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Netexplo, le forum qu’il vous faut… 06/04/2013

Posted by evidencesx in économie, digital, entrepreneuriat, innovation, numérique, social business, social media, social network, startup, technologie.
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Nouvelle édition 2013 de ce fameux forum, que je couvre depuis plusieurs années, et si il a lieu tous les ans, un an c’est long, très long dans le digital. Cette année, nous avons été touché (pas encore par la grâce), mais en tous cas par le big data, le social retail, la tv connectée qui prend forme, et les plateformes, objets, lieux connectés, toujours plus. Rien ne saurait donc nous surprendre encore…Et pourtant ?

Le club de la presse ouvre le bal avec ce jeudi, un sujet attendu et d’actualité avec « Chine : un digital dragon ? ». En effet, pour parler géopolitique, et comptes tenus de la percée de la Chine dans les échanges internationaux, on entend rarement parler de ce pays comme un exemple du digital, sauf bien entendu à y comprendre, que tous nos devices chéris, y sont fabriqués pour le compte de multinationales étrangères. Certes. Mais il se passe aussi des évènements comme le CHTF, ou bien CNINICT, des expositions désormais gigantesques et internationales, qui soulignent l’ambition démesurée mais possible du Dragon Chinois. « La Chine fait aujourd’hui à la Corée, ce que la Corée a fait il y a des années au Japon ». Une remarque qui concerne les formidables progrès réalisés dans l’EGP, tous azimuths. Le dernier CES à Las Vegas a montré cette année nombre d’acteurs Chinois arrivant en force avec des produits d’une qualité surprenante (TV, mobiles, tablettes…).

« Changer le monde, cette année c’est le changer en décidant ce que nous voulons faire des technologies ». Décider, vouloir, c’est donc l’action que souligne Eric Falt, Directeur Général adjoint de l’UNESCO. L’action globale, les jeunes, l’éducation, vous, moi, eux, comment nous sommes affectés, tous et plus, par la technologie. Avant que cela ne soit des prolongements de nos corps, membres et cerveaux, équipons le monde pour dépasser nos envies, développer un monde plus équitable, juste, équilibré et durable. Si la technologie va beaucoup plus vite que notre imagination, ce serait donc nous qui serions à la traîne : bougeons nos neurones, pour pousser la machine plus loin, à notre service.

Video de Fleur Pellerin, Ministre… absente du forum nous délivre sa vision des enjeux numériques pour la France, à l’aube de grandes ambitions : la marque France et Paris capitale du numérique (LE cluster de référence).

Introduction Thierry Happe, Cofondateur Observatoire NETEXPLO, avec cette année, encore une fois l’influence de la Chine : 564 millions d’internautes, c’est beaucoup, ça va vite, mais c’est seulement 42% seulement de la population totale…c’est dire le potentiel. Du « made in China » vers « Designed in China ». Baïdu, Renren…vont devenir plus puissants que les réseaux existants du monde occidental. Réseaux sociaux et mobile sont les clefs de désenclavement en Chine, peu couteux, et surtout permettent en 140 caractères chinois, d’exprimer beaucoup plus de choses !

Et cette année…pourrait être l’année de la e-santé, tant il y a d’innovations dans ce domaine.

Le « NETEXPLO TREND REPORT 2013 », avec cette année Julien Levy, Professeur HEC Paris. Nous démarrons par la première tendance de fond : le cloud. Je ne sais pas ce que l’on y trouvera, car si l’on en croit l’actualité, ce que l’on nous dit sur le bœuf, c’est qu’il est en fait un cheval ( !) et que Darwin n’aurait sans doute pas compris cette évolution accélérée de son processus déterministe. Alors le cloud, c’est une métaphore, plus que de la technologie car cela modifie bien entendu les pratiques technologiques, mais surtout rend invisible, indolore et surtout encore plus virtuel, nos actes, données, réflexes et réactions. Le « Cloudcare » est pour le moment une initiative bienveillante. On veille, on surveille pour votre bien, votre santé, votre parcours. Mais dans le cloud, le problème, c’est que « l’individu », « l’ami » qu’on se fait de manière individuelle sur les réseaux sociaux, c’est qui dans le cloud ? La confiance que l’on met dans un contact, IRL ou online, va t-elle suivre le même engouement avec le cloud, ce « big brother » certes bienveillant, mais anonyme ? Et puis surtout, veiller surveiller c’est une bonne idée pour protéger les gens et probablement aussi, prévenir…Mais qui nous dit que cet engagement formidable ne va pas être dévié à des fins ou mercantiles, ou de dénonciation, voire d’exclusion à terme ?

Fact checking, nous permettrait de marier expertise et crédibilité, là où l’invasion du marketing 2.0, portait en lui une part de manipulation…Twitter une autre part de bruit inutiles, voire déformés ? Il y a longtemps que la presse prend ses distances avec la crédibilité des informations véhiculées. Décoder le réel par la matière…les smartphones, ah oui en plus de téléphoner sont des outils formidables pour le « seamless », le « sans coutures », réconcilier l’IHM, les machines et l’homme, le online et l’offline. La révolution, c’est finalement le tactile, quelque soit la device, on s’affranchit du « toucher ». Alors vraiment ce tourbillon qui peut rendre fou, ne doit jamais nous détourner d’un objectif : rendre le monde meilleur et plus juste. Si tous ces liens, machines et esprits virtuels, alors oui adhérons en masse et développons notre apprentissage et le cadre de prévention qui va avec.

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Netexplo Awards présentés avec cette année les 10 lauréats suivants :

LazyTruth : filtrage de contenus pour en extraire le vrai du faux, une initiative cruciale comptes tenus des contenus numériques en circulation et leur prolifération exponentielle

Parkinson’s Voice Initiative : détection de la maladie de Parkinson, en 30 secondes, en écoutant la voix d’un patient (et la vibration de ses cordes vocales), diagnostic qui peut être réalisé au téléphone !

ConnectCubed : utilisation du « gaming » pour cerner le profil d’un candidat lors d’un recrutement

Windows Of Opportunities : exploiter une surface (type vitres de véhicules) pour coller de la réalité virtuelle par des calques. Une « UX » extrêmement bien réussie pour des usages surprenants !

Yoza cellphone stories : combattre l’illétrisme, l’accès aux livres et à l’éducation en donnant l’écriture aux membres, qui racontent des histoires simples sur leur smartphone

Zero Gâchis : mets en relation les stocks de produits en date limite de consommation avec des consommateurs contraints financièrement, évitant ainsi le gâchis alimentaire trop important pour les magasins

CareSquare : devices d’assistance des personnes âgées tactile, avec des applications de service immédiat

Sparx : un jeu qui combat les situations de dépression et qui vous apprend sur vos émotions, dans une spirale ascendante, un serious game qui stimule et remonte le moral !

China Survival manual : prévenir les internautes Chinois des risques sanitaires et de scandales alimentaires

Netexplo Grand Prix : Electronic Tattoos, des tatouages électroniques qui se collent et se décollent, bourrés de transistors, d’électronique, etc. Des applications gigantesques de suivi médical et de dossier universel interactif… !

Après-midi : Media, Business et Communication

La formidable migration des usages et des écrans par Duncan Stewart, nous emmène à réfréner nos intuitions : le PC n’est pas mort, le parc est encore extraordinairement grand, stabilisé, mais le PC est fait pour certains usages et les autres devices pour d’autres : TV, smartphone, console, tablette…Et la révolution numérique a créé des usages en créant des devices et vice versa. Le multi-équipement ne servirait donc pas à « nous aliéner plus » mais à maintenir le lien numérique, dans toutes les phases quotidiennes de notre vie.

Pour le business ? le crowdfunding avec les fonds collaboratifs et communautaires se développe et constitue une alternative pertinente au frein marqué des investissements possibles dans les startups, mené par une fiscalité appuyée en France, notamment. Modèle qui mèle participation, engouement, liberté de choix et enjeu social, le crowdfunding va se développer, si la transparence reste de mise, pour maintenir un vrai levier social d’action, dans les entreprises de demain.

14h30 : Neil MORGAN (Grande-Bretagne), ADOBE, « The digital self : le marketing à l’ère du consommateur social »

La question de la presse et des enjeux de résistance, d’organisation et de pertinence dans l’environnement de l’information redondante, celle qui n’a plus de valeur, qu’on obtient gratuitement. C’est Jennifer Preston du « New York Times », qui déroule la politique héroîque et gagnante menée pour traverser l’incertitude de la presse, sur son maintien d’acteur de référence et de migration des supports papiers en numérique. Entre paywall, échantillon et investissement dans une édition de qualité, l’adaptation de la presse colle avec notre quotidien et la nomadisation de la consommation de contenus. Orienté autour des supports (journal, news, flux, tablettes, smartphones, TV, écrans hors domicile, consoles), notre vie est rythmée par des moments plus ou moins forts et propices à l’absorption d’information. Exister comme media, c’est être capable d’être présent à tous ces moments, selon les supports adéquats, en effectuant tri et enrichissement de l’information brute : illustration, commentaires, analyses, contre-enquêtes…L’enjeu n’est plus la rapidité et la quantité, mais le « mieux » et le « vrai ». Des sites comme factchecking.org se sont développés, non pas comme des sites d’informations, mais surtout comme guichets de validation de celle-ci, là où le « users generated content » offre l’immédiateté mais aussi le plus grand danger : l’intox. Comment faire le tri, dans des conflits toujours plus rapides et dans cette course, toujours, à l’audience ?

