jump to navigation

Compétences, quelles compétences ? d’après @oecd forum 01/07/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, digital, diversité, entrepreneuriat, innovation, social network.
Tags: , , , , , , , , ,
trackback

Je me suis rendu à l’OECD Forum 2012, dont j’ai particulièrement apprécié l’organisation et les sujets et ai participé au « IdeaFactory » workshop sur les « skills », appréhendant sur le plan global et planétaire, la problématique des compétences. Ces compétences qui manquent cruellement à certains pays, et qui foisonnent chez d’autres, viennent bien d’un apprentissage séculier, dans la mécanique de l’éducation, du savoir, de l’héritage et des coutumes. Mécanisme, orchestré, organisé et pratiqué par les différentes couches sociales et les acteurs de la connaissance…Mais parfois bien plus modestes, comme la cellule familiale qui colporte les secrets et les us de la tribu, clan ou de la tradition orale. Bien passionnant, si ce n’est que ces différences se font sentir désormais dans la compétition mondiale, sans bien entendu parler d’intelligence, mais de choix environnemental du savoir : quels savoirs, quelles spécialités, dans le tumulte de la compétition mondiale vers un équilibre des marchandises, échanges et idéaux, équilibre social, de paix et partage des richesses. Comment dans ce cas l’envisager, alors que ces différences ne font que s’accroître, par manque d’infrastructure et de formations adaptées, pour ré-équilibrer les chances des individus et des générations futures ? Il y a bien un enjeu majeur de formation mais surtout de choix de quelles formations, pour quels débouchés et quels métiers et industries…

Là où déjà le déséquilibre des ressources naturelles constitue une inégalité majeure, les compétences seraient donc une « marchandise », précieuse, dont l’acquisition et le capital feraient l’avenir d’une nation, très tôt. Comme les choix énergétiques ou en terme d’industrie ou d’agriculture, l’éducation – système, orientation, ressources et investissements – est donc un objet majeur d’attention et le focus sur le développement des compétences est donc clef pour l’avenir d’un pays. Mais tout comme une économie de biens et de services, il doit y avoir une modération, un équilibre entre offre et demande, de manière à pourvoir les pays, sans surplus mais aussi sans carence importante, la « balance des compétences » doit être équilibrée. Aussi, étant retenues comme stratégiques, les compétences et leur culture doit faire l’objet d’un écosystème favorable à l’identification des besoins, la culture de bon niveau des demandes et la bourse aux échanges. l’OCDE identifie ainsi un diagramme extrêmement pertinent pour faire les bons choix, cruciaux pour l’avenir des futures générations et de l’économie héritée. Selon 3 choix majeurs comme :

  • Un pays peut développer les compétences appropriées en
    • identifiant les opportunités en terme de métiers/secteurs porteurs où il est compétent/pertinent
    • renforçant l’investissement dans la filière éducative de référence
    • préparant les mutations technologiques et sociales dans l’éducation même, en renforçant la veille et les partenariats « recherche/éducation/entreprises » (les fameux « clusters »)
    • favorisant les échanges internationaux et en développant un programme de « long life learning », avec des phases adaptées aux rythmes de vie
  • Un pays peut activer l’offre de compétences détenue en
    • subventionnant l’exercice de compétences rares, la documentation et la formation dans ces domaines
    • exportant le surplus et en communicant sur les richesses et l’unicité des compétences détenues
    • favorisant l’échange de compétences lorsqu’elle n’est pas monétisable, surtout pour qu’elles ne disparaissent pas et que l’héritage de la transmission puisse avoir lieu
  • Un pays peut veiller à ce que les compétences détenues soient utilisées plus efficacement en
    • renforçant le lien entre offre d’emplois et adéquation de compétences et en organisant la flexibilité bilatérale
    • optimisant l’offre de compétences en l’utilisant là où elle est le plus utile pour le pays : demande interne, formation, internationalisation, mutation…
    • minimisant la sous ou sur-utilisation d’une compétence donnée pour besoin exprimé
    • menant des études visant à documenter l’utilisation actuelle des compétences et diriger la future politique de production de compétences : quoi, comment, pourquoi ?

Les compétences, nous venons de le voir sont donc ressources rares, mais surtout gérées aujourd’hui sans équilibre global et réflexion d’ensemble : former des gens inutilisés par la suite (le chômage…) ne sert qu’à illusionner et flatter des filières académiques, pour la plus grande désillusion des diplômés…Et lorsqu’on parle de « formation continue », 80% des formations ne servent à rien sinon à dépenser le budget formation des entreprises, sans espoir de retour ni même d’objectif initial…Il est donc temps de rendre cohérent les actions et de mieux utiliser les subventions et aides, pour former non pas mieux, mais plus utile. L’apprentissage est une filière intéressante car elle réunit l’offre de formation au plus tôt, avec la concrétisation en unité de travail dans des entreprises, permettant pour l’apprenti, d’adapter au mieux et au plus juste sa formation et son style, pour l’entreprise de former au plus près de son besoin, les compétences tout de suite utiles…Mais plus proche des besoins primaires, il y a juste la nécessité d’exister dans un éco-système local. Nombre de rues dotées des plus pauvres, forment et adaptent, par morphisme les compétences quotidienne, avec des capacités exemplaires de flexibilité. Mais l’on reste à une vision très court termiste, nous sortons donc d’une prise en compte plus macro-économique, aspect qui rend un pays plus compétitif, à terme.

« Better policies for better life », dit l’OCDE dans sa baseline, espérons que la politique d’équilibre et d’échanges en terme de compétences et de coopération pour la formation et le partage des connaissances sera une réussite pour doter les moins chanceux, d’intelligence et de culture leur permettant d’émerger et d’en faire le négoce…La bourse des connaissances et des compétences n’existe pas encore et pourtant, elle pourrait donner lieu à des échanges utiles et à un circuit vertueux de progrès mondial. J’y crois, j’en ai envie et j’y collaborerai dès que possible…

Bookmark and Share

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :