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Tunisie…amie. Avec l’#AFTN, une nouvelle alliance autour du numérique 12/02/2014

Posted by evidencesx in économie, business development, digital, e-business, e-tech, entrepreneuriat, numérique, politique, social network, startup, stratégie.
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Une très belle rencontre et la création d’une “alliance” réussie entre la Tunisie et la France avec l’#AFTN. Après les soubresauts du printemps Arabe et la révolution, dont l’issue a vu récemment la signature d’une constitution (les courants disent “constitution numérique”), la Tunisie peine à redémarrer son outil économique, perturbé par les incertitudes touristiques. Si l’on  vu avec efficacité la collaboration à travers les outils numériques, les réseaux sociaux et les groupes de pression de “hackers” ayant conduit à une démocratie plus stable, la Tunisie est et a toujours été un réservoir important en talents dits “numériques”. Le niveau de formation des ingénieurs et les spécialités enseignées rivalisent avec les meilleurs, et les coûts de ces ressources sont contenues, ce qui favorise d’ailleurs une immigration qualifiée, vers de nombreux pays dans le monde. En plein marasme économique post-crise, la co-location serait le nouveau concept à la mode, une manière de faire oublier le spectre des “délocalisations” vers plus de mondialisation et de collaboration. L’éducation même avec les développements de “MOOC” permet aujourd’hui une répartition de la connaissance plus homogène et accessible.

La Diplomatie économique, prochaine vague de dynamisation de l’économie Tunisienne, scelle un pacte historique avec la France partenaire historique. Tunisie qui d’ailleurs représente une plateforme à l’intersection entre Afrique, Moyen-Orient et Maghreb, pour l’U.E. et bien d’autres. Le numérique y pèse aujourd’hui 7% du PIB (autant que le tourisme !) et les partenariats signés à travers l’#AFTN sont très encourageants. Partenariats qualifiés, opportunistes et complémentaires, qui permettront c’est sur, de valoriser les compétences mutuelles et de créer de l’emploi dans les deux pays. Mais doit-on encore parler “d’appartenance de l’emploi”, lorsque la demande est mondiale et que la localisation, à l’ère des outils numériques, n’a que peu d’importance.

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Une rencontre porteuse d’espoir, de soleil et de sourire pour nos secteurs IT et les inventions de demain. Cette “Alliance Franco-Tunisienne pour le Numérique”, qui verra son site bientôt accessible, créé ainsi le “dating” des entreprises et couples franco-tunisiens, pour imaginer les projets de demain et travailler encore plus, main dans la main. La Tunisie a désormais tous les atouts et besoin de cet essor nécessaire pour retrouver sérénité et croissance, en fournissant tout les talents, et pas forcément comme par le passé, en outsourcing. Plusieurs partenaires, sans les citer tous, sont associés à cette alliance (Cap Digital, Tact, Get’IT, Ubifrance, la DiMed, SystemaTIC, incubateurs TIC…) et le réseau ainsi créé sera plus puissant et compétent, pour résister aux enjeux de demain.

Une très belle soirée à l’Ambassade de Tunisie, en compagnie de leviers politiques, de chefs d’entreprises et de chercheurs…

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Education 2.0 : une source importante pour l’avenir du savoir et de l’apprentissage 18/07/2012

Posted by evidencesx in économie, éducation, digital, diversité, e-tech, innovation, numérique, politique.
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Sommes-nous bien maîtres de notre apprentissage ? Ce fait pourrait, sous l’effet des sollicitations digitales, légèrement évoluer…Déjà la lecture numérique, nous révèle qu’elle est moins studieuse et plus distraite, par les pop-up de l’appareil électronique, sur lequel sont ouvertes, nombres d’applications. Une lecture moins profonde aussi, parce que l’écriture en note, acte physique et mécanique d’un muscle a disparu sur la tablette. Terminé aussi de surligner, de souligner un passage, d’écrire des pensées personnelles, bref de personnaliser et de “sentir” l’écriture, comme une prolongation de ses cellules grises. Moins donc de mémorisation, de concentration et d’attention, et trop de…distraction.

Appareils électroniques et ondes malignes, mais aussi performances et esthétique séduisantes, l’éducation vit une période difficile. Diversité des niveaux et des origines, difficulté d’homogénéité des classes, des enseignants et des méthodes d’enseignement, contingence et motivation du personnel éducatif. Et quand ce ne sont pas les programmes qui censés être les mêmes, ne sont pas diffusés parfois dans le même ordre…

Mais alors, que faut-il attendre du phénomène social pour l’éducation ?

Regardons comment découper ce secteur en plusieurs parties : le matériel/la logistique d’abord, les méthodes et comportements ensuite, la collaboration entre acteurs, et enfin les mesures/résultats de la “socialisation” de l’enseignement.

Le Matériel/La logistique :

A l’heure de l’information temps réel et des mises à jour permanentes, il n’y a guère que le passé qui ne change pas. Et encore, l’éclairage apporté par les analyses toujours plus poussées, nous amènent à des révisions nécessaires, parfois capitales (quand les neutrinos dépassent la lumière par exemple…). A quoi servent donc encore les kilos de manuels et livres scolaires qui déforment les colonnes vertébrales de nos chers enfants, manuels qui donc ne s’actualisent que trop rarement et peu adaptés à l’interactivité digitale et la connaissance permanente ? Les contenus sont bien produits en mode informatique et injectés dans la production de livres et cahiers, papiers et cartons. Lorsque l’on voit le prix des devices électroniques aujourd’hui (PC, laptops, tablettes…) et la décroissance affolantes de ces prix, l’édition peut très facilement changer en la fourniture des contenus digitaux plutôt que de nombreux livres. Moins lourds, facilité de mise à jour, actualisation quasi temps reel, interactivité web/contenus/cible, la tentation évidente vers la digitalisation des contenus est grande. Et nous n’avons encore rien vu, tellement le “livre numérique” en tant qu’objet reste à inventer. Ceux qui n’y voyaient qu’un scan des contenus existants n’imaginent même pas l’opportunité gigantesque de créativité. Alors même s’il reste les éditeurs à convaincre, et la tâche est ardue : leur métier lourdement industriel et organisé autour de logistiques et de récupération des invendus, il leur reste à convaincre les auteurs de rester dans leur cocon créatif mais surtout d’inventer leur futur. Contenus oui, mais quelle actualisation, création et acheminement demain ? Des initiatives pourtant, par exemple le livrescolaire.fr

Les méthodes et le comportement :