2ème jour avec, au « Club de la Presse » : Peut-on réussir dans le digital ailleurs que dans la Silicon Valley ?

Véritable sésame du rêve entrepreneurial (et Américain pour le coup), la Silicon Valley est encore le symbole d’efficacité et d’énergie pour les startups. Même si se développent des modèles « équivalents » (NYC, Israel, Berlin, Paris ?…), personne n’égale autant de brillance pour sourcer, dynamiser et alimenter l’innovation et l’envie entrepreneuriale. Alors, oui on peut probablement réussir dans le « digital » ailleurs (à noter le terme digital est sans doute inapproprié, car flou et renvoyant à un moyen plus qu’à un but), si l’on réunit tous les ingrédients nécessaires : éducation, expérience/mentoring, incubation, financement, amorçage, accompagnement, suivi et partenariat grandes entreprises. Non pas qu’il manque quelque chose à chaque fois ailleurs, mais plutôt que seul la Silicon Valley a su encourager un éco-système vertueux, vrai cluster de confiance. Les générations futures et l’innovation collective pourront sans doute driver le changement pour faire émerger ailleurs cette philisophie « pour de vrai », là où de nombreuses initiatives restent dans « l’intention ».

Joël de ROSNAY, la lumière, lui il l’a reçue très tôt et depuis, elle ne le quitte plus. S’il est une personne qui vit plutôt bien avec son temps, c’est lui, car il sait trouver l’exposé juste pour nous expliquer simplement les « mutations » technologiques, à travers le miroir des changements sociaux. Dans son exposé passionnant, il nous livre ses pensées, comme un « mutant du numérique », citoyen de son temps comme nous ou selon lui, l’intelligence puissante de la technologie est devenue « portable » (mobile), et va sans aucun doute vers « l’intégration ». Intégration dans les appareils, vêtements, corps, animaux, objets…l’hyper-connectivité va se transporter d’un problème de réseaux à un problème d’assimilation de fonctionnalités EN nous-même.

Alors « Comment le digital transforme-t-il l’entreprise et ses différents métiers ? » serait presque une question déjà dépassée, car si on ne s’en est pas rendu compte avant…On a sans doute raté quelques vagues importantes. Par exemple, la gestion des talents et des compétences, l’historisation et la transmission du savoir (knowledge management), la manière d’enseigner et d’apprendre, l’accès à l’information et l’interactivité, la manière consommer, la sollicitation individuelle ou le marketing personnalisé, la e-santé et le « e-care ». Ou une (meilleure ?) tendance à pister tout et tous, pour le meilleur ou pour le pire (care cop ou big brother ?). Mais sans aller trop loin dans les process spécialisés par industrie, le digital mène un changement important dans la manière de travailler, les échanges, l’accès à l’information et la prise de décision. Les théories bien connues du « lean management » chez les startups, déjà raccourcissaient les cycles pour mieux éviter l’échec et apprendre en incrémental, pour finalement innover plus vite. La modélisation digitale et l’entreprise 2.0, dans leur management tendent vers une banalisation des phases d’attente pour un process continu, qui s’auto-corrige par la capacité de réaction temps réel.

Quand Francis Pisani nous propose son « Tour du monde de l’innovation digitale : vers un monde multipolaire ou l’innovation distribuée », nous comprenons combien l’innovation digitale constitue une forme de révolution, a priori homogène, mais dont l’accès est incrémental et grisant. Comment devancer nos besoins et nous exciter en nous rendant encore plus exigeants. Plus la peine ou le temps de digérer, l’innovation s’apprend en marchant, en singeant et en copiant les usages de la collaboration. Un partage mérité, dont l’accès mérite d’être accéléré, c’est sur.

Un petit passage de Mitchell BAKER de la MOZILLA FOUNDATION, qui nous fournit entre autres Firefox, pour rappeler l’expansion colossale des principes de l’open-source, avant même notre époque de partage social exacerbé. Principes qui se sont étendus dans des domaines importants de l’infrastructure IT, tous azimuths. L’open-source, au delà de la prouesse technique du maintien et de l’évolution par l’utilisateur, c’est un état d’esprit où tout le monde collabore. Plus de hiérarchie ou si peu, mais une passion commune qui progresse à des coûts défiants toute concurrence et qui insuffle une liberté rassurante, dans la durée…

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« Comment gérons-nous notre hyperconnection ? », traité par Orange…tient plus du déballage du catalogue, où l’on y suppose qu’Orange peut répondre à tous vos besoins, même sans le dire, tant ils sont partout. En revanche, l’exercice permanent consistant à nous pousser la 4G avant que ne marche correctement et partout la 3G me semble préoccupant d’une société du « gâchis » où l’on jette, ne répare plus et remplace tout avant même d’en avoir couvert toutes les utilités. Autrement dit, il serait plus utile de former les gens à cette hyperconnectivité, en montrer et exploiter vraiment les opportunités, relier TOUT le territoire en fibre HD, et surtout sans d’abord penser au tiroir-caisse. S’il y  bien un rôle de « service public » et si le digital dirige tous les services de demain, alors oui équipons partout, mais arrêtons de pousser de l’innovation chère et incomprise et concentrons-nous sur « comment relier vraiment les gens », plutôt que de les gaver avec des réseaux plus chers dont ils n’auront peut-être pas besoin.

Je trouve que le sujet « Femmes et Réseaux sociaux : une équation porteuse pour l’entreprise ? » a peu d’intérêt, comme si les réseaux sociaux avaient un « genre » ou une utilisation particulière par les femmes. Ce qui est porteur pour l’entreprise, c’est l’architecture de travail en RSE et la possibilité de sourcer partout, l’innovation et l’engagement des salariés, femmes et hommes en parfaite harmonie. Et il y a encore du travail de pédagogie et de montée en compétence pour mettre en œuvre les richesses opérationnelles du « social graph » de chaque salarié, en construisant une vie numérique professionnelle, utile et efficace pour l’entreprise. Comme d’habitude, la mise en avant d’un genre, d’une communauté, etc risque le rejet

Amadou MAHTAR BA qui nous vient du Sénégal (AllAfrica.com), en traitant le sujet « Internet et Innovations en Afrique : moteurs de démocratie et de transformation économique et sociale » me semble par contre très opportun, au moment où des frictions ressortent, entre terroristes et défense de la démocratie, maintien  des richesses locales du sous-sol et défense des intérêts d’exploitation, l’Internet joue un rôle majeur dans la transmission de l’information, la situation temps réel et l’accès à l’éducation. Et l’Afrique, c’est grand et assez désertifié en terme d’infrastructures filaires…et donc le mobile s’est imposé dans de nombreux cas comme un outil incontournable, pour s’exprimer, partager et s’informer. Bon nombre de préventions (santé, guerre, viol, éducation…) sont réalisés aujourd’hui grâce à l’écosystème du « mobile », et le coût des terminaux mobiles à la baisse devrait offrir dans quelques années de vrais micro-pc portables, nourris d’applications riches. Vive l’Afrique connectée !

Quels sont cette année les « Regards Croisés sur la 6e édition du Forum NETEXPLO » avec un ensemble de chercheurs, professeurs et correspondants internationaux, qui assurent la ligne éditoriale et le sourcing de projets identifiés. Interfaces, hommes, machines, pensée, sens, réseaux et nerfs, tout est potentiellement relié. L’intégration de technologies dans le corps est « prête » technologiquement, ou quasi prête. Mais pas encore économiquement possible et déontologiquement acceptable. Nous avons à sécuriser, identifier qui est dans le « cloud », qui dirige quoi et qui surveille qui. N’oublions pas les élucubrations de « 1984 », qui si elles faisaient frémir, restent possibles, encore plus aujourd’hui et de manière silencieuse. Au nom du progrès, jusqu’où doit aller cette « intégration » et qui va en régir les lois, comportements et censure, si l’on considère que le web ne supporte aucune censure et que la liberté d’expression est totale.

Une bien belle édition des innovations digitales, dont on sort surpris et captivé, tant la technologie nous porte et nous fait rêver, comme de grands enfants, d’un monde enfin partagé, par les réseaux, le lien social et l’innovation collaborative. Un grand bain de jouvence technologique, de celle qui aide les peuples à progresser ensemble. L’Unesco, dans ses murs est un lieu parfaitement adapté à ce type de débats, et pourrait à l’instar à ce qui se passe en Suisse à Davos y prendre une part plus officielle en démultipliant ainsi le réseau de participation, par une conscience obligatoire de tous les états du monde.

Bravo et merci aux organisateurs pour cette initiative très pertinente.

