jump to navigation

Les modèles online du Web 29/12/2009

Posted by evidencesx in économie, business development, digital, e-business, numérique, stratégie, web.
Tags: , , , , ,
add a comment

Même si Chris Anderson pronait l’ére de la gratuité sur le web, certaines startup s’essoufflent, avec célébrité et audience certes, mais des caisses légèrement vides…Les tours de tables successifs opérés auprès des business angels et autres fonds ne font que reculer l’échéance des comptes, celle qui fait apparaître si oui ou non, le business d’une affaire est viable et durable, un business qui valorise des actifs par du chiffre d’affaires et du résultat, plus que par des espérances de gain ou un trafic certes important, mais volatile. On peut toujours se réjouir en regardant les statistiques sur Quantcast, ou en consultant les statistiques des réseaux sociaux ici ou sur le tableau ci-après, il n’en demeure pas moins que, comme dans une boutique, des visiteurs, ça ne fait pas de chiffre d’affaires…

Lorsqu’on envisage de se lancer sur le web, mieux vaut d’abord se demander ce que l’on va y chercher (plus que l’effet de mode qui se démode par définition), en réfléchissant si :

  • sa stratégie est cohérente avec son entrée sur le web
  • si le(s) marché(s) potentiel(s) visé(s) et ses cibles s’y trouve (cad y est régulier, y consomme et s’y informe

La plupart des sites qui drainent des profils (amis, rencontres, annonces…) cherchent avant tout des membres, captifs, à qui « ils » vont s’adresser (communiquer, vendre, céder leur contact à d’autres…), et valorisent donc le temps passé par vous, les informations que vous avez saisies (attention aux réglages « privacy » et respect partie privée/professionnelle). Ils teasent donc, vous attirent et pour cela proposent une « valeur » perçue (pas forcément réelle), pour vous y attirer. Ces gigantesques réservoirs numériques qui tracent et mémorisent toute votre vie (eh oui…), doivent par conséquent servir un jour…comment ? pourquoi ? ne serait-ce parce que ces compagnies ont investi quelque peu pour faire des infrastructures informatiques puissantes et des sites à l’ergonomie et aux services toujours plus forts. Quels sont les modèles derrière tout ça ?

  • la gratuité pour le consommateur (le « social-internaute ») :

    Modèle introduit depuis très longtemps, pas forcément par choix, tout simplement par le seul fait que lorsque bon nombre de sites se lancent, leur business model ne colle dejà pas à la réalité (marché, croissance, cibles), mais aussi parce que nombre d’entre eux sont souvent le fruit d’un génie (ou deux), de gourous, qui par passion, développent une idée (et non pas un business)…Google, ça vous rappelle quelque chose, deux génies qui insatisfaits des résultats de recherche sur le web, créé leur propre moteur…?

    Le revenu est ici généré par la publicité et/ou la vente des adresses collectées, faut-il encore que ces adresses soient de bonne qualité, captives et actualisées. Et l’audience est extrêmement volatile et/ou pas captive : ce n’est pas parce que Facebook a 350 millions de membres, qu’ils sont captifs et réceptifs à la publicité (rappel, la fermeture de leur projet Beacon, censé lier amis et achats, dans la communauté sur le web…)

    • l’abonnement à des services : premium, gold, avancé, private…

      A la lumière d’autres modèles (télé, presse – et encore la presse gratuite est arrivée après ! -, échantillonnage musique, livres « publics »…), le service de base est gratuit, mais on a accès à un ou des niveau(x) supplémentaire(s), en payant (one shot ou par abonnement). Deezer, last fm, newsletters privées, sites de presse online, video making-off/short cut, bonus…nombre de ressources à la marge pour générer du cash sonnant et trébuchant. Ce modèle nécessite sans arrêt la culture des exclusivités, la sécurisation (piratage), et une quête de la nouveauté permanente (et désormais « live » avec le realtime search). L’abonnement est intéressant pour les sociétés mais à un côté aliénant pour le consommateur abonné, qui justement finit par ne plus consommer…Youtube lorgne de ce côté en annonçant des fees d’entrée pour visionner les longs métrages…la convergence avance, entre la « télé payante » et le visionnage d’oeuvres payant sur le web : quelle différence à terme ?

      • la commercialisation techno. (API, modules propriétaires…) :

      Le web c’est grisant mais au départ ce n’est que de la techno. bien faîte certes, mais de la techno…et lorsque l’expérience consommateur est passionnante, on l’oublie la techno…Seesmic a démarré sur un concept de vlog, conversation video realtime (ou différé) et finalement s’est spécialisée (parce qu’elle n’a pas attiré suffisamment de membres, comme twitter) dans le développement d’API/de desk pour d’autres applications (notamment twitter). Un shift de B-to-C audienciel, vers du B-to-B techno. Tant que le web montre ses vraies valeurs d’innovation (orientée client), il a besoin de techno, pour aller plus loin. C’est un créneau plus direct et lucratif.

