bâties par des académies centralisatrices, sans concertation presque avec les cycles économiques et technologiques
  • un observatoire des métiers amenés à disparaître + des métiers/filières qui se développent, sous l’effet accéléré de la technologie = le meilleur moyen d’anticiper les reconversions et les filières d’éducation à créer ou renforcer et d’éviter ainsi la casse dans le travail réalisé par les « humains »
  • un effort naissant mais trop timide, comme expérimental.
  • et pourtant, des résultats édifiants sur la vie réelle, qui transforment des vies entières…La conscience doit l’emporter

Cela me rappelle furieusement ceux qui disaient que le retail avait une longue vie, malgré l’arrivée du e-commerce…Nous voyons aujourd’hui toutes les difficultés à maintenir un retail dynamique, différenciant et compétitif face aux plateformes monstres issues des USA ou de Chine. Une peine à se réinventer parce qu’un déni prononcé et trop long. Parce qu’un refus de voir l’évidence. Et de nombreux morts à la clef. Un temps perdu incroyable et une chute vertigineuse de compétitivité. Impossible de lutter ou presque, lorsque les machines font tout plus vite : profiling, predictive, supply chain, CRM et delivery. Toujours pas très intelligent, mais cette « business intelligence » sert avec efficacité les ambitions les plus débridées.

Enfin, dans le domaine de la recherche qui après tout alimente les entreprises mais aussi les programmes éducatifs, là aussi en dehors des sciences dites « dures » ou fondamentales et même si nous excellons en mathématiques et en sciences de l’ingénieur, les budgets consacrés à ces nouveaux enjeux sont largement insuffisants. Des signaux hors de France sont tout de même perceptiblesHier encore les USA, leaders sur le sujet, ne souhaitent pas se laisser distancer. Comme si on n’y croyait pas vraiment, une autre façon de payer (peu) pour voir…En attendant de devenir un pâle follower et de perdre nos cerveaux pour l’étranger.

Robots plus humains ou humains robotisés ?

C’est hélas le choix cornélien qui s’offre à nous : si l’on n’est pas du côté de ceux qui les conçoivent, il y a des chances que notre métier disparaisse, voire devienne obsolète. Pour le meilleur et pour le pire. Travailler sans fatigue et sans risque, sans erreur devient alors un vrai plaisir, pour finir sans…travail. Mais alors où se trouvera notre valeur ajoutée ? Créer des robots plus humains…qui supplanteront même l’homme augmenté, sans humanité, émotion et discernement.
Et lorsqu’ils existeront, auront-ils encore besoin de nous pour se corriger et inventer les générations futures d’algorithmes ? Il y a fort à parier que non. Je pense que nombre d’entre nous sous estiment la progression exponentielle des capacités mais surtout l’impact colossal sur la société : santé, transports, métiers, éducation, sport, gestion de l’énergie…et enfin guerre, terrorisme et piratage…Notre bonne étoile nous promet encore des lendemains qui chantent en arguant que les métiers de demain n’existent pas encore…Mais quels métiers ? Un esclavage larvé, organisé par des machines d’une part, et des pouvoirs ultra-concentrés d’autre part. Quel avenir délicat…Nous voilà au seuil de servir les machines, quel management nous réservent elles ? Bienveillance ou élimination des plus faibles ? Qui demain, programmera qui ?

Un lâcher prise soulageant à court terme, inquiétant à moyen, expérience de mort imminente à long terme…

Oui, l’#IA n’existe pas (encore). Mais elle arrive à grands pas et les effets des machines sont déjà dévastateurs, entre menaces et opportunités. La question de notre destin serait donc en quelque sorte en profitant du meilleur, tout en restant acteur. Mais lorsque les machines seront à leur stade ultime de perfectionnement, elles se réguleront elles-mêmes, créeront leurs propres règles et leur propre monde, sans l’humain être faillible et mortel. Qui peut dire alors ce que sera une humanité sans « humain » ?