Et les enseignants, les professeurs ? Où sont les puits de savoir d’antan, les mentors, les modèles ? Et d’ailleurs dans les conditions évoquées, à quoi ça sert désormais ? Si la connaissance a longtemps signifié le pouvoir et la capacité à diriger les foules, l’ère de la transparence et de la démocratisation des savoirs, reste aujourd’hui sur la base de “l’influence”, de la capacité à réunir, fédérer et animer une communauté, sans la réduire à l’absorption de savoirs sans saveur, sans sens…Ne sommes-nous pas en présence de “groupes”, de communautés, où l’enseignant a sans doute une longueur d’avance en terme de savoir et de connaissance, mais s’enrichit très souvent au contact de sensibilités différentes de son auditoire et d’expériences vécues, différentes de la sienne. Qui parle, qui écoute ? Qui détient la clef de la vérité ultime ? Plus très sûr finalement, tant l’exercice de l’enseignement recèle plus d’un échange, d’échanges aujourd’hui, plus que d’un déversement de règles, préceptes et théories immuables. “Celui qui sait, ne sait qu’à l’aube de son ignorance”. Par contraste donc, les méthodes d’aujourd’hui évoluent aussi et ne sont plus assises sur les mêmes rituels. Lorsqu’on a eu l’habitude d’avoir un auditoire inactif, discipliné et un sens unique de la passation de savoir, ça rend la vie trépidante, vivante et interactive. D’autres pourraient en avoir peur, voire ne pas saisir le changement qui s’effectue. Dommage, les jeunes ont tellement de choses à dire et pourraient engendrer un mouvement de création sans précédent. Les vrais débats et l’enrichissement mutuel, une autre idée de la motivation à apprendre, la soif de connaissance et surtout la méthode les empêchant de se bourrer le crâne en apprenant bêtement des tonnes de données. Je crois qu’il faut saisir cette formidable opportunité dans la construction même des séances, de l’espace de la classe et de l’aménagement des locaux d’enseignement. Une nouvelle manière de libérer la créativité en brisant les barrières de statut avec tout le respect nécessaire au bon déroulement de l’assimilation, contrôle et restitution du savoir. Des méthodes collaboratives faisant des ravages sur les plateformes sociales, nous avons donc des chances qu’elles fonctionnent très bien aussi ici. Encore faut-il leur donner la chance, y croire et faire en sorte d’imposer le changement aux instances plutôt conservatrices de l’éducation “nationale”. Impossible n’est pas Français, et surtout est un mot dépassé, dans justement le dépassement de soi que l’on apprend aux élèves, dès leur plus jeune âge.

La collaboration :

Nous sommes donc, comme qui dirait, à une nouvelle ère de collaboration, partage d’expériences, de connaissances, de situations et de points de vue. Une conversation permanente, représentant une meilleure assimilation du parcours de savoir, savoirs-faire et savoirs-être nécessaire à la formation d’un bon citoyen. Doit-on passer son temps à évaluer l’assimilation par des tests et examens ? Doit-on favoriser le plus possible les échanges autour d’expériences et de certaines connaissances, augmentant ainsi la mémorisation par la pratique plus que par le gavage ? Le e-learning n’est-il pas un bras armé plus efficace sur l’apprentissage pur de connaissances, là où l’enseignant plus un guide, un modérateur qui aiguille l’élève dans sa collecte de données et de concepts ? Celui qui complète par la mise en situation concrète des outils et données par des éclairages contemporains et des “cas” rencontrés. L’argument de l’expérience et de l’âge/seniorité fonctionne encore, mais s’illumine dès qu’il se complète par un partage bien dans son époque, avec des générations plus jeunes. Brain and storm sessions, seeding rooms, collective contests, speed pitch…autant de méthodes dérangeantes pour les réfractaires mais du sourcing pur de motivation pour les autres. L’heure serait donc à une ambiance transgénérationnelle, qui prendra le meilleur de chacun. Et par là même, équipera les classes et amphis du meilleur du numérique, de contenus interactifs, de comptes-rendus collaboratifs, de live-blogging. Et l’état d’esprit suivra par les résultats : une meilleure mémorisation, motivation et efficacité dans la dispense du savoir, histoire de créer un enseignement équilibré, libre et juste et de développer la diversité, source d’innovation.

Les mesures/résultats :

Il y a déjà maintes fois de larges réflexions sur l’aptitude à vraiment mesurer l’efficacité de l’enseignement et le niveau des élèves. Le bac lui-même, entre tricheries, fuites 2.0 et épreuves dépassées, constitue le meilleur exemple, où tant d’énergie est dépensée, dans un diplôme “socialement smart”, mais qui ne sert plus à grand chose : enseignement, mais pour quoi ? La finalité, c’est d’apprendre toute sa vie, mais surtout de trouver un emploi, valorisant et valorisable au long de sa “carrière”. Carrières en dents de scie et chaotiques, à court terme, qui ne permettent plus de s’insérer correctement…Je pense que l’une des plus grandes opportunités de l’éducation en mode collaboratif serait d’abolir les barrières de “genre et de classe”, au profit d’un corpus de connaissances qui évolue au toucher et à la pratique de tous types d’intervenant : professeurs, chercheurs, professionnels, industriels, inventeurs, commerçants, parents, théologiens, sociologuesEt le résultat c’est que finalement tout le monde apprend avec tout le monde, et que la peur de l’échec (ie en examen) s’estompe tant la connaissance se diffuse plus naturellement et de manière plus concrete et opérative.

Si les outils et la technologie restent ce qu’ils sont, ils nous forcent et nous poussent dans des logiques à réinventer, qui rend l’attrait de la connaissance encore plus intéressante. Et l’invention et le renouvellement restent le meilleur moyen de ne pas s’endormir, de rester compétitif et de captiver tout public. La passion et l’envie soutiennent toute la dynamique de changement incontestablement nécessaire au réveil du savoir. Inspirons nous des meilleures pratiques collaboratives, car elles redonnent du lien. Et du lien, nos sociétés en ont besoin en ce moment

Plus loin avec :

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NetExplo Forum, la conférence 2012 19/03/2012

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Nouveau logo, nouvelle base line avec « Global Observatory on Digital Society », la nouvelle édition 2012 s’est tenue à l’Unesco comme l’année passée les 15 et 16 Mars. 10 lauréats encore cette année, du monde entier avec des idées « disruptives » puisque l’idée est d’identifier les pistes d’innovation digitale dans le monde entier, et à la clef des prix remis par une communauté d’experts reconnus.

Une présentation du Trend Report 2012, par Bernard Cathelat, illustrant les technologies s’offrant à nous et dessinant la vie qui ira avec : quels impacts sur notre quotidien ? quelles opportunités ? quelles ruptures ?

2011, c’était l’année Facebook, le réseau « utilities » comme le qualifie lui-même Mark Zuckerberg, un vrai réseau désormais car près de 900 millions de membres, ça force le respect tant l’audience, le temps passé et l’activité dépassent le seul phénomène de divertissement. Facebook est une ville, un pays, un monde, un univers : mode de vie, procédures, monnaie…tout s’y passe. Et si les prochains lauréats étaient désormais DANS Facebook, puisque tout y est ? Et puis 2011 c’est l’année de l’envol des smartphones et donc des applications mobiles : consolidation de IOS (Apple) et décollage d’Androîd, la mobilité bouscule nos habitudes : de shopping, d’information, de recherche sur le web mobile et de jeu. « Nous sommes partout et nulle part et cette ubiquité repousse les limites de la technologie mais surtout de nos attentes » : toujours plus, tout le temps et toujours mieux. C’est dans cette espérance d’un monde toujours plus relié que naissent alors des initiatives « digitales », puisque nous sommes « dans l’Internet » plus que jamais…

On peut donc noter quelques tendances importantes, qui tout silencieusement, risquent de fracturer l’approche digitale, quel que soit le secteur d’activité et les attentes. L’attention est plus que jamais portée sur la « confiance », l’authenticité des ID, la protection des données et la multiplicité des profils possibles (nécessaires ?). Alors entrons-nous désormais dans le « Crystal World », un monde qui se veut plus transparent mais pour quelle transparence ? Ou bien, sommes-nous dans un gigantesque échiquier qui nous traque et nous profile (« track and profile« ), pour mieux exploiter nos données et nous surveiller…? Comment gérer sa réputation et son identité, sans devenir ni schizophrène, ni égocentriste, et tout ce combat autour de l’identité (« ID Drama« ) ? Comment enfin rester dans la relation pure et chargée de sens (« Sway Capital« ), sans tomber dans la marchandisation des liens et des profils, où nous constituons un capital marchand par les relations que nous entretenons et les échanges effectués (« Match Marketing« ) ?