      • le sponsoring par la publicité :

      Autre idée émergente, glisser des pubs dans des contenus visionnés sur le web (livres, images, vidéo, musiques, clips…), souvenez-vous il y a quelques années les abonnements « spot » de Bouygues Telecom, qui vous forçait à entendre un spot de publicité avant d’avoir votre correspondant…Nombre de sites le proposent (il y avait déjà les layers, pop-ups à l’ouverture des sites…). Une jeune société du nom de Auditude (ie présente au forum Netxplorateur 2009), a présenté une solution, permettant de glisser des messages publicitaires, dans la lecture de video (ex. sur Youtube), une technologie pas trop intrusive, et soft…Sachant que les vidéos postées par des anonymes, en relation avec des grandes marques, sont beaucoup plus regardées que les originales postées par ces mêmes marques…question de confiance et/ou de défiance, par rapport à l’hégémonie de communication de ces marques !

      • l’écosystème environnant :

      Ne parlons que de Twitter : avant de gagner un seul dollar, la société a engendré pas moins de 50.000 applications environnantes utilisant les APIs de Twitter…une économie (embauches, contrats, business), colossale indirecte, du succès de la plateforme de microblogging (là où Pownce sur le même concept a du fermer ses portes…). Ces applications environnantes utilisent le succès de Twitter pour faire connaître leurs capacités techniques…en monétisant par la suite leurs services. Effets de bords : après la célébrité des dirigeants de Twitter, ils sont crédibilisés et montent désormais SquareUp, une autre startup qui cette fois-ci propose du micro-paiement sur mobile et qui d’une part va générer du cash (en commercialisant cette solution multiplateforme), d’autre part est bien dans un mouvement d’innovation, en rendant « bankable » comme on dit, les populations les plus défavorisées. Un progrès c’est sur. A travers cet exemple, l’illustration est limpide : un succès incertain au démarrage, peut crédibiliser une solution payante, une sorte de « cheval de Troie » vers le succès…Mais il faut savoir attendre et surtout bénéficier de cash.

      • la mise en relation :

      Sur le web, on trouve de tout (le meilleur comme le pire…!). Et certains sont prêts à payer cher une simple « mise en relation » ou un contact prisé. Des modèles de communautés qui se gèrent et permettent d’accéder à ces contacts, de leur parler…C’est la barrière de la secrétaire virtuelle, qui moyennant un fee, vous ouvre son carnet d’adresses. Les services premium de LinkedIn, Viadeo, mais aussi Meetic, fonctionnent sur ce modèle. Il vaut mieux d’ailleurs démarrer directement sur celui-ci, que de faire de la gratuité, puis d’annoncer un jour que cela devient payant…(risque de désaffection et de buzz négatif). Il est tout à fait logique, en ouvrant un « rayon » sur le web, d’y vendre des choses. La simultanéité et temps réel des choses nous aveugle et rend tout possible (et gratuit).

      • les annonces et ventes « payantes » :

      ebay, 2xmoinscher, priceminister…et leurs stratégie B-to-C et « marketplace », ont renoncé à faire payer des « pas de porte » numériques, mais se rémunèrent sur les transactions effectuées. Un % sur les ventes, avec en tâche de fond d’attirer les meilleurs profils (vendeurs, acheteurs, pro) et de proposer la meilleure exposition aux produits. Certains pros ont fait fortune en détournant des concepts de particulier à particulier, vers un vrai business lucratif, où l’ouverture d’un magasin ne coûte…plus rien. C’est la grande menace pour le commerce traditionnel (dit brick-and-mortar) : la mise en relation directe entre consommateurs et le marché de l’occasion…Un phénomène d’ampleur impressionnante (vu à Noël où 41% des gens déclarent revendre leur cadeau…), qui supprime tous les « coûts inutiles » du point de vue du consommateur. Pas étonnant si de grandes marques se créent des comptes sur ebay ou 2xmoinscher, pour capter les consommateurs férus de prix…

      • le participatif et la donation :