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« Everything is under control: the Apple way of life… » 22/10/2012

Posted by evidencesx in économie, digital, e-business, entrepreneuriat, innovation, leadership, management, stratégie.
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Formidable évènement organisé par @netexplo chez TF1, dans le cadre des « hors séries » consacrés à l’innovation…Adam Lashinsky, venant nous parler de son livre « Inside Apple« , véritable quête de la vérité chez le géant à la pomme. Eh oui, le moins que l’on puisse dire c’est qu’Apple, ne laisse pas indifférent. Ils ont certainement changé le monde, peut-être pas le monde de tout le monde, mais force est de constater qu’ils ont su « mettre le ver dans le fruit« , qui pour une pomme pourrait être assez ennuyeux. En fait ce ver semble plutôt doué et porteur de changement et d’innovation majeure…Alors tant de mystères sur cette firme, marque chaude pour le public, mais impersonnelle pour ses salariés ? Le plus grand mystère aujourd’hui, serait de se demander : y aura t-il un après Steve Jobs, dans la durée ? Deux courants semblent s’opposer :

  • non c’est impossible, Apple était devenu Steve Jobs ; tellement formatée par Jobs, la société ne peut survivre sans son mentor
  • oui c’est possible, la société étant tellement formatée et « processisée », qu’elle est marquée à jamais « Jobs » et peut donc continuer sans lui…

Vous pourrez toujours essayer de deviner…

Je ne résiste pas à vous livrer, en VO quelques morceaux choisis de ce « sidetalk » privé exceptionnel, duquel il ne vous restera plus qu’à lire le livre. Moi, je me suis jeté dessus, par passion, admiration mais surtout pour savoir…

  • « its’ no fun, no entertainment, it’s business, it’s work. But it’s working at Apple »
  • « rule of secrecy: DNA, core, Jobs hated leaks above all. He organized and cut the whole organisation into « pieces », then nobody could have idea about what he worked about »
  • « company was just organized into « up » and « down » relations or working areas. But never « across ». It seems exhausting, but the best guarantee to keep doors closed. This way, nobody was really able to know what he was working on, and the final goal… »
  • « even on the board, there was a ‘trust’ question: nobody could see products before launch, some happy fews only… »
  • « secret is value. Secret was a kind of strategy, all along the process. There were teams that the only job was to manage secret and hold it, above all »
  • « controllers are controlled, the only thing to do is ‘explain the non sense' »
  • « the privilege of working at Apple is enough. Do your work, and do it again »
  • « this is work. it’s gonna be hard »
  • « learn how to say ‘no’ doesn’t mean give up. It means doing ‘few things well’ and stay focused on them »
  • « Apple is a process company. Core processed, still and ever »
  • « Apple is no customer centric company. Jobs never asked what people want. He thought was a waste of time and after all, he always knew for them »
  • « don’t give people information they don’t need, to stay them focused on what they must do »
  • « design is obsession. Not an option, but core »
  • « we’re trained to innovate and repete it again »
  • « working at Apple is a journey. And the journey is more important than the goal »
  • « when you’re hired, you start working on ‘fake’ project, just to evaluate your skills and trusty level. Only after, you move to your real job »

Un excellent moment, mais tellement à découvrir, pour qui, même détestant cette marque, pourrait souhaiter en connaître les secrets de fabrique. Même en tant que spécialiste chroniqueur de la silicon valley, Adam L. s’accorde qu’il y a Apple et il y a…le reste. Et après être un fruit, cela pourrait devenir un verbe. « To Apple = vivre ses rêves ».

Un excellent préambule à la prochaine édition du forum netexplo, qui aura lieu les 14 et 15 février 2013, à l’Unesco cette année encore. Souhaitons y voir un jour d’autres Steve Jobs et d’autres envies de changer le monde.

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Pénurie de profils high-tech : le recrutement en question avec les réseaux sociaux 01/10/2012

Posted by evidencesx in économie, digital, diversité, management, numérique, social network.
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Pour le premier rendez-vous petits déjeuners @nextexplo, c’est un thème bien d’actualité, lorsque les sirènes de la presse tous courants relaient les navrants chiffres du chômage. Mais c’est aussi un courant d‘espoir tant le numérique est susceptible de créer non seulement des emplois mais surtout de créer des filières et des métiers nouveaux. Il faut bien renouveler les compétences éculées de la fin de l’ère industrielle…

Que peut-on dire sur ce secteur « numérique » ou devrais-je plutôt dire « vague » car le numérique touche tous les secteurs… deux chiffres simples pour illustrer :

  • 40% des actifs en 2015 seront de la fameuse « génération Y »
  • En 2012, les métiers « IT » ont recruté 31.000 postes, appréciable en ces temps de disette

Laurent Chollat-Namy (Le Figaro, DSI Figaro classified) présente « choose your boss », plateforme de recrutement IT répondant à la triple problématique des recrutés/recruteurs et entreprises : CVs pas qualifiés, recrutés spammés, profils pointus introuvables…Cette plateforme nait dans une forme inhabituelle : cellule autonome, lean management et from scratch (Workgroups)…au sein de la grande maison du Figaro. La plateforme utilise les techniques du dating ( !) ou matching, ou le recruté est la fille et le recruteur le garçon…entre marché caché et transparent et candidats accessibles ou cachés on cerne ainsi, à travers des critères (de type tag récupérés par connexion LinkedIn, Viadeo ou stackoverflow datas). La plateforme propose donc, à l’inscription pour une entreprise, des profils anonymes où recruteurs se connectent à des profils ciblés, qui décident ou non de répondre et d’honorer les demandes, en fonction de l’attrait de la fiche de l’entreprise (taille, secteur, activité, poste…). « Choose your boss, reprenez le pouvoir », comme le dit la baseline, protège les candidats et promet un vivier qualifié aux entreprises (ie on sait bien la difficulté pour les startups d’attirer des talents IT ciblés et rares, pour diverses raisons…). Une très belle initiative, bien menée à large potentiel : potentiel typologie de métier (peut se décliner sur d’autres métiers), potentiel tranches d’âges (quid d’une plateforme spécial senior demain ?)…la puissance du ciblage possible sur le web social montre désormais une nouvelle façon de mettre en contact, par affinité hyper qualifiée…Ciblage, critères, envies. Tout est désormais sur le web social, il suffit de canaliser et de « curer » un peu tout ça !

BPI group, représenté par Alexandre Tissot, exprime la vision pointue, à travers quelques résultats d’études comme :

  • Pénurie de talents annoncée sur les métiers high-tech et techniques
  • Demande sur les profils confirmés (team leading et project management)
  • Manager = pivot pour animer, conserver et fidéliser la…génération Y
  • Changement du modèle de réussite sociale : la génération Y ne croit plus dans les promesses des grandes entreprises et les grands groupes attirent désormais pour…la sécurité de l’emploi (faut bien s’adapter, non ?!)
  • Un étouffement national et une envie de grands espaces : silicon valley, new York apple, pays à forte croissance Asie, recherche de culture hybride « travail / qualité de vie »…
  • Aujourd’hui, l’élargissement de concepts comme :
    • essor de la marque employeur (négligée jusque là)
    • ère digitale, cooptation/recommandation/parrainage
    • intégration et gestion de « l’atypique »
    • personal branding et produit de la société de consommation (un profil est un produit ciblable et doit être « dans la mode », comme les tendances de société)
  • Création de liens « RH/métier » là où les métiers se complexifient :
    • développement managérial (talent management pour fidéliser)
    • valeurs et convictions plus que promesses ( !)
    • réactivité et élasticité « marché / salaires » et créativité pour retenir et animer les talents (aventures, vision, flexibilité, missions annexes…)

Et pour l’avenir ?

  • Tensions sur les métiers de recruteurs pour les profils les plus courants : chasse pour les cadres de haut niveau, mais pour le « tout-venant », plus aucune utilité dans l’intermédiation (web social)
  • Les nouveaux recruteurs seront-ils recrutés sur le web social et finalement, notre influence (ex. Klout) n’est-elle pas aussi un outil de ralliement et de réassurance qui attire bien plus qu’une annonce classique ?

Reste à découvrir qui sera gagnant, dans des industries où le digital a fortement secoué la valeur (musique, presse…) et où les actifs les plus sûrs résident désormais dans l’immatériel : marque, management graph/style, talents/compétences, organisation 2.0…

En plus et parce que c’est vous :

  • GetAGreatBoss (South Africa) : « before getting in’, know everything about your boss »
  • TalenTag : recrutement avec tags et badges (type Foursquare)
  • Branchout : lier profils enrichis Facebook avec pertinence compétences recherchées sur les jobboards
  • ConnectCubbed : serious games for evaluating traders before hiring them (Honk-Kong)
  • Altaïde, une agence de recrutement bien tournée « digital »
  • le talent management « digital native »…sur les plateformes sociales

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Connaître, savoir : et surtout transmettre avec le knowledge management 02/07/2012

Posted by evidencesx in économie, innovation, management, numérique, social media.
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Conférence de presse du 27/06 chez BPI group pour le dossier « KM », présenté par Pierre Prével, expert RH du fameux @netexplo. tous les contributeurs sont dans la salle pour parler du savoir. Savoir, savoir-être, savoir faire, connaissances, process, méthodes…sont autant d’actifs des entreprises, qui parfois coûtent cher dans la chaîne de valeur d’une entreprise. Il serait donc temps de s’en préoccuper. Du temps du campagnonage (dont on nous apprend qu’il est inscrit depuis 2010 au patrimoine de l’humanité..), l’écriture, le stockage et la transmission du savoir étaient clés.

