Entreprise et Pauvreté 02/10/2010
Posted by evidencesx in développement durable, innovation.Tags: économie solidaire, BOP, développement durable, entreprise, oubliés, pauvre, pauvreté, révolution industrielle, rupture, social business
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Voilà bien deux choses qu’il faudrait réconcilier. Si l’une est bien souvent synonyme de richesse (mal ou non partagée), l’autre est une réalité de nos frontières (d’ailleurs parfois pas très loin dans notre pays…). Si de nombreuses initiatives ont désormais vu le jour, il y a malheureusement encore de l’habillage (on pourrait dire du "poorwashing" comme pour le green) et il ne s’agit pas simplement de faire un chèque pour dormir tranquille. Je me suis rendu à une conférence organisée par HEC Exed, ce mardi 28 septembre, pour découvrir quelques notions à bien avoir en tête avant de vouloir s’ériger en chevalier blanc moderne de la sagesse équitable. Deux intervenants bien choisis, Frédéric Dalsace, professeur à HEC et David Menascé consultant chez First&42nd. Mais voyons plutôt, de quoi parle t-on ?
Confrontées aux limites de l’action des pouvoirs spirituels et politiques, les entreprises doivent jouer un rôle croissant dans la lutte contre la pauvreté. Pourtant, l’idéal Schumpetérien de la création de richesses et la vision libérale initiale d’un partage équilibré de celles-ci ont fait progressivement place au désenchantement, puis à la crise. Pour beaucoup, l’entreprise est désormais une machine à provoquer l’exclusion et la pauvreté au profit de quelques-uns. Démissions ? Démissions des religions, qui certes multiplient les tentatives de regroupement de la solidarité, mais peinent à maintenir la fidélité dans le culte et dans la croyance. Démissions du pouvoir politique, tentatives d’état sauveur et alimentant (entretenant ?) finalement la pauvreté par des subventions masquent le manque de croissance et de richesse pour tous. Démission du pouvoir économique, l’entreprise ne jouant pas son rôle social d’antan, au profit…du profit, du capital vs le travail, imbriqués dans des révolutions industrielles et technologiques qui génèrent plus de chômage et d’exclusion à court terme, que d’opportunités…
Le pauvre, synonyme parfois de "faible" et en tous cas d’un revenu insuffisant (définition UE = la moitié du revenu median) ; il y en a environ 40 millions aux USA et…8 en France. De quoi se poser la question (rappelons-nous : vendre aux riches parce qu’ils sont riches et aux pauvres parce qu’ils sont nombreux). Loin des éternelles théories où deux idées s’opposent :
- acheter aux pauvres le fruit de leur travail les enrichit ; encore faut-il acheter "solidaire" à un prix leur permettant de vivre
- ou vendre aux pauvres selon leurs ressources, cad les fameuses stratégies de "Bottom of the Pyramid", en adaptant le produit à la demande et aux vrais besoins/ressources et aspirations des pauvres
qui démontrent la relation entre "entreprises" et "pauvres"…La seule alors que la réalité nécessaire est toute autre : il s’agit bien d’utiliser l’organe économique et social dans la construction, le développement et "l’insertion" des pauvres. Le rôle social dans la cité des entreprises de toute taille. Alors où en est-on? S’agit-il, pour se donner "bonne conscience" d’embaucher des gens des banlieues, mais de les laisser sans réelle opportunité de carrière, s’agit-il d’embaucher plus de femmes ou de personnes d’origine étrangère, car cela fait "bien" (et bien entendu de communiquer dessus), s’agit-il de consommer en local, régional, sorte de protectionnisme réducteur?
Oui l’entreprise a une responsabilité sociale très importante : l’insertion, le repérage, l’épanouissement et le fait de faire grandir les gens…semblent bien plus importants que les exploiter, en faire des machines à productivité dont on se séparera à la moindre secousse. Si les entreprises prennent l’habitude de se soucier de leurs employés et de les accompagner, ils seront les premiers ambassadeurs de leur métier, de leur marque et seront fiers. Des éléments bien plus efficaces que la terreur et la pression des objectifs et des actionnaires. Même si certains modèles plus "dictatoriaux" (Chine, Russie) montrent des résultats économiques impressionnants, le réel indice de "développement humain" (celui qui devrait remplacer le PIB par exemple…) n’existe pas encore : comment apprécier les résultats économiques et financiers sur les employés et leur développement ? Il revient à chaque entreprise de bâtir des plans de développement, permettant de mesurer, suivre et faire des plans d’action, conduisant à faire reculer l’exclusion, la pauvreté et la rupture. Un travail, durable, épanouissant, voilà ce qu’une société (je parle aussi bien du cadre législatif que de l’entité économique) devrait offrir à tout le monde. Le temps où l’on chantait "le travail c’est la santé" me semble extrêmement loin et déconnecté de notre réalité actuelle. Pourtant des idées un peu anciennes mais pas désuètes dans leur esprit, ont été détournées…restaurons des organes sociaux, des familistères de soutien et d’entraide…Voilà ce que les fruits de l’appareil de production devraient en premier permettre de financer.
