jump to navigation

Sustainable Business Conference 2012 – HEC Campus 29/03/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, digital, diversité, innovation, social business.
Tags: , , ,
add a comment

Nouvelle édition de la Social Business Conference, le 22 mars sur le campus HEC, organisé par le MBA program, avec en introduction quelques videos de personnalités politiques d’envergures, concernées (F. Hollande et N. Kosciusko-Morizet).

Le thème de cette conférence de cette année tient en un concept autour des villes du futur et de leur capacité à "déclencher et mettre en oeuvre des megapoles adaptées aux enjeux énergétiques avec un gimmick = Smart Cities, Smart Sustainability”. Oui il s’agit désormais de cohabiter entre villes urbaines, quotas de ressources naturelles et exigences énergétiques : pour que tout le monde vive ensemble, durablement.

Un certain nombre de questions clefs ont été traitées comme par exemple :

  • Comment réduire la consommation d’énergie dans ce que l’on appelle les "smart cities" ?
  • Quelles énergies et quand ?
  • Retraitement des déchets : sur site ou déporté, quel équilibre ?
  • Industrialisation du concept "positive city" ?
  • Comment généraliser la smart mobility ?
  • Quels partenariats public/privé pour financer les smarts cities ?
  • Comment éduquer les citoyens et les comportements durables ?
  • Traitement de l’eau : quelle industrie et infrastructures ?
  • Comment développer de la nourriture en cycle court et l’agriculture urbaine ?

Je me suis toujours dit qu’il était bizarre (mais bougrement utile !) d’avoir créé un parti politique des “verts”, comme si dans chaque autre parti dit généraliste, la problématique énergétique et développement durable, restait au seuil des préoccupations, dès que s’empare la fièvre de la crise, du politicien poli et de la nécessité de croissance…croissance ? Inventons donc une autre croissance, une croissance raisonnée, commune et porteuse pour l’héritage mondial…

L’intervention de Maximilien Rouer (BeCitizen) nous parle de "ville médiévale" et d’un modèle superbe : déchets organiques, recyclage automatique, etc mais pas adapté en cas de surpopulation…Mais aujourd’hui, nous avons comme dans le marketing, inventé la segmentation des déchets pour en faciliter le recyclage et la ré-utilisation (déjà un exemple de croissance raisonnée) et surtout pour éviter le transport (et le CO2), le recyclage/destruction sur site qui incite donc à prévoir des sites, prévus pour produire, recycler, détruire au même endroit. Le défi c’est donc le passage d’une ville 100% béton à une ville plus verte (re-végétalisation). Santé, flore, bactéries…ré-introduisons dans l’écosystème ces vilains microbes et bactéries font donc partie de notre bien-être car un environnement trop aseptisé, nous rend encore plus malade !

La "ville positive" ce serait donc une ville plus productrice, plus agréable, avec une réduction des flux migratoires, plus autonome, résiliante aux grands chgts climatiques. C’est noté…

Au tour de Gunter Pauli avec “économie et écologie” : “Rethink”, dare and invent the blue economy. “we can’t always learn children what we did, because they won’t be able to invent anything else”. Sa démonstration en Anglais est fascinante devant un parterre, pour la plupart d’étudiants en MBA, en comparant une politique dite "green" (expensive, taxes, subsidized, protect, comply, do less bad, global, corporations) et "blue" (innovative, competitive, jobs, regenerate, change the rules, choose the best, do more good, local, entrepreneurs). Un vrai passionné, qui n’hésite pas à bousculer les existants et provoquer les gouvernants de ce monde, qu’il a rencontrés par un nombre impressionnant de conférences. Il nous livre par exemple les vertus :

  • du bamboo : vegetable steel…incredible properties in the simple nature…"Social housing can be beautiful, useful and relevant"
  • de l’énergie par l’écoulement de l’eau (douche, canalisations, chasses d’eau…en installant des micro-turbines)
  • de la "smart chemistry"
  • de la physique : "with photovoltaïcs : use both sides"
  • du courant continu : "change your house to “DC” electric energy"
  • de la purification de l’eau de mer sans filtre, pompes, etc des procédés qui existent mais qui tardent à convaincre…
  • et du "fast, cheap, local" un moyen sans conteste efficace pour "outcompete the next future goals for sustainable life"

