Bâtisseurs ou Leaders : où sont les cathédrales d’aujourd’hui ? 14/03/2012
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L’Exed d’HEC a organisé une rencontre avec Anne Vermès, fondatrice de Traits d’Union, sur le thème "les bâtisseurs de cathédrales : un modèle pour le management ?", un sujet extrêmement pertinent comme recherche de solutions modernes du leader, dans les traditions ancestrales…Cette conférence a permis d’aborder des thèmes comme :
- l’exemplarité professionnelle des corporations (tailleurs de pierres)
- l’humilité des bâtisseurs dans la construction de cathédrales
- l’hymne collectif à la lumière et à la légèreté avec l’invention des croisées d’ogives
- la croissance de l’homme impliqué dans un projet d’envergure et durable
- le lien entre manager contemporain et chefs de chantier médiévaux
De l’histoire, des hommes, des lieux et des problématiques aux solutions, Anne V. nous explique comment à l’aide d’un évènement historique majeur, on peut tirer des analogies,utilisables à présent, dans la résolution de problèmes de management, leadership ou de travail d’équipe. "Trouver du sens dans des chefs d’oeuvre, cela ne devrait pas avoir changé…et pourtant". Il faut pour ça comme l’exprime Anne V., faire un "pas de côté" et regarder les choses autrement. Trouver dans ce patrimoine et ce savoir-faire ancestraux, des bribes, racines et techniques, qui justement sans aucune aide technologique particulière, ont perduré et se perpétuent encore, mais surtout dans des activités manuelles aujourd’hui, à travers le compagnonnage.
Eh oui, il faut jongler avec les générations et les différents métiers (corporations) qui se croisent, optimiser les ressources rares, tabler sur l’avenir et achever ces chefs d’oeuvres…Regardons un peu rapidement les qualités nécessaires et les parallèles avec aujourd’hui :
- des "chantiers" (projets) à acteurs multiples
- une organisation transversale
- un management de l’excellence : le compagnonnage (qui sont aujourd’hui ces "managers de l’excellence", nous pouvons tous nous demander ce que nous faisons pour la sauvegarde du savoir-faire et la formation à se dépasser…non ?)
- la transmission : qu’aurons-nous transmis (et pas seulement en termes professionnels), aux générations futures ? des dettes et des déchets ?
- l’utilisation déjà de "l’industrie" et de "machines" (animaux de traie)
- de l’innovation : plus de guerre et donc le temps de créer et de faire naître de la création dans les process…
- une mobilisation collective de l’intelligence
- un mouvement constant de la connaissance
- un apprentissage complet : tête, Coeur, corps.
Le processus symbolique (hautement…) utilisé par ces bâtisseurs permettaient de construire pour l’homme, par l’homme mais aussi de chefs d’oeuvre, dont le premier était l’homme lui-même. A travers 3 composantes (intelligence/pensée, le corps/l’action mais aussi le coeur, siège de l’émotion), il s’agissait d’un processus initiatique complet qui forgeait un homme "fini". D’ailleurs, nombreux ne voyaient jamais l’achèvement de ces cathédrales (ie dont la durée globale de construction par exemple pour ND de Paris a duré 150 ans…), mais participaient à l’oeuvre commune. Comment mettre en oeuvre aujourd’hui un tel processus initiatique, lorsque les carrières dans la même entreprise sont désormais rares : ruptures, licenciements, fusions…sont autant d’éléments disruptifs bouleversant la vie des hommes et des femmes ?
Une bien belle aventure-immersion dans le passé de ces vies passionnées et passionnantes où la prise en compte de l’individu (besoins et aspirations), l’individualisation de l’apprentissage (objectifs stratégiques), la capitalisation sur les savoirs, les expériences diversifiées n’étaient pas de vains mots. Où le cheminement intérieur et les 7 valeurs du compagnon (accueil, métier, voyages, communauté, transmission, initiation et chef d’oeuvre) ainsi que les 4 symboles reçus à la fin du chemin (Temple, Tombeau, Pyramide et Cathédrale) constituaient un héritage sans précédent. La construction de toute une vie et de sa “cathédrale intérieure”…Un chef d’oeuvre de l’engagement, une promesse tenue et toujours renouvelée. Saurions-nous aujourd’hui relever le défi de tant d’engagement, de passion et de bien-être dans le management moderne ? La question mérite réellement d’être posée dans nos défis du futur que sont l’éducation, la transmission du savoir/savoir-faire et une quête de sens et d’éthique qu’il faudrait bien réinstaller dans les entreprises, pour que le travail soit un plaisir partagé et non une source de litiges et de maux….