Cette conclusion fictive ne l’est peut-être pas tant que cela…

 

Le Client, collectionneur d’envies ? 25/11/2018

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Le client est toujours Roi. Empereur, même. Capricieux, inflexible, exigeant, toujours plus informé et expert, il demande des expertises et une précision en continu, un apprentissage de tous les instants. L’ubiquité et la permanence des envies et des sollicitations n’a aujourd’hui plus de limites. Caprices, envies et désirs délinéarisés, sans répit ni coupure, exigent aux marques un sans faute. Le traditionnel processus du stimuli, de l’information, de la comparaison, du passage à l’acte d’achat et de la consommation est continu. Il s’autoalimente d’ailleurs par le « toujours plus », faussement argumenté par le « mieux’ et sans fin par le « jamais assez ». Autrement dit, il n’y aurait donc plus de but en soi, plus de finalité consumériste, mais une succession de « voyages » et d’expériences à collecter. L’accomplissement du désir serait infini et remplacé par le bien-être de la collection, la forme remplaçant l’usage et faisant oublier l’objet, le service et la consommation.

Le train de la vie consumériste

Il y va de la consommation, comme de la vie et de la maturité. De spectateur, alimenté par ses parents, mais de plus en plus stimulé et surtout de plus en plus tôt, on prépare par des méthodes précises et efficaces, notre cerveau et nos émotions. Les envies ne sont plus naturelles, mais bien inconsciemment fabriquées par des mécanismes ingénieux et bien rodés. La magie du marketing, des stimuli, de la convoitise entre en jeu, forçant une croissance du besoin au travers d’illusions, elles bien réelles. Forcer la demande par une croissance irraisonnée conduisant à une consommation galopante, aveugle et insensée. Au milieu, le client acteur drogué, figurant d’une pièce où il est une unité économique anonyme, exploité par un metteur en scène machiavélique : la marque.

ClientCollectionneur

Du cycle de vie au cycle d’envies…

On connaissait déjà le « cycle de vie« , traquant et traçant le niveau de maturation de l’intérêt d’un consommateur pour une marque. De profilé, suspect, prospect, etc à ancien client ou client fidèle ambassadeur… Une sorte de jeu de piste, entre expériences, rencontres et phases de séduction. Ce cycle descriptif reproduit le parcours (ou les parcours) et peut-être valorisé en termes économiques pour les marques, permettant ainsi de mesurer les investissements nécessaires et légitimes, et donc le ROI de chaque phase…Mais au delà de la valorisation économique, les phases de ce cycle illustrent également l’intensité de l’envie du client pour la marque. Le profiling moderne et le « data crunching » permettent même d’identifier des clients potentiels avant même qu’ils ne se doutent qu’ils sont faits pour consommer la marque…d’après des historiques affinitaires et des algorithmes construisant un « match » avec un seuil de succès. L’envie est détectée et bien souvent transformée en acte d’achat. Mais n’est-ce pas ainsi le rôle du Marketing depuis sa naissance, de susciter un besoin que l’on n’a pas ? Le client collectionneur lui-même n’est-il pas fasciné par l’excitation de sa collection et donc, d’exciter ses envies, par dessus tout ?

ClientCollectionneur_envies

Chaque phase nécessite une attention et des moyens particuliers, pour optimiser le succès de passer à l’étape suivante. Chaque phase contient également tout de la phase précédente et fait grandir l’envie de manière très astucieuse, en stimulant par des messages et méthodes adaptés le client. D’abord conceptuelle, la marque vise une réaction (inclination, puis action), qui va stimuler et teaser le client jusqu’à satisfaire…ou décevoir. Plusieurs limites sont constatées régulièrement sur le sujet :

  • pas d’adaptation message/outils/canal à la phase d’envie ; la marque va parfois trop vite, ou agit en décalé, ce qui a la désagréable impression d’être soit en retard, soit trop pressé
  • la phase précédente est-elle « digérée », a t-on bien vérifié l’assimilation des émotions et des stimuli, et leur compréhension ?
  • l’urgence des périodes promotionnelles peut intégrer plusieurs émotions d’un coup, pour brûler les étapes et créer le rush (c’est le rôles des soldes par exemple !) et de fait, « bousculer » la hiérarchie des besoins et du processus rationnel
  • chaque individu est évidemment différent dans son approche de consommation et les retours constatés sur les phases d’envies, sont aussi variés : bien les apprécier et en tirer les conclusions pour la phase suivante permet d’affiner les ressources en jeu
  • ne pas oublier que l’ère n’est plus « que » transactionnelle, mais « expérientielle », il faut donc être patient et ne pas s’attendre à chaque phase, à une action ; des phases de culture de l’envie…mènent à un bon élevage…qui déclenchent de belles réactions, et apprécier ainsi les résultats. Mais le chemin est plus important que le résultat, dans une approche de réplication, voir d’industrialisation du processus.