Mais selon lui il y a une attitude au delà de tout, nécessaire : "l’open source" sur tout, pour libérer les penseurs, innovateurs et faire de cet édifice un magnifique projet qui n’appartient à personne et à tout le monde. C’est ainsi que lui même publie et offre autour du monde ses "36 fables", histoires qu’il a écrites au fur et à mesure de ses rencontres et qu’il offre aux écoles du monde entier. Un exposé passionné et passionnant…

L’après-midi est organisée selon 3 thèmes :

  • social business & HR with access to "quality education", "water treatment and solutions" and "food new shifts and waste problems"
  • clean tech with "reduce energy consumption in smart cities", "positive cities" and "waste management and treatment"
  • infrastructures with "industrialize positive cities", "smart mobility" and "public/private partnering for smart cities

3 enjeux majeurs autour de 3 ateliers successifs qui permettent de réunir chercheurs, dirigeants/innovateurs et consultants pour remuer un peu les idées reçues et délivrer des éclairages, issus des zones en questions où il est capital d’opérer des changements. Car l’innovation la plus efficace c’est bien celle qui est réalisée par les utilisateurs mêmes, ceux là qui connaissent le mieux leurs contraintes et les recettes qu’ils inventent, bien avant que les états interviennent et souvent hélas en prennent conscience. Les débats vont bon train, mais nous restons parfois un peu sur notre faim, car soulevant des problèmes et ne fournissant que peu de solutions. Mais la tâche est énorme. Ce qu’il faut retenir c’est la participation d’industriels de renom (Danone, EDF, Intel, PSA, SNCF…) qui doivent entreprendre des chantiers colossaux pour équilibrer leurs exigences de profit avec les contraintes sociales, énergétiques et économiques du développement durable. L’énergie telle que nous la connaissons s’épuise hélas et ne saurait convenir à la surconsommation et aux dérives du déséquilibre "riches/pauvres" qui s’accentue. il faut donc non pas un "autre monde", mais bien le monde dont nous héritons géré "autrement", avec les consciences collectives et l’imagination dont il faut faire preuve. Mais attention au "greenwashing", qui fait bien dans les rapports annuels et tranquilise la bourse…

L’occasion pour Emmanuel Faber (Danone), Didier Roux (St Gobain) et Serge Papin (Système U) de conclure et de nous confier quelques pistes de solutions et notamment d’illustrer comment chez eux, ils appréhendent sérieusement le dossier "durable" dans leurs métiers respectifs. Et l’occasion aussi de se satisfaire que tôt, des étudiants sont sensibilisés à travailler "autrement", voire entreprendre dans ces domaines pour y être confronté désormais chaque jour.

Une initiative qui grandit d’année en année et confiée aux étudiants du MBA d’HEC en partenariat avec la chaire social business du même établissement.

Bookmark and Share

NetExplo Forum, la conférence 2012 19/03/2012

Posted by evidencesx in économie, digital, e-tech, entrepreneuriat, innovation, numérique, social business, technologie.
Tags: , , , , , , , , ,
add a comment

Nouveau logo, nouvelle base line avec "Global Observatory on Digital Society", la nouvelle édition 2012 s’est tenue à l’Unesco comme l’année passée les 15 et 16 Mars. 10 lauréats encore cette année, du monde entier avec des idées "disruptives" puisque l’idée est d’identifier les pistes d’innovation digitale dans le monde entier, et à la clef des prix remis par une communauté d’experts reconnus.

Une présentation du Trend Report 2012, par Bernard Cathelat, illustrant les technologies s’offrant à nous et dessinant la vie qui ira avec : quels impacts sur notre quotidien ? quelles opportunités ? quelles ruptures ?

2011, c’était l’année Facebook, le réseau "utilities" comme le qualifie lui-même Mark Zuckerberg, un vrai réseau désormais car près de 900 millions de membres, ça force le respect tant l’audience, le temps passé et l’activité dépassent le seul phénomène de divertissement. Facebook est une ville, un pays, un monde, un univers : mode de vie, procédures, monnaie…tout s’y passe. Et si les prochains lauréats étaient désormais DANS Facebook, puisque tout y est ? Et puis 2011 c’est l’année de l’envol des smartphones et donc des applications mobiles : consolidation de IOS (Apple) et décollage d’Androîd, la mobilité bouscule nos habitudes : de shopping, d’information, de recherche sur le web mobile et de jeu. "Nous sommes partout et nulle part et cette ubiquité repousse les limites de la technologie mais surtout de nos attentes" : toujours plus, tout le temps et toujours mieux. C’est dans cette espérance d’un monde toujours plus relié que naissent alors des initiatives "digitales", puisque nous sommes "dans l’Internet" plus que jamais…