En effet, il est loin le temps de la transmission des savoirs par l’expérience, la disparition quasi intégrale de l’industrie et de l’artisanat comme objets de croissance, au profit d’une économie de service, ont fait apparaître d’autres défis : brevets, protections, licences et process, secrets non plus industriels mais « d’expériences » il faut néanmoins en assurer la pérénnité. Un dossier, à cette occasion coordonné par P. Prevel et produit par l’ADBS, regroupe les enjeux de l’entreprise d’aujourd’hui, qui au delà d’intégrer des méthodes dites « 2.0 » de sourcing, d’innovation et de production en teams, doit réfléchir aux opportunités de l’archivage, de la protection et de la survie des savoirs, connaissances et pratiques le « knowledge management ». Avec des enjeux résumés ici par exemple comme :

  • quelle stratégie media pour le KM ?
  • quelles métriques pour en mesurer l’efficacité et le ROI ?
  • le partage, d’où et jusqu’où, et comment ?
  • le KM comme innovation sociale : réinsertion, partage et outil de collaboration
  • le learning/knowledge par l’image/la video
  • le développement du networking du KM : enrichissement par la communauté (ex. wikis)
  • le mentorat 2.0 avec l’intelligence « connective »
  • les réseaux sociaux d’entreprise comme support du KM
  • la stratégie de « forme » : KM centralisé ou décentralisé ?
  • le KM, outil de gestion du risque : exemple de l’armée et d’activités sensibles
  • le KM, outil de management qui change le management ?

« la connaissance est la seule chose qui grandit quand on la partage ». Il faudrait s’en rappeler, tellement le KM manque encore d’organisation, de moyens et de solutions adaptées aux enjeux les plus divers. Et comme je le citais, la connaissance fait surtout partie des actifs « intangibles » de l’entreprise, encore de ceux « invisibles » mais qui font aussi la valeur des entreprises (comme les hommes et le style de management par exemple)…Et quand on serait tenté de l’oublier, de perdre la « mémoire », ce sont alors des risques importants de dé-positionnement, de perte de concurrence et de déstabilisation de la motivation toute entière des entreprises dont il s’agit. « Ne pas perdre, jamais, ce qui est acquis », permettrait donc de construire et de renouveler sans cesse la capacité à surprendre, inventer et bâtir l’avenir, ambitieux et confiants dans la mixité (genre, pyramide des âges) si importante dans la sensibilité créatrice. Jardinons les talents, qu’ils donnent et éclosent de merveilles sans cesse renouvelées, mais surtout, pour savoir où aller, rappelons-nous toujours d’où nous venons. Une manière de sublimer et de respecter le travail des ancêtres et de conserver, transmettre et parfaire ces chefs d’oeuvre jamais achevés.

@netexplo customer : relation clients sociale avec Bouygues Telecom 18/06/2012

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Il fut a priori difficile et gonflé pour un groupe comme Bouygues, non issu des telecom et de surcroit après deux leaders bien implantés (ie Orange et SFR), de bâtir de l’innovation sur le mobile. Et pourtant. Innovation, oui. Culture sûrement, car le bâtiment ce n’est pas la même chose. Et puis il y eut l’invention du forfait mobile que l’on doit bien à Bouygues Telecom, qui a totalement démocratisé la téléphonie mobile personnelle. Dans cette aventure tumultueuse, ponctuée dernièrement par l’arrivée de Free mobile, il y a d’abord une marque brassée par les communautés, et aujourd’hui une organisation du “lacher-prise”, mais jusqu’où ?

Puisqu’on parle à foison du “numérique”, il est un métier où probablement le numérique aura bouleversé les choses : la relation clients. Frédéric Champion, Responsable Développement relation clients, nous en livre quelques recettes : opportunités de conversation, de contacts, changements culturels évidents, par l’adoption, par les clients, des canaux digitaux, avant même que les enterprises en interne, ne les appréhendent. Comment donc ne pas l’organiser et “conduire” cette conversation et la modérer.  La relation clients serait donc le 5ème P du Marketing, où l’obligation pour une marque de fidéliser et de converser avec ses clients. Si les modes transactionnels étaient roi, l’heure serait plutôt à “l’expérience” client où la transaction est une issue possible mais pas obligatoire et dépendrait d’un environnement et d’un contexte favorables. Il faudrait donc organiser ce contexte en accord avec les valeurs de la marque, pour favoriser la confiance et les échanges constructifs. Et ce contexte c’est déjà un terrain de jeu fertile de l’expérience, qui ne se résume pas à la transaction. Le bien-être et le contact émotionnel sont un capital important dans la durée pour fidéliser et construire la confiance.

C’est ce qu’a fait Bouygues Telecom en construisant d’abord un dispositif social avec une volonté centrale : ouvrir la conversation avec le client, construite avec de la marque sur une proposition comportementale nouvelle, autour de ses offres. Un défi qui nécessite :

  • d’y croire
  • de faire adhérer le client
  • de le faire participer  à la communauté
  • d’être capable surtout de déveloper et d’accepter des idées qui viennent de “dehors” (quelle horreur souvent pour l’ego d’une marque !)

Puis l’esprit de conversation s’est rapidement transformé en opportunité d’innovation avec la création de la marque mobile « B&You », la marque 2.0 mobile de BY Tel. Si les offres de base sont créées par BT, les évolutions suivantes sont issues de l’interaction et de la conversation avec la communauté et surtout, dans la communauté. Whaou.  Il fallait oser, même s’il est vrai que le forum de Free est également et depuis longtemps un bon exemple de “crowd innovation”.

Regardons de plus près la construction du “web social” chez BY Tel :

  • recruter des fans (d’abord sur Facebook)
  • développer le service : réponses clients pour augmenter la satisfaction clients et montrer l’attention de la marque aux prospects
  • repérer et stimuler les ambassadeurs (on va dire les influenceurs)
  • générer de la recommandation active (par les influenceurs)

4 outils principaux comme terrain de jeu : Twitter, Facebook, Giiks.com et Woobees (forum)

Ce dispositif a cru très rapidement et constitue la couche de fond de la relation sociale de BY Tel. Et ça c’était juste avant

Avant l’arrivée de Free, qui a déclenché un formidable flashmob post et pendant le lancement de Free, pour envahir et saturer les canaux 2.0 des opérateurs historiques. Bel exemple de tempête et de réactions orchestrées…Et pour s’en sortir, revenir aux fondamentaux : servir les clients first. Quick mais pas dirty. Répondre aux interrogations réelles et légitimes, aux angoisses de consommateurs que l’on traite de pigeons. Besoin de réassurance, de pédagogie. Ecouter et entendre les cris dans la tempête. Et négliger le bruit (important !) inutile généré par les attaques plus ou moins régulières, permises par l’ouverture de la conversation sur ces communautés. Oui je sais vous allez conclure : comme c’est dangereux. Je dirais que c’est comme le verre à moitié vide et à moitié plein : mais aussi quelles opportunités gigantesques de preuve d’attention au client…Si la peur paralyse, là aussi elle n’est pas bon conseiller. Affronter la vague, quelle que soit sa hauteur car ici on en voit pas l’importance avant, c’est l’enjeu, faire face…”si je ne peux pas maitriser les vagues, je peux toujours apprendre à surfer”, c’est un peu le comportement à avoir en gestion de crise. Pas l’autruche, faire face, avec humour, mais concentration et professionnalisme.

Bouygues Telecom, à l’image de son expert social le célèbre Tanguy, a mobilisé avec son équipe ainsi, tout son humour en restant pragmatique, transparent et utile. Nous montrant donc que les réseaux sociaux ne se limitent pas à de la perte de temps, mais bien utilisés, dans leur temps et leur contexte, se révèlent de formidable leviers de sympathie et de relation, vraie.

Il faut juste bien lire le mode d’emploi, avant de s’en servir afin d’éviter les sinistres domestiques…Réapprendre à marcher, tout connecté. Connecté à notre réalité digitale et sociale, lame de fond qui parle vraiment au consommateur d’aujourd’huiEt l’aboutissement serait d’étendre la philosophie B&You à toute la gamme de By Tel et de l’appeler : You&B. Une manière d’achever la démarche de client au centre du débat…

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@netexplo change : un éclairage plus pragmatique de l’innovation 11/06/2012

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Format intéressant sur une journée, le netexplo “change 2012” s’est tenu à la CCIP de Paris, vendredi 8 juin. Sur le même principe que le forum netexplo, avec des prix mais cette fois-ci initiatives essentiellement Françaises, avec 6 prix remis, dont 1 grand prix remis par Laurence Parisot, Présidente du MEDEF. 3 catégories pour ces prix : Marketing, RH et Innovation. 6 prix remis parmi 56 dossiers présentés par 19 entreprises dans les 3 catégories. Un format plus proche des exigences pragmatiques des entreprises partenaires, pour plus de potentiel opérationnel, mais moins de portée sociale dans des pays lointains. Un format qui complèterait donc, le dispositif observatoire, zoom, customer, conférences, management… qui constituent des moments privilégiés d’étude et d’échange, proposés par netexplo.

