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Social World 15/10/2010

Posted by evidencesx in économie, digital, social network.
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Oui nous vivons dans un monde plus social (oui c’était mon introduction mais je ne suis plus sûr…?). Grâce au web ? Peut être, peut être pas, les réseaux sociaux ont sans doute aidé au développement social, mais pas seulement. Je compare souvent ceux-ci à un immense « cri », poussé par toutes les populations du monde : cri contre l’establishment, les déséquilibres, les injustices, cri pour se faire entendre, voir, exister. Cri pour s’amuser, partager, plaire, rencontrer…Bref, une vrai activité, pour tous ceux qui croient que passer du temps dessus ne sert à rien. Les social games par exemples sont utiles aussi au développement des enfants (règles de comportement, de socialisation, d’écoute), alors qu’on n’y voit souvent que le côté addictif…

Je me suis rendu hier soir à une conférence organisée par acteurs publics, dans le cadre du forum « worldegovforum« , débat comprenant plusieurs acteurs : Dominique Cardon, Serge Soudoplatoff et Benoît Raphael . Force est de constater que les avis convergent, pour dire qu’une révolution est en cours et à peine achevée/comprise par les entreprises, n’y voyant que des moyens déguisés de distraire la force de production de leurs rangs. Et n’y voyant pas l’opportunité dynamique et collaborative, sous-jascente, ne demandant qu’à s’exprimer (souvenez-vous, le cri…). On nous y rappelle que ce sont des outils formidables, pour qui sait les dompter et s’y faire des « amis ». Le système de relation change et passe de « une marque s’adresse à son public » à « le public parle d’une marque, et parfois sans elle! » ; c’est la dure loi de la désintermediation, du renouveau des contenus et des producteurs/éditeurs. Un courant sociologique (le cri encore), qui nous signale que les gens, contrairement à ce que l’on pourrait croire, souhaitent encore plus communiquer entre eux…Les générations plus jeunes ont évidemment adopté très rapidement ces espaces d’expression, à la fois privés et publics où ils échappent aux standards et à la supervision de parents trop encombrants…Attention toutefois à la trace digitale car sur le web comme en physique « rien ne se perd, tout se transforme ». Un recruteur, un ex/une ex., un voisin, etc tout peut être un jour prétexte à reproche, guerre voire procès (rappelons les cas de menaces/procès contre des profils Facebook un peu trop méchants avec leur entreprise…). Eh oui, si la donne de la communication a changé et permet tout le monde de parler à tout le monde, les règles de bienséance et de comportement, elles, n’ont pas changé…

Conférence bien placée, et suivie de la projection en avant-première du film sur Facebook, « the social network ». Un bon divertissement, assez surprenant d’ailleurs. Loin du paradis social qu’on nous décrit, les arcanes de la création de ce site hors du commun, nous y découvrons le monde de la concurrence entre grandes écoles Américaines, à coup de hacking et de code…pour évidemment séduire les filles. Car l’idée première de Facebook comme l’indique sa traduction littérale « trombinoscope » est bien de recenser dans un annuaire, les élèves et les faire se rapprocher, les faire devenir « amis »…de là nous connaissons la suite de ce que ce site est devenu, avec 500 millions de membres dans le monde et sa valorisation autour de 25 Milliards de $ (et c’est peu comptes tenus du potentiel de ciblage, là c’est un expert du CRM qui vous le dit…).

Au delà du divertissement qu’il procure (et du succès car il est déjà un succès au box office en France et aux US !), il est assez difficile de vérifier l’exactitude des informations qu’il contient et de la réalité de l’histoire…ni Marc Zuckerberg, ni Facebook n’a commenté, et apparemment les sources utilisées qui sont essentiellement autour d’un livre, qui donne lieu à polémique justement, car alimenté par Eduardo Saverin, membre fondateur de Facebook, « évincé » de l’affaire, donc censé avoir quelque griefs contre MZ…Qui sait ?

Un peu dommage car il se termine alors que Facebook en est à sa deuxième levée de fonds et est encore à seulement environ 1 Million de membres…Il manque je trouve un passage sur les enjeux et les différentes étapes, qu’ils ont du surmonter ensuite (et il y a eu !), pour arriver là où ils sont…et surtout l’étape essentielle : la structuration pour passer d’une startup à une multinationale. Strates de management, utilisation justement de l’innovation collective ensuite, l’esprit Facebook inside, les étapes de partenariat, etc.

Et puis n’oublions pas que Facebook n’est pas le seul…même s’il est le plus connu. QQ, le célèbre réseau social Chinois enregistre 1 milliard de comptes, dont 500 millions actifs…

Une autre critique du film ici, si cela vous intéresse…

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Entreprise et Pauvreté 02/10/2010

Posted by evidencesx in développement durable, innovation.
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Voilà bien deux choses qu’il faudrait réconcilier. Si l’une est bien souvent synonyme de richesse (mal ou non partagée), l’autre est une réalité de nos frontières (d’ailleurs parfois pas très loin dans notre pays…). Si de nombreuses initiatives ont désormais vu le jour, il y a malheureusement encore de l’habillage (on pourrait dire du « poorwashing » comme pour le green) et il ne s’agit pas simplement de faire un chèque pour dormir tranquille. Je me suis rendu à une conférence organisée par HEC Exed, ce mardi 28 septembre, pour découvrir quelques notions à bien avoir en tête avant de vouloir s’ériger en chevalier blanc moderne de la sagesse équitable. Deux intervenants bien choisis, Frédéric Dalsace, professeur à HEC et David Menascé consultant chez First&42nd. Mais voyons plutôt, de quoi parle t-on ?