On peut donc noter quelques tendances importantes, qui tout silencieusement, risquent de fracturer l’approche digitale, quel que soit le secteur d’activité et les attentes. L’attention est plus que jamais portée sur la "confiance", l’authenticité des ID, la protection des données et la multiplicité des profils possibles (nécessaires ?). Alors entrons-nous désormais dans le "Crystal World", un monde qui se veut plus transparent mais pour quelle transparence ? Ou bien, sommes-nous dans un gigantesque échiquier qui nous traque et nous profile ("track and profile"), pour mieux exploiter nos données et nous surveiller…? Comment gérer sa réputation et son identité, sans devenir ni schizophrène, ni égocentriste, et tout ce combat autour de l’identité ("ID Drama") ? Comment enfin rester dans la relation pure et chargée de sens ("Sway Capital"), sans tomber dans la marchandisation des liens et des profils, où nous constituons un capital marchand par les relations que nous entretenons et les échanges effectués ("Match Marketing") ?

Privacy, track and profile : toute la révolution numérique est-elle bonne à prendre ou pas ? Quid de la sécurité ou du flicage ? Quel seuil de secret allons-nous accepter ? La meilleure connaissance du consommateur est-elle séduisante ou repulsive ? Dans le milieu professionnel, perte de productivité ou meilleure gestion des talents et repérage des influenceurs dans l’entreprise ?

Dans cette course à "l’auto-médiatisation" de la personne (et maintenant des marques et de leur réputation), il faut sans arrêt aller et venir entre :

  • montrer (tout ?), plus (et mieux), s’étaler sur Internet car c’est une vitrine sans précédent de célébrité et d’accélération de la réputation
  • se méfier de la "mémoire du web" qui historise, stocke et conserve tout et du coup, s’en écarter car trop de risques immédiats ou potentiels à venir…

On voit dont apparaître une qualification de ce que l’on étend sur le web avec des possibilités de profils différents (hibe), d’identités parallèles, nous sommes dans ce que B. Cathelat appelle le "sway capital", d’un meilleur usage des réseaux sociaux, en segmentant ce que l’on y met et trouve…Et l’on voit, au fur et à mesure de l’augmentation des données publiées, un formidable catalogue d’informations disponibles, gratuitement en ligne, mises en ligne par les utilisateurs : des consommateurs, salariés qui mettent en permanence leur vie, de manière transparente en temps réel…ça n’aurait pas une valeur, ça ?

Oui vous l’avez compris, tout ce que les marketeurs et les DRH ont toujours rêvé d’avoir s’étale là, sous nos yeux...la vie privée et l’extraordinaire exploitation possible…Le web devient-il une transposition de notre vie réelle, avec une nouvelle vague de pression promotionnelle et d’ingérence dans la vie privée des gens. Ou doit-il rester le vecteur noble, scientifique, libre et autonome, impartial, véhicule du savoir de la connaissance et pont entre les populations. Oui le "big data", invasion de données, extraversion de profils individuels pose le réel problème de "jusqu’où" et "comment" pour rester une évolution technologique majeure, sans les travers de gens peu scrupuleux. Méfions-nous donc du "match marketing", retour en force du "one-to-one" où nos appareils pourraient prendre le contrôle, en nous dictant notre conduite, nos régimes, ce qui est bien à consommer pour notre santé…

L’explosion des réseaux dits "sociaux" vient d’un saut technologique, mais aussi d’une désaffection pour les modes de communication traditionnel, en choisissant les cercles de connaissance, de contacts et le réseau que l’on souhaite. Si cette construction devient une foire à la monétisation, on risque de détruire la confiance longue à bâtir et encore plus en ligne, avec des micro-réseaux de niche et une méfiance…Allez-vous vendre vos contacts et votre réseau au premier venu, sous prétexte d’un capital sous-jascent…? Alors, je ne serai plus votre "ami"…Je n’ai pas signé pour la marchandisation de mon profil à tout va…

La meilleure innovation reste celle qui "résoud simplement un problème compliqué", mais surtout qui répond à un besoin avéré, annoncé : "mieux, mais pas trop, en toute liberté". On peut donc retenir trois tendances essentielles cette année :

  • omni-surveillance, tout savoir…
  • hyper-individualisation (reconnaissance, tracking…) : trop de contrôle ? (bio-mono-ID)
  • risque de marchandisation (monétisation, exigences de rentabilité et fuite vers les micro réseaux sociaux avec une méfiance renforcée ?