Préparer l’après collection…

…est en effet une étape délicate : lorsque la « collection » est terminée, on constate le « blues » du client collectionneur et une chute drastique de l’envie. Tout collectionneur est excité jusqu’à collecter sa dernière pièce et une fois sa collection terminée, un grand vide s’empare de lui, un manque de repère, de sens. Excitation, joie, frisson…et vide. La marque doit donc stimuler en continu le collectionneur pour ses prochaines pièces. Au risque sinon de participer à sa descente, pire à sa désintoxication, oubliant ainsi son attachement à la marque. Les relais d’envies doivent donc être imaginés en continu. Les soldes permanentes ne sont-elles pas un moyen facile de créer de l’addiction à des besoins que l’on n’a pas ? Mais elles sont hélas, toujours basées sur le prix, consistant à dégrader la marge et la valeur économique de la marque. Oui, il y a pourtant d’autres solutions pour maintenir le feu et l’envie, si l’on veut bien s’en donner la peine. Une forme d’innovation commerciale plus rare, mais tellement plus excitante. Mais surtout surprenante, dans le sens donc moins copiable en jouant sur les émotions et le registre des sens…
Enfin, que dire de notre rôle majeur pour la planète, où de plus en plus de consommateurs prônent la décroissance ou croissance raisonnée ? Les marques sauront-elles s’accoutumer de ce rythme moins juteux, mais tellement plus épanouissant ?

Less is better (no « more », anymore…) ?

Automotive 2.0 ou comment le Digital va révolutionner les transports… 26/02/2018

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Humanité et Déplacements

De tous temps, l’homme a cherché le déplacement comme une manière d’être vivant, de découvrir le monde et de conquérir des territoires. Au fur et à mesure de son imagination et de ses découvertes, il invente les méthodes et processus, maximisant son plaisir et minimisant sa fatigue. Au gré des espoirs et des inventions rendues possibles par la science, d’abord rudimentaires et plus élaborées, il accapare, comprend, met en œuvre en repoussant les limites. En s’affranchissant d’ailleurs souvent, de la sécurité essentielle au bien commun.

RouesCarrees

Et de tous temps, il va sans dire que l’homme dompte la matière, la machine et la mécanique. Profitant des propriétés étendues des matériaux et de la combinaison d’une recherche ambitieuse et d’une motivation pour le « comprendre », il fait sien de la moindre innovation pour encore mieux maîtriser la machine.

L’Humain, maître du monde…

Maîtrisant d’abord l’animal, puis la matière et enfin la machine, l’être humain repose sur ses compétences, son savoir-faire et son jugement propre pour diriger les différents moyens de se déplacer dont il dispose. Il teste, provoque des accidents, en tire des leçons et gère avec sa propre appréciation, les bonnes conduites, sur les infrastructures dont il dispose au fil du temps (lesquelles s’adaptent également aux véhicules rencontrés et à leur évolution rapide…).

Au fur et à mesure donc de son éducation, sa formation et des sciences par ailleurs, il dompte la machine encore et encore. Il décide de tout, a priori collecte les informations pour prendre ses décisions et navigue en utilisant les capacités de son véhicule, capacités sommes toutes encore très sommaires, pour l’expérience de son trajet. Pensez donc à tous les moyens de déplacement des différentes époques : chars, animaux, embarcations diverses, puis plus récemment, débuts de l’aviation, de l’automobile, des cycles, des trains, des navires modernes, voire, des engins spatiaux. Tout est piloté, in fine par des jugements humains, facilités par la technologie galopante. Même en condition de pilotage automatique (trains, avions, navires, robots industriels), la machine exécute des algorithmes développés par les hommes, corrigés sans cesse, à la recherche de la maximisation de l’expérience trajet.

