jump to navigation

Le Risque, moteur de l’Innovation 21/10/2011

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, innovation, management.
Tags: , , , , , , , , , , ,
add a comment

S’il y a bien une donnée indispensable semble t-il à l’innovation, cela me paraît être le risque. Comme un stimulant le risque stigmatise en un instant, un moment, un passage, le condensé d’un changement d’état dont on espère qu’il change le monde (tout du moins dans une vision entrepreneuriale. Et le risque, ça paie. Il n’y a qu’à regarder toutes les composantes de la société comportant un risque et la rémunération attendue ou bien tout simplement l’espérance de plaisir, d’adrénaline, etc et l’on voit bien que le risque a une valeur : dans la dette, dans l’assurance, dans un sport à sensation, tout porte à croire que le risque est rare, valorisé et finalement une donnée incontournable à un accouchement quel qu’il soit. C’est ainsi que ce sont toujours inscrits les grandes innovations, dont certaines ont vu des dizaines de sacrifices, de géniteurs qui finalement ont conçu, sans en voir les résultats. Sans encore ajouter du panache à Apple s’il en fallait, Steve Jobs lui même déclarait « soyez insatiables, soyez fous », dans le sens où rien n’est jamais écrit et où il ne faut jamais renoncer. Comme si c’était bien aux grandes innovations à convaincre les marchés et les clients qui ne sauraient donc pas ce qu’ils veulent ?

Cette idée de ne pas trop planifier pour conserver l’adrénaline du risque, moteur de la créativité ultime : deadlines, challenges…la peur du risque ne doit cependant pas paralyser ce mouvement ascendant et vertueux de la collaboration transversale. Imaginer des concepts avec le stress positif de l’excitation du chercheur, la sensation du lâcher prise ou dans le grand bain, on risque tout : sa position, son futur, sa crédibilité…Mais après, de quoi avons-nous peur ? eh bien il semblerait que la peur de l’échec soit le N°1 en Europe, là où aux USA il est un fait de plus, dans la grande expérience de l’entreprise, nécessaire aux grandes oeuvres. Combien d’erreurs et d’échecs ont été constatés et ont servi de tremplins au « Euréka » final ?

Il faut donc du risque dans tout, pour donner du goût, pour donner de la valeur, pour rester humble aussi face à l’inconnu et pour séduire tout le monde : si le risque ne se dompte pas, il s’approche, se gère, on vit avec  sans que cela modifie nos aptitudes physiologiques et donc nos réflexes et notre capacité à décider. Le risque est donc un élément majeur des cours de management et doit être un enjeu pour le leader, comme pour l’innovateur. C’est ainsi que se créent les grandes aventures, les marques dont on se souvient, avec de la personnalité et des aspérités mémorables.

Le risque, une autre manière de respirer, d’attendre, de douter, un compagnon nécessaire à la création pour faire sortir les meilleures idées de leur boîte : une épice indispensable à une vie trépidante et hors norme, un chemin sinueux et initiatique dont les méandres nous seraient inconnues et pourquoi pas, périlleuses. Habillés comme tels, la chevalerie moderne en quête de sensationnel a du sens pour retrouver le goût des poursuites sans fin, avec le crédit d’un aventurier. L’étiquette n’est d’ailleurs pas neutre pour un leader, charismatique ou pas et pour la manière d’aborder les problèmes et les ressources : voici aussi pourquoi la vigie d’une entreprise n’est pas toujours aussi claire qu’on veut bien le penser ; il faut du nez, du courage et de l’opportunisme pour toréer ce risque qui nous tourne autour, comme un insecte agaçant. Alors plutôt que la peur, ayant le goût pour le risque et surtout son apprentissage dans les écoles. « Le plaisir d’échouer, d’avoir des mauvaises notes et d’apprendre, d’apprendre…doit nous conduire à une sorte de clairvoyance rare et infiniment passionnante : l’intuition. »

Bookmark and Share

Publicités

Echec et…espoir ! 02/02/2011

Posted by evidencesx in économie, business development, développement commercial, management.
Tags: , , , , , , ,
add a comment

C’est sur ce sujet épineux que l’équipe dynamique de Microsoft France a décidé d’organisé une conférence intitulée « FailConf » (une version beta, qui verra un launch 1.0 vers septembre…), dans les locaux de Microsoft France. Imaginée récemment par Julien et Loïc sur la base de la failconf de TechCrunch US, l’idée de faire un sujet d’étude des « échecs » est à la fois tentante, mais aussi subtile : qu’appelle t-on un échec ?

Nous passerons d’ailleurs quelques temps et autant d’avis à cerner ce « qu’échec » est et veut dire…

Car comme dit Bill Gates “It’s fine to celebrate success but it is more important to heed the lessons of failure.” Eh oui, il semble qu’outre-Atlantique, l’expérience de l’échec est banalisée, mais extrêmement importante pour apprendre, sinon indispensable…Il y a manifestement encore quelques pas à franchir en France…

Nous avons là un ensemble de choix avec Roxanne de Techcrunch France et Blaise de MS Bizspark, introduisant la session.  Peut être une conférence de losers dixit Roxanne ? Pas sûr. Non bien sûr, une manière de mieux cerner l’échec et de rebondir ensuite…