À nous désormais de “connecter juste”…

Où va le monde numérique : “l’Alter-Web” tel qu’il avait été créé (libre, créatif, gratuit…) ne doit pas perdre cette liberté et être envahi avec toutes les pollutions de la vie réelle…Gardons l’anti-conformisme, le gratuit, la fraternité, la liberté, etc ; Et décidons de le faire avant que "l’hacktivisme" s’en empare et en fasse un espace de combat…

Excellente introduction, au moins cette année, nous serons prévenus et un homme averti…

Venons en traditionnellement aux prix remis, avec un special award pour Blindspot, premier prix remis par E. Besson (ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique). Un prix qui en dit long sur les possibles et la capacité technologique simple, à lier les "gens" : une canne blanche, intelligente (bluetooth avec oreillette et système de communication "social" de géolocalisation) pour les mal/non-voyants, imaginée par Selena Chew, ancienne étudiante en design à la NSU, Singapour. Chapeau et sans voix…Simple et utile, pertinent…Un projet qui doit trouver des débouchés de masse et de commercialisation sans tarder…Et surtout un projet qui gomme le handicap, où la technologie relie les peuples…

Puis viennent 9 autres lauréats :

  • Afroes (South Africa) : design et développement de plateformes de jeux à dominante "ludique, sociale et éducative" en Afrique, montrant encore une fois les multiples usages des mobiles dans la réduction de la fracture numérique et la lutte contre la violence et la prévention des abus sexuels (jeu : Champ Chase par exemple)
  • Wearable Behavior Navigation System (Japan) : un système portable en "réalité augmentée", permettant d’apprendre, de guider et de reproduire des gestes d’un expert à distance pour résoudre physiquement un problème : réparation, gestes d’experts, nombre d’applications (sauver une vie, réparation critique d’urgence…)
  • Dollars for Docs (USA) : un site d’open data sur les flux financiers entre laboratoires et médecins pour garantir l’exemplarité des prescriptions et l’impartialité du monde médical (issu USA) ; une opportunité intéressante du sujet "big data" évoqué plus haut
  • Word Lens (USA) : application sur IOS (Apple) pour une traduction instantanée par la capture d’un texte quelconque, avec l’objectif d’un mobile (IOS pour le moment) ; disponible en 3 langues (Français, Espagnol, Anglais) pour le moment, assez bluffant dans l’interface et la facilité d’utilisation
  • Free Monee (USA) : un concept vieux réactualisé en "match marketing", avec l’utilisation de vos données d’achats (relevés banques), pour proposer aux consommateurs des vouchers de réduction, d’après les marques consommées ; un modèle qui redonne de la valeur aux banques, fidélisant leurs clients, apportant du trafic aux commerçants et ciblant mieux les offres promotionnelles remises. Du Groupon plus intelligent…
  • Zeebox (UK) : plateforme de "social TV" assez complète permettant d’interagir dans des cercles d’amis, au sujet du fil d’émissions TV et fournissant des liens vers du "added content" : produits dérivés, bonus, sondages/votes,…le "TV sidekick" comme aime à l’appeler Anthony Rose.
  • H2020 (USA/Chile) : open data pour optimiser la découverte d’eau potable ou non, la geolocalisation et le tagging mondial pour partager l’information et augmenter l’accès à l’eau ; résolution globale et locale à la fois avec le smartphone qui localise les sources et la qualité de l’eau…un problème crucial résolu par tout le monde, une collaboration essentielle et permanente, encore une fois rendue possible par l’étendue de la pénétration du mobile comme outil d’information et de communication
  • Silkroad Point (USA) : enfin une initiative de "talent management" en plateforme sociale qui devrait convaincre les DRH de s’équiper et d’aller sur le terrain d’un encouragement massif à l’utilisation des plateformes sociales en entreprise. Et qui ajoute de la valeur aux salariés par leur "réputation", score d’influence, dont ils peuvent (aussi) faire profiter leur entreprise, à travers leur fonction professionnelle
  • Aadhaar (India) : 1ère BdD biométrique au monde, une ambition à 1,2 milliards d’individus ! une initiative "sociale et désintéressée" pour recenser sérieusement et donner un identité officielle à tous les Indiens ; et leur permettre "d’exister"officiellement, d’avoir accès à un système éducatif, de santé, de paiement, participer à la lutte contre la corruption, etc. Une tâche simple mais gigantesque eu égard au pays…"Chaque Indien, en scannant son iris et une empreinte digitale aura une fiche de citoyen officiel permettant l’héritage, la transmission, l’existence dans une cellule familiale" ;  à noter cette initiative menée par Nandan Nilekani, fondateur du géant informatique, Infosys…(60.000 stations d’enregistrement, 1 million d’enregistrements  par jour, 150 serveurs…)