Chaque présentation de prix est organisée selon le rythme suivant : une introduction réalisée par un professeur d’HEC évoquant un contexte d’innovation et formulant l’environnement d’intervention de l’initiative ; une présentation réalisée ensuite par l’entreprise primée, puis un débat avec la salle, selon le modèle “micro-message” avec Balloon. Puis une conclusion, avec la remise du grand prix “netexplo change 2012”, choix formulé parmi les 6 projets primés et présentés. La journée est rythmée par un déjeuner networking permettant d’échanger entre experts et par une présentation de Bernard Cathelat, le “trend report” ou quand le numérique transforme l’entreprise et la vie, tout simplement.

Le rythme. Le web change le rythme de nos vies. Change aussi la confiance que nous pouvons apporter et obtenir, dans la relation à l’autre, par le fait que ces relations changent aussi, par le media que l’on utilise.

73% des Français ne pourraient se passer du web aujourd’hui et 70% pensent que l’Internet change leur vie. C’est dire si comment ce qui ne reste qu’un “outil”, est capable de révolutionner nos plus profondes et sûres approches professionnelles.

L’invasion des contacts par communication électronique déclenche une profusion, une incapacité à vérifier “real-time”, la véracité et la qualité des contenus échangés.  Les enjeux du changement dépassent bien entendu la simple technologie et forcent à se projeter dans le futur et imaginer…Et l’imagination fait parfois peur, car elle nous fait nous frotter au risque. Une notion communément fuie, mais aussi carburant grisant pour l’entrepreneur. Or, l’Internet est disruptif et contraire aux règles, process établis, qui font fonctionner les entreprises. Comment se projeter dans l’innovation sourcée, vers l’usage, le débat ? Les sujets sont ouverts et débouchent sur des champs rendus possibles à l’aube de notre imagination…Cette imagination doit être partagée et canalisée, c’est là le plus grand enjeu de cette transformation 2.0 : management, team building, training, nouveaux métiers, process…toute l’entreprise est au coeur du débat et concernée pour réussir les changements nécessaires à la réactivité et à la plus grande intelligence du client.

Pourquoi faut-il travailler ? Et en quoi l’Internet va changer le travail ? Les réseaux sociaux, véritable plateforme d’échange ou perte de temps ? L’internet, opportunité ou risque en terme d’emploi ? Autant de questions qui planent et constituent le champs d’investigation d’aujourd’hui.

Retour de l’individu, par le self-service des services, conduit par des raccourcis visant à remplacer l’homme par l’électronique, l’urgence est de replacer l’humain au centre de l’innovation, car celle-ci est d’abord pour améliorer l’humanité avant d’effectuer une prouesse technologique. C’est le propre de la recherche sur la santé par exemple, et doit constituer la règle de toute innovation digne de ce nom.

Les projets présentés retenus dans chaque catégorie :

  • Marketing et Communication :

SNCF Open App (open data) : “stimuler l’usage des datas de la SNCF par une stratégie de crowd-sourcing organisée par une plateforme collaborative, sur comment créer des apps utiles pour la SNCF

SGG Glass Compass de St Gobain : app qui permet d’identifier le bon vitrage en fonction de l’habitat (lieu, type, surface, orientation), visant à l’optimisation de son équilibre de consommation énergétique.

  • Management et RH :

Euréka, la plateforme collaborative en interne du groupe Pages Jaunes, initiative ayant fait l’objet d’un @netexplo customer ici

Women@Renault : un projet d’envergure chez Renault pour promouvoir et mettre en place la mixité chez Renault, un métier traditionnellement et culturellement masculin

  • Innovation :

Voyages-SNCF.com avec e-travel, une application de social commerce permettant de consommer du voyage et une expérience dématérialisée de bout en bout de la relation.

IBGStar pour Sanofi, le lecteur de glycémie pour Iphone et l’application permettant de faciliter la vie du patient diabétique.

Le déjeuner networking, organisé par tables métiers/secteurs, permet d’échanger avec les lauréates, les entreprises, les professeurs chercheurs, “IRL”.

Vient ensuite Bernard Cathelat et sa tonalité new-age version 2.0 qui nous soumet le “trend report” et les dernières tendances engendrées par l’Internet. Big data, track&profile, micro-réseaux sociaux, cash/match…contrôle, censure, liberté et expressions. Monitoring, regroupements, équipe et collaborative ?

Le nuage est plus que là. Il est chargé. D’énergie positive et négative et n’attend que notre créativité pour se déchaîner pour le meilleur et pour le pire. De toute façon, il y a toujours un interrupteur…

Le grand prix parmi les 6 primés revient ensuite à IBG Star de Sanofi, pour son initiative auprès des diabétiques, qui se développera au delà de la plateforme Apple sur d’autres standards. C’est Laurence Parisot qui remet ce prix avec enthousiasme et entame un hymne particulièrement passionné pour défendre l’industrie Française. La cohésion de tout un système entrepreneurial, qui lui aussi connaît des virages particulièrement inquiétants : crise de confiance auprès des dirigeants, relais de croissance à l’étranger, ressources financiers raréfiées,  éco-système défaillant, orientations politiques incertaines, place en Europe et devenir de l’Europe. La mobilisation du coeur de l’entreprise doit être entière et le digital un levier de renouveau et de facilitation : renouveau des idées, des possibles, création de métiers, filières, formation trans-générations, du lien social enfin, avec l’échange intellectuel mondial et la mise en réseau des entreprises.

Le changement est inéluctable. Alors de “ce qui est inéluctable, feignons de l’organiser” à “redonnons l’envie avec l’enjeu et l’élan numériques”, le tissu industriel et de service doit connaître les joies de l’expérience digitale : parce que c’est bon, c’est joyeux et c’est utile, mais pas comme une nouveauté qui passe de mode mais comme une rupture majeure économique et sociale.

Un nouveau format donc réussi qui mixte bien les compétences académiques, entrepreneuriales et éducatives, pour redonner gout à l’innovation proche de chez nous, de celle que l’on exporte bien et qui transforme l’individu et l’entreprise.

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@netexplo customers : media-démocratie et équipement…qui équipe qui ? 30/05/2012

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“Les écrans, les écrans, des écrans”. Si le village global de Mc Luhan est avéré, le monde est devenu écran et se regarde à travers un écran (ou des écrans plutôt), et “l’imagisation” de la vie est devenue réalité. Les ingénieurs ont gagné, ils révolutionnent notre vie de technologies insidieuses et fascinantes, entre distraction, attraction et destruction de notre espace personnel. Jusqu’où doit-on aller et se laisser vaincre. Ça, ça reste encore une liberté individuelle

Une étude menée par Deloitte et restituée chez @netexplo customer force le respect et montre l’immersion totale des appareils électroniques dans notre quotidien. Et partout, à peu près. Réalisée dans 8 pays (USA, Inde, France, Allemagne, Espagne, Australie, Japon, UK), auprès de consommateurs de 14 à 75 ans sur environ 2.000 personnes dans chaque pays, l’étude met néanmoins en exergue de grands classiques :

  • la TV est toujours en tête pour l’entertainment
  • les « laptops » et TV sont désormais au coeur de la vie numérique.
  • La presse traditionnelle résiste avec autant de presse online que de presse papier (en terme de consommation)
  • 13% en France achètent via leur mobile (léger retard en France tout de même)
  • 48% renoncent à acheter suite à un mauvais buzz sur le web
  • la pub TV est toujours N°1 en volume, mais le ciblage et la complémentarité avec le web augmente
  • Multi-équipement :
    • pour les moins de 28 ans plutôt laptop et mobile
    • au delà, du suréquipement (TV, DVD, APN…)
  • Les usages mobiles cannibalisent les usages classiques : laptop/PC/TV…
  • mais 80% du temps passé sur le web l’est encore avec un desktop ou un laptop
  • et enfin, le multi-tasking est d’environ 54% en France (ie je fais quelque chose d’autre en regardant la TV), identifiant ici l’appétance pour la « voix de retour sociale » de la proche TV connectée

Un fait certain, c’est que les usages sont tirés par l’équipement, le suréquipement et par la capacité de l’offre marketing en devices, de créer…la demande. Trompant ainsi les études de marché, du type : en avez-vous besoin. Au départ, non. Quelqu’un a t-il imaginé et demandé l’Iphone avant qu’il n’existe ? Non.

Alors pour demain ? On peut citer les technologies (smartphones, NFC, paiement sur mobile), les ergonomies (UI, experience utilisateur) et le tracking (geolocalisation, push, profile recognizing) comme étant les maillons de la relation « consommateurs/marques/produits », restaurant quelque peu la relation de frères ennemis entre retail et web, là où le e-business a été fortement destructeur pour les points de vente, jusqu’à présent. Et finalement peu importe l’écran, les devices tant qu’il reste l’expérience utilisateur, qui reste le meilleur atout dans la transaction commerciale (qui est mercantilement nécessaire…). Même si l’on expérimente le neuro-marketing, on reste bien maître de nos neurones, mieux équipé et averti, par la réputation en ligne, les avis de consommateurs et les rumeurs. La marque reste un contrat de confiance. Et le Marketing, plus le « marché » mais le travail de la marque dans son environnement suréquipé et surinformé…?