La révolution digitale et l’hybridation de la relation

L’explosion de la vague digitale a bouleversé les habitudes et les modes de vie, sans constituer une fin en soi. Elle va transformer notre comportement dans nos vies quotidiennes, par des outils, puissances et données, et va s’immiscer dans le moindre moment de vie. Recherche, information, prise de décision, alibi comportemental, bref, la rapidité de digestion des données va permettre de se reposer sur des outils décisionnels qui ne nous quitteront plus. Consommation, décisions d’achat, navigation, services « always on », cette ubiquité modifie en tant que tel, notre capacité à apprendre, retenir et décider. A quoi sert de se former, de stocker et de se mettre en situation de décision, puisque désormais, la machine informatique et digitale le fait mieux que nous, plus rapidement, sans fatigue et sans panne. Même s’il nous reste l’émotion et l’intuition, celles-ci seront-elles encore souhaitables, dans des situations qui n’acceptent pas l’échec et la faille ?

Nous apprendrons bientôt à l’être humain, à devenir l’égal des machines, par une hybridation vers « l’homme augmenté », par l’intégration de la soit disant « intelligence artificielle », laquelle étant certes extrêmement puissante, mais surtout pas intelligente. Cette soit disant « intelligence » étant encore apportée par le génie des hommes ayant conçu ces machines en les codant à leur image, ne fait qu’exécuter des ordres initialement humains.

Mais l’homme, dans l’écosystème digital deviendrait une variable plus que gênante parce que faillible, soumis à ses émotions, on peut même avance « à obsolescence programmée ». Et dans le domaine des transports et de la programmation linéaire nécessaire au trafic gigantesque que sont les millions de trajets quotidiens, les limites de l’humain se feront vite sentir : fatigue, arbitrages individuels, incapacité de supervision globale, intuitions et émotions vont même devenir dangereux pour la sécurité globale. Comme dans tout changement d’ère majeur, la transition va être la phase la plus compliquée…Mixer de l’irrationnel avec des machines logiques et rationnelles risque de provoquer des collisions sans précédent. Rappelons nous que les seuls accidents constatés dans le domaine des véhicules autonomes l’ont été par des erreurs humaines…Oui mais voilà, comment gérer cette transition ? Les seules automatisations connues et acceptées aujourd’hui (pilotes automatiques dans les avions et navires), le sont parce qu’elles sont assistées de pilotes réels. Le prochain basculement dans l’ère « toute automatique » est par conséquent, profondément anxiogène. Une phase d’accompagnement est plus que nécessaire et va permettre aux constructeurs, de conserver une relation permanente, utile, connectée et opportuniste, qui jusque là était par trop délaissée.

 

La relation client dans l’automobile

Jusqu’à présent, elle est réduite au simple…produit. On choisit un modèle et/ou une marque, par sympathie, prouesse technologique, pression publicitaire ou par ancienneté. C’est rarement la relation à la marque qui fait le choix, mais plutôt la confiance dans le modèle et dans le produit brut. Après l’achat, peu ou pas de relation, si ce n’est du SAV ( !), que l’on fuit évidemment. Lorsque l’achat ou l’adhésion est réalisée, peu de contacts, le client est « dans » le produit tous les jours, lequel appartient de fait à une marque, avec une empreinte et des valeurs plus ou moins présentes. Les utilisateurs de transport publics n’étaient-ils pas jusque peu des « usagers », usant, consommant un service, avec peu d’attachement à la marque (quand il existe car en situation de monopole, on n’a pas vraiment le choix…). Et encore, lorsqu’on consomme ce service, en effet là, la fidélisation et la nécessité de récurrence d’usage sont capitales. C’est d’ailleurs là-dessus que les constructeurs doivent désormais se battre , pour conserver leurs clients chez eux, devant la concurrence éhontée qu’ils se livrent.

L’accent est donc maintenant mis sur le « conducteur », le pilote, qui va vivre des expériences au cours de ses trajets. L’époque est donc au « driver experience management (c) », un écosystème interactif, rassurant, facilitant le déplacement et l’apprentissage entre un véhicule guidé et autonome et des humains embarqués, qui doivent donner les clefs à une machine toujours plus intelligente. Chaque expérience, unique, intelligente, épanouissante va permettre d’offrir des services à bord utiles et inspirants. L’heure du steward virtuel a sonnée, le « personal onboard assistant » est né. Une manière exponentielle de redonner de la relation entre le consommateur et la marque d’automobile, en temps réel, avec des services intelligents, connectés et dématérialisés.

Quel « personal assistant » et quels services ?

L’étendue de ce nouveau marché, dans le segment de l’automotive est colossal, par les effets directs et indirects, comme le signale le cabinet Oliver Wyman ici (EN). Ces chiffres donnent un peu le tournis, mais expriment la manne gigantesque que tous les participants vont devoir organiser pour saisir toute la valeur d’usage, liée aux nouveaux comportements et attitudes rencontrés.