“Transmettre, c’est se guérir de l’oeuvre du temps” (Eliade)
Le business en 2012 : décryptage… 07/02/2012
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Bien, c’est déjà démarré et avant la fin du monde prévue le 21 décembre, rien ne nous coûte de regarder un peu le paysage en ce début d’année et les tendances qui vont se greffer ou se poursuivre sur le monde du business. En substance des phénomènes déjà constatés, en démarrage ou proches, qui vont probablement modifier notre manière de faire des affaires. Regardons plutôt…
1) KIS : "Keep It Simple" ; nouveau ? Non. Mais un rappel utile lorsqu’on lance une offre, un produit, un service. Assez des features compliquées, qui ne servent qu’à très peu de clients et qui surtout encombrent catalogues, cerveaux des hotlineurs et rayons des supermarchés…pour rien. Cap sur l’utilisabilité, la simplicité, plus que jamais. L’iPhone,c ‘est une bête de concours, mais tellement simple à utiliser…
2) low cost : le temps est révolu où l’on faisait la fine bouche sur des produits ou services dits "dégradés". D’abord parce qu’ils ne le sont plus (regardez ce que vend Free mobile et à quel prix…), ensuite parce qu’ils sont tendance : si l’on se réferre au point 1, ils sont souvent plus simples et ont supprimé le superflu. Enfin, la période de crise sur le pouvoir d’achat nous y conduit de toute façon…Fly, Ryanair, Tati, Kiabi, Ada, ED, Lidl…Autant de réussites et compagnons désormais de notre quotidien. Qui s’en plaint ? Certainement pas vos finances…Et c’est une tendance qui pourrait ravir les entreprises dans leurs achats et faire baisser les charges de fonctionnement.
3) la mobilité : "mobile c’est être vivant". Et tout est mobile aujourd’hui : la vie, l’esprit, le boulot. Mais aussi les marges, les clients, les emplois. Et de fait, les applications fleurissent pour nous simplifier la vie, mais aussi pour nous rendre encore plus "addict" et traçables. On nous promet du "SoLoMo" (Social Local Mobile) et du "HyLoMo" (Hyper Local Mobile), de quoi cibler encore plus nos comportements pour mieux nous satisfaire. Ou nous tracker. A nous de bien faire la différence, mais en tous un formidable levier de business, là où les plateformes se stabilisent autour de deux acteurs : iOS (Apple) et Androîd (Google).
4) ciblage et hyper-ciblage : mon avis, encore un faux nez, éternel serpent de mer, mais on en reparle…Le mieux, c’est de demander ce que souhaite le client, depuis le temps qu’on écrit dessus, il serait temps pour les marques de mettre en pratique, réellement cette promesse. le "social commerce" et ses recommandations par le client vont prendre une ampleur et faire encore plus de bruit.
5) le développement durable : "tant que "dure" la possibilité d’en parler et qu’il reste du temps pour le faire". Encore un sujet qui en temps de crise, passe en dernier lieu…Et pourtant, ce secteur est en forte croissance et nécessite de s’y atteler, malgré le fait que les effets se feront sentir vraiment, plus tard. Commençons déjà par restaurer un peu de dignité dans le travail (égalité, diversité, climat et confiance), ce serait déjà ça, histoire de faire du business sereinement et de capitaliser sur les forces vives : les salariés. Et bien souvent sur ce sujet large, on ne parle que du papier recyclage et des énergies vertes…Ben non, ce n’est pas que ça, le développement durable.
6) assez de consommer pour consommer : mieux vs plus. Fini l’assaut des caddies dans les hypermarchés, retour au local encore ici, avec le petit commerce de proximité, aimable, humain et ouvert tout le temps. Histoire de bien comprendre ce que l’on achète au plus juste et d’éviter le sur-stockage et les dépenses inutiles. L’adaptabilité des business models est important surtout sur des quantités qui se morcellent et qui tiennent compte de brusques changements de volumes.
