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Bâtisseurs ou Leaders : où sont les cathédrales d’aujourd’hui ? 14/03/2012

Posted by evidencesx in économie, leadership, management, stratégie.
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L’Exed d’HEC a organisé une rencontre avec Anne Vermès, fondatrice de Traits d’Union, sur le thème « les bâtisseurs de cathédrales : un modèle pour le management ? », un sujet extrêmement pertinent comme recherche de solutions modernes du leader, dans les traditions ancestrales…Cette conférence a permis d’aborder des thèmes comme :

  • l’exemplarité professionnelle des corporations (tailleurs de pierres)
  • l’humilité des bâtisseurs dans la construction de cathédrales
  • l’hymne collectif à la lumière et à la légèreté avec l’invention des croisées d’ogives
  • la croissance de l’homme impliqué dans un projet d’envergure et durable
  • le lien entre manager contemporain et chefs de chantier médiévaux

De l’histoire, des hommes, des lieux et des problématiques aux solutions, Anne V. nous explique comment à l’aide d’un évènement historique majeur, on peut tirer des analogies,utilisables à présent, dans la résolution de problèmes de management, leadership ou de travail d’équipe. « Trouver du sens dans des chefs d’oeuvre, cela ne devrait pas avoir changé…et pourtant ». Il faut pour ça comme l’exprime Anne V., faire un « pas de côté » et regarder les choses autrement. Trouver dans ce patrimoine et ce savoir-faire ancestraux, des bribes, racines et techniques, qui justement sans aucune aide technologique particulière, ont perduré et se perpétuent encore, mais surtout dans des activités manuelles aujourd’hui, à travers le compagnonnage.

Eh oui, il faut jongler avec les générations et les différents métiers (corporations) qui se croisent, optimiser les ressources rares, tabler sur l’avenir et achever ces chefs d’oeuvres…Regardons un peu rapidement les qualités nécessaires et les parallèles avec aujourd’hui :

  • des « chantiers » (projets) à acteurs multiples
  • une organisation transversale
  • un management de l’excellence : le compagnonnage (qui sont aujourd’hui ces « managers de l’excellence », nous pouvons tous nous demander ce que nous faisons pour la sauvegarde du savoir-faire et la formation à se dépasser…non ?)
  • la transmission : qu’aurons-nous transmis (et pas seulement en termes professionnels), aux générations futures ? des dettes et des déchets ?
  • l’utilisation déjà de « l’industrie » et de « machines » (animaux de traie)
  • de l’innovation : plus de guerre et donc le temps de créer et de faire naître de la création dans les process…
  • une mobilisation collective de l’intelligence
  • un mouvement constant de la connaissance
  • un apprentissage complet : tête, Coeur, corps.

Le processus symbolique (hautement…) utilisé par ces bâtisseurs permettaient de construire pour l’homme, par l’homme mais aussi de chefs d’oeuvre, dont le premier était l’homme lui-même. A travers 3 composantes (intelligence/pensée, le corps/l’action mais aussi le coeur, siège de l’émotion), il s’agissait d’un processus initiatique complet qui forgeait un homme « fini ». D’ailleurs, nombreux ne voyaient jamais l’achèvement de ces cathédrales (ie dont la durée globale de construction par exemple pour ND de Paris a duré 150 ans…), mais participaient à l’oeuvre commune. Comment mettre en oeuvre aujourd’hui un tel processus initiatique, lorsque les carrières dans la même entreprise sont désormais rares : ruptures, licenciements, fusions…sont autant d’éléments disruptifs bouleversant la vie des hommes et des femmes ?

Une bien belle aventure-immersion dans le passé de ces vies passionnées et passionnantes où la prise en compte de l’individu (besoins et aspirations), l’individualisation de l’apprentissage (objectifs stratégiques), la capitalisation sur les savoirs, les expériences diversifiées n’étaient pas de vains mots. Où le cheminement intérieur et les 7 valeurs du compagnon (accueil, métier, voyages, communauté, transmission, initiation et chef d’oeuvre) ainsi que les 4 symboles reçus à la fin du chemin (Temple, Tombeau, Pyramide et Cathédrale) constituaient un héritage sans précédent. La construction de toute une vie et de sa “cathédrale intérieure”…Un chef d’oeuvre de l’engagement, une promesse tenue et toujours renouvelée. Saurions-nous aujourd’hui relever le défi de tant d’engagement, de passion et de bien-être dans le management moderne ? La question mérite réellement d’être posée dans nos défis du futur que sont l’éducation, la transmission du savoir/savoir-faire et une quête de sens et d’éthique qu’il faudrait bien réinstaller dans les entreprises, pour que le travail soit un plaisir partagé et non une source de litiges et de maux….

