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Education, Enseignement, Apprentissage : année zéro. 01/05/2021

Posted by evidencesx in économie, éducation, design, innovation, management, numérique, transformation.
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L’enseignement et l’éducation sont « orientés produit ou programme », mais en fait, rarement client. Programmes administrés, subis, académiques, souvent très éloignés des besoins économiques de la société, et bien plus encore de l’épanouissement des individus à travers l’apprentissage. Des formats destinés au gavage, à l’excellence et aux notations sauvages, pour accéder à des niveaux, puis à des diplômes…et par filière à des métiers, dont les contours sont bien plus flexibles et loin des connaissances captées. Bien évidemment, l’apprentissage, les stages nombreux et les échanges ont permis de « recoller » aux exigences du monde du travail, mais le fond ne change pas : des programmes peu portés sur « l’individu » et plus sur « le classement et la compétition ». Or, même si l’apprentissage de groupe est important, il est tout de même une somme d’individus, de clients différents dont l’épanouissement et la trajectoire sont individuels.

Pour préciser cette individualité, il convient aussi de préciser comment la connaissance se diffuse au travers de 4 cadrants bien connus, cadrants déterminant la manière d’enseigner mais aussi la manière d’apprendre. On y retrouve des standards ancestraux, comme les prémices d’un monde qui change sous l’effet du numérique, de l’apprentissage permanent et de la suppression de la temporalité.

Le mode « hiérarchique individuel »

C’est celui le mieux connu, le plus répandu, mais aussi celui qui va rapidement être obsolète. Celui répandu à l’ENA, qui vient de disparaître et dans toutes les filières dites « académiques » d’excellence. Mais aussi, toute l’éducation nationale traditionnelle d’encore aujourd’hui…Caractérisé par un « sachant » (l’enseignant) et des « apprenants » (élèves, étudiants…), recevant un programme unique, rythmé par un planning rigide, sanctionné par des examens et notations, permettant d’évaluer l’accès à la connaissance (savoir, savoir-faire, savoir-être), formalisé par des diplômes. En fait assez mécanique, peu empli de sentiment, de motivation profonde, faisant du diplômé un « employable », quoique de moins en moins en terme de garantie. C’est ainsi qu’on retrouve partout des diplômés, sans emploi, sans envie et sans avenir, tant ils y ont été conduits sans réelle motivation, par tradition ou par héritage. L’idée n’est évidemment pas de noircir le tableau, mais d’exprimer clairement les limites de ce mode d’enseignement…

Le mode « hiérarchique collectif »

Une évolution nécessaire par le fait qu’ensemble on va plus loin, et que le travail en « projets » est de plus en plus indispensable dans l’économie moderne. Il est tout de même organisé par un programme unique, par un « sachant », mais repris par le groupe, qui le fait sien, et qui l’améliore. C’est le groupe qui progresse ensemble, et l’on est moins sensible à la « tricherie », puisque le partage fait partie de l’enseignement. La mesure et les notations y sont toujours individuelles, mais la motivation d’apprentissage est maintenue par l’intérêt du collectif et par l’enseignant. Qui a plus un rôle de « coach », pour insuffler l’énergie, les sujets et l’animation du groupe. Le meilleur exemple est celui du sport collectif et de l’entraîneur…

Le mode « distributif individuel »

Nous revenons au niveau de l’individu, mais maître de son destin : de son rythme, de ses moyens, de son avancement. « L’autorité pédagogique » est partout et tout le temps, l’étudiant picore et pioche parmi les formats, les influences, les sources selon ses envies, les moments et adapte ses format à sa forme et à sa réceptivité. Les progrès sont individuels et s’affranchissent du temps et de l’espace. Pas de salle de « classe », mais plein d’univers d’apprentissage, qui ponctuent son parcours et ses expériences. La hiérarchie est bannie et les « niveaux » se mélangent, à l’inverse de l’éducation habituelle classée par âge, niveaux de classe, diplômes. La difficulté sera d’apprécier la progression et le niveau de l’élève, tant les expériences sont individuelles. Les tests par format restent cependant individuels et permettent d’évaluer de fait le niveau et la maturité de la compréhension. Un bon exemple d’apprentissage via ce mode est la série de livres « xxxxxx pour les nuls », qui permet à son rythme de découvrir une discipline en partant de rien…

Le mode « distributif collectif »

L’évolution la plus logique à l’ère des wikis, du digital, et du mode collaboratif. Une version maximale du collectif où le groupe pioche et pique dans les ressources dénichées partout : conférences, experts, gourous, prototypes, influenceurs, rapports, articles,…Le « learning as a service » par excellence, mais orienté autour d’un collectif partageant des mêmes objectifs. Un « guide » peut organiser des rencontres et des confrontations entre les membres, et la motivation collective doit être maintenue. Ce guide fait figure d’animateur, de « community manager » et propose des « carrefours d’expériences » à découvrir et à commenter. Clubhouse aujourd’hui est un bon exemple, où quelqu’un propose un moment de discussion, autour d’un thème, et laisse le groupe se modérer et participer. A la fin de la session, chacun à son avis, a appris des autres et aux autres. L’important de bien maintenir la cohésion du groupe autour du thème…L’évaluation est réalisée par chacun, en fonction de son avancement et sa propre satisfaction. Si l’un des membres n’avance pas assez, il pioche ailleurs pour parfaire son enseignement, en ;ode distributif, à son propre rythme. Le moteur nous l’avons vu, figure évidemment dans la motivation et la passion pour le sujet appris. Le groupe comme déjà dit précédemment doit tout faire pour maintenir la cohésion, la surprise, l’engouement…Métier au premier chef du nouvel « enseignant »…

Aimer enseigner, aimer apprendre : vers un nouveau contrat ?