      Nombre de success stories ne se développeraient pas sans l’aide de précieux donateurs (modestes ou plus importants). Wikipedia, lui-même, véritable histoire de l’encyclopédie participative du web, a lancé récemment une campagne de donation en ligne, et des sites comme kiva.org, vivent de ce principe : une histoire à raconter, qui séduit des auditeurs, et c’est le coeur qui parle (et le porte-monnaie), pour accompagner cette histoire plus loin. Les modèles communautaires sur le web fonctionnent très bien, car l’entraide y est plus poussée et naturel qu’ailleurs. Si la « communauté » n’est pas vraiment nouvelle, la capacité à enthousiasmer et faire participer les gens est réelle. Et ça c’est nouveau, c’est efficace et c’est tant mieux. Des ressources qui s’ignorait, construisent des chefs d’oeuvre. A l’image de communautés de fans, de développeurs (à suivre les armées levées par Mozilla pour développer leurs produits, les tester et les améliorer…pour le fun et le plaisir de contrer le géant Microsoft). Les mêmes modèles permettent aux artistes de se produire ou de se publier (mymajorcompany, ventes de LPs à un prix déterminé par l’internaute, fairtrade-music…). Des moyens donnés par des fans éphémères ou plus fidèles…Un mode parfaitement adapté à l’esprit des communautés d’entraide et de construction collective. Mais un mode extrêmement aléatoire, sur lequel des investisseurs doivent parier. Les seuls actifs sont souvent les dirigeants, connus et respectés des milieux des blogs, startup events et comités d’incubateurs.

      Il y a probablement des modes dormants qui restent à définir, on voit surtout, qu’avec parfois pas grand chose, de grandes histoires se construisent, mais comme partout n’oublions pas l’essentiel : c’est le client, le consommateur qui choisit si l’histoire lui plait ou pas et si elle doit continuer. L’armée fait et défait les grands généraux…

      Bookmark and Share

      Publicités

      Présentation Google Books 11/12/2009

      Posted by evidencesx in économie, développement commercial, digital, distribution, e-business, numérique, stratégie.
      Tags: , , , , , , , ,
      add a comment

      J’ai été invité à une présentation du programme partenaires de Google Books, par Philippe Colombet, en charge de ce projet pour la France. Salle quasi comble, avec de nombreux éditeurs (souvent modestes d’ailleurs…), des personnes du Ministère de la Culture, et d’autres acteurs. Deux témoignages probant d’un partenariat démarré avec Google : Michelin (activité éditeur, guides, cartes) et Karthala, éditeur thématique indépendant.

      L’utilisation du programme de Google a clairement montré son efficacité pour ces acteurs, qui y voient un progrès notable et une plateforme pratique, pour migrer vers le numérique (en s’affranchissant au passage des standards des devices et des batailles en cours entre Amazon/Kindle, Sony, Cybook…). Ils ont d’ailleurs intégré dans leurs sites, l’API, permettant de feuilleter leurs ouvrages en ligne sur GB (une API dont on dit qu’elle améliore substantiellement l’impact sur les ventes…eh oui un livre ça se feuillette avant de l’acheter, surtout lorsqu’on flâne en ligne…).

      Quelques chiffres rapides sur le programmes partenaires :

      • 2 millions de comptes partenaires (!)
      • 70 noms de domaine
      • 40 pays représentés
      • 30.000 éditeurs représentés

      Ce levier de la stratégie de Google sur les livres est le plus avancé, le second sur le projet Bibliothèque fait couler beaucoup d’encre en France et agite les milieux culturels et politiques. La 3ème partie du programme de Google, Google Edition (plateforme d’accès payant), sortira au 2ème trimestre 2010, et a fait l’objet de quelques slides, pour résumer les attentes stratégiques. Force est de constater que le SNE et la plupart des éditeurs importants en France tournent le dos pour le moment à de telles innovation, se réfugiant derrière la sacro-sainte « exception culturelle Française » et les régimes protégés de la profession (TVA et loi Lang notamment). L’attitude de protection, si elle naturelle si tant est qu’on considère qu’il y a « attaque », est un peu démesurée, au regard, au contraire des opportunités que le numérique représente pour les maisons d’édition : baisse des coûts de production, audiences mondiales, révision et interactivité produits, conservation et techno web (hyperliens), nouveaux métiers des libraires « numériques »…et j’en passe. C’est un peu comme les nostalgiques du 33T ou de la K7 audio, pourquoi alors refuser l’évolution numérique en soit, qui pour les produits « livres » est plutôt une bonne chose ? les éditeurs refusent-ils aujourd’hui d’être mis en scène dans les vitrines de la Fnac ou d’Amazon, pourquoi refuseraient-ils les vitrines du N°1 de l’audience potentielle, comme plateforme de service ?

