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Réciprocité, mutualité…Et si une autre économie était possible ? 25/04/2020

Posted by evidencesx in économie, éducation, business development, développement durable, diversité, entrepreneuriat, innovation, leadership, management, politique, stratégie, Uncategorized.
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Il faut bien une bonne crise, pour avoir en face les vrais enjeux. Je ne sais pas ce qu’il restera de cette fameuse crise du Covid-19, une forme de « guerre », comme l’a qualifiée le Président Macron, guerre où, ironie du sort, nous étions privé de notre seul porte-avions…Le colosse aux pieds d’argile a montré ses limites, et nul ne peut se considérer être à l’abri, désormais. Cette crise, dont peut avancer qu’elle est mondiale et globale (monnaie, cours du pétrole, déplacements et migrations…) nous aura mis devant des responsabilités encore plus grande : une autre croissance est-elle possible, sans prêcher la décroissance, eu égard aux enjeux environnementaux ?

Un autre Capitalisme, en effet…

Le Capitalisme, cet épouvantail qui fait peur à tout le monde, mais surtout parce qu’il a été dévoyé de son rôle, prend du plomb dans l’aile. Le capital nécessaire aux investissements est plus que jamais indispensable à la relance. Mais le traitement de celui-ci et surtout, l’usage, ne peut être in fine que financier. L’accroissement exponentiel des richesses, réservé à peu, est le résultat d’un arbitrage plus que douteux. Une telle crise ne peut-elle remettre en cause, notre « culture de la performance » telle que nous la connaissons. Sans doute. Je l’espère. La formule « le jour d’après ne sera pas un retour au jour d’avant » est telle, qu’elle est remplie de beaucoup de significations, multiples. Inutile de revenir sur les nombreuses leçons à tirer de cette curieuse actualité, et si nous n’en retenions qu’une : comment tirer partie des enseignements sur nous mêmes, que cette crise nous aura appris ?

PlantageCapitalism

Le changement vient de nous…

…et de personne d’autre. Relever, apprécier et comprendre ce qui ce sera passé, et réunir ce qui fait toutes les énergies de reconstruction : l’environnement et la nature, les écosystèmes sociaux, le bien commun, une économie de réciprocité et de gain mutuel, partagée. Utopie ? Regardons ce qui vient de se passer et la solidarité qui s’est organisée en ces quelques semaines de confinement et surtout, le dépassement des considérations financières, au profit de l’unité humaine et la résilience des peuples. Cela ne peut pas être pour rien et surtout réservé à cette période particulière. Il nous appartient d’organiser ce changement, dans les fondements même de la production de profit. De quel niveau de profit avons-nous réellement besoin ?  Quel est en effet le juste niveau de profit ?

People and Planet first

Il y aura donc à prendre des responsabilités solides pour les générations futures, pas après demain ou peut-être, mais maintenant et surement. Réinventer les « théories managériales », re-sensibiliser et faire confiance dans le bon sens commun et l’envie indescriptible de construire ensemble. Cela passe en effet, par une redistribution des cartes, à grande échelle. Subsidiarité, économie collective et circulaire, économie de gain mutuel, de respect et de partage, une destruction pas à pas de notre colbertisme centralisateur, à tous les niveaux : enseignement, éducation, politique, sociétal, entreprises, associations, tous doivent reconsidérer un nouveau modèle plus équitable…Un renouveau indispensable  pour restaurer la concorde et un équilibre sain, juste et partagé. Partout.

EcoPartage

Nouvelle Théorie manageriale ?

Regardons de près les différents compartiments de jeu, d’une telle ambition. Dans ce contexte de nouveau capitalisme, où la création de valeur fait l’objet d’une attention discutée, où elle n’est pas simplement extraite d’un modèle à bout de souffle et sous contrainte. Où la manière de créer de la valeur dépend d’autres indicateurs, avec un nouveau mode de fonctionnement :

  • redonner du sens à la stratégie d’entreprise est déjà bien, mais dire que « donner du sens » EST la stratégie, est bien mieux ! Un sens qui va réunir le plus grand nombre…
  • un nouveau fonctionnement en « écosystèmes », qui mutualiserait économistes, entreprises, associations, citoyens, chercheurs, scientifiques, pouvoirs publics, Un décloisonnement du pouvoir et surtout du syndrome « celui qui paie joue de la trompette », cad, le pouvoir concentré dans quelques mains détenant le capital financier
  • inventer et définir des KPIs « non financiers », qui élargirait le raisonnement du profit, au delà de la simple notion financière de celui-ci. Ces KPIs apporteraient tout leur poids à la notion de « juste profit », dont la portée dépasse le seul ROI. Nous parlons de :
    • capital humain, avec un indice de développement humain, de bien-être, de richesses de base (nourriture, santé, éducation…)
    • capital nature, permettant d’accompagner et d’intégrer les enjeux et impasses environnementales qui s’imposent à nous
    • mais aussi de capital financier, mais « au service de » et non comme une fin en soi
  • redistribuer le juste profit, non pas comme un jeu de « gagnants-perdants », mais un équilibre, forme de respect mutuel et de partage équitable, dans toute « entreprise » économique
  • faire de ce modèle un modèle de « expanding leadership », non fini, en amélioration continue et surtout comme locomotive de toute action. Une nouvelle forme manageriale de progrès…

Que manque t-il, alors ?

Au moment où ces lignes sont écrites, nous avons basculé du côté de l’espoir, d’avoir vaincu la crise et de continuer la vie d’avant. Alors tout ceci n’aurait servi à rien. Je ne le crois pas, mais il va falloir être vigilant. Le naturel revient au galop, et le temps marqué nous a fait prendre conscience de nombre de choses essentielles, les plus simples et les plus évidentes. Evidentes, simples, essentielles, elles le sont toujours. Mais on ne les voit pas, on ne les entend pas et on ne veut surtout pas en entendre parler. La croissance n’attend pas, la finance non plus et la course effrénée pourrait reprendre. Ou alors une nouvelle conscience populaire, citoyenne, collective mais venant de chacun, peut surgir et changer la donne. Un effort personnel de chaque instant qui deviendra le réflexe nouveau, ancré en chacun de nous. Nous pouvons faire bouger les lignes, ensemble, mais chacun. Chacun, dans notre rôle, à notre place, dans notre fonction. Alors, n’oublions pas…