Viendront ensuite deux parenthèses, l’une artistique, l’autre technologique avec  :

  • François Hebel, responsable des rencontres photographiques d’Arles, qui nous explique comment le numérique a modifié la photographie, de la prise de vue, la production et la distribution d’images et dans le métier de photographe…l’image, expression remplie d’émotion, véhicule des mots et devient la "grammaire des enfants" tant il est aujourd’hui avec un équipement "standard" de devenir un reporter d’images amateur sur toute la chaîne : saisie, retouche, production et publication…Un apprentissage plus facile que la langue, dégradée par l’utilisation des SMS ? Lorsqu’on s’intéresse de près au nombre de photos publiées sur les réseaux sociaux…nous y découvrons donc un mode d’expression sans commentaire, sans précédent…
  • Eric Carreel, fondateur notamment de Withings, avec entre autres les balances intelligents et connectées. Une immersion dans ce qui est "connecté" ou pas et les impacts sur le monde "électronique grand public", ou comment les objets communiquent de plus en plus, vers l’immersion en "marché de masse"…

Deuxième journée qui démarre sur un café de la presse, discussion animée sur le "big data" (décidément c’est LE sujet) : impacts, limites, risques et opportunités, dangers et exemples.

Puis Joël de Rosnay nous parle d’énergie avec énergie, renouvelée et renouvelable, en exprimant de son point de vue de scientifique avec "fusion entre numérique et énergie" : une équation bien plus compliquée que le débat manichéen entre "nucléaire ou pas", en introduisant les énergies renouvelables (au nombre de 12), le nucléaire et le "Smart Grid" cad toute l’intelligence informatique du numérique qui permet de gérer, d’équilibrer et d’arbitrer entre production et besoins de consommation. Et en surfant sur le sujet dominant de l’édition 2012, le big data, on en comprend ici toute la portée. Des dispositifs comme "dontflush.me" ou le sourcing de l’eau (H2020), etc, font avancer et comprendre parfaitement la "gestion" intelligente des énergies, grâce aux réseaux (techniques et humains). Une fusion "homme et nature" (et technologie) qui a du sens et qui nous protège par la volonté de survie, l’envie de collaborer et au delà de toute considération politique, pour qui l’environnement restera toujours derrière les impératifs économiques.

Sur les deux jours, les impacts numériques ont été mesurés et évalués (rapidement), sur d’autres continents : jeudi avec Rishi Khiani from Indian Times (Inde), vendredi avec Sergio Davila from falho.com.br (Brésil) et avec Amadou Mahtar Ba de Allafrica.com (Afrique). On y retrouve des réservoirs d’espoir, pour l’accélération de l’accès à la connaissance, l’information, l’action démocratique. Le numérique, comme partout, donne la voix aux populations et crée du lien, de l’échange et du sourcing d’innovation mais surtout redonne du bon sens  l’action politique, sous l’influence du peuple et du vote permanent, global et local. Le partage de bonnes pratiques, de mises en garde (sécurité, banditisme et violence). Le café de la presse du jeudi matin a bien montré comme l’Internet a fait "le printemps Arabe" et permis d’élever la voix, de soulever des peuples et de renverser des régimes ancrés depuis trop longtemps dans la surdité. Mais comme le souligne Amadou M.Ba, il est temps de prendre la parole de "l’intérieur" plutôt que de confier la voix de l’Afrique à CNN en quelque sorte. Les médias sociaux concourent encore une fois avec la collaboration locale, à prendre en main leur destin, par le peuple Africain. Quel que soit le continent ici, la masse démocratique en jeu est colossale et les plateformes sociales comme Facebook fonctionnent à plein régime, et les citoyens ont bien compris comment s’en servir. Bancarisation, santé, accès à l’éducation, à l’eau…toutes ces problématiques sont facilitées dans ce monde en "réseau" où le progrès technologique a décuplé le bon sens des gens, pour prendre en main leur destin, lorsque le pouvoir politique ne va pas assez vite.