Une conférence bien utile qui nous rappelle qu’après une histoire sociale mouvementée par le pouvoir religieux, politique et économique, la conscience collective et collaborative menée par le web social semble un tremplin extrêmement dynamique pour prôner et ouvrir de nombreux débats qu’ils serait bon d’écouter. Le coopératif (agriculture raisonnée et locale, les coop, les systèmes d’échanges locaux…) constitue de nouvelles (anciennes) pistes, qu’il convient de réactiver. Tous les acteurs locaux et économiques doivent y participer car il y a des mannes à re-découvrir dans l’innovation et la débrouillardise locales. Et pourquoi l’entreprise ne serait-elle pas organisatrice des ces processus de partage et de réduction de l’exclusion. Suivons l’actualité de ces sujets à travers la chaire entreprise et pauvreté, fondée par HEC, il y a presque maintenant 2 ans…
Stratégies "Base of the Pyramid" : les succès se méritent… 09/11/2009
Posted by evidencesx in économie, business development, développement commercial, management, stratégie.Tags: base, BOP, marketing, social, stratégie
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Un certain nombre d’entreprises se demandent encore comment élargir leur cible, notamment lorsqu’elles ont épuisé leurs ressources traditionnelles sur les cibles classiques. Comment vendre à ceux qui n’ont pas d’argent ? y’a t-il des marchés potentiels ? comment les adresser et quels produits leur proposer ?
Si les questions sont simples, les réponses sont diverses et floues, malgré un certain nombre de tentatives, plus ou moins réussies. Un article récent de la célèbre revue du MIT "MIT Sloan management review", débat de différentes tentatives et des succès plus ou moins relatifs, sur ces populations. Rappelons-nous d’abord quelques règles élémentaires, relatives à ces approches :
- s’il s’agit bien de "social" dans le sens où il s’agit d’adapter son offre produit/service à une cible plus pauvre, il ne s’agit pas d’humanitaire : ce sont donc des business lucratifs sur le long terme où un marché concret se développe
- il s’agit plus d’une accoutumance longue au mode de vie de ces populations, que la fourniture d’un produit ou d’un service en fait : comprendre les besoins de l’intérieur et surtout convaincre ces cibles du bonheur de changer, est la clef sur le long terme de l’adoption de nouveaux produits (qui par ailleurs ne manquaient pas avant) ; peut être là, le marketing créé le besoin…encore faut-il expliquer pourquoi ce besoin peut-il être satisfait de cette façon et quels sont les avantages le consommateur en tire t-il par rapport à son expérience où il s’en passait…
- du business, mais de la patience, de la compréhension et de la pédagogie plus que de la vente…
- la nécessité de sensibiliser ces populations au fait que payer est nécessaire à tout le monde, y compris pour quelque chose d’équivalent, gratuit avant : nous parlons aussi de progrès…
- pas de certitude et surtout de l’humilité : beaucoup de produits ont été des échecs, même si apparemment ils étaient "nécessaires", leur pertinence n’a pas été perçue et surtout reconnue
- plutôt que de viser une utilisation d’un produit, proposer une gamme permet d’amortir les coûts fixes de distribution, avec une plus grande chance de trouver un usage qui matche avec un besoin reconnu ; de la même façon, un produit peut être acheté, non pas pour son besoin initial souhaité, mais pour un usage détourné, et constituer tout de même un succès…

Ainsi, ces stratégies, permettent d’adapter les produits, aux cibles et au panier moyen des consommateurs. Les packaging se font plus petits et correspondent à un usage unique et immédiat (lessive, savon, chewing-gum…), moyennant la somme disponible au moment du besoin et sans emprunt. Je prends souvent un exemple complètement invisible et organisé par ces populations : la cigarette. Les fumeurs dans ces régions, ne peuvent supporter le coût d’un paquet entier et achètent celles-ci à l’unité, au moment où s’exprime le besoin de fumer ; nous avons ainsi, organisé sur ce marché :
- du micro-crédit communautaire : celui qui achète le paquet entier, qui avance l’argent
- les consommateurs qui achètent juste leur "dose", à l’unité
- enfin le vendeur, qui n’effectue aucun bénéfice, jouant juste son rôle de 1) distributeur de proximité 2) marketeur BOP (il adapte son offre au besoin : l’unité) 3) facilitateur : il anime la communauté
Eh oui, vous ne regarderez plus ce petit commerce comme avant…
Social et Business : une réalité proche ? 06/05/2009
Posted by evidencesx in Uncategorized.Tags: BOP, business, conference, développement durable, HEC, ressources, social
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Les 5 et 6 Mai, s’est tenue sur le campus de la célèbre business school HEC, à Jouy, une conférence sur les projets de développements sociaux, économiques et énergétiques de notre monde moderne. Une Conférence extrêmement pertinente sur le sujet, "social business conference", permettant de reprendre tous les enjeux en ressources de la planète autour de plusieurs thèmes (Ressources, Réduction pauvreté, drivers du changement et divers), qui accompagnent tous les stades du développement social, auprès de ce que l’on appelle souvent le "bas de la pyramide" (BOP), les milieux les plus pauvres et défavorisés.
Plus d’infos sur cette 6ème édition sur : http://www.socialbusinessconference.org



