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Colloque « PME, l’état d’urgence », avec PME Finance : un moment de passion… 05/10/2012

Posted by evidencesx in économie, entrepreneuriat, management, stratégie.
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Colloque très intéressant en cette période de “chasse aux pigeons” (#geonpi) et au mouvement d’ampleur destiné à faire réagir la classe politique, face aux projets annoncés un peu vite par le gouvernement, s’agissant de la taxation des plus-values alignées sur le barême de l’IRPP. Même si le sujet est plus centré sur le financement des PME en France, sujet les empêchant de devenir des PME moyennes (« ETI »), enviées à l’Allemagne, on voit bien que la période est fébrile et que l’on touche à des domaines sensibles…Pourquoi ?

Parce qu’aujourd’hui en France :

  • Les PME dynamiques en croissance créent plus d’emplois que les grands groupes
  • Il y a un manque crucial d’intermédiation (ie ce qui permet à une startup de devenir “moyenne” “ETI”, voire, internationale)
  • Les défiscalisations réalisées en investissant dans des PME ne sont pas qu’opportunistes : il y a encore un esprit pionnier du risque (au delà de la rentabilité pure du capital investi), une envie de faire grandir l’exploitation d’une enterprise
  • Si ces investissements ne peuvent plus se réaliser en France, les capitaux iront ailleurs et manqueront à la croissance Française, déjà en berne
  • De plus, si ces montants sont investis dans l’immobilier de nouveau, nous aurons une bulle spéculative sur la pierre, qui va à l’encontre du plan social d’habitat et de création de logements

Même si l’argent est relativement peu cher (ie taux d’intérêts faibles), il reste rare car soumis à des arbitrages trop reposés sur la fiscalité d’une part et sur une législation Européenne qui échappe à la France (Bâle 3), réveillant des soupçons d’anti-Bruxelles, qui impose des ratios aux banques. Cherche t-on d’abord à tirer un revenu maximum d’un montant investi ou bien reste t-il encore le geste humble, citoyen et entrepreneurial d’investir pour créer (emploi, croissance, image, produits, innovation…) qui scelle le destin d’une entreprise ?

En plus, pourquoi cela n’est-il pas plus “simple” ? Quand on cumule les exercices de création, financement, subventions, représentation, etc, je n’ose à peine souligner les kilos de papiers qu’il faudra remplir, les heures à se justifier et convaincre…énergie qui certes prépare à la dure compétition des marchés, mais qui épuise l’entreprise avant d’avoir commencé…

Alors voyons un peu ce qu’il y aurait dans les “tuyaux” : face à la crise, encouragement des entrepreneurs, projet de loi de finance et réformes nécessaires…

J’en parlais plus haut, le problème réside largement dans l’intermédiation du financement, car entre “banque commerciale” et “banque d’investissement”, en attendant la banque publique d’investissement (et le rush de démarrage qui va l’accompagner…), le financement quotidien des PME est largement insuffisant…car finalement jamais (peu ?) pris en compte par la sphère publique. Trésorerie, où es-tu ?

Le cri de la PME s’adresse également vers les grands groupes ou “comment améliorer les relations entre PME et grands groupes ?”. Tout le monde sait qu’une PME, en dessous d’un certain seuil (CA, image…) est invisible, comme si elle était dans l’antichambre (on espère du succès) mais surtout, en sursis du bon vouloir des “puissants”, qu’ils soient financiers, industriels ou politiques. Comme un enfant à qui on dit “quand tu seras grand…”. Franchement, la “valeur n’attend pas le nombre des années” non ? La faute à la crise : “quand les gros maigrissent, les maigres meurent ?” Espérons bien que non…N’oublions pas que, pour doper un autre indicateur en berne (ie chômage), il faut des PME dynamiques, en croissance qui elles embauchent…Place à la CDC, qu’on ne présente plus, quelques projets en discussions, montrent que l’environnement quasi-public réagit et montre une posture d’entreprise…Reste que les délais ne sont souvent pas en phase avec les impératifs de survie des PME…Alors vite, SVP.

Et l’épargne ? l’AFG, qui regroupe 600 associations d’épargne (2.600 Milliards d’€ en France), représente 20% des sociétés cotées…Bien. Mais d’où va venir l’épargne dans le futur ? Plafonds, taux…sont des mesurettes, lorsque les banques entre Bâle 3 et la crise de liquidité font la sourde oreille…Il reste la fiscalité et l’attrait “du profil”. Si le volet ISF semble intouché, l’IRPME semble désormais “noyé” dans les déductions fiscales “mutualisées” et donc on mélange “choux, carottes et poireaux”, ce qui accorder peu d’attention aux PME innovantes. Créer un PEA “PME”, spécialisé serait une piste intéressante…Mais surtout évitons les amalgames dangereux : “l’épargne long terme est considérée comme du ‘capital’. Et le capital aujourd’hui, c’est ‘sale’”. C’est mal, c’est “contraire” au travail. C’est pourtant ce que demande en premier une banque à une PME “augmentez votre capital” pour pouvoir emprunter. Faudrait savoir ? il faut ou il ne faut pas ? Le capital, c’est ce qui finance le long terme, donc c’est indispensable pour le fond de roulement et la pérénité de l’entreprise. N’importe qui sait qu’il ne faut pas financer des emplois longs avec des ressources court terme…Utilisons les “obligations grand public”, levier existant de bon rendement et à part plus accessible ? Décuplons les prérogatives d’Oséo et libérons-nous de la complexité., Vite, vite…