Ce qui est sur et nouveau c’est comment engager avec les clients, être réactif…nouvelles règles du jeu, avec l’apprentissage et les nouveaux métiers : appréhender pour les entreprises et créer les compétences, maîtriser et accepter pour les clients, innover pour cette relation nouvelle ou la séduction est plus subtile. Il n’y a qu’à voir la tonalité et l’approche des sites de rencontre en ligne…

“Une marque c’est un nom qui a du pouvoir sur le marché” (J.N. Kapferer) Mais le pouvoir est partagé avec les clients désormais, et le marché est conversation : participation, influence, partage seront les clefs du nouveau marketing, matière ancienne qui doit faire sa mue en zone de turbulences 2.0…

@netexplo customers : transformation de l’entreprise par la collaboration communautaire 20/05/2012

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Nouveau petit déjeuner @netexplo customers avec Anne Chaintron, Responsable Recrutement, Communication RH & Innovation de PAGES JAUNES Groupe, qui vient nous parler de “Eurêka : l’intelligence collective au service de l’innovation et de la transformation de l’entreprise”, un projet de plateforme 2.0 pour l’entreprise.

Leader Européen de la publicité locale en ligne : print, online, mobile avec une forte culture print, historique, le groupe Page Jaunes est organisé par l’agrégat de petites entités, en silos…et la transformation digitale est nécessaire et en marche…On peut recenser chez PJ, les marques : Mappy, 123people, pagespro, annoncesjaunes, 123deal…

Est-il possible de repenser la manière de travailler dans un groupe de près de 5.000 salariés, en utilisant l’initiative encouragée et la collaboration collective ? C’est bien le débat des plateformes d’innovation collectives ou « boîtes à idées » numériques, un chapitre de l’entreprise 2.0, un concept qui commence à prendre dans les sociétés.

Il s’agit au démarrage d’un projet dit « stratégique » de la DG : “le noyau d’innovation de PJ n’impliquait pas les collaborateurs”. Il fallait donc construire d’après eux une plateforme impliquant et réunissant TOUS les collaborateurs, en évitant le faire-valoir et le faux nez politique. Est né du coup une plateforme collaborative, pour décloisonner tous les silos à la manière des réseaux sociaux : idées, modération, récompense et mise en oeuvre. Sans censure, frein en permettant une appropriation par les collaborateurs…Un premier test a été fait sur 450 collaborateurs. Les 3 piliers autour de cette démarche : stratégique, innovant et collaboratif. L’évolution est de créer une plateforme mobile pour alimenter d’idées, l’innovation du groupe.

Changement de process, changement de période, les idées déposées par les collaborateurs sont validées, mais pas par les supérieurs hiérarchiques pour éviter la censure, mais par des correspondants fonctionnels. Les idées voyagent d’entités en entités, sans lien apparent et censure, ce qui permet un débridage et un encouragement formidable.

Les 4.573 collaborateurs sont donc animés par des community managers, par segment : passifs, gros contributeurs, réguliers, influenceurs, facilitateurs “innovation” (qui aident les autres), experts développeurs d’idées (relance et alimentation des idées), top managers (retiennent et valident les idées).

Pour faire accepter et faire vivre le programme Eurêka, PJ a imaginé plusieurs outils : roadshow directions, groupes d’écoute, ateliers, prix remis, gameplay et badges (points délivrés selon contributions). Résultats annoncés :

  • 3.600 idées, 60% des collaborateurs se sont connectés à la plateforme et :
  • 20% ont déposé une idée
  • 23% ont commenté une idée
  • 43% ont voté pour une idée
  • représentant 207 idées à potentiel dont : 44 déployées, 7 mises en pilote, 49 mises en projet, 107 en attente d’analyse
  • et les thèmes : recherche d’économies, optimisation processus, valorisation de la marque, amélioration de la QS.

Plusieurs prix ont été décernés pour ce projet enterprise 2.0 (Bearing point, Innov’Acteurs). A noter, les syndicats de l’entreprise ont été impliqués et avertis dès le début pour informer de l’utilité “démocratique” d’un tel outil, qui fonctionne avec effectivement la collaboration et la transparence de toute l’entreprise.

Les évolutions prévues : gestion de talents (notamment digital natives) et repérer les innovateurs “nés”.

Quel est le ROI d’une telle plateforme…image, dynamique, paix sociale, implication, fidélisation et engagement…Les résultats sont semble t-il satisfaisants et largement “rentables” selon Pages Jaunes et encouragent de telles initiatives.

Un bémol : la plateforme n’est pas accessible de l’extérieur, avec un matériel non sécurisé par PJ…ouvert, donc mais ouvert lentement. La version mobile de la plateforme est une solution pour accélérer l’utilisation, “hors temps de travail”…

Une découverte donc très intéressante sur le plan de l’innovation collaborative, il est trop tôt sans doute pour dire si PJ va en être « transformée », mais saluons l’initiative plus que jamais, où l’entreprise a besoin de cohésion, de motivation et d’engagement pour renouer avec l’envie de travailler et la fidélité des troupes. Les outils ludiques comme les « serious games » ou encore les plateformes collaboratives y contribueront de plus en plus dans les années à venir.

@Netexplo Customer: « Internet et les nouveaux modes de distribution » 13/04/2012

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Petit déjeuner de la série « netexplo observatoire » chez Deloitte avec invité, JL. Chrétien, du groupe Accor, pour nous parler d’Internet et des nouveaux modes de distribution ce jeudi 12 Avril. Le groupe Accor en effet malmené comme tant d’autres, par le raz de marée numérique, implicant un vaste dossier d’invasion d’Internet et de renouveau de sa relation consommateur. Programme de fidélité, social recommandation, social advise, « prefering & delivering »…Le groupe Accor est confronté comme de nombreux métiers à un bouleversement important de ses process et modes d’adressage au consommateur.

Métier autrefois décentralisé au niveau de l’hôtel même, les pratiques se structurent en « réseau » et connectent le consommateur plus avisé, informé et sollicité que jamais. Comment capter l’attention, déclencher la préférence et augmenter panier moyen et fidélisation, tout en maintenant et évitant une inflation des couts d’acquisition ? Voilà les défis à résoudre, dans un environnement ou le « change management » est capital pour ce groupe, et la réduction d’actifs pour un développement de la franchise doit permettre de maintenir son audience.

Désintermédiation, ré-intermédiation, infomédiation…Les circuits de distribution traditionnels s’effondrent et de nouveaux intermédiaires (tripadvisors 50 MVU / mois !). Le “Open New Frontiers in Hospitality”, baseline d’Accor peut-il s’appliquer par l’expérience de consommation clients et même avant, par les manières dont le client va s’informer, choisir et acheter Accor, dans ses modes à lui : ceux qui correspondent à son mode de vie, éthique, univers de marque et valeurs.

Passer de la vente à la distribution demande une démarche complexe, par les réseaux d’entreprise et historiquement par des forces de vente, locales et gérées par l’hôtel lui-même. Le concept de distribution nécessite de référencer en amont des accords cadre avec les plus grands groupes, autorisant la “consommation” d’Accor pour leurs salariés : le monde devient donc ici encore, en réseau et plus connecté d’une certaine façon.

53% du CA est encore fait directement par l’hôtel lui-même (47% en central par Accor mais 30% il y a 10 ans) ; une politique de type « grands comptes » est par conséquent importante. Mais cette politique implique d’être plus efficace que l’hôtelier en local, pour convaincre notamment les franchisés de délivrer de coûteuses redevances…On attend 40% (US ou Europe) du chiffre global du segment “leasure” (aérien, hôtellerie, location voitures…) en 2013, effectué sur Internet. L’Asie et LatinAm dépasseront les 20% en 2012, accusant un retard de consommation sur Internet.