Un excellent point développé ensuite par l’entrepreneur Gilles Babinet, qui nous parle de l’importance de l’échec dans la vie de l’entrepreneur. Echec qui cristallise les erreurs, faits ou actions ayant conduit à un destin non souhaité mais radicalement fatal. Et alors ? Pendant ces moments de doute et d’errance, il est permis justement d’identifier de scénarios qu’on ne refera plus, des gens avec qui on ne s’associera plus et des choix de modèles dépassés…La difficulté en France « d’accepter l’échec » et de s’en servir. Un passage sur les « losers », quelques célèbres mais…finalement qui est loser ? Et alors ? Quelles sont nos références pour qualifier quelqu’un de loser ? Quelques citations très intéressantes comme « l’échec est un nom que vous donnez aux choses », illusion créée par l’environnement social…donc finalement très relatif et conditionné. Ou bien « la peur est le moteur de l’échec ». Même si le stress stimule aussi. Beaucoup d’insights intéressant donnés par Gilles et pour finir son parcours scolaire, qui nous rappelle que, intuition, audace, chance et persévérance se révèlent être des outils au moins aussi importants que les diplômes…A méditer. En tous cas une belle leçon d’humilité…

Vient ensuite le point de vue des « VC », célèbres entités silencieuses et mystérieuses qui font et défont le capital des startups et qui en fait dirigent souvent la stratégie, par leurs exigences de rentabilité. Sans argent point de salut, mais sans idée et d’entreprise, point de rentabilité et de création de valeur. Si à première vue les objectifs sont divergents et l’alchimie qui peut en résulter dangereuse, l’association entrepreneurs-VC est un tandem classique pour qui n’est pas assez solide et entouré pour développer une entreprise ambitieuse. Cohérence, équipe, logique business et décisions sont des indicateurs de pilotage pour sentir venir l’échec. Aussi « bien réussir son échec pour mieux rebondir «  est selon eux nécessaire…Avec des fonds, tout se passe mieux en somme, mais avec de l’expérience, c’est aussi capital de digérer et d’intégrer un échec dans ses entreprises futures. Les échecs sont selon eux porteurs d’espoir lorsqu’on qu’on les accepte, digère et analyse. Mais investir dans des « serial-échoueurs » ne semble pas à l’ordre du jour pour eux…Et pourtant, le risque n’est-il pas rémunéré à sa hauteur (ie exigences de ROI) et le métier des VCs ?

Pour compléter ce sujet, il eut été utile de faire témoigner des business angels, amorçage nécessaire, avant la phase des VCs. On trouve en effet un peu de tout et le savoir fait gagner du temps. De vrais professionnels et conseils, mais aussi des chasseurs de niches fiscales, ce qui du point de vue d’un entrepreneur est un peu décevant…

Le point de l’avocat de Kahn&Associés me semble intéressant mais truffé d’évidences, délivrées par des gens « bien, bien portants et à l’abri ». Comment expliquer à un futur créateur que c’est mieux si il est top manager, qu’il ne mets rien en caution personnelle et qu’il a de l’argent. Alors que nombre d’entre elles mendient pour du « love money » et juste exister…Sinon, il existe des cabinets effectivement spécialisés pour accompagner les startups sur toute la chaîne, mais quelle entreprise naissante peut se les payer ?

Une table ronde sur le thème « l’acceptation de l’échec entrepreneurial dans la société Française », modérée par Roxanne et Julien. Et là, il y a du chemin en effet. Quelques entrepreneurs témoignent illustrant donc les difficultés et le « marquage » bien réel, lorsqu’on échoue en France…et ça commence à l’école, où l’échec scolaire est montré du doigt, alors que nombre d’entrepreneurs n’ont pas de diplômes ou ne s’en servent pas. Nous y trouvons :

…qui vont tour à tour nous parler de leur(s) expérience(s) vécue(s) (bien et mal…) d’une entreprise qu’ils ont lancée. Frissons, souvenirs, anecdotes…La force de l’expérience est extrêmement importante, à partager surtout car un entrepreneur seul n’a aucun miroir pour refléter sa détresse. Analyse des écarts, compréhension de l’échec, actions (eh oui savoir aussi licencier quand c’est nécessaire…). Savoir retourner complètement une entreprise, c’est accepter que sans changer de nom, elle fasse du jour au lendemain totalement autre chose : produits, services, business model, structure…Le vrai échec, c’est de pas s’en rendre compte et de s’entêter, en entraînant la perte de l’ensemble…Le panel est bien équilibré et complémentaire et illustre assez bien le vécu, de l’intérieur.

A noter que le storytelling est porté sur l’expérience, mais je trouve qu’il manque un chapitre sur le problème de l’écosystème en France. Bien entendu il évolue, mais est souvent insuffisant sur toute la chaîne : formation, création, financement (du love money à l’IPO), accompagnement et surtout alliances stratégiques (grands groupes Français) : la sortie d’une entreprise qui prospère n’est jamais un problème, mais lorsqu’elle cherche des alliances pour se développer, elle va…à l’étranger. Et les grands groupes Français rachètent plutôt des startups étrangères que Françaises…tandis que lorsqu’on est trop petit, on n’a pas accès à des contrats publics, ou de grands groupes. Il y a là un pas énorme à franchir pour régler l’ensemble de cet ecosystème, de mon point de vue, pour faire passer une startup au statut de PME de « service » en France…

Une conclusion assez rapide délivrée par Stéphane de faberNovel. Points clefs, redits et commentaires, quelques remarques de femmes entrepreneurs, soulevant aussi le problème de « l’entrepreneuriat et/ou l’échec » sont-ils une affaire plutôt d’homme ou de femme. Franchement et à mon sens, sujet inutile et non vérifié, sinon pour réveiller des tentations de sexisme déplacé là où notre bonne vieille société progresse et c’est tant mieux !

De l’expérience nait la lumière certes, mais bon à rester trop dans la pénombre on y perd ses repères et le moral parfois…Mais nous savons désormais qu’échec ne veut pas forcément dire…mat !

A suivre donc la version 1.0, septembre avec la collaboration de TechCrunch US.

Bookmark and Share