Pourquoi pas la bourse ? Mais comment lorsqu’on est plus “petit” réussir à réaliser le dossier nécessaire…et exister sur ces marches impitoyables…Créer la bourse des entreprises (segments B, C et Alternext, soit 830 entreprises en Europe) et adapter, voire customiser les procédures aux PME, comme moyen accessible à celles-ci mais aussi comme vitrine : une entreprise en bourse, ça attire et s’exporte bien.

Voix aux business angels…qui font partie de l’éco-système de “démarrage”, qui oeuvrent réellement très tôt et souhaitent être considérés comme salariés et créateurs de startups, fiscalement. Sans se faire plumer, après.

Que prévoit du coup le PLF2013, ou “projet de loi de finance 2013”, à ce jour…Le sujet évidemment “chaud” du moment : taxation des plus-values réalisées à la revente…On ne vas pas revenir sur le front des volatiles largement nommés sur Facebook, il faut tout de même saluer, quelques mesures favorables inchangées voire, améliorées : JEI, CIR, ISF PME…sont des leviers performants et plutôt bien exploités. Et pourquoi pas soutenir les projets innovants comme le FCPI, FIP mais aussi le PEA PME ? Transférer et autoriser les mannes de l’assurance vie, vers le financement PME ? Pas un réel manque d’idées, mais surtout une espèce d’“inertie”, de paralysie devant la crise et de mise en route opérationnelle, concrète. En attendant, il faut payer les salariés, les fournisseurs, l’état, les banques, les actionnaires…et pendant ce temps là, « les Japonais vendent » comme dirait l’autre...

Le mot de la fin revient à M. Jérôme Cahuzac, Ministre du budget, qui, relativement secoué comme le gouvernement par cette affaire “d’oiseaux”, tient en revanche plutôt bien la barre des réalités (la crise de croissance, un état de la France hérité “d’avant” -mmm-, une prise de conscience de l’entreprise) et surtout rappelle que les mesures en faveur des PME ont plutôt favorablement évolué à part une : la taxation des plus-values, une bombe qu’il vont tenter de désamorcer au plus vite. C’est dit, et avec le Coeur (façon Roméo et Juliette, une référence relevée…la politique c’est aussi du charme), balayant au passage les vieux réflexes hérités du communisme où “la gauche n’aime pas les patrons et le capital”. Mais n’est-ce pas là une chance d’en faire un débat de société, plutôt que d’orientation et de sensibilité politique ? Gauche, droite, à part pour le code de la route, ça sert encore ?

C’est un débat passionné, dont il est difficile de capter ici toutes les idées mais j’aurais tendance à retenir comme conclusion :

  • Qu’il y a un tissu d’entrepreneurs passionnés en France, et qu’il faut à tout prix retenir cette facette (et non pas les nantis du CAC40, les golden parachutes et les stocks options éhontés)
  • Qu’il est plutôt bien représenté et organisé : bravo à PME finance pour ce dynamisme !
  • Que la compétition est mondiale et que toute mesure nationale, peut avoir des effets de bord impressionnants (ie niveaux de salaires, affaire des 75% d’ISF…)
  • Que d’avoir des mesures de “répression fiscale” sur les grands groupes, qui certes peuvent le financer, revient à terme à dépouiller les PME aussi : les grands groupes qui licencient sont aussi les donneurs d’ordre des PME…alors si l’on veut garder des carnets de commande bien remplis…
  • Que renforcer l’attrait de l’épargne long terme ne suffit pas : il faut encore convaincre et restaurer la confiance dans l’avenir : placer son argent à long terme nécessite  1) de ne pas en avoir besoin  2) d’avoir une vision dégagée sur l’avenir…et dans cette époque d’incertitude…
  • Qu’il faut organiser la circulation de l’épargne et moins cloisonner celle-ci : l’épargne disponible doit pouvoir être utilisée, sans destination d’origine, d’après le choix du citoyen
  • Qu’il faudrait réfléchir à un taux unique de taxation, pour simplifier les affaires et pouvoir se concentrer sur la création de valeur plutôt que d’innover dans la recherche fiscale et d’asiler ainsi des “clandestins” qui dévoient le bien commun…une bonne idée ça ?
  • Qu’il faut que la France entière soit derrière ses entrepreneurs, fière et les supportant comme une vitrine, plutôt que de vouloir tout niveler, en réveillant ça et là, la lutte des classes. La croissance c’est l’affaire de tout le monde…