7) dans la même tendance…la "détention" c’est dépassé. Louer c’est mieux et c’est écologique. Velib, Autolib, "CopineLib", outillage…bon en fait consommons raisonné, surtout lorsqu’on immobilise les choses pour rien sinon encombrer. Les offres de sharing (covoiturage, échanges de services, de connaissances…) ont fleuri en 2011 et vont se poursuivre en 2012, avec la technologie mobile, permettant de trouver en mobilité, des offres instantanées.
8) dans les années 60, on avait un job pour la vie. En 80, on pouvait compter sur 3 ou 4 entreprises dans sa vie. Maintenant on a 3 ou 4 jobs en même temps. C’est ça la génération Y, qui en face du chômage préfère morceler le travail en de multiples expériences, zappant de l’une à l’autre. Ou des "étupreneurs", qui pendant leurs études fondent une startup et sont à la retraite, avant d’être diplômé (!). Le temps passe vite et l’aménagement du temps de travail rendu possible par l’ubiquité des moyens et de l’économie de services tend vers une attitude opportuniste et volontaire : il faut bien prendre ça en compte dans les comportements des "nouveaux" employés…
9) participez ! plus que jamais puisqu’on a sollicité les cibles et donné les "outils" pour le faire, le culot serait de ne pas les écouter : les gammes de produits doivent désormais se construire du client vers les compétences de l’entreprise et non plus venant des simples capacités de production. Films, musique, logos, pubs, scénarios de livres, vous aurez le choix et surtout des participants : vos fans. Alors excitez les et "likez-les", vous serez comblés (et riches ?).
10) le sur-mesure : chaussures uniques et personnalisables en ligne, M&Ms à votre image, gâteau imprimés perso…nous ne manquons pas d’idées mais surtout d’imagination lorsqu’il s’agit de surprendre le client. Osons le "surdelivering", la surprise et le don d’emblée. Celui qui parle à l’émotion, au coeur et surtout à UN individu. Un des effets du point 4 ci-dessus, mais bien réel avec des effets importants sur la fidélisation.
11) l’achat groupé : bof. Là, je sèche. D’autant que toutes les tentatives à ce jour, sont restées quand même ou avortées, ou trop tôt sur le marché. Y préférer l’achat recommandé, et la multitude de plateformes de recommandation sociale autour de la consommation. Le temps d’atteindre les volumes et les engagements, pour peser dans des négociations fournisseurs, votre besoin/envie aura disparu…Les modèles proposés par Groupon et autres, y compris le dernier sur la restauration, ne correspondent pas à des achats fermes, mais plutôt à du couponing massif sur le web, en n’engagent en rien le consommateur. L’espérance de gain du professionnel, reste comme ce business, virtuel et non ferme…
12) la solidarité et le besoin de lien : prochaine étape, les plateformes collaboratives en entreprise (2.0). Après avoir été taxé de "perte de temps" et de menace sur la productivité, les entreprises prennent très au sérieux le besoin de lien et d’expression, modèle de l’innovation collaborative et des boîtes à idées d’autrefois. Il est temps de partager l’information de manière plus transversale et de la rendre commentable comme une matière mouvante et non déterminée. Des initiatives intéressantes commencent à s’organiser autour de conférences et de débats, avec des cas d’entreprises réelles. La construction d’ensemble n’en sera que plus cohérente et pertinente. Mais ça n’empêche pas de fixer des délais et deadlines…La liberté a des limites qui conditionnent l’existence même d’une entreprise, dans sa capacité à délivrer et à faire du profit…non mais.