Privacy, track and profile : toute la révolution numérique est-elle bonne à prendre ou pas ? Quid de la sécurité ou du flicage ? Quel seuil de secret allons-nous accepter ? La meilleure connaissance du consommateur est-elle séduisante ou repulsive ? Dans le milieu professionnel, perte de productivité ou meilleure gestion des talents et repérage des influenceurs dans l’entreprise ?

Dans cette course à « l’auto-médiatisation » de la personne (et maintenant des marques et de leur réputation), il faut sans arrêt aller et venir entre :

  • montrer (tout ?), plus (et mieux), s’étaler sur Internet car c’est une vitrine sans précédent de célébrité et d’accélération de la réputation
  • se méfier de la « mémoire du web » qui historise, stocke et conserve tout et du coup, s’en écarter car trop de risques immédiats ou potentiels à venir…

On voit dont apparaître une qualification de ce que l’on étend sur le web avec des possibilités de profils différents (hibe), d’identités parallèles, nous sommes dans ce que B. Cathelat appelle le « sway capital », d’un meilleur usage des réseaux sociaux, en segmentant ce que l’on y met et trouve…Et l’on voit, au fur et à mesure de l’augmentation des données publiées, un formidable catalogue d’informations disponibles, gratuitement en ligne, mises en ligne par les utilisateurs : des consommateurs, salariés qui mettent en permanence leur vie, de manière transparente en temps réel…ça n’aurait pas une valeur, ça ?

Oui vous l’avez compris, tout ce que les marketeurs et les DRH ont toujours rêvé d’avoir s’étale là, sous nos yeux...la vie privée et l’extraordinaire exploitation possible…Le web devient-il une transposition de notre vie réelle, avec une nouvelle vague de pression promotionnelle et d’ingérence dans la vie privée des gens. Ou doit-il rester le vecteur noble, scientifique, libre et autonome, impartial, véhicule du savoir de la connaissance et pont entre les populations. Oui le « big data », invasion de données, extraversion de profils individuels pose le réel problème de « jusqu’où » et « comment » pour rester une évolution technologique majeure, sans les travers de gens peu scrupuleux. Méfions-nous donc du « match marketing », retour en force du « one-to-one » où nos appareils pourraient prendre le contrôle, en nous dictant notre conduite, nos régimes, ce qui est bien à consommer pour notre santé…

L’explosion des réseaux dits « sociaux » vient d’un saut technologique, mais aussi d’une désaffection pour les modes de communication traditionnel, en choisissant les cercles de connaissance, de contacts et le réseau que l’on souhaite. Si cette construction devient une foire à la monétisation, on risque de détruire la confiance longue à bâtir et encore plus en ligne, avec des micro-réseaux de niche et une méfiance…Allez-vous vendre vos contacts et votre réseau au premier venu, sous prétexte d’un capital sous-jascent…? Alors, je ne serai plus votre « ami »…Je n’ai pas signé pour la marchandisation de mon profil à tout va…

La meilleure innovation reste celle qui « résoud simplement un problème compliqué », mais surtout qui répond à un besoin avéré, annoncé : « mieux, mais pas trop, en toute liberté ». On peut donc retenir trois tendances essentielles cette année :

  • omni-surveillance, tout savoir…
  • hyper-individualisation (reconnaissance, tracking…) : trop de contrôle ? (bio-mono-ID)
  • risque de marchandisation (monétisation, exigences de rentabilité et fuite vers les micro réseaux sociaux avec une méfiance renforcée ?

À nous désormais de “connecter juste”…

Où va le monde numérique : “l’Alter-Web” tel qu’il avait été créé (libre, créatif, gratuit…) ne doit pas perdre cette liberté et être envahi avec toutes les pollutions de la vie réelle…Gardons l’anti-conformisme, le gratuit, la fraternité, la liberté, etc ; Et décidons de le faire avant que « l’hacktivisme » s’en empare et en fasse un espace de combat…

Excellente introduction, au moins cette année, nous serons prévenus et un homme averti…

Venons en traditionnellement aux prix remis, avec un special award pour Blindspot, premier prix remis par E. Besson (ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique). Un prix qui en dit long sur les possibles et la capacité technologique simple, à lier les « gens » : une canne blanche, intelligente (bluetooth avec oreillette et système de communication « social » de géolocalisation) pour les mal/non-voyants, imaginée par Selena Chew, ancienne étudiante en design à la NSU, Singapour. Chapeau et sans voix…Simple et utile, pertinent…Un projet qui doit trouver des débouchés de masse et de commercialisation sans tarder…Et surtout un projet qui gomme le handicap, où la technologie relie les peuples…

Puis viennent 9 autres lauréats :

  • Afroes (South Africa) : design et développement de plateformes de jeux à dominante « ludique, sociale et éducative » en Afrique, montrant encore une fois les multiples usages des mobiles dans la réduction de la fracture numérique et la lutte contre la violence et la prévention des abus sexuels (jeu : Champ Chase par exemple)
  • Wearable Behavior Navigation System (Japan) : un système portable en « réalité augmentée », permettant d’apprendre, de guider et de reproduire des gestes d’un expert à distance pour résoudre physiquement un problème : réparation, gestes d’experts, nombre d’applications (sauver une vie, réparation critique d’urgence…)
  • Dollars for Docs (USA) : un site d’open data sur les flux financiers entre laboratoires et médecins pour garantir l’exemplarité des prescriptions et l’impartialité du monde médical (issu USA) ; une opportunité intéressante du sujet « big data » évoqué plus haut
  • Word Lens (USA) : application sur IOS (Apple) pour une traduction instantanée par la capture d’un texte quelconque, avec l’objectif d’un mobile (IOS pour le moment) ; disponible en 3 langues (Français, Espagnol, Anglais) pour le moment, assez bluffant dans l’interface et la facilité d’utilisation
  • Free Monee (USA) : un concept vieux réactualisé en « match marketing », avec l’utilisation de vos données d’achats (relevés banques), pour proposer aux consommateurs des vouchers de réduction, d’après les marques consommées ; un modèle qui redonne de la valeur aux banques, fidélisant leurs clients, apportant du trafic aux commerçants et ciblant mieux les offres promotionnelles remises. Du Groupon plus intelligent…
  • Zeebox (UK) : plateforme de « social TV » assez complète permettant d’interagir dans des cercles d’amis, au sujet du fil d’émissions TV et fournissant des liens vers du « added content » : produits dérivés, bonus, sondages/votes,…le « TV sidekick » comme aime à l’appeler Anthony Rose.
  • H2020 (USA/Chile) : open data pour optimiser la découverte d’eau potable ou non, la geolocalisation et le tagging mondial pour partager l’information et augmenter l’accès à l’eau ; résolution globale et locale à la fois avec le smartphone qui localise les sources et la qualité de l’eau…un problème crucial résolu par tout le monde, une collaboration essentielle et permanente, encore une fois rendue possible par l’étendue de la pénétration du mobile comme outil d’information et de communication
  • Silkroad Point (USA) : enfin une initiative de « talent management » en plateforme sociale qui devrait convaincre les DRH de s’équiper et d’aller sur le terrain d’un encouragement massif à l’utilisation des plateformes sociales en entreprise. Et qui ajoute de la valeur aux salariés par leur « réputation », score d’influence, dont ils peuvent (aussi) faire profiter leur entreprise, à travers leur fonction professionnelle
  • Aadhaar (India) : 1ère BdD biométrique au monde, une ambition à 1,2 milliards d’individus ! une initiative « sociale et désintéressée » pour recenser sérieusement et donner un identité officielle à tous les Indiens ; et leur permettre « d’exister »officiellement, d’avoir accès à un système éducatif, de santé, de paiement, participer à la lutte contre la corruption, etc. Une tâche simple mais gigantesque eu égard au pays… »Chaque Indien, en scannant son iris et une empreinte digitale aura une fiche de citoyen officiel permettant l’héritage, la transmission, l’existence dans une cellule familiale » ;  à noter cette initiative menée par Nandan Nilekani, fondateur du géant informatique, Infosys…(60.000 stations d’enregistrement, 1 million d’enregistrements  par jour, 150 serveurs…)