“Parce que dans les yeux des entrepreneurs, il y a des étoiles, et c’est mieux quand elles brillent…”

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Managers et crise, comment retrouver un équilibre ? 04/05/2011

Posted by evidencesx in économie, développement durable, diversité, management.
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Mardi 3 mai, une nouvelle conférence HEC Exec au château, reprenait comme thème « nouveaux défis pour les managers fragilisés par la crise », en présence de 3 intervenants :

La crise a en effet fragilisé les situations en entreprise : visibilité, peurs, nouvelles menaces, doutes et angoisses de l’avenir, cette crise récente a remis en cause les modèles existants, en mettant en exergue les impacts colossaux des risques non anticipés, et leurs effets sur la motivation et la dynamique de groupe. Une bonne raison de se poser les questions pour résoudre entre professionnels, chercheurs et cadres en activité sur le sens donné au management : guide, épaule, repères mais aussi celui qui pousse à se dépasser et fait confiance. Des comportements qu’il faut garder hauts et entretenir, pour obtenir le meilleur des collaborateurs et garder cette étincelle de l’innovation sociale, technique et entrepreneuriale qui valorise le travail des entreprises, et qui anoblit la mission du management et en fait une science (certains en doutent encore).

Une enquête internationale « le manager idéal », réalisée en Mars 2011, par le biais de questionnaires sur le web avec la collaboration de 11 pays : Allemagne, Belgique, Canada, Espagne, USA, France, Italie, Pologne, Roumanie, UK et Russie, visant à faire évaluer les managers par les salariés, et les situations de management dans lesquelles ceux-ci se retrouvent. On découvre ainsi les défis à venir pour l’entreprise : qualité de son image, sa réputation (tip: e-reputation), adaptation (besoins/clients), innover (produits/services). Cette enquête met en exergue la nécessité de l’engagement au travail et attachement à l’entreprise (priorité N°1 des DRH) retrouvés : développer la mobilisation des collaborateurs. Mais pour obtenir cette adhésion, faut-il encore l’organiser et le vouloir : pour 75% des interrogés, les managers directs ont un impact significatif sur l’attachement à l’entreprise. Les entreprises doivent donc investir massivement dans la formation au management, qui est capital dans la croissance d’une activité. Mais pas seulement : le management n’est pas une matière qu’on pratique quand on a le temps…Mais fait partie intégrale du cadre de travail de tout encadrant. Manager c’est un vrai métier, qui prend du temps (eh oui…).

Quelques clefs révélées, sur les différents éléments importants sinon indispensables sur :

  • Comment renforcer l’engagement dans le travail : relation d’équité, respect, soutien, confiance (la crise a éloigné les managers des équipes et c’est très regrettable)
  • Les qualités reconnues pour un bon dirigeant : vision stratégique et innovation
  • Les qualités essentielles du manager direct : confiance en soi, planification et organisation, capacité à faire des choix (bien notées) et capacité à motiver, à communiquer et à expliquer ses décisions, à reconnaître la qualité de travail de ses collaborateurs, à maintenir la cohésion de son équipe (mal notées)
  • Les choses inadmissibles chez le manager : ne pas savoir organiser le travail de l’équipe, ne pas prendre de décision, s’approprier le travail d’un autre (!)
  • Le manager idéal : écouter et prendre en compte les avis, communiquer et expliquer ses décisions, favoriser un esprit d’équipe et de coopération, instaurer une relation de confiance, reconnaissance du travail au quotidien
Même si cette étude est relativement poussée, je pense qu’il manque toutefois des éléments à intégrer comme :
  • Interroger Brésil, Inde, Chine, Japon et Afrique, plus de la moitié de la population de la terre et la majeure partie de la croissance d’aujourd’hui !
  • Les modèles soit-disant Anglo-saxons ont peut-être des limites pendant les crises, que les modèles des pays émergents ont moins : autrement dit, l’élite formée dans les business school Anglo-saxonnes, peut (doit ?) sans doute intégrer des composantes cultures, sociales et managériales fortes de ces pays émergents ?
  • Surtout quels sont les effets réels de la crise sur ces modèles (encore une fois, le titre était trompeur et je trouve peu traité…) ?
  • Le vieillissement des managers et les nouvelles habitudes des générations plus jeunes : connectivity, réseaux sociaux, innovation collaborative…
  • Les demandes criantes des jeunes : modèle de collaboration, de partage d’information, de travail transversal, de défi de « l’autorité » au sens premier du terme, etc autant d’éléments capitaux pour manager « moderne », comme on pourrait dire…

Un bon moment ponctué d’interventions concrètes, nous montre que le chemin est encore long, pour apprécier le management à sa juste valeur et en faire une arme de compétitivité sociale, pour les entreprises. Certaines entreprises ont pourtant su avec brio, développer des modèles de travail « win-win », où tout le monde est apprécié au mieux, là où l’édifice collectif  l’emporte sur les intérêts politiques de bas étage. L’ego a la vie dure…