13) le troc : grande tendance, tout s’échange. Le temps, l’expertise, l’information, les biens et services…l’occasion a la côte et les circuits de seconde main florissent. A travers des ventes privées, du déstockage…la chasse au économies, dans notre monde civilisé et "riche" (?). Mais à l’autre bout de la planète, il s’agit juste de bon sens. On se rend service, tout simplement et on essaie d’équilibrer le service par un troc de proximité. Pas la peine même de frapper monnaie, à quoi ça sert d’avoir une unité monétaire ? Lorsque la parité garantit à toutes les parties une juste compensation en bien-être, service ou produit…le troc est réussi et profitable. Le plus dur finalement sera d’échanger votre belle-mère…
14) le gratuit : oui ben y’a quand même quelqu’un qui paye, non ? ça rejoint le low cost (cf 2), mais ça attire. Forcément, la crise ça tend un peu les ressources disponibles…Et les modèles récents du web, commencent quasi toujours par du gratuit (free) puis du payant (mium), ça donne "freemium". Un modèle d’abord souple, opportuniste et adaptable : on peut bouger la frontière de l’un à l’autre, voir supprimer l’une des deux composantes…Mais ce n’est pas la seule façon de faire du business, même si beaucoup se réfugient derrière ce modèle, par tendance, sécurité ou flemme. Rappelez-vous l’adage : "ce qui est gratuit, ne vaut rien". Mais parfois on a quand même besoin de rien…
15) la quête de sens : oui je sais beaucoup vont zapper ce point (c’est dur d’arriver à la fin de ce post sans s’endormir !), mais il est pourtant essentiel. Toutes les démarches à court terme entraînent les réactions trop connues des entreprises actuelles : pas cher, interim, tests, échantillons, stages…Tout est consommé, consumé même, à court terme, comme si on ne savait plus imaginer ou parier sur l’avenir. Pourtant les joueurs de Poker fleurissent aujourd’hui. Mais effectivement toute captation de bonheur immédiat sans perspective, ou de profit court sans développement à long terme, avec un objectif de vie, de développement, du sens quoi, me semble bien moins efficace et intéressant. Un business c’est toujours une histoire humaine, des procédés, des idées, une réussite ou un échec, bref ça vit fort ! De quoi épanouir pour qui veut s’y passionner, une équipe complète. La passion, c’est bien souvent ce qui manque soit dans une aventure, soit dans une équipe, soit dans une proposition de valeur : des marques lisses sans personnalité, des produits "me-too" réchauffés, des arnaques déguisées…oubliez tout ça, le masque est tombé : le consommateur veut du sens, même sur des produits basiques : de l’équitable, du juste et une promesse vraie. De la confiance, de la proximité, de l’écoute. Eloigné du business impersonnel et les tentations du "mass market"
Bon, vous ne direz plus que vous ne saviez pas : le business "x.0", ça existe aussi, c’est plus que des outils, une vraie philosophie qui entraîne tous les rouages des entreprises. En route pour un renouveau "win-win" et une manière de travailler plus épanouissante…
Les modèles online du Web 29/12/2009
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Même si Chris Anderson pronait l’ére de la gratuité sur le web, certaines startup s’essoufflent, avec célébrité et audience certes, mais des caisses légèrement vides…Les tours de tables successifs opérés auprès des business angels et autres fonds ne font que reculer l’échéance des comptes, celle qui fait apparaître si oui ou non, le business d’une affaire est viable et durable, un business qui valorise des actifs par du chiffre d’affaires et du résultat, plus que par des espérances de gain ou un trafic certes important, mais volatile. On peut toujours se réjouir en regardant les statistiques sur Quantcast, ou en consultant les statistiques des réseaux sociaux ici ou sur le tableau ci-après, il n’en demeure pas moins que, comme dans une boutique, des visiteurs, ça ne fait pas de chiffre d’affaires…
Lorsqu’on envisage de se lancer sur le web, mieux vaut d’abord se demander ce que l’on va y chercher (plus que l’effet de mode qui se démode par définition), en réfléchissant si :
- sa stratégie est cohérente avec son entrée sur le web
- si le(s) marché(s) potentiel(s) visé(s) et ses cibles s’y trouve (cad y est régulier, y consomme et s’y informe
La plupart des sites qui drainent des profils (amis, rencontres, annonces…) cherchent avant tout des membres, captifs, à qui "ils" vont s’adresser (communiquer, vendre, céder leur contact à d’autres…), et valorisent donc le temps passé par vous, les informations que vous avez saisies (attention aux réglages "privacy" et respect partie privée/professionnelle). Ils teasent donc, vous attirent et pour cela proposent une "valeur" perçue (pas forcément réelle), pour vous y attirer. Ces gigantesques réservoirs numériques qui tracent et mémorisent toute votre vie (eh oui…), doivent par conséquent servir un jour…comment ? pourquoi ? ne serait-ce parce que ces compagnies ont investi quelque peu pour faire des infrastructures informatiques puissantes et des sites à l’ergonomie et aux services toujours plus forts. Quels sont les modèles derrière tout ça ?