Viendront ensuite deux parenthèses, l’une artistique, l’autre technologique avec  :

  • François Hebel, responsable des rencontres photographiques d’Arles, qui nous explique comment le numérique a modifié la photographie, de la prise de vue, la production et la distribution d’images et dans le métier de photographe…l’image, expression remplie d’émotion, véhicule des mots et devient la « grammaire des enfants » tant il est aujourd’hui avec un équipement « standard » de devenir un reporter d’images amateur sur toute la chaîne : saisie, retouche, production et publication…Un apprentissage plus facile que la langue, dégradée par l’utilisation des SMS ? Lorsqu’on s’intéresse de près au nombre de photos publiées sur les réseaux sociaux…nous y découvrons donc un mode d’expression sans commentaire, sans précédent…
  • Eric Carreel, fondateur notamment de Withings, avec entre autres les balances intelligents et connectées. Une immersion dans ce qui est « connecté » ou pas et les impacts sur le monde « électronique grand public », ou comment les objets communiquent de plus en plus, vers l’immersion en « marché de masse »…

Deuxième journée qui démarre sur un café de la presse, discussion animée sur le « big data » (décidément c’est LE sujet) : impacts, limites, risques et opportunités, dangers et exemples.

Puis Joël de Rosnay nous parle d’énergie avec énergie, renouvelée et renouvelable, en exprimant de son point de vue de scientifique avec « fusion entre numérique et énergie » : une équation bien plus compliquée que le débat manichéen entre « nucléaire ou pas », en introduisant les énergies renouvelables (au nombre de 12), le nucléaire et le « Smart Grid » cad toute l’intelligence informatique du numérique qui permet de gérer, d’équilibrer et d’arbitrer entre production et besoins de consommation. Et en surfant sur le sujet dominant de l’édition 2012, le big data, on en comprend ici toute la portée. Des dispositifs comme « dontflush.me » ou le sourcing de l’eau (H2020), etc, font avancer et comprendre parfaitement la « gestion » intelligente des énergies, grâce aux réseaux (techniques et humains). Une fusion « homme et nature » (et technologie) qui a du sens et qui nous protège par la volonté de survie, l’envie de collaborer et au delà de toute considération politique, pour qui l’environnement restera toujours derrière les impératifs économiques.

Sur les deux jours, les impacts numériques ont été mesurés et évalués (rapidement), sur d’autres continents : jeudi avec Rishi Khiani from Indian Times (Inde), vendredi avec Sergio Davila from falho.com.br (Brésil) et avec Amadou Mahtar Ba de Allafrica.com (Afrique). On y retrouve des réservoirs d’espoir, pour l’accélération de l’accès à la connaissance, l’information, l’action démocratique. Le numérique, comme partout, donne la voix aux populations et crée du lien, de l’échange et du sourcing d’innovation mais surtout redonne du bon sens  l’action politique, sous l’influence du peuple et du vote permanent, global et local. Le partage de bonnes pratiques, de mises en garde (sécurité, banditisme et violence). Le café de la presse du jeudi matin a bien montré comme l’Internet a fait « le printemps Arabe » et permis d’élever la voix, de soulever des peuples et de renverser des régimes ancrés depuis trop longtemps dans la surdité. Mais comme le souligne Amadou M.Ba, il est temps de prendre la parole de « l’intérieur » plutôt que de confier la voix de l’Afrique à CNN en quelque sorte. Les médias sociaux concourent encore une fois avec la collaboration locale, à prendre en main leur destin, par le peuple Africain. Quel que soit le continent ici, la masse démocratique en jeu est colossale et les plateformes sociales comme Facebook fonctionnent à plein régime, et les citoyens ont bien compris comment s’en servir. Bancarisation, santé, accès à l’éducation, à l’eau…toutes ces problématiques sont facilitées dans ce monde en « réseau » où le progrès technologique a décuplé le bon sens des gens, pour prendre en main leur destin, lorsque le pouvoir politique ne va pas assez vite.

Et quand ça ne va pas assez vite, il y a les Anonymous. Débat avec @pierrehaski (Rue89) et @TDanet (co-auteur du livre « Anonymous : peuvent-ils changer le monde ?« ), qui tracent et décryptent (autant que cela soit possible) l’origine, les mécanismes et la philosophie. Car il s’agit plus d’actions, de prises de position que d’une secte ou d’un club à la mode. Et c’est pour ça que c’est tout le monde et personne, car il s’agit juste de se reconnaître derrière les actions « justes » menées pour défendre la liberté, l’indépendance et la démocratie dans le monde. Et pourquoi cela a t-il une portée colossale ? eh bien pour les mêmes raisons « numériques » : la portée et la capacité impressionnante de la masse d’activisme et la puissance de l’Internet pour mobiliser, réunir avec une certaine confidentialité, toutes les initiatives de révolte ou de résistance. Finalement, issu de « l’Alter », cad « autre » moyen de faire et de proposition. Puisque la démocratie existe, ses moyens d’expression doivent exister. Parfois dans l’expédition « guerrière » et sans accord préalable. C’est comme ça…

Il restait à un panel de professeurs émérites du monde entier, grâce au réseau HEC et Netexplorateur, de conclure sous la houlette de @cedric et de synthétiser sous forme de « take away » ces deux jours et d’imaginer des pistes pour 2013…Mais chut, nous n’y sommes pas encore, savourons déjà cette édition bien remplie.

Il y a un certain « blues » à quitter une telle manifestation, mais il faut dire que cela ne s’arrête jamais en fait ; le réseau Netexplo fonctionne toute l’année pour identifier, qualifier et constituer une veille internationale permanente pour sourcer les plus brillantes innovations dans le monde. Et ponctue l’année par des RdV partenaires, pour maintenir la chaleur du réseau, du partage et de l’étendue de la connaissance. Un grand bravo Martine B. et Thierry H. pour la réussite méritée de cet évènement et à toute l’équipe de préparation, conception, production, spécial big up pour l’Unesco, qui ne pouvait pas mieux représenter ces projets de développements digitaux, pour nos mondes de demain.


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L’Internet des Objets avec Netexplorateur.org 07/12/2011

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« Les objets deviennent bavards, le monde réel se transforme en un immense système d’information ». J’ajouterais que si les « marchés sont maintenant des conversations », il faudra compter avec les objets, qui en effet vont, au cours des prochaines décennies, prendre la parole…Comment, par quels moyens ?

C’est un nouveau volet organisé par la célèbre initiative « netexplorateurs », dont j’ai plusieurs fois dressé des comptes rendus passionnants ici, permettant de collecter dans le monde les meilleures initiatives en termes d’innovation, sociales, économiques et technologiques, qui s’est tenu le 6/12, dans les locaux d’HEC, porte de Champerret. Co-organisée par HEC et Netexplorateurs, cette journée nous expose les évolutions visant à rendre « réels » des objets inertes, leur donnant une vie numérique et online. Cette manifestation fait partie de la semaine du numérique, englobant des évènements majeurs liés aux tendances « digitales » du moment.

2020 : 20 Milliards d’objets connectés ; lesquels, comment, pourquoi et quels services ? Quelles applications pour quels changements dans les organisations, les métiers, les chaînes de valeur ?

« Nous n’allons plus sur Internet, nous sommes dans Internet » (J. de Rosnay, 2008). Comment ignorer du coup l’environnement dans lequel nous vivons, connectés, tracé, fiché… ? Quel degré d’aliénation allons-nous accepter demain ?

Démystifier l’Internet des objets, c’est ce que nous propose rafi Haladjian, célèbre entrepreneur et créateur du premier objet communiquant, le « Nabaztag » (lapin en Arménien). De son célèbre humour, connecter d’abord les lapins, puis après tout le reste. Son crédo, sa stratégie initiale, ne nous dit pas si il a réussi…Force est de constater qu’il nous semble plutôt averti, un peu comme si les objets lui parlent à lui. Serait-il l’homme qui parle à l’oreille des objets ? Sans doute. Créateur de « Sense » une plateforme qui promet de donner du sens aux flux de données, ordonnées en fonction d’un but « comme un système » finalement. Si nous sommes maintenant dans Internet, c’est qu’Internet a créé un environnement qui englobe notre environnement réel. Pouvons-nous échapper au « tout connecté » ? Selon lui, « aller chercher l’information dans la vraie vie » existe depuis près de 15 ans. L’Internet source des données, comportements, actions dans notre vie quotidienne. Mais jusqu’à là, ils stockaient ces données en historiques, là où aujourd’hui ils sont interactifs et communiquent en temps réel les statuts et les états dans lequel ils sont, pour faire réagir l’individu, et bien entendu, d’autres objets. Il n’y a pas loin jusqu’à ce que les objets créent eux-mêmes leur page Facebook, intégrant donc un réseau « social », leur permettant d’être vivant, dans une société connectée…

Vlad Trifa, de l’institut de Pervasive Computing, en Suisse à Zurich (@vladounet). EvryThg, titre de sa présentation…de l’Internet des « things ». Il dresse les enjeux industriels du fait de la connexion des objets et les cercles différents de connexion du web : real-time, social, programmable, sémantique et physique (objets quotidiens). Le web of things, c’est un espace commun à ces 5 cercles, un espace de design qui redessine les relations entre objets, personnes, actions, états…induisant des modifications majeures de comportements et de résultats économiques différents. Les objets connectés, c’est aussi les rendre uniques par le fait qu’ils ont une identité propre par leur place dans l’espace, dans le temps,  par leur propriétaire ou locataire. Ils deviennent de fait un autre périmètre que le simple objet physique, mais aussi un environnement caractérisant sa vie, son utilité, son « track record », sa réputation, etc. Maintenant lorsque vous achèterez un aspirateur, vous vous méfierez un peu plus…

Usman Haque, de « Pachube », propose lui un panorama autour de la plus grande initiative d’open data de données connectées. « Actually it’s all about people ». OK, mais demain ? La capacité de la communauté bâtie sur Pachube permets de partager des données qui devraient être plus « publiques », avec des applications extrêmement pertinentes comme par exemple la gestion de l’énergie (savoir quand dans une ville utiliser de l’eau ou pas, idem pour l’électricité, le trafic, la culture…see Dontflush.me). La connexion permet de gérer à l’échelon d’importantes communautés (quartiers, villes, villages…) des comparatifs de consommation, voire des défis ou compétitions entre citoyens, pour optimiser la responsabilité des usagers locaux…Très intéressant et très « citizen oriented ». Les « objets connectés » nous rendraient-ils (ou nous obligeraient-ils à l’être ?) plus responsables ?

Cédric Hutchings, de Withings (célèbre créateur de la balance connectée qui permet de partager son poids en temps presque réel sur les réseaux sociaux). La connection des objets selon lui nécessite une interface riche et performante pour réussir l’usage même de ces objets. Dans le cas de la balance, le « user friendly » est plutôt dans l’interface de l’application IOS plutôt que dans l’objet qui lui exprime sa beauté par le design même. Un autre exemple, le « baby monitor », objet + interface Iphone pour les parents. Connecté oui, mais surtout « utile ». Connecté ce n’est pas seulement connectable, il faut y ajouter de l’usage, c’est ce qui rend vivant les objets vraiment et qui ajoute la vie dans la durée surtout et l’enrichissement par l’utilisateur. Selon lui, la domotique est un terme vieux, dépassé et à réinventer car finalement trop rigide : une action entraîne une action isolée…Alors que la connexion permanente enrichit bien plus les possibles, dans la durée…

John Kestner, Proximeter (supermechanical) mettant en œuvre un portefeuille changeant de comportement en fonction de son état de remplissage…intéressant et surprenant a priori !

« if we have thousands of computers around us, they have to be really simple ». En fait, la reproduction de ce principe se retrouve dans le “proverbial wallet”, qui s’ouvre plus difficilement en fonction du niveau de vos finances…”care about spending your money” semble être son dicton favori. L’effort physique traduit dans l’objet devient fonction de son état intérieur, ce qui le rend « vivant » et connecté pour changer le comportement pour l’utilisateur : responsabilisation, arbitrages,…de quoi réfléchir avant d’agir. Twine, autre système communicant permettant de relier des capteurs « domestiques » et de déclencher des alertes, blocages ou actions dans un environnement habité. A suivre donc, car un objet très intéressant…

Ricardo Ferreira, avec Living Plan IT, optimisant la gestion d’une ville connectée et ses différents “objets” de l’urbanisme courant (inside Living Plan IT). Il illustre la dramatique dans des populations et la concentration extrême dans les métropoles, gigantesques institutions absorbant l’identité des individus en parfaits inconnus. La croissance nouvelle de ces migrations nécessite une nouvelle organisation, optimisant les ressources qui elles, ne grandissent pas à la même vitesse. L’expérimentation menée aux alentours de Porto au Portugal, montre une nouvelle aire « Plan IT », un concept global de gestion des données, ressources et informations. L’idée est d’inclure des capteurs partout, sur « chaque » objet, élément d’une composante urbaine, et de pouvoir communiquer avec et recevoir des informations d’état qui traduisent le comportement « vivant » de l’ensemble.

Laurent Maruani, professeur de Marketing à HEC, nous résume en une synthèse particulièrement intéressante quelques clefs relevées d’après ces présentations, avec :

  • Arrivée de toutes ces applications en mass market après les années « hippie shake » expérimentales ; la vitesse de déploiement et d’appropriation est vertigineuse
  • Time to market, tout de suite avec des avantages réciproques : principal « statement » de tout bon marketing
  • La profonde modification dans la montée en charge de ces technologies, pour qui la phase de « early adopters » est de plus en plus courte, le fossé (« chasm ») toujours existant, mais la durée des cycles s’accélérant, changeant donc le financement de ces innovations ainsi que le retour sur investissement attendu
  • L’identification aux objets et l’acceptation de ceux-ci, en tant « qu’individus » ou le rejet massif de « trop de données », trop de connexion…
  • L’intérêt (user interest) est une dérivée du data volume, ce qui signifie qu’il y a un « tri » et une organisation sensée de ces données à travers des flux et ces objets, pour qu’ils deviennent « utilisables » au sens de « vivants et concrets »
  • L’internationalisation du langage des entreprises : quelles cultures favorisent « l’international » et du coup, ces objets peuvent-ils aider ces passerelles nécessaires ?
  • Les dangers du « tout transparent », des risques de glissements de comportement des citoyens, rendant les uns renommés et adulés et d’autres dénoncés et décriés, par le fait que tout le monde se met en scène, à nu, par ces objets rendant compte d’une vie, elle, privée ?
  • Et d’ailleurs où s’arrête ce cercle privé maintenant : foyer, immeuble, ville, pays… ?
  • Bien différencier « industrie » et « marché » pour garder la raison pour l’un et le besoin pour l’autre
  • Un jour les objets cesseront d’être objets pour faire « corps » avec nous, c’est-à-dire, greffés au corps humain. Aura-t-on le choix ? Quelles attitudes alors avec un système « interné » vs externe et environnant ?
  • Finalement, le questionnement engendré par la connexion des objets, « nomme » l’état relevé et implique du coup un comportement changeant : poids, taux d’alcoolémie…
  • Détester la technologie, c’est en fin de compte le meilleur chemin de l’innovation réelle, car centrée sur l’usage et l’essentiel. (j’adhère en terme de chemin créatif pour s’affranchir des barrières de l’ingénierie…)

« Interne, externe, se peser ou être vu, soi ou l’autre. Les lapins feront des petits…. ». Quelle réaction du législateur, du corps politique face à des enjeux de cette taille où les frontières ne s’analysent qu’à la vision que nous avons aujourd’hui. Comment en effet « juger » ces objets avec quelles lois, pour le futur ?