“Transmettre, c’est se guérir de l’oeuvre du temps” (Eliade)

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Science et management : corrélations et errements… 21/09/2011

Posted by evidencesx in économie, innovation, management, stratégie.
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Mardi 20 septembre, l’Exed de HEC organisait une soirée conférence en présence de Cédric Villani, mathématicien Français médaillé Fields 2010. Le sujet, apparemment loin des problématiques d’écoles de commerce et de management a permis de soulever plusieurs idées intéressantes sur le destin de chercheur scientifique et celui d’un leader-manager. Le sujet intitulé « la recherche scientifique comme métaphore de la fonction de dirigeant«  laissait entrevoir des idées extrêmement intéressantes entre ces deux univers : les chiffres, les données avec la vigie, l’intuition et l’imagination…Mais la mathématique, discipline qui semble abstraite par essence,e st avant tout une affaire d’êtres humains où chaque scientifique mène sa recherche dans un laboratoire d’idées, avec des ressources (concepts, connaissance et équations) comme une entreprise…Tout comme le dirigeant d’entreprise ou le manager, le chercheur doit savoir s’exposer dans une situation vulnérable afin de progresser, surmonter sa peur, ses doutes, ses incertitudes pour innover et prendre des risques. Mais aussi savoir tenir compte de la chance et du hasard, au gré des rencontres, des déclics et des « Euréka ». La quête d’un graal pas toujours commun, qui mène pourtant parfois au désespoir. Celui de n’avoir pas trouvé avant (pensons au savant qui aurait pu sauver des vies…), celui d’avoir hésité et aussi celui d’avoir trouvé : avec un vide de désoeuvrement qui mène parfois à la dépression…

A travers un exposé intitulé « des triangles, des gaz et des hommes », Cédric Villani parcourt très rapidement son expériences et les phases importantes de sa vie (encore jeune certes, mais plutôt bien remplie…). Education, déclics, rencontres importantes, passant de l’enseignement « primaire » des mathématiques au déclenchement en 3ème, vers sa prodigieuse aventure. J’aime à qualifier d’aventure, car la romance apportée par le terme permet tout sauf l’ennui et l’inaperçu. Car en fait les mathématiques créent, inventent, innovent sans fin, dans des processus dignes de l’innovation la plus pointue. Mais souvent, la manière d’en parler et de s’en servir nous apparaît trop abstraite, à commencer par les cours à l’école où l’on nous fait ingurgiter des formules, théorèmes et équations par coeur, sans but avoué…pas de pratique = oubli certain. Car « par coeur sans coeur point ne demeure ». Et pourtant à travers Cédric, qui semble lui bien avoir perçu ce que devrait être l’éducation des sciences et qui en tous cas met en oeuvre son style tout à fait pertinent, un mélange d’anecdotes, de fond théorique et d’applications pratiques. Voyons quelques points saillants nécessaires au bon chercheur et qui semblent faire écho aux managers modernes :

  • imagination, intuition, créativité : sans cela point de salut…
  • rigueur, ténacité, ordre et grandeur : les chevaliers d’une quête (une aventure je vous l’avais bien dit…)
  • la composante universelle et égalitaire des mathématiques : tout le monde y a accès (certes avec quelques connaissances, mais avec peu de moyens) ; un concept qui donne de l’espoir aux créateurs d’entreprise…
  • une forme d’idéalisme, qui pousse à l’infini, l’incomplet, au chef d’oeuvre jamais achevé : comme un collectionneur qui guette la dernière pièce du puzzle…
  • l’humilité, l’écoute et l’entraide : des valeurs sociales, chrétiennes, d’entreprise (logiquement), bref des valeurs essentielles à la progression. Qui sait échouer, sait essayer. Et avant de transformer l’essai, que de tentatives, d’impasses et de feuilles blanches. L’énergie d’une équipe face à son destin
  • le sans cesse recommencement, l’idée d’être toujours une forme de débutant, de désapprendre et de regarder les choses autrement : un apprentissage tout au long de sa vie
Le raisonnement en mathématique a quelque chose de stratégique et derrière les démonstrations surgit l’intuition économique : celle de l’intention stratégique d’une entreprise, les parties du business model (proposition de valeur, chaîne de valeur et équation économique). Un vrai bon moment inattendu, nous rappelant quelques souvenirs d’enfance (et quelques mots de tête), soulignant un métier solitaire, de doutes et d’ombre. Un métier qui souvent d’ailleurs méconnu et peu apprécié, et pourtant la voie royale d’un bon étudiant, toujours ; avec une désaffection importante dans l’envie de carrière…Gageons qu’avec des personnalités comme Cédric, l’on retrouve goût aux défis, aux démonstrations, aux quêtes ultimes, pour se dépasser et faire avancer la recherche et aussi l’entrepreneuriat. Alors même si l’équation finale n’est jamais résolue, elle fait figure de chef d’oeuvre d’un artisanat rare, comme justement la production d’une entreprise, avec ses secrets de fabrication, ingrédients et recettes : toques, tableaux blancs et calculatrices les outils du chercheur de sens, la vigie d’un leader à la recherche d’une inconnue : x.