- la gratuité pour le consommateur (le "social-internaute") :
Modèle introduit depuis très longtemps, pas forcément par choix, tout simplement par le seul fait que lorsque bon nombre de sites se lancent, leur business model ne colle dejà pas à la réalité (marché, croissance, cibles), mais aussi parce que nombre d’entre eux sont souvent le fruit d’un génie (ou deux), de gourous, qui par passion, développent une idée (et non pas un business)…Google, ça vous rappelle quelque chose, deux génies qui insatisfaits des résultats de recherche sur le web, créé leur propre moteur…?
Le revenu est ici généré par la publicité et/ou la vente des adresses collectées, faut-il encore que ces adresses soient de bonne qualité, captives et actualisées. Et l’audience est extrêmement volatile et/ou pas captive : ce n’est pas parce que Facebook a 350 millions de membres, qu’ils sont captifs et réceptifs à la publicité (rappel, la fermeture de leur projet Beacon, censé lier amis et achats, dans la communauté sur le web…)
- l’abonnement à des services : premium, gold, avancé, private…
A la lumière d’autres modèles (télé, presse – et encore la presse gratuite est arrivée après ! -, échantillonnage musique, livres "publics"…), le service de base est gratuit, mais on a accès à un ou des niveau(x) supplémentaire(s), en payant (one shot ou par abonnement). Deezer, last fm, newsletters privées, sites de presse online, video making-off/short cut, bonus…nombre de ressources à la marge pour générer du cash sonnant et trébuchant. Ce modèle nécessite sans arrêt la culture des exclusivités, la sécurisation (piratage), et une quête de la nouveauté permanente (et désormais "live" avec le realtime search). L’abonnement est intéressant pour les sociétés mais à un côté aliénant pour le consommateur abonné, qui justement finit par ne plus consommer…Youtube lorgne de ce côté en annonçant des fees d’entrée pour visionner les longs métrages…la convergence avance, entre la "télé payante" et le visionnage d’oeuvres payant sur le web : quelle différence à terme ?
- la commercialisation techno. (API, modules propriétaires…) :
Le web c’est grisant mais au départ ce n’est que de la techno. bien faîte certes, mais de la techno…et lorsque l’expérience consommateur est passionnante, on l’oublie la techno…Seesmic a démarré sur un concept de vlog, conversation video realtime (ou différé) et finalement s’est spécialisée (parce qu’elle n’a pas attiré suffisamment de membres, comme twitter) dans le développement d’API/de desk pour d’autres applications (notamment twitter). Un shift de B-to-C audienciel, vers du B-to-B techno. Tant que le web montre ses vraies valeurs d’innovation (orientée client), il a besoin de techno, pour aller plus loin. C’est un créneau plus direct et lucratif.
- le sponsoring par la publicité :
Autre idée émergente, glisser des pubs dans des contenus visionnés sur le web (livres, images, vidéo, musiques, clips…), souvenez-vous il y a quelques années les abonnements "spot" de Bouygues Telecom, qui vous forçait à entendre un spot de publicité avant d’avoir votre correspondant…Nombre de sites le proposent (il y avait déjà les layers, pop-ups à l’ouverture des sites…). Une jeune société du nom de Auditude (ie présente au forum Netxplorateur 2009), a présenté une solution, permettant de glisser des messages publicitaires, dans la lecture de video (ex. sur Youtube), une technologie pas trop intrusive, et soft…Sachant que les vidéos postées par des anonymes, en relation avec des grandes marques, sont beaucoup plus regardées que les originales postées par ces mêmes marques…question de confiance et/ou de défiance, par rapport à l’hégémonie de communication de ces marques !
- l’écosystème environnant :
Ne parlons que de Twitter : avant de gagner un seul dollar, la société a engendré pas moins de 50.000 applications environnantes utilisant les APIs de Twitter…une économie (embauches, contrats, business), colossale indirecte, du succès de la plateforme de microblogging (là où Pownce sur le même concept a du fermer ses portes…). Ces applications environnantes utilisent le succès de Twitter pour faire connaître leurs capacités techniques…en monétisant par la suite leurs services. Effets de bords : après la célébrité des dirigeants de Twitter, ils sont crédibilisés et montent désormais SquareUp, une autre startup qui cette fois-ci propose du micro-paiement sur mobile et qui d’une part va générer du cash (en commercialisant cette solution multiplateforme), d’autre part est bien dans un mouvement d’innovation, en rendant "bankable" comme on dit, les populations les plus défavorisées. Un progrès c’est sur. A travers cet exemple, l’illustration est limpide : un succès incertain au démarrage, peut crédibiliser une solution payante, une sorte de "cheval de Troie" vers le succès…Mais il faut savoir attendre et surtout bénéficier de cash.