Lorsqu’on examine le titre, on se dit tout de suite que tout est lié : l’enseignant s’épanouit si le groupe et les individus s’épanouissent. Comme une entreprise prospère si ses clients sont heureux. On peut mesurer en revanche les difficultés pour les uns et les autres :

  • L’enseignant : il doit se renouveler, s’adapter à chacun et à chaque situation. Et toujours espérer que le groupe et les élèves vont le dépasser. Et lui enseigner à son tour. De maintenir le dialogue et surtout la flamme du goût d’apprendre, le dépassement des élèves toujours attiser la curiosité, renouveler leur passion et cultiver la surprise. Enfin, maintenir le goût du challenge et l’envie d’apprendre aussi ailleurs, pour que l’élève cherche toujours plus loin et repousse ses limites. Et multiplie les expériences d’enseignement .
  • L’élève : trouver et conserver sa motivation, sa soif d’apprendre, car l’auto-apprentissage est un mode qui se développe plus que tout et surtout parce que les élèves demandent plus de liberté. Liberté qui ne signifie pas « ne plus rien faire (!), mais prendre en main « son » apprentissage, unique et personnel. Il y va ainsi de sa croissance personnelle, car si demain elle n’est plus mesurée systématiquement par des examens, il faudra bien connaître son « niveau de maturité », pour guider sa progression et futurs enseignements

Reprendre une des vérités énoncées plus haut est une évidence : faire de l’enseignement orienté clients, et donc dont l’élève est roi et le héros. Stopper l’abrutissement des programmes décalés voire dépassés, par les différentes inspections, faire co-créer les programmes par des opérationnels : entreprises, anciens auditeurs recruteurs, auditeurs eux-mêmes. L’enseignant n’est pas mort, il devient le chef d’orchestre entre le contenu, la cible et surtout « pédagogise » ces contenus selon les formats, moments et occasions d’enseigner. Mais surtout : il maintient et cultive le désir d’apprendre ! C’est capital d’avoir envie pour les élèves et pour cela, il faut donner envie…Si l’école n’était pas obligatoire et en situation de monopole, il y a bien longtemps qu’elle serait désertée…

Bâtir du storytelling, réapprendre l’émotion y compris dans les sciences exactes. Jeu, émotions, surprise. L’apprentissage doit être une série d’étapes (et non pas de diplômes !), donnant chacun plus d’envie de poursuivre. Et chaque quête est personnelle, unique et affranchie du temps. Bref, avec l’organisation actuelle de l’éducation nationale, ce n’est pas gagné…Mais c’est un défi passionnant qui mériterait d’être étudié et testé.

La métaphore de la machine à café

Une image qui m’est venue et qui n’existe pas sur le plan des machines à café : accepteriez-vous une machine qui n’offrirait qu’un seul choix (à prendre ou à laisser) ? C’est pourtant bien souvent ce qu’offre une éducation assignée, monolithique et aseptisée. Trop dirigiste et peu centrée sur le confort, le bonheur et surtout, l’adaptation à ses « clients ». N’a t-on pas montré récemment les limites de l’ENA (où est pourtant formée l’élite de l’administration), des gens intelligents mais sans doute déconnectés des besoins du « marché », et principalement des modes de fonctionnement auxquels aspirent tous les Français ?

Et la machine idéale…celle que toute entreprise a : pourquoi on trouve ça normal pour le café et que c’est si dur de l’imaginer pour l’enseignement ?

Une forme de « learning as a service » ou chacun détermine la vitesse, le contenu et le format de son apprentissage, dans bien entendu une structure (école ?), mais pas que et surtout maintenant la pression pour apprendre, ailleurs : MOOC, web, conférences, discussions experts, réseaux sociaux, manuels de références, livres, articles, rapports, videos, podcasts…bref tout ce qui éveille et éduque.

L’inexorable transformation

C’est inexorable, car la pression est trop forte. Pression technologique qui banalise les contenus, ivresse de la connaissance à portée de clics, élèves de moins motivés ou sous pression, enseignants démotivés par le niveau général qui baisse d’année en année. Des signaux importants d’un changement de monde. L’école 42 n’a t-elle pas montré une autre voie, un écosystème où il n’y a qu’une règle : décider seul de son parcours, en trouvant les solutions par la pratique, avec le soutien d’alter ego et la dynamique bienveillante du groupe. Pas de plannings, pas de limites, pas de notes…et des résultats étonnants en terme d’épanouissement, de bonheur personnel et de réussite professionnelle. C’est un modèle, est-il duplicable partout ?

L’enseignement ne doit plus être une course aux connaissances, mais une courses aux expériences. Expériences constituées de rencontres, de débats, d’expérimentations, d’échecs et de réussites, de confrontations. Les réseaux sociaux par exemple et lorsqu’ils sont bien utilisés, participent à de vrais échanges, au delà de la pure information. Ils génèrent de l’intérêt, des passions et des rêves. Et surtout, ils sont une somme d’individus, qui chacun à leur rythme et à leur manière, apprennent. Et tracent leur propre voie dans cet enseignement moderne. Les conférences et débats, eux aussi permettent de capter des avis d’experts, de créer de l’engouement et de l’engagement. Loin d’avoir à citer toutes les sources possibles (et elles sont nombreuses hors de la « classe » !), l’enseignant moderne est celui qui saura éveiller son public à toutes celles-ci et maintenir le feu sacré de la passion et de l’apprentissage permanent…

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