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L’Internet des Objets avec Netexplorateur.org 07/12/2011

Posted by evidencesx in économie, digital, e-tech, innovation, m-business, mobile, social media, technologie, Uncategorized, web.
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« Les objets deviennent bavards, le monde réel se transforme en un immense système d’information ». J’ajouterais que si les « marchés sont maintenant des conversations », il faudra compter avec les objets, qui en effet vont, au cours des prochaines décennies, prendre la parole…Comment, par quels moyens ?

C’est un nouveau volet organisé par la célèbre initiative « netexplorateurs », dont j’ai plusieurs fois dressé des comptes rendus passionnants ici, permettant de collecter dans le monde les meilleures initiatives en termes d’innovation, sociales, économiques et technologiques, qui s’est tenu le 6/12, dans les locaux d’HEC, porte de Champerret. Co-organisée par HEC et Netexplorateurs, cette journée nous expose les évolutions visant à rendre « réels » des objets inertes, leur donnant une vie numérique et online. Cette manifestation fait partie de la semaine du numérique, englobant des évènements majeurs liés aux tendances « digitales » du moment.

2020 : 20 Milliards d’objets connectés ; lesquels, comment, pourquoi et quels services ? Quelles applications pour quels changements dans les organisations, les métiers, les chaînes de valeur ?

« Nous n’allons plus sur Internet, nous sommes dans Internet » (J. de Rosnay, 2008). Comment ignorer du coup l’environnement dans lequel nous vivons, connectés, tracé, fiché… ? Quel degré d’aliénation allons-nous accepter demain ?

Démystifier l’Internet des objets, c’est ce que nous propose rafi Haladjian, célèbre entrepreneur et créateur du premier objet communiquant, le « Nabaztag » (lapin en Arménien). De son célèbre humour, connecter d’abord les lapins, puis après tout le reste. Son crédo, sa stratégie initiale, ne nous dit pas si il a réussi…Force est de constater qu’il nous semble plutôt averti, un peu comme si les objets lui parlent à lui. Serait-il l’homme qui parle à l’oreille des objets ? Sans doute. Créateur de « Sense » une plateforme qui promet de donner du sens aux flux de données, ordonnées en fonction d’un but « comme un système » finalement. Si nous sommes maintenant dans Internet, c’est qu’Internet a créé un environnement qui englobe notre environnement réel. Pouvons-nous échapper au « tout connecté » ? Selon lui, « aller chercher l’information dans la vraie vie » existe depuis près de 15 ans. L’Internet source des données, comportements, actions dans notre vie quotidienne. Mais jusqu’à là, ils stockaient ces données en historiques, là où aujourd’hui ils sont interactifs et communiquent en temps réel les statuts et les états dans lequel ils sont, pour faire réagir l’individu, et bien entendu, d’autres objets. Il n’y a pas loin jusqu’à ce que les objets créent eux-mêmes leur page Facebook, intégrant donc un réseau « social », leur permettant d’être vivant, dans une société connectée…

Vlad Trifa, de l’institut de Pervasive Computing, en Suisse à Zurich (@vladounet). EvryThg, titre de sa présentation…de l’Internet des « things ». Il dresse les enjeux industriels du fait de la connexion des objets et les cercles différents de connexion du web : real-time, social, programmable, sémantique et physique (objets quotidiens). Le web of things, c’est un espace commun à ces 5 cercles, un espace de design qui redessine les relations entre objets, personnes, actions, états…induisant des modifications majeures de comportements et de résultats économiques différents. Les objets connectés, c’est aussi les rendre uniques par le fait qu’ils ont une identité propre par leur place dans l’espace, dans le temps,  par leur propriétaire ou locataire. Ils deviennent de fait un autre périmètre que le simple objet physique, mais aussi un environnement caractérisant sa vie, son utilité, son « track record », sa réputation, etc. Maintenant lorsque vous achèterez un aspirateur, vous vous méfierez un peu plus…

Usman Haque, de « Pachube », propose lui un panorama autour de la plus grande initiative d’open data de données connectées. « Actually it’s all about people ». OK, mais demain ? La capacité de la communauté bâtie sur Pachube permets de partager des données qui devraient être plus « publiques », avec des applications extrêmement pertinentes comme par exemple la gestion de l’énergie (savoir quand dans une ville utiliser de l’eau ou pas, idem pour l’électricité, le trafic, la culture…see Dontflush.me). La connexion permet de gérer à l’échelon d’importantes communautés (quartiers, villes, villages…) des comparatifs de consommation, voire des défis ou compétitions entre citoyens, pour optimiser la responsabilité des usagers locaux…Très intéressant et très « citizen oriented ». Les « objets connectés » nous rendraient-ils (ou nous obligeraient-ils à l’être ?) plus responsables ?

