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La Presse sous pression… 23/12/2013

Posted by evidencesx in économie, digital, e-business, innovation, numérique, politique, social media.
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La presse vit une époque particulièrement trouble et est menacée par des évènements qu’elle ne contrôle plus :

  • perte d’intérêt et de confiance pour la parole des marques et des medias
  • auto-journalisme sur les réseaux sociaux
  • circulation et redondance de l’information, largement relayée par le public et des “non journalistes”
  • perte d’intérêt pour la lecture et toute la chaîne intellectuelle des contenus (repères et  niveaux scolaires…), nécessitant d’adapter le news-telling en brèves avec moins d’analyse
  • consommation des news qui change même par le phénomène précédent mais aussi par le nomadisme, l’utilisation des tablettes mobiles et la micro-segmentation du temps d’information
  • introduction des hoax et des informations erronées sous l’accélération et le gigantisme dans la course au sensationnel et à l’information
  • une activité largement subventionnée, avec peu d’innovation et comme toute activité subventionnée, peu habituée à une réelle concurrence et des changements disruptifs
  • la hausse de l’énergie, des matières premières d’une part et la baisse du lectorat classique (papier) non compensé par la hausse du digital (nombre et valeur), d’autre part
  • tendance défensive des acquis, structures et résistance au changement plus forte, dus à des métiers très syndicalisés, nobles et intellectuels, habitués à être courtisés et aux tapis rouges
  • perte de monopole d’émission de contenus par la multi-diffusion d’informations par le public même

La forte réfraction au changement liée à « l’humain » pèse encore plus dans ce secteur que dans d’autres plus modernes et commerciaux. La noblesse du droit à l’information, la liberté de la presse et le carcan intellectuel dans lequel elle évolue ne facilite pas la mutation indispensable, vers les comportements modernes. Comme toute entreprise industrielle et historiquement ancrée, elle peine à appréhender les mutations technologiques de la communication et de la relation au consommateur (nb : déjà un bien « gros » mot pour un secteur qui courtise ses « lecteurs » et qui trouve normal que ceux-ci paient cher pour lire des contenus créés, produits et les histoires magnifiques, véritables créations artistiques de bons mots). Mais surtout, comme dans chaque situation anxiogène de crise, la tentation de mouvement incrémental est bien plus grande et moins risquée que de se réinventer totalement. « On sait ce qu’on a, on sait pas ce qu’on va trouver ».

Et c’est bien le problème. Dans le marasme et les opportunités apportées par le digital (technologie et expérience clients), toute la chaîne est bousculée : métiers, formations, production, contenus et formats, distribution, modèles de paiement, modèles de consommation…On ne peut pas utiliser de rustines, ça et là, en tentant de berner le client, qui lui est bien plus averti et en avance. La concurrence de la part de voix est bien là, entre gazettes gratuites, flux RSS d’informations live, journaux municipaux, blogs sectoriels/thématiques d’experts bénévoles. La presse n’imprime plus, n’impressionne plus. Elle tente la diversification, pour donner le change, mais n’invente rien, sinon que d’être « là où il faut être désormais » (magasins d’apps, syndication sur sites à fort trafic ou sur des rubriques en reprise de contenus). On ne parle que de réduction de coûts, contraction plus qu’investissements, on protège ses contenus, alors que l’internet est un media ouvert et libre, on s’accroche aux lois et aux subventions car c’est surement là qu’on trouvera la solution…

PresseRenew

Les différentes expériences digitales, c’est à dire de porter les contenus vers des lectures, contenus et des supports différents apportent certes de la nouveauté, mais des coûts et pas forcément de recettes. Les modèles publicitaires fondent comme neige au soleil et le paywall est contraire au principe déjà répandu d’un internet libre, gratuit et ouvert, l’essence même de ce vecteur moderne. Evidemment les « pure players », nés à l’ère digitale ne sont pas eux englués dans des organisations archaïques et évoluent dans cet environnement plus naturellement car ils ont été créés par la demande de ce nouveau lectorat et de ce nouveaux besoins : plus d’interactivité, de transparence, de vérité. Ils sont même tentés de recruter des pourvoyeurs de trafic, comme correspondants, mais sans les payer bien sûr, à l’image du Huffington Post en France qui en profitait sans les payer. Et la vérité là-dessus est assez simple : on ne gère pas une situation dite « disruptive », en faisant de petits pas pour « essayer » ou en tentant de la cosmétisation prudente. Et pourtant, le changement est bien plus profond, que les outils sociaux le laissent à penser. La consommation de la presse, de l’information et les formats sont tous à revoir, et même la définition même de « l’information » est à réinventer. Si l’analyse de la presse, menée par des journalistes professionnels n’est pas en cause et menacée, l’heure n’est plus forcément à la digestion de contenus trop longs, lourds et qui le temps d’être publiés, sont déjà obsolètes. L’heure serait plutôt au journalisme citoyen, à la co-création collaborative et aux communautés d’experts, de passionnés. Autrement dit, plus on s’enferme dans la « propriété des contenus », plus on risque qu’ils soient boudés, copiés et utilisés illégalement (mais n’est-ce pas la notion de « propriété » qu’il faudrait globalement redéfinir ?). La liberté du web, l’open source, le big data sont des lames de fond qui montrent bien l’état d’esprit du nouveau « conso-lecteur », qui lit tout, commente tout et réécrit tout. Capitaliser sur les communautés volontaires, locales (pour la presse locale) et bâtir en remplacement de la redondance d’information barbante, une vraie culture du reportage citoyen. Mais surtout être ambitieux en arrêtant de ressasser le passé. La référence est facile et récente (ie Montebourg et « l’innovation lente »), mais elle démontre bien la « peur », l’aversion au risque et surtout la nécessaire défense de combats perdus d’avance (TVA et prix unique du livre par exemple), contraire à la liberté des marchés, souhaités par tous lorsqu’elle améliore le pouvoir d’achat, détestée de tous lorsqu’elle menace nos emplois.