- la mise en relation :
Sur le web, on trouve de tout (le meilleur comme le pire…!). Et certains sont prêts à payer cher une simple "mise en relation" ou un contact prisé. Des modèles de communautés qui se gèrent et permettent d’accéder à ces contacts, de leur parler…C’est la barrière de la secrétaire virtuelle, qui moyennant un fee, vous ouvre son carnet d’adresses. Les services premium de LinkedIn, Viadeo, mais aussi Meetic, fonctionnent sur ce modèle. Il vaut mieux d’ailleurs démarrer directement sur celui-ci, que de faire de la gratuité, puis d’annoncer un jour que cela devient payant…(risque de désaffection et de buzz négatif). Il est tout à fait logique, en ouvrant un "rayon" sur le web, d’y vendre des choses. La simultanéité et temps réel des choses nous aveugle et rend tout possible (et gratuit).
- les annonces et ventes "payantes" :
ebay, 2xmoinscher, priceminister…et leurs stratégie B-to-C et "marketplace", ont renoncé à faire payer des "pas de porte" numériques, mais se rémunèrent sur les transactions effectuées. Un % sur les ventes, avec en tâche de fond d’attirer les meilleurs profils (vendeurs, acheteurs, pro) et de proposer la meilleure exposition aux produits. Certains pros ont fait fortune en détournant des concepts de particulier à particulier, vers un vrai business lucratif, où l’ouverture d’un magasin ne coûte…plus rien. C’est la grande menace pour le commerce traditionnel (dit brick-and-mortar) : la mise en relation directe entre consommateurs et le marché de l’occasion…Un phénomène d’ampleur impressionnante (vu à Noël où 41% des gens déclarent revendre leur cadeau…), qui supprime tous les "coûts inutiles" du point de vue du consommateur. Pas étonnant si de grandes marques se créent des comptes sur ebay ou 2xmoinscher, pour capter les consommateurs férus de prix…
- le participatif et la donation :
Nombre de success stories ne se développeraient pas sans l’aide de précieux donateurs (modestes ou plus importants). Wikipedia, lui-même, véritable histoire de l’encyclopédie participative du web, a lancé récemment une campagne de donation en ligne, et des sites comme kiva.org, vivent de ce principe : une histoire à raconter, qui séduit des auditeurs, et c’est le coeur qui parle (et le porte-monnaie), pour accompagner cette histoire plus loin. Les modèles communautaires sur le web fonctionnent très bien, car l’entraide y est plus poussée et naturel qu’ailleurs. Si la "communauté" n’est pas vraiment nouvelle, la capacité à enthousiasmer et faire participer les gens est réelle. Et ça c’est nouveau, c’est efficace et c’est tant mieux. Des ressources qui s’ignorait, construisent des chefs d’oeuvre. A l’image de communautés de fans, de développeurs (à suivre les armées levées par Mozilla pour développer leurs produits, les tester et les améliorer…pour le fun et le plaisir de contrer le géant Microsoft). Les mêmes modèles permettent aux artistes de se produire ou de se publier (mymajorcompany, ventes de LPs à un prix déterminé par l’internaute, fairtrade-music…). Des moyens donnés par des fans éphémères ou plus fidèles…Un mode parfaitement adapté à l’esprit des communautés d’entraide et de construction collective. Mais un mode extrêmement aléatoire, sur lequel des investisseurs doivent parier. Les seuls actifs sont souvent les dirigeants, connus et respectés des milieux des blogs, startup events et comités d’incubateurs.
Il y a probablement des modes dormants qui restent à définir, on voit surtout, qu’avec parfois pas grand chose, de grandes histoires se construisent, mais comme partout n’oublions pas l’essentiel : c’est le client, le consommateur qui choisit si l’histoire lui plait ou pas et si elle doit continuer. L’armée fait et défait les grands généraux…







Les 5 et 6 Mai, s’est tenue sur le campus de la célèbre 