Enfin, le nouveau matérialisme lié à ces objets, quant à la continuité et la valorisation de ces entreprises et projets naissants. Industrie, marché, ressources, une île nouvelle, pas déserte, pas inerte mais un îlot de créativité pour les générations futures…

Une conférence passionnante comme d’habitude des forums Netexplorateur, introduite par T. Happe et modérée/animée par Cédric Ingrand, rédacteur en chef high tech sur LCI. Le rendez-vous est donné pour le forum à l’Unesco, les 15 et 16 Mars, prochains.

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Bienvenue au lèche-tablette… 23/06/2011

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Il fallait bien que cela arrive : comme l’évolution du e-commerce et son explosion (trafic, vitrines, référencements…), la récente furia concernant l’adoption des tablettes comme objet multimedia au détriment des laptops voit pointer des comportements extrêmement intéressants. Après la floraison de sites web et de leur écosystèmes, et la déclinaison de ce commerce sur les réseaux sociaux, le consommateur avait déjà perdu un peu de son aptitude à faire du lèche-vitrine, laissant le traditionnel brick and mortar trouver les nouvelles recettes du succès. Entre temps, à renfort d’agences créatives, les marques de distribution tentent d’adapter leur modèle en apportant du trafic dit « click » au « mortar », cad la distribution en magasin. Des moyens d’ailleurs non négligeables en terme d’apport de trafic ont permis de redresser les ventes, par des mécanismes attirant le consommateur à sortir et à jouer de la complémentarité des canaux de vente : nombre de consommateurs consultent en effet le web avant de se rendre en magasin et vice versa, pour finir d’acheter en ligne…

Les phénomènes constatés aujourd’hui envahissent le nouveau support « tablette » et nécessitent une remise en cause et un format différent du e-commerce. Plus favorables à des navigations « lassives », le lèche-tablette est né, dans le comportement des consommateurs…écrans moins encombrants et offrant un meilleur rendu, la navigation tactile affiche des ambitions dignes des meilleurs shoppers : portails, catalogues et fiches produits, mall électroniques, enfermant l’utilisateur dans une expérience onirique de consommation, la bataille des applications fait rage comme pas de porte électronique vers la satisfaction à domicile. Les magasins d’applications développés par les marques recèlent d’autant de possibilités d’exploration nouvelles des catalogues en ligne. Une vraie façon de faire du neuf, là où le traditionnel « web browsing » nous semble déjà un peu trop tech et là où ces applications offrent le beau et l’utile en terme d’ergonomie commerciale. Un petit rappel des chiffres approximatifs des applications mobiles existantes, par plateforme donne rapidement une idée du potentiel que cette nouvelle forme digitale de conversation a.

Quand on pense également aux chiffres hallucinants de vente réalisées par les fabricants de tablettes, au détriment des PC/laptops, dont on sait qu’ils existeront toujours, mais selon Steve Jobs : “PCs are going to be like trucks. They’re still going to be around, they’re still going to have a lot of value, but they’re going to be used by 1 out of X number of people ». Intéressant comme vaste transformation de nos usages, non ?

Alors il s’est vendu environ :

  • 25 millions de la version 2 de l’IPad en 5 mois (!)
  • 2 millions de la galaxy tab de Samsung, dans le même temps
  • 500 K unités du Playbook de RIM en 6 semaines
  • 250 K Xoom de Motorola en 2 mois
  • et 210 K Iconia de Acer en 1 mois
Effrayant, non ? Juste une tendance déjà enclenchée par les mini-pcs (rappelez-vous les premiers Asus et le phénomène laptop, dominant notre envie de nomadisme, sans sacrifier la liaison telecom, pour devenir la génération « always-on »). Il y a donc fort à parier, que la furia des soldes et du shopping trouve aussi un essor sur ces plateformes, hard et logicielles, où les nouvelles ambiances de consommation sont à créer : formats, technologies, features, liaison sociale et vitrines, un renouveau du e-commerce vers le pad-commerce, qui va créer ses codes de navigation, de visualisation et d’ergonomie. Net-à-Porter, par exemple, invente une nouvelle façon de naviguer, avec l’apparence d’un magazine et l’impression de se promener dans une galerie commerciale…de chez soi. On peut ainsi feuilleter, visualiser des volumes 3D en très belle qualité, en mèlant ainsi, shopping et passe-temps…Et on a encore rien vu, quand dans les salles d’attente des médecins, il y aura toute la presse digitale sur tablettes !

Avec plus de 30 inventaires interactifs d’enseignes (Sephora,…), 15% des transactions sont déjà réalisées par le biais de l’application IPad, avec des créneaux entre 17 et 23h…l’heure de la décompression. Avant il y avait l’apéro, désormais il faut compter avec la tablette-party, permettant de prolonger le plaisir du shopping, sans effort, après le travail. Une manne importante de prolongation des vitrines, sans ennui, changeant sans changer, mais surtout ajoutant une tentation supplémentaire de consommation…Sans compter le NFC, qui facilitera encore plus les impulsifs, jusqu’à la mise dans le panier d’achat. Ne vous approchez pas trop de ces nouvelles vitrines-tablettes, vous pourriez y laisser votre âme (et pas mal d’argent !).

Le vrai limier c’est le mobile… 02/05/2011

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…si l’on en croit par cette aventure relatée par Malte Spitz, membre du parti écologiste Allemand, et qui après une requête auprès de Deutsche Telecom, a récupéré des données le concernant, relatant sa localisation en temps réel sur 6 mois (c’est la limite autorisée par la loi pour conserver cet historique). Longitude et Latitude ont été enregistrées plus de 35.000 fois en 6 mois, dessinant ainsi son parcours et sa vie en déplacements, accompagné de son objet fétiche : son téléphone mobile. Différent du web, qui nécessite la pose de cookies sur son navigateur, le mobile a besoin en permanence de se déclarer et de localiser auprès des émetteurs, pour bénéficier de la meilleure réception et couverture (toutes les 7 secondes environ). De fait, la technologie utilisée et les moyens de localisation découlent de l’utilisation même de l’objet…Trahis par notre allié de tous les instants ?

Si cette conclusion peut faire peur, c’est surtout l’usage qui pourrait être fait de ces données qui peut sembler abusive voire, dangereuse. Nous pourrions être harcelés de spams en temps réel, alors que notre boîte e-mail est déjà pleine…C’es aussi l’avenir tracé du social commerce, évoluant vers la localisation du consommateur (marché estimé à 5 Mds de $ en 2011 par Booz & Company) et de la fidélisation accrue, qui peut améliorer la connaissance du consommateur, et donc la plus grande pertinence des offres proposées. La montée en puissance de Facebook places, Foursquare, Google latitude, Plyce…soulignent l’enjeu majeur de ces données, pour « pusher » des promotions toujours plus fines et habiles, auprès d’un individu (unique, nous sommes au plus ciblé du marketing).

En même temps, imaginez aussi le bénéfice de ceci dans le cadre de la lutte contre les criminels : terrorisme, pédophilie, crimes mais aussi disparitions, enlèvements, etc. Nombres d’agences gouvernementales dans le monde (CIA, DEA, FBI…) utilisent ces données pour repérer et agir dans l’ombre pour traquer et combattre le crime.

Comme d’habitude et pour les grandes inventions, « la technologie n’est qu’un outil, le pire ou le meilleur est dans l’usage que l’humanité en fera ». Rappelons-nous aussi que sur tout appareil, il y un bouton « OFF », qu’il faut savoir utiliser à bon escient…

Il était temps : l’organisation du web s’organise…la curation ou « édition » du web, du contenu vers la mise en scène… 08/02/2011

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Conférence pertinente le 7 février, dans le cadre de la socialmediaweek, sur l’avenir du web et sa capacité à organiser les contenus et pages selon des goûts individuels : la web curation. Proposée par la région IdF, Scoop.it, Pearltrees et RWW France, elle réunit acteurs, penseurs et journalistes du web pour débattre de l’intérêt et de l’actualité de ce sujet hype.
Aujourd’hui le web est devenu un monde ultradense de données de qualité et d’importance inégales, dans lequel il devient difficile de trouver la bonne information. En résumé, il est de plus en plus compliqué de différencier les informations importantes, des futiles, des vraies ou de la désinformation (hoax). Il semblait important d’imaginer, comme pour les livres, des bibliothèques et leur index, permettant de naviguer et de classer rapidement ses informations. Un nouveau concept est né : la curation.
Ce mot, importé brutalement de l’anglais, et que l’on pourrait plus joliment traduire par « Edition du Web », décrit ce qu’on pourrait comparer au travail d’un conservateur (de musée) : la sélection et la présentation d’informations numériques (texte, photos, vidéos, twitts, etc.) en fonction d’un thème, mais surtout faîtes par tout utilisateur passionné, frappé d’intérêt, pour tout le monde. Un travail subjectif et personnel, permettant d’organiser le contenu pour le consommer et le diffuser plus intuitivement. En fait, une page de résultats de search, c’est de la curation…dirigée par l’argent (keywords et ads) et le ranking (pagerank).
Quel intérêt me direz-vous ?
– Organiser tous les sites que vous aimez pour les retrouver facilement.
– Proposer un point de vue sur un sujet grâce à une compilation de pages.
– Partager votre univers, vos goûts, vos centres d’intérêt avec un réseau et potentiellement, le reste du monde.
– Ou plus spécifiquement, compiler une sélection de pages pour faire une étude comparative avant un achat, rassembler les informations, interviews et productions, des artistes participant à une soirée ou une exposition, préparer un circuit de shopping…
Plusieurs sites de curation ont vu le jour récemment, et les études suggèrent que la tendance devrait se développer.
Le Web étant désormais une plateforme participative et communautaire, vous êtes probablement déjà tous des éditeurs du Web (ou curators) : avec un simple marque-pages ou Delicious, vous avez stocké des pages, liens et autres contenus, parce qu’ils vous intéressent.
Les sites de curation qui ont vu le jour (pealtrees.com, scoop.it, curated.by, storify.com) ont leurs spécificités.

La conférence est organisée dans les locaux du conseil général d’IdF (Hémicycle Paris 7ème) et est séquencée autour de deux tables rondes et d’un point de vue sociologique :

  • « Histoire du modèle individu-contenu : de la recommandation à la curation ? » – par Dominique Cardon, Sociologue Chercheur au laboratoire des usages de France Telecom R&D et à l’EHESS, avec quelques réflexions actuelles sur le web :
    • l’individu, la starisation de la personne par les contenus (like, link, RT…)
    • le meilleur moteur aujourd’hui de search : le social (réseaux de connaissances, d’information et de mise en relation)
    • la méfiance  relevée pour les marques et les institutions exacerbe le déchainement en ligne d’opinions et d’avis (pas toujours favorables)
    • les mouvements de fonds entre journalistes (et experts : documentalistes) et blogueurs : process inverses (le web communautaire publie et trie ensuite : nécessité de « curation » et d’organisation du web) ; les journalistes et documentalistes bâtissent eux sur le sourcing et la vérification, avant la publication…
  • Panel : « La curation bouleverse-t-elle l’information ? » avec :

  • Panel : « Qui sont les curators ? » avec :

Ces deux jeux d’expression sont le théatre de plusieurs questions intéressantes :

  • la curation, un nouveau terme pour de l’existant ?
  • la nécessité d’indexation différente du search, pour tout le monde et par tout le monde : modération et fiabilité ?
  • les modèles de collaboration qui fonctionnent : wikipedia, wikileaks (!), innovation…un vrai goût d’expression dans les réseaux sociaux
  • la curation : mode individuel, d’experts, d’avis et donc subjectif forcément ; comme la presse ?
  • la mise en avant du web par le contenu et non plus par l’individu : mais quand même réalisée par des individus à la base…
  • la nécessité d’organiser c’est sûr mais de stocker et d’archiver pour rendre efficace l’action et l’usage : le wall de Facebook c’est de la curation, la timeline de twitter aussi…Mais quid de retrouver facilement sur un thème, un sujet, les informations ?
  • la curation donc un vrai « métier », une fonction sur la chaîne de valeur, entre éditeur, metteur en scène, créateur, mais aussi la tentation au repiquage est forte…
  • enfin les applications BtoB, devraient être aussi intéressantes, un nouveau métier après community manager, pour gérer l’archivage de contenus connexes au métier d’une entreprise, plutôt que la réputation d’une marque

Neuf ou vieux peu importe, si il y a un sujet et un (des) usage(s), les plateformes devraient émerger de manière significative autour des producteurs de contenus digitaux…et au vu du raz de marée du numérique sur tous les métiers de contenus, la nouvelle bibliothèque mondiale du web, doit s’équiper de nouveaux « gatekeepers », pour en garantir les étagères…

 

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Netexplorateur 2011 : toujours plus d’innovation… 04/02/2011

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La 4ème édition a eu lieu dans les locaux de l’UNESCO cette année, les 3 et 4 février. Ce forum permet de partager une année d’observation des usages émergents mondiaux de l’économie numérique et y rencontrer plus de 1.000 décideurs économiques, politiques et médias ainsi que des startups innovantes, mais aussi des chercheurs, autour du web. 10 prix ont été remis cette année comme à l’habitude :

  • Flattr (Suède) : social micro paiement entre auteurs et utilisateurs
  • MyTown (USA) : social gaming monopoly
  • Obami (South Africa) : portail communautaire lié à l’éducation
  • mPedigree (Ghana) : lutte contre la contrefaçon de médicaments
  • HAL (Japan) : robot exosquelette pour augmenter les capacités musculaires du corps humain
  • CENSO 2010 (Brazil) : le recensement de la population Brésilienne entièrement digital
  • Lewatmana (Indonésie) : plateforme collaborative pour communiquer sur le trafic à Djakarta
  • Natural Security (France) : identification biométrique pour les applications diverses (paiement, authentification, accès…)
  • Datasift (UK) : data aggrégateur pour le social media
  • E-Skin (USA) : peau synthétique et robots sensitifs

Cet observatoire est extrêmement utile pour sortir la tête du quotidien, sourcer les innovations les plus anodines, mais pertinentes, de l’autre bout du monde. A l’aide d’un réseau « d’explorateurs » locaux, le forum recense ainsi chaque année 100 projets et décerne parmi ceux-ci, 10 prix. Nous voyons bien qu’au delà du web, l’innovation prend des formes diverses très utiles lorsqu’il s’agit d’avoir des idées et de se débrouiller localement. De nombreuses entreprises partenaires de ce forum aident ainsi à identifier (oui aussi pour elles…) des sources de progrès pour leurs produits, process et services. Des sujets d’actualité sont également évoqués (Cloud computing, social networks dans l’entreprise, managing gen Y, media and marketing trends 2011…).