      Si l’on s’affranchit de ces éléments, il reste aujourd’hui un problème crucial à résoudre (ie qui a fait tremblé toute l’industrie du numérique avant (musique, games, vidéos, films…) : le piratage. Et c’est là à mon sens que Google devrait fournir une réponse « service packagé organisé » : un éditeur ne doit pas se préoccuper des formats et des différentes classes de DRM, surtout qu’aujourd’hui, la bataille des standards de devices n’est pas gagnée (plus haut). Il lui faut garantir à un auteur, l’intégrité, la rémunération juste et la sécurité de l’exploitation de ces droits, et maximiser sa visibilité auprès de l’audience potentielle. Et ce problème de sécurité, de formats de DRM n’est pas résolu, et semble exciter quelque peu la méfiance par rapport au numérique dans son ensemble. C’est le point crucial à mon sens qui reste à résoudre pour que le marché décolle (en tous cas du point de vue de l’offre…car le marché et l’envie du public pour la version numérique des livres restent à confirmer et à affiner par segment, un autre gros chantier. Rappelons-nous les débuts des DVD ou faute de titres disponibles, les lecteurs ne se vendaient pas…).

      En tous cas, Google nous montre une fois de plus ses talents dans le service d’agrégation, sobre, précis et efficace, mettant la technologie au service de l’innovation clients (j’aime bien moi, ça…). A suivre l’évolution donc du programme partenaires, le programme Bibliothèque et la plateforme de commercialisation, en 2010, avec des idées surement pour aider le métier de libraire, à évoluer également vers le numérique…

      Bookmark and Share

      L’Innovation et le Design : le bien et le beau 04/12/2009

      Posted by evidencesx in innovation, management.
      Tags: , , ,
      1 comment so far

      Le Design est une matière bien mystérieuse…Autrefois rangée au rang des choses inutiles et/ou très chères, le Design est entré en fait dans tous les foyers grâce à des entreprises (innovantes au passage…) comme Ikéa ou Alessi, qui en jouant du plaisir, ont rendu l’utile, non seulement beau, mais accessible. Ainsi des entreprises comme IDEO, ont magnifié l’art du Design, en utilisant toutes ses facettes, pour accoucher de l’innovation la plus efficace, dans tous les domaines. Comme si le Design était partout en fait. Design des produits, des services, des relations, Design social, de l’être, on peut considérer que le beau est plus que jamais beau, parce qu’il n’est plus accessoire, mais essentiel, dans nos gestes quotidiens : le réveil et l’essort d’un édifice collectif, d’une réflexion de groupe, un brainstorming comme on l’appelle…chez IDEO, le désormais fameux cas du « shopping cart », redéfini de A à Z par une équipe pluridisciplinaire montre à quel point faire du beau est innovant, mais finalement le chef d’oeuvre, c’est que cela est fait ensemble, dans un respect, un design relationnel, consistant à avoir le meilleur « commitment » de tout le monde : le mystère de l’émulation de groupe qui fait que le résultat est plus que la somme des individus.

      Et quand bien même il y aurait une faille (a fail ?), il serait utile, il y aurait une esthétique de l’échec et une utilité primaire, à échouer comme tend à démontrer Michael Maddock (Maddock Douglas, Companies driven by innovation services).

      Le Design est donc entré partout et constitue un élément de l’ADN des services et des produits, au même titre que l’architecture, la structure, les composants et les personnes. On ne peut que s’en réjouir, car le beau, c’est quand même mieux…ça détend, ça ouvre et c’est agréable : à l’oeil, au toucher, au développement de tous les sens.

      Et puis regardons des initiatives comme Innocentive, communauté en ligne, sorte de Wikipedia de l’innovation : une communauté où vous pouvez vous inscrire, poser un problème et voir résolu gratuitement par des régiments d’experts…ou bien vous mêmes, révéler votre expertise en participant à la résolution d’un problème. Une belle collaboration pour un Design relationnel efficace. Ici, on voit de manière évidente les apports du web participatif, et l’essence collaborative : la confiance, l’écoute et la participation. J’avoue puiser infiniment vers ces sources d’idées et ces comportements désintéressés et plein d’intérêt pourtant : comme si poussés par la seule beauté du geste, la race humaine était capable de se mobiliser pour résoudre et aider, sans contrepartie, ni calcul. Car l’entraide, mets son moi en arrière, le préserve et élève son esprit. Lorsque l’âme est belle, elle est libérée de ses tentations destructrices, et déchaîne sa créativité. Fédérons, encourageons à réfléchir « out of the box », en ne renonçant à rien, imaginons l’impossible, et s’il est réellement impossible, rendons le possible. Et considérons que l’innovation est à la portée de tous, car elle est parfois simple et sous nos yeux. Un rien la révèle et le saut créatif est là.

      Ensemble, tout est plus beau.

      Bookmark and Share