Autonomy_Wyman

On peut d’ores et déjà lister des services pertinents qui amélioreront grandement la navigation, la sécurité et la confiance dans les véhicules autonomes. Services qui vont bien entendu aller au delà du simple usage mais qui vont agrémenter et rendre un trajet plus efficace, car connecté à de nombreux partenaires, par exemple :

  • aide à la conduite et navigation
  • guidage à distance, jusque pilotage à distance
  • agent virtuel ou réel en ligne sur écran et/ou communication audio et électronique (chats, twits, mails, SMS…)
  • mise à disposition en temps réel de datas de situation : météo, trafic, routes, itinéraires, obstacles, risques, infrastructures, aide au trajet…
  • personal assistant / concierge connecté, permettant d’accéder à des services de :
    • loisirs (restaurants, clubs, bars, hôtels, vols, trajets trains, concerts,…)
    • shopping : shopping personnalisé, ventes privées, cadeaux…
    • babysitting, household/ménage, courses, réparations/urgences…
    • dating, rencontres
    • parking, garage, véhicule partagé, covoiturage, trajets partagés…
  • media et broadcast : services de télévision, VOD, news, ebooks/epresse, musique, jeux videos, audio books…
  • connexions facilitées avec :
    • assurances
    • garages, SAV marque
    • expert automotive
    • sécurité civile (police, gendarmerie, pompiers, secours, médecins, SAMU…)

La liste n’est forcément pas exhaustive car elle dépend de niveaux de services inclus dans l’automobile/le véhicule, et peut se décliner en services basiques, étendus, premium…Bref des options à coûts additionnels, avec un accès free (modèle freemium). Constructeurs, plateformes de services, plateformes de contacts, infrastructures de réseaux/IT…Saurez-vous capter ce moment unique, point d’inflexion d’un nouveau marché captivant, prometteur d’une innovation sans précédent ?
En tous cas, tous les ingrédients sont réunis pour redonner à l’automotive, un nouveau souffle et une trajectoire d’accélération unique

 

 

La Décivilisation est amorcée… 16/01/2017

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Nous voici devant une impasse, un monde infini avec des ressources qui elles, se tarissent. Il est temps d’évoquer la « décroissance », ou la « disruption positive », tant les technologies nous autorisent des futurs possible, à l’aune d’un « autre » monde.

On peut toujours en effet nier l’évidence, mais elle s’impose à nous. Economie, croissance, ressources, population, espérance de vie…tant de facteurs qui vivent leur croissance de manière indépendante, mais qui pourtant sont fortement corrélés.

La décroissance n’est pas synonyme d’appauvrissement, mais plutôt de « mieux » avec « moins ». La revanche de « l’être » sur « l’avoir ». Une autre époque (formidable ?), qui nécessite une remise en cause globale et solidaire. Autant dire, un beau chantier d’injonctions paradoxales, qui s’impose à tous. On pourrait donc y voir un principe de « dé-civilisation », au sens d’une grande étape à franchir, pour aborder l’avenir autrement. Collectivement, de manière responsable et sans panique…

decivilisation

On peut recenser a minima, « huit idées-force de dé-civilisation » :