Confrontées aux limites de l’action des pouvoirs spirituels et politiques, les entreprises doivent jouer un rôle croissant dans la lutte contre la pauvreté. Pourtant, l’idéal Schumpetérien de la création de richesses et la vision libérale initiale d’un partage équilibré de celles-ci ont fait progressivement place au désenchantement, puis à la crise. Pour beaucoup, l’entreprise est désormais une machine à provoquer l’exclusion et la pauvreté au profit de quelques-uns. Démissions ? Démissions des religions, qui certes multiplient les tentatives de regroupement de la solidarité, mais peinent à maintenir la fidélité dans le culte et dans la croyance. Démissions du pouvoir politique, tentatives d’état sauveur et alimentant (entretenant ?) finalement la pauvreté par des subventions masquent le manque de croissance et de richesse pour tous. Démission du pouvoir économique, l’entreprise ne jouant pas son rôle social d’antan, au profit…du profit, du capital vs le travail, imbriqués dans des révolutions industrielles et technologiques qui génèrent plus de chômage et d’exclusion à court terme, que d’opportunités…

Le pauvre, synonyme parfois de « faible » et en tous cas d’un revenu insuffisant (définition UE = la moitié du revenu median) ; il y en a environ 40 millions aux USA et…8 en France. De quoi se poser la question (rappelons-nous : vendre aux riches parce qu’ils sont riches et aux pauvres parce qu’ils sont nombreux). Loin des éternelles théories où deux idées s’opposent :

– acheter aux pauvres le fruit de leur travail les enrichit ; encore faut-il acheter « solidaire » à un prix leur permettant de vivre

– ou vendre aux pauvres selon leurs ressources, cad les fameuses stratégies de « Bottom of the Pyramid », en adaptant le produit à la demande et aux vrais besoins/ressources et aspirations des pauvres

qui démontrent la relation entre « entreprises » et « pauvres »…La seule alors que la réalité nécessaire est toute autre : il s’agit bien d’utiliser l’organe économique et social dans la construction, le développement et « l’insertion » des pauvres. Le rôle social dans la cité des entreprises de toute taille. Alors où en est-on? S’agit-il, pour se donner « bonne conscience » d’embaucher des gens des banlieues, mais de les laisser sans réelle opportunité de carrière, s’agit-il d’embaucher plus de femmes ou de personnes d’origine étrangère, car cela fait « bien » (et bien entendu de communiquer dessus), s’agit-il de consommer en local, régional, sorte de protectionnisme réducteur?

Oui l’entreprise a une responsabilité sociale très importante : l’insertion, le repérage, l’épanouissement et le fait de faire grandir les gens…semblent bien plus importants que les exploiter, en faire des machines à productivité dont on se séparera à la moindre secousse. Si les entreprises prennent l’habitude de se soucier de leurs employés et de les accompagner, ils seront les premiers ambassadeurs de leur métier, de leur marque et seront fiers. Des éléments bien plus efficaces que la terreur et la pression des objectifs et des actionnaires. Même si certains modèles plus « dictatoriaux » (Chine, Russie) montrent des résultats économiques impressionnants, le réel indice de « développement humain » (celui qui devrait remplacer le PIB par exemple…) n’existe pas encore : comment apprécier les résultats économiques et financiers sur les employés et leur développement ? Il revient à chaque entreprise de bâtir des plans de développement, permettant de mesurer, suivre et faire des plans d’action, conduisant à faire reculer l’exclusion, la pauvreté et la rupture. Un travail, durable, épanouissant, voilà ce qu’une société (je parle aussi bien du cadre législatif que de l’entité économique) devrait offrir à tout le monde. Le temps où l’on chantait « le travail c’est la santé » me semble extrêmement loin et déconnecté de notre réalité actuelle. Pourtant des idées un peu anciennes mais pas désuètes dans leur esprit, ont été détournées…restaurons des organes sociaux, des familistères de soutien et d’entraide…Voilà ce que les fruits de l’appareil de production devraient en premier permettre de financer.

Une conférence bien utile qui nous rappelle qu’après une histoire sociale mouvementée par le pouvoir religieux, politique et économique, la conscience collective et collaborative menée par le web social semble un tremplin extrêmement dynamique pour prôner et ouvrir de nombreux débats qu’ils serait bon d’écouter. Le coopératif (agriculture raisonnée et locale, les coop, les systèmes d’échanges locaux…) constitue de nouvelles (anciennes) pistes, qu’il convient de réactiver. Tous les acteurs locaux et économiques doivent y participer car il y a des mannes à re-découvrir dans l’innovation et la débrouillardise locales. Et pourquoi l’entreprise ne serait-elle pas organisatrice des ces processus de partage et de réduction de l’exclusion. Suivons l’actualité de ces sujets à travers la chaire entreprise et pauvreté, fondée par HEC, il y a presque maintenant 2 ans…

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