Accor a effectué une veille avec TripAdvisor pour intégrer le site sur les siens, profiter de la notoriété de ce réseau social de recommandation et inciter le client à laisser des avis et des évaluations. Un signe d’ouverture et de socialisation de la relation “marque et consommateur”

Mais il faut compter avec MakeMy Trip (india), CTrip (Chine), Rakuten (Japan), Wotif.com (Australie)…Intermédiaires émergents…avec une bataille sur l’offre référencée pour ces sites et permettant à Accor de retenir le plus pertinent et donc de la stratégie de distribution la plus intéressante (Groupon par exemple, avec sa stratégie de terre brulée et de promotions toujours plus dangereuses et donc destructeur de valeur n’est pas autorisé chez Accor…)

JL Chrétien nous résume donc les changements majeurs opérés/à opérer chez Accor :

  • décentralisation réduite vers un partage de responsabilité du consommateur entre central/local
  • d’un savoir-faire hôtellerie vers le web/CRM ; développement du programme de fidélité “A Club” et Facebook connect
  • d’actions locales vers une intelligence centrale : une structure « global tech solutions » (investissements massifs serveurs/SI/Apps)
  • une plateforme Accordirect.com, qui doit devenir la référence de search en terme d’hôtellerie et de séjour
  • formation au “change management” : apprentissage distribution Internet, réseaux sociaux…et examen pour tous les gérants/dirigeants d’établissements hôteliers
  • développement du digital dans le parcours client : plan, book, prepare, arrival, stay, check in/out, post advise (à noter le choix de Facebook Places pour se localiser en check in pour le client…et entrer dans une interactivité mobile)

A noter une concurrence silencieuse mais néanmoins réelle dans le secteur du « séjour », comme sur d’autres secteurs : le C-to-C, ou relation « second circuit » et entre particuliers pour trouver des résidences, séjours, etc plus personnels, adaptés et moins aseptisés…Un bon exemple : AirBnB. Eh oui c’est aussi sur « l’expérience clients » que se joue la consommation aujourd’hui, un domaine élargi de la relation clients, qui peine à être compris, en tous cas chez nous. La relation est encore très transactionnelle (une marque, un client = une transaction service contre monnaie), là où les marques dépensent des sommes colossales pour assoir et faire vivre des valeurs, qu’on ne retrouve pas forcément dans l’expérience de consommation. A mon sens, l’enjeu est important sur ce secteur car la concurrence et les possibilités de différenciation sur le middle market sont faibles…A l’instar de Zappos, il faut donc délivrer du « bonheur », avant même de délivrer le service…Je fais partie de cette communauté, j’en sais quelque chose, ce n’est pas un vain mot…

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NetExplo Forum, la conférence 2012 19/03/2012

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Nouveau logo, nouvelle base line avec « Global Observatory on Digital Society », la nouvelle édition 2012 s’est tenue à l’Unesco comme l’année passée les 15 et 16 Mars. 10 lauréats encore cette année, du monde entier avec des idées « disruptives » puisque l’idée est d’identifier les pistes d’innovation digitale dans le monde entier, et à la clef des prix remis par une communauté d’experts reconnus.

Une présentation du Trend Report 2012, par Bernard Cathelat, illustrant les technologies s’offrant à nous et dessinant la vie qui ira avec : quels impacts sur notre quotidien ? quelles opportunités ? quelles ruptures ?

2011, c’était l’année Facebook, le réseau « utilities » comme le qualifie lui-même Mark Zuckerberg, un vrai réseau désormais car près de 900 millions de membres, ça force le respect tant l’audience, le temps passé et l’activité dépassent le seul phénomène de divertissement. Facebook est une ville, un pays, un monde, un univers : mode de vie, procédures, monnaie…tout s’y passe. Et si les prochains lauréats étaient désormais DANS Facebook, puisque tout y est ? Et puis 2011 c’est l’année de l’envol des smartphones et donc des applications mobiles : consolidation de IOS (Apple) et décollage d’Androîd, la mobilité bouscule nos habitudes : de shopping, d’information, de recherche sur le web mobile et de jeu. « Nous sommes partout et nulle part et cette ubiquité repousse les limites de la technologie mais surtout de nos attentes » : toujours plus, tout le temps et toujours mieux. C’est dans cette espérance d’un monde toujours plus relié que naissent alors des initiatives « digitales », puisque nous sommes « dans l’Internet » plus que jamais…

On peut donc noter quelques tendances importantes, qui tout silencieusement, risquent de fracturer l’approche digitale, quel que soit le secteur d’activité et les attentes. L’attention est plus que jamais portée sur la « confiance », l’authenticité des ID, la protection des données et la multiplicité des profils possibles (nécessaires ?). Alors entrons-nous désormais dans le « Crystal World », un monde qui se veut plus transparent mais pour quelle transparence ? Ou bien, sommes-nous dans un gigantesque échiquier qui nous traque et nous profile (« track and profile« ), pour mieux exploiter nos données et nous surveiller…? Comment gérer sa réputation et son identité, sans devenir ni schizophrène, ni égocentriste, et tout ce combat autour de l’identité (« ID Drama« ) ? Comment enfin rester dans la relation pure et chargée de sens (« Sway Capital« ), sans tomber dans la marchandisation des liens et des profils, où nous constituons un capital marchand par les relations que nous entretenons et les échanges effectués (« Match Marketing« ) ?

Privacy, track and profile : toute la révolution numérique est-elle bonne à prendre ou pas ? Quid de la sécurité ou du flicage ? Quel seuil de secret allons-nous accepter ? La meilleure connaissance du consommateur est-elle séduisante ou repulsive ? Dans le milieu professionnel, perte de productivité ou meilleure gestion des talents et repérage des influenceurs dans l’entreprise ?

Dans cette course à « l’auto-médiatisation » de la personne (et maintenant des marques et de leur réputation), il faut sans arrêt aller et venir entre :

  • montrer (tout ?), plus (et mieux), s’étaler sur Internet car c’est une vitrine sans précédent de célébrité et d’accélération de la réputation
  • se méfier de la « mémoire du web » qui historise, stocke et conserve tout et du coup, s’en écarter car trop de risques immédiats ou potentiels à venir…

On voit dont apparaître une qualification de ce que l’on étend sur le web avec des possibilités de profils différents (hibe), d’identités parallèles, nous sommes dans ce que B. Cathelat appelle le « sway capital », d’un meilleur usage des réseaux sociaux, en segmentant ce que l’on y met et trouve…Et l’on voit, au fur et à mesure de l’augmentation des données publiées, un formidable catalogue d’informations disponibles, gratuitement en ligne, mises en ligne par les utilisateurs : des consommateurs, salariés qui mettent en permanence leur vie, de manière transparente en temps réel…ça n’aurait pas une valeur, ça ?

Oui vous l’avez compris, tout ce que les marketeurs et les DRH ont toujours rêvé d’avoir s’étale là, sous nos yeux...la vie privée et l’extraordinaire exploitation possible…Le web devient-il une transposition de notre vie réelle, avec une nouvelle vague de pression promotionnelle et d’ingérence dans la vie privée des gens. Ou doit-il rester le vecteur noble, scientifique, libre et autonome, impartial, véhicule du savoir de la connaissance et pont entre les populations. Oui le « big data », invasion de données, extraversion de profils individuels pose le réel problème de « jusqu’où » et « comment » pour rester une évolution technologique majeure, sans les travers de gens peu scrupuleux. Méfions-nous donc du « match marketing », retour en force du « one-to-one » où nos appareils pourraient prendre le contrôle, en nous dictant notre conduite, nos régimes, ce qui est bien à consommer pour notre santé…

L’explosion des réseaux dits « sociaux » vient d’un saut technologique, mais aussi d’une désaffection pour les modes de communication traditionnel, en choisissant les cercles de connaissance, de contacts et le réseau que l’on souhaite. Si cette construction devient une foire à la monétisation, on risque de détruire la confiance longue à bâtir et encore plus en ligne, avec des micro-réseaux de niche et une méfiance…Allez-vous vendre vos contacts et votre réseau au premier venu, sous prétexte d’un capital sous-jascent…? Alors, je ne serai plus votre « ami »…Je n’ai pas signé pour la marchandisation de mon profil à tout va…

La meilleure innovation reste celle qui « résoud simplement un problème compliqué », mais surtout qui répond à un besoin avéré, annoncé : « mieux, mais pas trop, en toute liberté ». On peut donc retenir trois tendances essentielles cette année :

  • omni-surveillance, tout savoir…
  • hyper-individualisation (reconnaissance, tracking…) : trop de contrôle ? (bio-mono-ID)
  • risque de marchandisation (monétisation, exigences de rentabilité et fuite vers les micro réseaux sociaux avec une méfiance renforcée ?

À nous désormais de “connecter juste”…

Où va le monde numérique : “l’Alter-Web” tel qu’il avait été créé (libre, créatif, gratuit…) ne doit pas perdre cette liberté et être envahi avec toutes les pollutions de la vie réelle…Gardons l’anti-conformisme, le gratuit, la fraternité, la liberté, etc ; Et décidons de le faire avant que « l’hacktivisme » s’en empare et en fasse un espace de combat…

Excellente introduction, au moins cette année, nous serons prévenus et un homme averti…

Venons en traditionnellement aux prix remis, avec un special award pour Blindspot, premier prix remis par E. Besson (ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique). Un prix qui en dit long sur les possibles et la capacité technologique simple, à lier les « gens » : une canne blanche, intelligente (bluetooth avec oreillette et système de communication « social » de géolocalisation) pour les mal/non-voyants, imaginée par Selena Chew, ancienne étudiante en design à la NSU, Singapour. Chapeau et sans voix…Simple et utile, pertinent…Un projet qui doit trouver des débouchés de masse et de commercialisation sans tarder…Et surtout un projet qui gomme le handicap, où la technologie relie les peuples…

Puis viennent 9 autres lauréats :

