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Les Business Angels sont-ils des anges ? 01/02/2013

Posted by evidencesx in économie, business development, entrepreneuriat, startup.
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Environnement mystérieux, complexe et dont il faut comprendre les rouages, les “business angels” (BA) ne sont pas une secte. Ils sont la représentation d’une société qui a du mal avec l’entrepreneuriat, laissant les idées sans argent. Sous la houlette d’anciens entrepreneurs, ayant tantôt réussi ou échoué, ou de cadres fortunés, en exercice ou retraités, la “profession du financement du risque” s’est organisée, en copiant tant bien que mal, la dynamique de la Silicon Valley, dont l’efficacité et l’essor ne sont plus à prouver.

Mais il ne suffit pas de vouloir, copier ou envier pour réussir. Et si « entreprendre c’est déjà réussir quelque part », la mécanique en place peine à produire les effets escomptés. Anges ou démons, reste à savoir pourquoi et comment se tisse le réseau tant estimé et plutôt fermé des BA. Et reste selon moi aussi beaucoup de ménage et d’ordre à retrouver pour regagner la quintessence de l’espoir. L’espoir de changer le monde et de créer, innover, en toute sérénité.

Revenons sur les objectifs principaux des BA tels qu’ils auraient été annoncés, à leur création :

  • Financer des montants d’amorçage pour des petites sociétés en devenir
  • Conseiller et ouvrir les réseaux d’influence et d’affaires à ces mêmes sociétés
  • Utiliser la loi fiscale Française pour défiscaliser les montants investis, participant ainsi à la construction du ROI global
  • Développer ces petites sociétés en préparant leur croissance et d’autres tours de tables potentiels
  • Préparer la sortie d’investissement par tout moyen : IPO, rachat industriel ou financier

On voit bien ici le creuset de compétences multi-disciplines nécessaire et toute la chance de pouvoir, pour un entrepreneur, chercheur, étudiant… compléter ses propres talents en se faisant épauler. Mais ça c’était avant…Ce que je veux dire c’est que pour fonctionner correctement, il faut avoir des objectifs d’aide aux entrepreneurs réels, et non pas en vue une simple opération fiscale ou financière. La finance doit servir avant tout à investir dans des appareils de production (machines, locaux, concepts, brevets, hommes…) et non pas comme un appât du rendement. Les aménagements fiscaux opérés en France, s’ils sont un moyen intéressant (étaient ?), ne doivent pas devenir l’objectif principal… Et nous assistons malheureusement à une désorganisation rangée pour transformer l’objet initial en une communauté sans « goût » qui manipule les dossiers, équipes et projets indifféremment… dès lors qu’il existe une bottom line claire et rassurante, voire un « entrepreneur star » derrière. Les projets, des choses ? Où est la flamme d’entreprendre et surtout, de prendre des risques ? Le risque c’est la passion, et surtout c’est logiquement rémunéré à hauteur… pas toujours des anticipations mais, qu’est-il de plus beau de voir pousser une entreprise, sortir des produits, grandir des équipes, qui produiront des emplois et alimenteront l’économie…

2006_10_angel

Pour revenir à mon titre, oui le système est malade car :

  • Pas assez de coordination entre les BA, trop de créations isolées, qui finissent par fusionner.
  • Pas assez d’analyse fine, mais un traitement de masse indifférencié, réalisé par des filtres dont on apprécie souvent mal la pertinence : peu de retours (c’est important les retours en cas d’échec, car l’échec est extrêmement formateur), pas de cohérence (on voit parfois des entreprises financées dont on ignore même le but et comment elles vont gagner de l’argent) et pas assez de communication : les entrepreneurs ne sont pas des numéros…
  • Trop de clientélisme et d’entregent : on va faire confiance à un entrepreneur qui a déjà réussi… Qui dit qu’il va réussir encore ? (peut-être a-t-il eu beaucoup de chance, certains ont l’humilité de le dire)
  • Une audience lors des pitchs pas vraiment attentive : parfois des cadres bronzés, en short (du vécu…), qui se fichent pas mal de savoir ce que vous proposez, mais après avoir somnolé sans avoir rien compris…vous remercient à peine !
  • Une spécialisation qui s’organise mais surtout autour des modèles que j’appellerais « vitrine », car surfant sur la mode. Alors que 2/3 des startups changent deux fois pourtant de business model en 18 mois. Ça signifie certes une agilité remarquable, mais alors ça sert à quoi d’être tatillon sur le business plan, s’il y a de fortes chances qu’il change complètement ? Hors de la « mode du moment » (web, mobile, social, service à la personne par exemple), pas assez de « nez » pour se risquer un peu hors des sentiers « normés » par l’écosystème.
  • Des réseaux qui existent certes, mais qui reconnaissent ceux qui en font partie et accordent peu d’importance aux nouveaux entrants. Ceux-ci sont même absents des grandes écoles, où commencent à s’organiser des incubateurs plutôt bien faits… mais où il manque la case financement en sortie de projet. Dommage…
  • L’entrepreneur est d’abord focusé sur son projet (qu’il existe, se développe) alors que les exigences des BA sont démesurées en terme de pilotage, suivi, reporting et ne correspondent pas à la structure d’une startup.

La faute à La confiance. Force est de constater qu’elle a pris du plomb dans l’aile. Relevons que c’est la confiance dans nos créations qui fera relever le défi Français et évitera de vendre nos startups à des groupes étrangers (là où les groupes Français rachètent des startups étrangères !). Cela permettra d’élever un tissu de PME intermédiaires qui manque tant en France. Sur 1.500 projets financés chaque année par les BA, seuls 3 à 400 font l’objet d’un autre tour de table leur permettant de grandir. Les autres ? Perdus dans l’écosystème défaillant. Pas de coordination entre les acteurs de toute forme (écoles, incubateurs, BA, fonds, banques, croissance externe).

Un brin de malice, de la ténacité et de la passion suffisent pourtant outre Atlantique à convaincre rapidement pour des phases d’amorçage… Rien ne remplace la passion et l’envie ; lorsque des entrepreneurs s’exposent et se lancent, il faut y croire, les accompagner et savoir ne pas être trop exigeant au départ. Après tout les mises ne sont pas très élevées.

Alors, ange ou démon, à vous de choisir de quel côté vous serez, la prochaine fois…

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