Et quand ça ne va pas assez vite, il y a les Anonymous. Débat avec @pierrehaski (Rue89) et @TDanet (co-auteur du livre "Anonymous : peuvent-ils changer le monde ?"), qui tracent et décryptent (autant que cela soit possible) l’origine, les mécanismes et la philosophie. Car il s’agit plus d’actions, de prises de position que d’une secte ou d’un club à la mode. Et c’est pour ça que c’est tout le monde et personne, car il s’agit juste de se reconnaître derrière les actions "justes" menées pour défendre la liberté, l’indépendance et la démocratie dans le monde. Et pourquoi cela a t-il une portée colossale ? eh bien pour les mêmes raisons "numériques" : la portée et la capacité impressionnante de la masse d’activisme et la puissance de l’Internet pour mobiliser, réunir avec une certaine confidentialité, toutes les initiatives de révolte ou de résistance. Finalement, issu de "l’Alter", cad "autre" moyen de faire et de proposition. Puisque la démocratie existe, ses moyens d’expression doivent exister. Parfois dans l’expédition "guerrière" et sans accord préalable. C’est comme ça…

Il restait à un panel de professeurs émérites du monde entier, grâce au réseau HEC et Netexplorateur, de conclure sous la houlette de @cedric et de synthétiser sous forme de "take away" ces deux jours et d’imaginer des pistes pour 2013…Mais chut, nous n’y sommes pas encore, savourons déjà cette édition bien remplie.

Il y a un certain "blues" à quitter une telle manifestation, mais il faut dire que cela ne s’arrête jamais en fait ; le réseau Netexplo fonctionne toute l’année pour identifier, qualifier et constituer une veille internationale permanente pour sourcer les plus brillantes innovations dans le monde. Et ponctue l’année par des RdV partenaires, pour maintenir la chaleur du réseau, du partage et de l’étendue de la connaissance. Un grand bravo Martine B. et Thierry H. pour la réussite méritée de cet évènement et à toute l’équipe de préparation, conception, production, spécial big up pour l’Unesco, qui ne pouvait pas mieux représenter ces projets de développements digitaux, pour nos mondes de demain.


Bookmark and Share

Bâtisseurs ou Leaders : où sont les cathédrales d’aujourd’hui ? 14/03/2012

Posted by evidencesx in économie, leadership, management, stratégie.
Tags: , , , , ,
2 comments

L’Exed d’HEC a organisé une rencontre avec Anne Vermès, fondatrice de Traits d’Union, sur le thème "les bâtisseurs de cathédrales : un modèle pour le management ?", un sujet extrêmement pertinent comme recherche de solutions modernes du leader, dans les traditions ancestrales…Cette conférence a permis d’aborder des thèmes comme :

  • l’exemplarité professionnelle des corporations (tailleurs de pierres)
  • l’humilité des bâtisseurs dans la construction de cathédrales
  • l’hymne collectif à la lumière et à la légèreté avec l’invention des croisées d’ogives
  • la croissance de l’homme impliqué dans un projet d’envergure et durable
  • le lien entre manager contemporain et chefs de chantier médiévaux

De l’histoire, des hommes, des lieux et des problématiques aux solutions, Anne V. nous explique comment à l’aide d’un évènement historique majeur, on peut tirer des analogies,utilisables à présent, dans la résolution de problèmes de management, leadership ou de travail d’équipe. "Trouver du sens dans des chefs d’oeuvre, cela ne devrait pas avoir changé…et pourtant". Il faut pour ça comme l’exprime Anne V., faire un "pas de côté" et regarder les choses autrement. Trouver dans ce patrimoine et ce savoir-faire ancestraux, des bribes, racines et techniques, qui justement sans aucune aide technologique particulière, ont perduré et se perpétuent encore, mais surtout dans des activités manuelles aujourd’hui, à travers le compagnonnage.

Eh oui, il faut jongler avec les générations et les différents métiers (corporations) qui se croisent, optimiser les ressources rares, tabler sur l’avenir et achever ces chefs d’oeuvres…Regardons un peu rapidement les qualités nécessaires et les parallèles avec aujourd’hui :

  • des "chantiers" (projets) à acteurs multiples
  • une organisation transversale
  • un management de l’excellence : le compagnonnage (qui sont aujourd’hui ces "managers de l’excellence", nous pouvons tous nous demander ce que nous faisons pour la sauvegarde du savoir-faire et la formation à se dépasser…non ?)
  • la transmission : qu’aurons-nous transmis (et pas seulement en termes professionnels), aux générations futures ? des dettes et des déchets ?
  • l’utilisation déjà de "l’industrie" et de "machines" (animaux de traie)
  • de l’innovation : plus de guerre et donc le temps de créer et de faire naître de la création dans les process…
  • une mobilisation collective de l’intelligence
  • un mouvement constant de la connaissance
  • un apprentissage complet : tête, Coeur, corps.