Cédric Hutchings, de Withings (célèbre créateur de la balance connectée qui permet de partager son poids en temps presque réel sur les réseaux sociaux). La connection des objets selon lui nécessite une interface riche et performante pour réussir l’usage même de ces objets. Dans le cas de la balance, le « user friendly » est plutôt dans l’interface de l’application IOS plutôt que dans l’objet qui lui exprime sa beauté par le design même. Un autre exemple, le « baby monitor », objet + interface Iphone pour les parents. Connecté oui, mais surtout « utile ». Connecté ce n’est pas seulement connectable, il faut y ajouter de l’usage, c’est ce qui rend vivant les objets vraiment et qui ajoute la vie dans la durée surtout et l’enrichissement par l’utilisateur. Selon lui, la domotique est un terme vieux, dépassé et à réinventer car finalement trop rigide : une action entraîne une action isolée…Alors que la connexion permanente enrichit bien plus les possibles, dans la durée…

John Kestner, Proximeter (supermechanical) mettant en œuvre un portefeuille changeant de comportement en fonction de son état de remplissage…intéressant et surprenant a priori !

« if we have thousands of computers around us, they have to be really simple ». En fait, la reproduction de ce principe se retrouve dans le “proverbial wallet”, qui s’ouvre plus difficilement en fonction du niveau de vos finances…”care about spending your money” semble être son dicton favori. L’effort physique traduit dans l’objet devient fonction de son état intérieur, ce qui le rend « vivant » et connecté pour changer le comportement pour l’utilisateur : responsabilisation, arbitrages,…de quoi réfléchir avant d’agir. Twine, autre système communicant permettant de relier des capteurs « domestiques » et de déclencher des alertes, blocages ou actions dans un environnement habité. A suivre donc, car un objet très intéressant…

Ricardo Ferreira, avec Living Plan IT, optimisant la gestion d’une ville connectée et ses différents “objets” de l’urbanisme courant (inside Living Plan IT). Il illustre la dramatique dans des populations et la concentration extrême dans les métropoles, gigantesques institutions absorbant l’identité des individus en parfaits inconnus. La croissance nouvelle de ces migrations nécessite une nouvelle organisation, optimisant les ressources qui elles, ne grandissent pas à la même vitesse. L’expérimentation menée aux alentours de Porto au Portugal, montre une nouvelle aire « Plan IT », un concept global de gestion des données, ressources et informations. L’idée est d’inclure des capteurs partout, sur « chaque » objet, élément d’une composante urbaine, et de pouvoir communiquer avec et recevoir des informations d’état qui traduisent le comportement « vivant » de l’ensemble.

Laurent Maruani, professeur de Marketing à HEC, nous résume en une synthèse particulièrement intéressante quelques clefs relevées d’après ces présentations, avec :

  • Arrivée de toutes ces applications en mass market après les années « hippie shake » expérimentales ; la vitesse de déploiement et d’appropriation est vertigineuse
  • Time to market, tout de suite avec des avantages réciproques : principal « statement » de tout bon marketing
  • La profonde modification dans la montée en charge de ces technologies, pour qui la phase de « early adopters » est de plus en plus courte, le fossé (« chasm ») toujours existant, mais la durée des cycles s’accélérant, changeant donc le financement de ces innovations ainsi que le retour sur investissement attendu
  • L’identification aux objets et l’acceptation de ceux-ci, en tant « qu’individus » ou le rejet massif de « trop de données », trop de connexion…
  • L’intérêt (user interest) est une dérivée du data volume, ce qui signifie qu’il y a un « tri » et une organisation sensée de ces données à travers des flux et ces objets, pour qu’ils deviennent « utilisables » au sens de « vivants et concrets »
  • L’internationalisation du langage des entreprises : quelles cultures favorisent « l’international » et du coup, ces objets peuvent-ils aider ces passerelles nécessaires ?
  • Les dangers du « tout transparent », des risques de glissements de comportement des citoyens, rendant les uns renommés et adulés et d’autres dénoncés et décriés, par le fait que tout le monde se met en scène, à nu, par ces objets rendant compte d’une vie, elle, privée ?
  • Et d’ailleurs où s’arrête ce cercle privé maintenant : foyer, immeuble, ville, pays… ?
  • Bien différencier « industrie » et « marché » pour garder la raison pour l’un et le besoin pour l’autre
  • Un jour les objets cesseront d’être objets pour faire « corps » avec nous, c’est-à-dire, greffés au corps humain. Aura-t-on le choix ? Quelles attitudes alors avec un système « interné » vs externe et environnant ?
  • Finalement, le questionnement engendré par la connexion des objets, « nomme » l’état relevé et implique du coup un comportement changeant : poids, taux d’alcoolémie…
  • Détester la technologie, c’est en fin de compte le meilleur chemin de l’innovation réelle, car centrée sur l’usage et l’essentiel. (j’adhère en terme de chemin créatif pour s’affranchir des barrières de l’ingénierie…)

« Interne, externe, se peser ou être vu, soi ou l’autre. Les lapins feront des petits…. ». Quelle réaction du législateur, du corps politique face à des enjeux de cette taille où les frontières ne s’analysent qu’à la vision que nous avons aujourd’hui. Comment en effet « juger » ces objets avec quelles lois, pour le futur ?

Enfin, le nouveau matérialisme lié à ces objets, quant à la continuité et la valorisation de ces entreprises et projets naissants. Industrie, marché, ressources, une île nouvelle, pas déserte, pas inerte mais un îlot de créativité pour les générations futures…

Une conférence passionnante comme d’habitude des forums Netexplorateur, introduite par T. Happe et modérée/animée par Cédric Ingrand, rédacteur en chef high tech sur LCI. Le rendez-vous est donné pour le forum à l’Unesco, les 15 et 16 Mars, prochains.

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Commentaires»

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