Conférence version géante cette année avec plus de 1.500 participants et dans de splendides locaux de l’UNESCO à Paris, avec une logistique et un équipement sympathiques. Wifi et réseau mobile impeccables, bravo.

Site du forum : http://www.netxplorateur.org

@netexplo

Netexplorateur Forum 2011 30/01/2011

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La 4ème édition de ce savoureux forum se tient dans les locaux de l’UNESCO cette année. Ce forum permet de partager une année d’observation des usages émergents mondiaux de l’économie numérique. Prenez vite vos places (3 et 4 février 2011), pour y rencontrer plus de 1.000 décideurs économiques, politiques et médias ainsi que des startups innovantes, mais aussi des chercheurs, autour du web. 10 prix sont remis chaque année aux projets les plus prometteurs, lauréats internationaux du palmarès Netexplorateur. Retrouvez ici les 100 initiatives de cette année ainsi que les 10 lauréats 2011.

Parmi les lauréats cette année : Flattr (social micro paiement entre auteurs et utilisateurs), MyTown (social gaming monopoly), Obami (portail communautaire lié à l’éducation), mPedigree (lutte contre la contrefaçon de médicaments), HAL (robot exosquelette pour augmenter les capacités musculaires du corps humain) et d’autres projets du monde entier très prometteurs.

Site du forum : http://www.netxplorateur.org

@netexplo

La nouvelle TV connectée engendre des mouvements de fond 16/05/2010

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Les choses vont vite. A peu près aussi vite que le débit alloué, la bande passante, mais plus vite que notre capacité à s’y projeter. La valse des acteurs de la chaîne « éditeurs, diffuseurs, fabricants et distributeurs » bat son plain. Tous affutent leurs arguments et leur stratégie, pour défendre leurs positions pour les uns, pour trouver des relais de croissance pour les autres. A l’occasion du phénomène de convergence, un terme bien réel, qui véhicule plus de phantasmes que de réalités, il est difficile d’y voir clair, tant les cartes sont rebattues sans cesse. C’est normal: sur un marché qui peine à croître, les traditionnelles recettes de la télévision (publicité, parrainage, abonnements et services additionnels) souffrent. Souffrent parce que ces modèles ont fait les frais de plusieurs mouvements de fond :

  • changement sociaux : emploi, mobilité, loisirs, capacité à consommer l’information, l’entertainment…
  • changements technologiques : des cycles de nouveautés qui s’accélèrent et donc font hésiter le consommateur à s’engager vers telle ou telle solution/technologie, qui s’avérerait obsolète, trop rapidement
  • changements économiques : la chaîne de valeur ne « vaut plus » la même chose, pour des services équivalents et notre propension à la consommer subit des doutes ; quelle est la valeur réelle des choses sur ce secteur ? des minutes de plaisir ? la détention d’un moment de loisir ?
  • changements de repères : qui fait quoi aujourd’hui ? les fabricants diffusent des applications et des contenus ? les diffuseurs fabriquent des réseaux ? les distributeurs réalisent des contenus ? les consommateurs créent leurs propres pièces artistiques (UGC) ? les réseaux d’informations se fournissent chez les clients, à la source…?

Le dernier salon « Connected TV Summit« , qui a lieu à Londres le 18 novembre explore pas mal de pistes et soulève bien entendu, les différents aspects du nouveau jeu « télévisuel » (je ne sais pas si il faut toujours l’appeler comme ça, tant les les repères initiaux ont changé.

On notera donc sur plusieurs sessions :

1) un monde hybride « broadband-broadcast », car :

  • les débits même importants, sont loin d’être disponibles partout et avant longtemps, voire jamais sur certaines zones ; d’autre part, le débit est aussi incrémental et fonction du nombre d’utilisateurs et de la sollicitation de ceux-ci…Sur certaines zones et pour aller au delà (HD, 3D, visio, son…) et augmenter la qualité, il faut encore plus de débit…
  • là où le broadcast lui, n’est pas limité par le nombre d’utilisateurs, mais plutôt l’équation « qualité/taux de compression », et permet d’adresser n’importe quelle zone, par exemple par satellite (le triomphe attendu du mobile, véritable plateforme gagnante, avec la 4G qui pointe son nez…)

2) les opportunités pour les acteurs évidents : diffuseurs et distributeurs pay TV

  • comment les applications et l’expérience consommateur va changer (ie avec une télé connectée en permanence) ; là encore les exemples du mobile, nous ayant appris à être connectés à de la vois, données, images ne permanence, donnent une idée de jeu…
  • la complémentarité en terme d’usages pour le consommateur entre « connectée » et « diffusée » : la connexion permettant l’expression du consommateur (voix de retour et TV social), la diffusion, l’administration unique de masse, de grilles de programmes. Un enrichissement de la promesse client, pour les acteurs existants…
  • comment cette TV connectée change mon mode de consommation de la télévision…enfin de ce qu’on appelait la télévision auparavant ?

3) les acteurs parallèles : fabricants d’électronique et éditeurs

  • fabricants qui profitent des débits pour connecter leurs « objets », cad les téléviseurs eux-mêmes, et se mettent à discuter avec…
  • …les éditeurs, qui cherchent à exposer leurs contenus, tout le temps, à tout le monde et sur toutes les plateformes (ie pour amortir les coûts d’édition)
  • mais aussi le monde des consoles de jeu, qui ont déjà eux, fait leur convergence avec le monde informatique (mémoire, CPU, connexion, débits…), intègrent des films, musiques, etc, contenus digitaux, pour conserver leur « audience » autour des parties de jeux. Il faut dire qu’un jeu, c’est presque un film maintenant, avec la qualité des développements et la puissance machine…Et comme un film, sort quasiment tout le temps en jeu maintenant…
  • où est la valeur du marché et qui la récupère ? quand tout le monde commence à faire le métier des autres, difficile de s’y retrouver, en termes de coûts, mais aussi en termes de promesse consommateur : auprès de qui et quoi, doit-il acheter maintenant ?

4) le business model de la télévision dite « connectée »

  • l’impact évident sur le ciblage, la personnalisation et donc la publicité (intrusive ?) de demain
  • encore une fois, un shift de la valeur sur les modèles publicitaires, les relations annonceurs-diffuseurs et les méthodes gagnantes
  • le marché des applications interactives : c’est vieux ça, sauf qu’aujourd’hui, ça sera mieux compris par le consommateur et utile comme prolongement de la relation « information/consommation », en live et tout le temps…
  • les opportunités et menaces pour les acteurs initiaux (pay TV) : comment vont-ils s’adapter, perte ou gain au final ?
  • la social TV : comment tirer partie de ce « nouvel » écran, pour y faire des choses issues du web (achats, information, chat, networking and dating…). Même si c’est rapidement compréhensible, il y a des limites tout autant compréhensibles. J’ai déjà eu l’occasion d’en parler

Vraiment il est utile de réfléchir à tout ça car, selon l’angle sous lequel on le visionne, il y a fort à parier qu’il y ait encore des déçus (dans les innovateurs trop en avance), dans les clients méfiants, enfin dans les acteurs existants, qui pensent faire de l’argent neuf, avec de vieilles recettes. A suivre cette belle aventure télévisuelle, en pensant à notre bonne vieille ORTF

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