La presse doit donc repartir de la page blanche, elle qui passe son temps à la remplir et doit se réinventer, plus globalement que son objet social initial. Par tous les formats, canaux et audiences, pour redevenir un media d’influence, à consommer différemment. Il y a des exemples pas très loin, qui sont des réussites récentes dont personne n’a entendu parler

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La microfinance, un modèle pour demain ? 26/04/2012

Posted by evidencesx in économie, business development, diversité, innovation, social business.
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Le groupement HEC Geostratégie et l‘association « HEC alumnis » ont organisé une conférence sur ce thème, avec Jacques Attali, que l’on ne présente plus, particulièrement pertinent sur le sujet et impliqué à travers PlaNet Finance, qu’il a lui-même fondé.

La microfinance a réussi ce que beaucoup croyaient impossible, car trop risqué : intégrer les populations les plus pauvres à un système financier inclusif efficient, leur permettant d’exister, de créer et de développer la vie en local. Le succès de la microfinance incite à s’intéresser aux principes sur lesquels elle repose et dans quelle mesure le système financier traditionnel pourrait s’en inspirer.  Jacques Attali propose un éclairage intéressant sur le rôle que peut jouer la microfinance dans la définition d’un nouveau paradigme économique s’appuyant sur des valeurs de responsabilité et de solidarité. C’est en effet la solidarité locale, véritable levier de fraternité et d’entraide qui forment le ciment de ce principe de circulation de l’argent. Emprunteurs motivés mais responsables et prêteurs sains et solides, ici on ne joue pas avec l’argent…Malgré son importance limitée dans les échanges financiers mondiaux, Jacques Attali pense en effet que le système financier mondial qui émergera de la crise devrait largement s’inspirer des principes qui fondent la microfinance. Selon lui deux problèmes majeurs constituent les enjeux du monde à venir, aujour’hui :

  • le climat : dérèglement, épuisement et déséquilibre des ressources naturelles, choix énergétiques…doivent désormais régler nos modèles de croissance économique
  • l’inégalité des revenus : le creusement entre riches et pauvres et l’accès à la bancarisation

Ce dernier point souligne à quel point les ressources (ici non naturelles !) déterminent « le jeu » et le rôle que l’on peut avoir dans le « monde » ou pas. Et cet accès à une identité, un compte, un équilibre entre prêt, dette et projet extrapole le devenir de populations brisées, exclues et déclarées sans avenir. ça fait froid dans le dos…Et heureusement qu’on tente, après les subventions diverses, les assistances sans lendemain, de créer des modèles pourtant évidents, car tirés du bon sens mais surtout créés pour et par les hommes et soutenus par l’intelligence, la démocratie et ceux qui se sont enrichis…Un bel exemple pour redonner de ce que l’on a reçu. Mais cette « inclusion financière » semble encore trop lente, tant le déséquilibre entre riches et pauvres s’accélère. On peut tout de même observer quelques chiffres qui devraient nous réjouir, malgré les tribulations du micro-crédit, dévoyé par certains, pour en tirer un profit au delà des objectifs mêmes du sujet…:

  • 12.000 institutions en microfinance environ, existent aujourd’hui (600 seulement il y a 13 ans !)
  • 200 Millions de familles en bénéficient (soit environ 1 Md de clients)
  • 60 Mds $ d’en-cours
  • mais encore 700 millions d’entrepreneurs qui en auraient besoin dans le monde
  • un secteur (ONG/Associations) qui pèserait environ 15% du PIB mondial (estimation OCDE) et surtout soulignant que ces activités ne sont pas « contraintes » par des actionnaires.

Les principaux enjeux tournent autour de contrôle et sécurisation, accès et circulation mais sans doute aussi à une inspiration tellement forte qu’elle pourrait bousculer nos systèmes financiers plus traditionnels, je veux parler de nos pays plus développés, qui ayant joué avec le feu (ie subprimes) se retrouvent à découvert et endettés…Le monde est tellement plus beau lorsqu’il est solidaire. Alors n’hésitez plus, rendez-vous sur Kiva (et sa version Francophone), Babyloan, plaNet Finance…pour apporter votre contribution à des projets locaux et changer la vie des plus démunis. Maintenant…

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