  • Le démontage social, économique et écologique a déjà commencé. Les signes autour de nous indiquent que toute notre manière de vivre est en train de devenir « histoire ». Nous allons devoir faire face à cette réalité avec lucidité et apprendre à vivre autrement. Une forme d’adaptation « Darwinienne », contrainte par l’écosystème des forces mondiales.
  • Nous rejetons la fatalité qui soutient que les crises convergentes actuelles peuvent être réduites à un ensemble de « problèmes » nécessitant des « solutions » technologiques ou politiques. Ces solutions sont désormais du domaine citoyen, dans le sens d’une meilleure conscience et utilisation des ressources de notre terre. L’apprentissage du « test and learn », avec des cycles qui s’accélèrent et des issues incertaines, mais plus appropriées.
  • Dans l’éternelle chasse au bouc-émissaire, nous voyons les racines des crises dans les histoires que nous nous sommes racontées à nous-mêmes. Nous avons l’intention de mettre au défi l’histoire qui soustend notre civilisation : le mythe du progrès, le mythe de l’anthropocentrisme et le mythe de la séparation de la « nature ». Ces mythes sont plus dangereux du fait que nous avons oublié qu’il s’agit de mythes et que la réalité nous rappelle à la sagesse. Sagesse du concret quotidien et des impasses probables.
  • La narration va bien au-delà du simple storytelling, divertissement bien connu. C’est par les histoires que nous tissons la réalité, mais cela doit être dans une optique de solutions rapides et efficientes.
  • Les humains ne sont pas l’objet ni le but, mais des créatures historiques, aléatoires et semble t-il, plus « intelligentes ». Notre art commencera par la tentative de sortir de la bulle humaine. Avec une prudente attention, nous allons nous réengager avec le monde non-humain. Et « l’intelligence artificielle » nous y aidera ou nous remplacera. Il est temps d’y penser car c’est encore l’être humain qui a la télécommande, avant le règne des robots.
  • Nous allons célébrer l’écriture et l’art qui s’inscrivent dans un sentiment de lieu et de temps. Notre littérature n’a trop qu’un sens culturel et historique alors que le langage, l’écriture, la lecture marquent et célèbrent notre intelligence. Au delà du divertissement, elle structure notre pensée, notre personnalité et fixent nos idées. Une civilisation qui n’écrirait plus ne se raconterait ainsi plus et n’aurait plus d’héritage tangible.

    atelier_ecriture

  • Nous ne nous perdrons pas dans l’élaboration de théories et idéologies. Il faudra trouver des solutions pour tous et pour réduire l’injustice, principal fléau de dé-civilisation. Avec la rage, le respect de la nature et de nouvelles ressources non plus « exploitées » mais cultivées et respectées. L’énergie de toute part permet le mouvement, même s’il n’est pas perpétuel.
  • La fin du monde tel que nous le connaissons n’est pas la fin du monde tout court, mais la fin « de ce monde ». Ensemble, nous trouverons les chemins qui mènent vers ce monde inconnu devant nous. On le sait bien, l’inconnu et le changement sont deux facteurs de stress et de peur. Mais la peur fait réagir…

Et demain ?

Ayant écrit cela, il faut se demander, si vous lecteur vous êtes prêts à sortir de vos privilèges et du confort artificiel qui c’est sur, ne durera pas. Avec quel rôle, quel avenir et quelle maîtrise de son destin. Nous avons l’intelligence (humaine et bientôt artificielle), et la matière (ressources), le produit de ces éléments n’est-il pas le monde organisé ? Quel monde, encore à définir souhaitons-nous ?
Ce qui est sur, c’est qu’une fin arrive et qu’une autre époque doit démarrer. Y aura t-il synchronisation et sinon à quel prix ?

 

Quand l’écriture aide les managers à développer leurs expériences en compétences… 18/02/2016

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Qu’est-ce qu’aujourd’hui l’écriture dans la tête des jeunes générations ? Au mieux des devoirs, contraintes, un outil, mais rarement un plaisir. Et pourtant, écrire est une tradition ancestrale et elle a valeur d’histoire, d’histoires aussi et parfois d’exutoire. Et comment celle-ci peut aider les managers, dans leurs expériences variées et tumultueuses de leur quotidien ?

La digitalisation des contenus a transformé nos usages de communication, comme les outils désormais quotidiens que nous utilisons : SMS, mails, chats, videoconférences…Nous avons transmis très vite nos savoirs et sentiments, à travers les canaux de la technologie galopante, usages qui surgissent bien vite dès l’école de nos jours.

Il serait inutile de freiner, de craindre voire de repousser l’innovation telle qu’elle se présente, inutile car elle est souvent synonyme de progrès, de productivité et de bien-être amélioré. Dans ce dernier point, on pourrait tout de même se demander si être désormais joignable à toute heure améliore le bien-être…Mais bon, la grande révolution numérique, même si elle laisse sur le carreau des métiers, des fonctions voire des industries entières, n’est que le fruit de l’homme, par l’homme, et nous l’espérons, pour l’homme.

La seule valeur qui semble résister et qui demeure constante et valorisable : le temps. Nous chassons plus de temps, « mieux » de temps, bref gagner du temps est une gageure, sans parfois profiter de celui qui passe et de ce qu’il contient. « Carpe diem » semble aux oubliettes donc, et dans le temps de l’entreprise qui en manque en permanence, il est difficile d’échapper à la standardisation : process, formation, entretiens, recrutements, profils…Le standard rassure, profite et est efficace (sur ce point, loin d’être le seul évidemment…).