Le processus symbolique (hautement…) utilisé par ces bâtisseurs permettaient de construire pour l’homme, par l’homme mais aussi de chefs d’oeuvre, dont le premier était l’homme lui-même. A travers 3 composantes (intelligence/pensée, le corps/l’action mais aussi le coeur, siège de l’émotion), il s’agissait d’un processus initiatique complet qui forgeait un homme "fini". D’ailleurs, nombreux ne voyaient jamais l’achèvement de ces cathédrales (ie dont la durée globale de construction par exemple pour ND de Paris a duré 150 ans…), mais participaient à l’oeuvre commune. Comment mettre en oeuvre aujourd’hui un tel processus initiatique, lorsque les carrières dans la même entreprise sont désormais rares : ruptures, licenciements, fusions…sont autant d’éléments disruptifs bouleversant la vie des hommes et des femmes ?

Une bien belle aventure-immersion dans le passé de ces vies passionnées et passionnantes où la prise en compte de l’individu (besoins et aspirations), l’individualisation de l’apprentissage (objectifs stratégiques), la capitalisation sur les savoirs, les expériences diversifiées n’étaient pas de vains mots. Où le cheminement intérieur et les 7 valeurs du compagnon (accueil, métier, voyages, communauté, transmission, initiation et chef d’oeuvre) ainsi que les 4 symboles reçus à la fin du chemin (Temple, Tombeau, Pyramide et Cathédrale) constituaient un héritage sans précédent. La construction de toute une vie et de sa “cathédrale intérieure”…Un chef d’oeuvre de l’engagement, une promesse tenue et toujours renouvelée. Saurions-nous aujourd’hui relever le défi de tant d’engagement, de passion et de bien-être dans le management moderne ? La question mérite réellement d’être posée dans nos défis du futur que sont l’éducation, la transmission du savoir/savoir-faire et une quête de sens et d’éthique qu’il faudrait bien réinstaller dans les entreprises, pour que le travail soit un plaisir partagé et non une source de litiges et de maux….

“Transmettre, c’est se guérir de l’oeuvre du temps” (Eliade)

Bookmark and Share

Campus de la solidarité HEC : 7ème édition et 20/20 07/03/2012

Posted by evidencesx in économie, développement durable, diversité, social network.
Tags: , , , , , , , ,
add a comment

20 associations caritatives étudiantes et 20 bonnes raisons de venir à ce fameux campus, le 6 Mars à Jouy en Josas. En présence et sous le parrainage d’invités d’honneur comme Aude de Thuin, Fondatrice et Présidente du Women’s Forum, d’Olga Trostiansky, Secrétaire Générale du Laboratoire de l’Egalité, et du Docteur Pierre Foldès, Fondateur et Président de Médecins du Monde en Belgique, l’évènement a commencé par une conférence inaugurale sur le thème des Droits des femmes.

Il serait en effet temps de considérer l’égalité des chances et de faire monter en pression la représentation féminine, dans les rangs politiques, économiques et sociétaux. On ne compte plus les textes, mais désormais les actions…et ça c’est plus long. 82% d’hommes à l’assemblée nationale, 27% de différence salariale entre hommes et femmes, etc. Des chiffres qui devraient faire réagir et résonner notamment dans les rangs d’HEC, où de nombreuses jeunes filles aspirent à une vie professionnelle passionnante mais AUSSI à une vie de famille épanouie. Et ça commende dans notre éducation où entre religions et imaginaire enfantin, la place de la femme n’est pas franchement très actuelle…et encore reléguée à de la "dépendance". Alors évidemment, lorsqu’on monte le ton, il y a toujours le risque de renforcer l’opposition et de stigmatiser ces plaintes comme un "ennemi", là où il n’y a que tentative de construire un monde d’hommes et de femmes, ensemble et non pas contre. J’ai eu l’occasion d’en parler d’ailleurs ici récemment (une coïncidence ?), mais la réalité est bien celle-ci : la richesse féminine comme agent économique au pouvoir est toute autre que celle des hommes…et le style incomparable donné au côté "féminin", recèle des atouts certains, à cultiver et enseigner. Gageons que la sortie du livre d’Aude de Thuin, fasse réagir et bouger les monolithes séculaires de notre société ancrée dans l’histoire, en modernisant ce qui doit l’être : la chance à tous. Alors changeons les histoires sans changer notre histoire et sans faire d’histoires…