  • Afroes (South Africa) : design et développement de plateformes de jeux à dominante « ludique, sociale et éducative » en Afrique, montrant encore une fois les multiples usages des mobiles dans la réduction de la fracture numérique et la lutte contre la violence et la prévention des abus sexuels (jeu : Champ Chase par exemple)
  • Wearable Behavior Navigation System (Japan) : un système portable en « réalité augmentée », permettant d’apprendre, de guider et de reproduire des gestes d’un expert à distance pour résoudre physiquement un problème : réparation, gestes d’experts, nombre d’applications (sauver une vie, réparation critique d’urgence…)
  • Dollars for Docs (USA) : un site d’open data sur les flux financiers entre laboratoires et médecins pour garantir l’exemplarité des prescriptions et l’impartialité du monde médical (issu USA) ; une opportunité intéressante du sujet « big data » évoqué plus haut
  • Word Lens (USA) : application sur IOS (Apple) pour une traduction instantanée par la capture d’un texte quelconque, avec l’objectif d’un mobile (IOS pour le moment) ; disponible en 3 langues (Français, Espagnol, Anglais) pour le moment, assez bluffant dans l’interface et la facilité d’utilisation
  • Free Monee (USA) : un concept vieux réactualisé en « match marketing », avec l’utilisation de vos données d’achats (relevés banques), pour proposer aux consommateurs des vouchers de réduction, d’après les marques consommées ; un modèle qui redonne de la valeur aux banques, fidélisant leurs clients, apportant du trafic aux commerçants et ciblant mieux les offres promotionnelles remises. Du Groupon plus intelligent…
  • Zeebox (UK) : plateforme de « social TV » assez complète permettant d’interagir dans des cercles d’amis, au sujet du fil d’émissions TV et fournissant des liens vers du « added content » : produits dérivés, bonus, sondages/votes,…le « TV sidekick » comme aime à l’appeler Anthony Rose.
  • H2020 (USA/Chile) : open data pour optimiser la découverte d’eau potable ou non, la geolocalisation et le tagging mondial pour partager l’information et augmenter l’accès à l’eau ; résolution globale et locale à la fois avec le smartphone qui localise les sources et la qualité de l’eau…un problème crucial résolu par tout le monde, une collaboration essentielle et permanente, encore une fois rendue possible par l’étendue de la pénétration du mobile comme outil d’information et de communication
  • Silkroad Point (USA) : enfin une initiative de « talent management » en plateforme sociale qui devrait convaincre les DRH de s’équiper et d’aller sur le terrain d’un encouragement massif à l’utilisation des plateformes sociales en entreprise. Et qui ajoute de la valeur aux salariés par leur « réputation », score d’influence, dont ils peuvent (aussi) faire profiter leur entreprise, à travers leur fonction professionnelle
  • Aadhaar (India) : 1ère BdD biométrique au monde, une ambition à 1,2 milliards d’individus ! une initiative « sociale et désintéressée » pour recenser sérieusement et donner un identité officielle à tous les Indiens ; et leur permettre « d’exister »officiellement, d’avoir accès à un système éducatif, de santé, de paiement, participer à la lutte contre la corruption, etc. Une tâche simple mais gigantesque eu égard au pays… »Chaque Indien, en scannant son iris et une empreinte digitale aura une fiche de citoyen officiel permettant l’héritage, la transmission, l’existence dans une cellule familiale » ;  à noter cette initiative menée par Nandan Nilekani, fondateur du géant informatique, Infosys…(60.000 stations d’enregistrement, 1 million d’enregistrements  par jour, 150 serveurs…)

Viendront ensuite deux parenthèses, l’une artistique, l’autre technologique avec  :

  • François Hebel, responsable des rencontres photographiques d’Arles, qui nous explique comment le numérique a modifié la photographie, de la prise de vue, la production et la distribution d’images et dans le métier de photographe…l’image, expression remplie d’émotion, véhicule des mots et devient la « grammaire des enfants » tant il est aujourd’hui avec un équipement « standard » de devenir un reporter d’images amateur sur toute la chaîne : saisie, retouche, production et publication…Un apprentissage plus facile que la langue, dégradée par l’utilisation des SMS ? Lorsqu’on s’intéresse de près au nombre de photos publiées sur les réseaux sociaux…nous y découvrons donc un mode d’expression sans commentaire, sans précédent…
  • Eric Carreel, fondateur notamment de Withings, avec entre autres les balances intelligents et connectées. Une immersion dans ce qui est « connecté » ou pas et les impacts sur le monde « électronique grand public », ou comment les objets communiquent de plus en plus, vers l’immersion en « marché de masse »…

Deuxième journée qui démarre sur un café de la presse, discussion animée sur le « big data » (décidément c’est LE sujet) : impacts, limites, risques et opportunités, dangers et exemples.

Puis Joël de Rosnay nous parle d’énergie avec énergie, renouvelée et renouvelable, en exprimant de son point de vue de scientifique avec « fusion entre numérique et énergie » : une équation bien plus compliquée que le débat manichéen entre « nucléaire ou pas », en introduisant les énergies renouvelables (au nombre de 12), le nucléaire et le « Smart Grid » cad toute l’intelligence informatique du numérique qui permet de gérer, d’équilibrer et d’arbitrer entre production et besoins de consommation. Et en surfant sur le sujet dominant de l’édition 2012, le big data, on en comprend ici toute la portée. Des dispositifs comme « dontflush.me » ou le sourcing de l’eau (H2020), etc, font avancer et comprendre parfaitement la « gestion » intelligente des énergies, grâce aux réseaux (techniques et humains). Une fusion « homme et nature » (et technologie) qui a du sens et qui nous protège par la volonté de survie, l’envie de collaborer et au delà de toute considération politique, pour qui l’environnement restera toujours derrière les impératifs économiques.

Sur les deux jours, les impacts numériques ont été mesurés et évalués (rapidement), sur d’autres continents : jeudi avec Rishi Khiani from Indian Times (Inde), vendredi avec Sergio Davila from falho.com.br (Brésil) et avec Amadou Mahtar Ba de Allafrica.com (Afrique). On y retrouve des réservoirs d’espoir, pour l’accélération de l’accès à la connaissance, l’information, l’action démocratique. Le numérique, comme partout, donne la voix aux populations et crée du lien, de l’échange et du sourcing d’innovation mais surtout redonne du bon sens  l’action politique, sous l’influence du peuple et du vote permanent, global et local. Le partage de bonnes pratiques, de mises en garde (sécurité, banditisme et violence). Le café de la presse du jeudi matin a bien montré comme l’Internet a fait « le printemps Arabe » et permis d’élever la voix, de soulever des peuples et de renverser des régimes ancrés depuis trop longtemps dans la surdité. Mais comme le souligne Amadou M.Ba, il est temps de prendre la parole de « l’intérieur » plutôt que de confier la voix de l’Afrique à CNN en quelque sorte. Les médias sociaux concourent encore une fois avec la collaboration locale, à prendre en main leur destin, par le peuple Africain. Quel que soit le continent ici, la masse démocratique en jeu est colossale et les plateformes sociales comme Facebook fonctionnent à plein régime, et les citoyens ont bien compris comment s’en servir. Bancarisation, santé, accès à l’éducation, à l’eau…toutes ces problématiques sont facilitées dans ce monde en « réseau » où le progrès technologique a décuplé le bon sens des gens, pour prendre en main leur destin, lorsque le pouvoir politique ne va pas assez vite.

Et quand ça ne va pas assez vite, il y a les Anonymous. Débat avec @pierrehaski (Rue89) et @TDanet (co-auteur du livre « Anonymous : peuvent-ils changer le monde ?« ), qui tracent et décryptent (autant que cela soit possible) l’origine, les mécanismes et la philosophie. Car il s’agit plus d’actions, de prises de position que d’une secte ou d’un club à la mode. Et c’est pour ça que c’est tout le monde et personne, car il s’agit juste de se reconnaître derrière les actions « justes » menées pour défendre la liberté, l’indépendance et la démocratie dans le monde. Et pourquoi cela a t-il une portée colossale ? eh bien pour les mêmes raisons « numériques » : la portée et la capacité impressionnante de la masse d’activisme et la puissance de l’Internet pour mobiliser, réunir avec une certaine confidentialité, toutes les initiatives de révolte ou de résistance. Finalement, issu de « l’Alter », cad « autre » moyen de faire et de proposition. Puisque la démocratie existe, ses moyens d’expression doivent exister. Parfois dans l’expédition « guerrière » et sans accord préalable. C’est comme ça…

Il restait à un panel de professeurs émérites du monde entier, grâce au réseau HEC et Netexplorateur, de conclure sous la houlette de @cedric et de synthétiser sous forme de « take away » ces deux jours et d’imaginer des pistes pour 2013…Mais chut, nous n’y sommes pas encore, savourons déjà cette édition bien remplie.

Il y a un certain « blues » à quitter une telle manifestation, mais il faut dire que cela ne s’arrête jamais en fait ; le réseau Netexplo fonctionne toute l’année pour identifier, qualifier et constituer une veille internationale permanente pour sourcer les plus brillantes innovations dans le monde. Et ponctue l’année par des RdV partenaires, pour maintenir la chaleur du réseau, du partage et de l’étendue de la connaissance. Un grand bravo Martine B. et Thierry H. pour la réussite méritée de cet évènement et à toute l’équipe de préparation, conception, production, spécial big up pour l’Unesco, qui ne pouvait pas mieux représenter ces projets de développements digitaux, pour nos mondes de demain.


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