Le manager standardisé : le soldat interchangeable

Si le temps a donc de la valeur, « l’horloger » ou manager lui, regarde et agit en bon soldat. L’affectif a rarement sa place, pas plus que l’individualisation des sentiments, pour arriver à ses fins. On formera donc ceux-ci sur des bases identiques, de masse, noyés entre objectifs de productivité, budgets collectifs de formation et niveau général de compétences.

Et l’individu dans tout ça ?

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La marche forcée inéluctable du résultat

L’organisation qui emploie le manager, a des objectifs clairs de résultats, dictés par ses actionnaires, et des grains de sable impertinents pourraient faire capoter l’ensemble. Le risque de dérive de la route du profit serait donc plus fort, que le chemin, les expériences et les étapes pour y parvenir. C’est ainsi que l’on standardise le niveau de compétence par des formations d’ensemble, rationnelles et généralistes, qui lissent et répartissent le risque. Mais passer du « good » au « great » nécessite du travail individuel, du repérage personnel des histoires individuelles. Nous avons tous des lendemains douloureux de formation classique, où arrivés au bureau, non seulement le travail en notre absence s’est accumulé, mais surtout il y a un vide post-formation : qu’ai-je réellement appris, que va t-il me rester, que vais-je pouvoir « mettre en pratique » ?

L’angoisse de la page blanche…

L’écriture et le récit, des méthodes éprouvées de fixer ses idées, sentiments, questionnements

Il existe pourtant des méthodes individualisées de formation, en situation réelle et parce qu’in situ, beaucoup plus opérationnelles et efficaces, pour emmener les managers sur les chemins du succès. Retenir, raconter, écrire font partie des outils de programmes passionnants où le manager résume ses rencontres, ses difficultés, ses échecs, ses doutes et ses succès, à travers un journal de bord. Pendant les étapes de ce processus, le manager est épaulé par un accompagnateur et animateur, qui lui assure bienveillance, feedback et conseils pour l’aider dans son quotidien à surmonter ses peurs et les défis qu’il se fixe lui-même à travers son programme personnalisé. Autant vous dire que :

  • Le manager se sent effectivement bien concerné, parce qu’il est réellement le héros de son changement. Il est actif, orfèvre et ouvrier de son avenir de manager
  • L’expérience est réelle, et non pas dans une salle qui s’endort sous les enseignements théoriques : cela se passe tous les jours, tous les instants, sur son lieu de travail
  • L’apprentissage est extrêmement immédiat et opérationnel parce que bercé par le rythme quotidien des défis
  • Le bien-être global et les résultats sont édifiants, portés par le bon sens et un fil conducteur logique et bienveillant

La formation devient histoire, racontée par le manager qui souligne tous les instants et qui conserve son histoire et la mémoire des instants importants. Une plateforme électronique de type « blog personnel » sécurisé, recueille les outils d’écriture, de documentation, de commentaires du coach aide le manager dans son récit. Une belle méthode et une bonne manière de témoigner et d’être héros de sa propre progression.

L’écriture a un pouvoir colossal de concentration et d’apprentissage durable des faits racontés. Développer chez le manager le goût du récit, c’est lui assurer confiance, réussite et une bonne assimilation de ses expériences, qui se transformeront très vite en compétences.

Plus d’infos sur http://esprit-manager.com

Une autre façon de voir l’entreprise apprenante…une odyssée passionnante 29/11/2015

Posted by evidencesx in éducation, diversité, HR, management, Uncategorized.
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Les circuits, les process, les hiérarchies, tout est remis en cause ? Les diplômes, les formations, l’enseignement, un processus sans fin ? Le lâcher-prise collaboratif nous rendrait-il plus innovant ? Et si l’entreprise apprenait elle-même de ses expériences, un peu comme un tout commun, corps vivant formé d’humanités ?

La démocratie s’est emparée de l’entreprise. Par l’ensemble de processus collaboratifs de travail en mode projet, les équipes ont vu peu à peu les systèmes hiérarchiques se dissiper, au profit d’équipes multidisciplinaires, voire transgénérationnelles. Les managers en quelque sorte, initieraient des projets, imbriqués les uns aux autres, comme des briques organisées ou pas, pour bâtir le futur.

Le management tel que nous le connaissons, réside encore dans sa capacité à guider, décider, motiver et prendre les meilleures options tactiques. Il en va ainsi des managers vers les équipes, équipes au cœur du dispositif opérationnel. Mais celles-ci voient rarement des managers comme les « héros » de leurs propres succès. Et pour cause : pression du quotidien, encadrement des équipes, livrables, administratif…l’organisation classique d’une entreprise est chronophage et ne favorise pas, au contraire, la prise de temps et la réflexion sur soi, et sur le « comment je fais ».

Brand-Experience

Le quotidien est porteur d’expériences réelles, pleines d’apprentissages

Le cycle quotidien, s’il se répète, est ponctué d’étapes notables (dire bonjour, argumenter, présenter, résoudre, solliciter…). A comprendre, appréhender et mettre en pratique dans son cheminement de manager. Plutôt que d’être sorti de celui-ci pour des formations interminables, anonymes et groupées, souvent trop théoriques, l’école du travail doit être le théâtre d’apprentissage pour tous. Témoin, un manager, relatant sa piètre expérience : « les formations classiques démarrent en général par un tour de table, où chacun présente son contexte, son profil et ses attentes. Données ensuite enterrées tout le reste de la formation, qui retombe dans une banalisation et une généralisation de groupe. On repart donc frustré, de n’être jamais le bon exemple ou celui qui se reflète dans le contenu. Peu de chances donc de mémorisation, encore moins d’usage dans le réel ». Exit, et commence le « formation blues » où le vide de la post-formation envahit le manager à son retour dans le monde réel.

C’est pourtant dans le réel que les groupes humains construisent leur savoir-faire et savoir-être, dans les interactions qu’ils doivent affronter chaque jour.

EntApp

La collaboration vers le « mieux »

Les organisations désormais en mode projet, plus consensuelles, plus immersives et moins hiérarchiques forcent le manager à être plus légitime, à devenir plus « leader », que chef d’unité, comptable du temps qui passe. Le succès est collectif, comme la philosophie chinoise célébrant une réussite plutôt qu’un empereur. Le collectif est donc solidaire dans un même but, avançant au même rythme et essuyant échecs et succès, au gré des compétences, tentatives du groupe vivant, multi-formes. L’apprentissage se fait dans un mode collaboratif, au profit de tous, comme un corps vivant formé de la dynamique des individus et cimenté par un goût du challenge, du bien faire et d’un objectif clair. Ce mode collaboratif est d’autant mieux vécu, que le leader ou le manager qui anime l’équipe ou le projet, est porteur de sens et bien dans son époque. Il est à l’aise dans son rôle, conseille l ‘équipe, fait faire mais sait faire aussi. Il surmonte ses peurs et transmets ses compétences… « l’entreprise apprenante est d’abord une aventure individuelle, le gage d’une collaboration réussie, durable et profitable à tous… »….

 

…Parce que le manager sait tirer tout profit de ses expériences passées. Expériences dont il tire son énergie, ses réussites et qui éclairent le chemin du futur.

Il s’agit tout simplement de la définition de l’objet social d’une société permettant de développer un projet, une économie, des innovations et des équipes. Le tout autour de cette fameuse cellule qu’est l’entreprise, accueillante, bienveillante et formatrice. Mais comme l’économie collaborative opère des mutations importantes dans les processus éducatifs, l’entreprise doit apprendre aussi de ses collaborateurs, en les écoutant plus. En leur permettant d’accéder à des formations plus individualisées, qui le font réfléchir et choisir son chemin intrapreneurial, ses outils et son tempo. Esprit Manager définit ce parcours comme une « méthode itérative immergée, individualisée et apprenante  où le manager vit, subit et raconte ses étapes quotidiennes de manager ». En y attachant des défis et un scoring de progression, il est au centre de son parcours et maîtrise bien son apprentissage. Le développement des compétences y est ainsi décuplé au profit de l’entreprise et de son organisation, qui apprend elle-même, par l’agrégat des progressions des managers, mais aussi de l’effet collaboratif des managers formés.

Il y aurait donc un investissement capital à réaliser dans de nouveaux formats d’apprentissage, pour les managers et…l’entreprise. Une voie très innovante pour le développement des compétences des managers.

 

Plus d’infos sur http://esprit-manager.com