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Managers et crise, comment retrouver un équilibre ? 04/05/2011

Posted by evidencesx in économie, développement durable, diversité, management.
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Mardi 3 mai, une nouvelle conférence HEC Exec au château, reprenait comme thème « nouveaux défis pour les managers fragilisés par la crise », en présence de 3 intervenants :

La crise a en effet fragilisé les situations en entreprise : visibilité, peurs, nouvelles menaces, doutes et angoisses de l’avenir, cette crise récente a remis en cause les modèles existants, en mettant en exergue les impacts colossaux des risques non anticipés, et leurs effets sur la motivation et la dynamique de groupe. Une bonne raison de se poser les questions pour résoudre entre professionnels, chercheurs et cadres en activité sur le sens donné au management : guide, épaule, repères mais aussi celui qui pousse à se dépasser et fait confiance. Des comportements qu’il faut garder hauts et entretenir, pour obtenir le meilleur des collaborateurs et garder cette étincelle de l’innovation sociale, technique et entrepreneuriale qui valorise le travail des entreprises, et qui anoblit la mission du management et en fait une science (certains en doutent encore).

Une enquête internationale « le manager idéal », réalisée en Mars 2011, par le biais de questionnaires sur le web avec la collaboration de 11 pays : Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, USA, France, Italie, Pologne, Roumanie, UK et Russie, visant à faire évaluer les managers par les salariés, et les situations de management dans lesquelles ceux-ci se retrouvent. On découvre ainsi les défis à venir pour l’entreprise : qualité de son image, sa réputation (tip: e-reputation), adaptation (besoins/clients), innover (produits/services). Cette enquête met en exergue la nécessité de l’engagement au travail et attachement à l’entreprise (priorité N°1 des DRH) retrouvés : développer la mobilisation des collaborateurs. Mais pour obtenir cette adhésion, faut-il encore l’organiser et le vouloir : pour 75% des interrogés, les managers directs ont un impact significatif sur l’attachement à l’entreprise. Les entreprises doivent donc investir massivement dans la formation au management, qui est capital dans la croissance d’une activité. Mais pas seulement : le management n’est pas une matière qu’on pratique quand on a le temps…Mais fait partie intégrale du cadre de travail de tout encadrant. Manager c’est un vrai métier, qui prend du temps (eh oui…).

Quelques clefs révélées, sur les différents éléments importants sinon indispensables sur :

  • Comment renforcer l’engagement dans le travail : relation d’équité, respect, soutien, confiance (la crise a éloigné les managers des équipes et c’est très regrettable)
  • Les qualités reconnues pour un bon dirigeant : vision stratégique et innovation
  • Les qualités essentielles du manager direct : confiance en soi, planification et organisation, capacité à faire des choix (bien notées) et capacité à motiver, à communiquer et à expliquer ses décisions, à reconnaître la qualité de travail de ses collaborateurs, à maintenir la cohésion de son équipe (mal notées)
  • Les choses inadmissibles chez le manager : ne pas savoir organiser le travail de l’équipe, ne pas prendre de décision, s’approprier le travail d’un autre (!)
  • Le manager idéal : écouter et prendre en compte les avis, communiquer et expliquer ses décisions, favoriser un esprit d’équipe et de coopération, instaurer une relation de confiance, reconnaissance du travail au quotidien
Même si cette étude est relativement poussée, je pense qu’il manque toutefois des éléments à intégrer comme :
  • Interroger Brésil, Inde, Chine, Japon et Afrique, plus de la moitié de la population de la terre et la majeure partie de la croissance d’aujourd’hui !
  • Les modèles soit-disant Anglo-saxons ont peut-être des limites pendant les crises, que les modèles des pays émergents ont moins : autrement dit, l’élite formée dans les business school Anglo-saxonnes, peut (doit ?) sans doute intégrer des composantes cultures, sociales et managériales fortes de ces pays émergents ?
  • Surtout quels sont les effets réels de la crise sur ces modèles (encore une fois, le titre était trompeur et je trouve peu traité…) ?
  • Le vieillissement des managers et les nouvelles habitudes des générations plus jeunes : connectivity, réseaux sociaux, innovation collaborative…
  • Les demandes criantes des jeunes : modèle de collaboration, de partage d’information, de travail transversal, de défi de « l’autorité » au sens premier du terme, etc autant d’éléments capitaux pour manager « moderne », comme on pourrait dire…

Un bon moment ponctué d’interventions concrètes, nous montre que le chemin est encore long, pour apprécier le management à sa juste valeur et en faire une arme de compétitivité sociale, pour les entreprises. Certaines entreprises ont pourtant su avec brio, développer des modèles de travail « win-win », où tout le monde est apprécié au mieux, là où l’édifice collectif  l’emporte sur les intérêts politiques de bas étage. L’ego a la vie dure…