La deuxième partie de soirée était consacrée à une mini-exposition avec des stands d’associations fondées et/ou gérées par des étudiants, sur le thème de la solidarité. Aide à l’éducation/soutien scolaire (Fleur de Bitume), Commerce équitable (Equiterre), Accompagnement d’enfants malades (Rêve d’enfance), projets humanitaires (Solidarité France/Népal), etc. On voit à quel point à la fois la fibre d’entreprendre et cette fièvre de bâtir du concret, mais aussi et surtout, pour les autres, qui magnifie encore plus le débat, émerge dans l’esprit de ces étudiants, pourtant encore jeunes. Et ces initiatives résonnent d’autant plus dans le temple HEC, autrefois dédié à des professions "très comme il faut" et aujourd’hui considérée comme "honteuses" (par exemple, la finance spéculative). Mais tout est dans le style : la finance est plus que jamais nécessaire, ils le découvrent dans l’achèvement de ces projets associatifs. Finalement, ces exercices "réels" révèlent comment des incompréhensions graves mènent parfois à des impasses, alors que rien de plus beau que la passion, les équipes et le dépassement de soi pour les autres. Au delà des contenus, c’est bien entendu cette énergie et cette motivation (qui j’espère ne s’étioleront pas dans le temps…) qui animent ces jeunes et fait briller une étincelle dans leurs yeux, signe à la fois d’entrain, de malice et de débrouillardise. Mais HEC ne serait-il pas ainsi sur le chemin de "l’apprentissage" par l’exemple ? Il y a de la graine, du bon terreau et de l’engrais. Ces jeunes pousses n’auraient pas fini de nous étonner, et HEC comme écrin de moyens est un bon catalyseur de compétences. La devise serait donc bien exploitée : "the more you know, the more you dare". Osez, car l’échec se mérite mais il est formateur…

Puis le dîner de Gala du Campus de la Solidarité, sous la présidence d’un invité de marque, Jacques Hintzy (HEC 1958), Président de l’UNICEF. Ce gala est mené de main de maître par les étudiants : organisation, logistique, choix des menus et service à table (si, si…). Un bon moment, ponctué de brèves envolées musicales, avec un groupe "maison" (là encore d’étudiants)…Enfin la remise des prix du groupe HEC Yvelines, qui soutient depuis des années les associations solidaires sélectionnées par HEC : 1er prix (1.500€) à Goéland (asso d’aide handicapés mentaux) et deux autres prix dont Rêve d’enfance (600€ chacun).

Le grand moment de la soirée (on sent la joie et l’animation monter…) fut le défilé de mode avec l’occasion d’admirer des créations issues du commerce équitable, portées par des étudiantes et étudiants de l’Ecole, défilé de mode éthique et engagé, donc ! Eh oui, on apprend aussi à défiler et le maintien, puisqu’on devra porter un jour, des vêtements de fête…Les étudiants sont gais, vifs mais pro : sur le tapis rouge, peu d’impairs et de nombreuses créations inconnues, exotiques mais adaptées et bien portées. L’esthétique et son utilisation fait aussi partie de qualités dynamiques, qu’on apprécie chez tout le monde….

C’est une excellente édition que la 7ème, un peu comme la vague, la 7ème est plus grande, belle et majestueuse. Chapeau pour l’organisation sans faille qui fait de cette manifestation un chef d’oeuvre commun centré sur le plaisir des invités et l’envie de réussir, premier sans doute d’une longue liste. Un seul regret : pas assez d’anciens (parole d’ancien !), tant il semblerait qu’après sa sortie de l’école, la vie et ses tumultes nous font oublier notre "famille" et nos promesses : porter haut et fort, et loin, le message fraternel de l’éducation d’excellence, toujours, partout, tourné vers l’entraide car qui sait un jour, si de telles structures sauront l’accueillir et le réconforter, dans des moments plus difficiles. "Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient". A nous tous de ne jamais l’oublier…

Bookmark and Share

La nouveauté, source de bonheur…et d’épanouissement. Si, si… 06/03/2012

Posted by evidencesx in développement durable, management.
Tags: , , , , , ,
add a comment

Vous vous ennuyez ? Vous vous êtes déjà ennuyé ? Vous êtes tout le temps dans l’ennui ? Bon, changez pour du neuf. La recherche de la nouveauté, dans tous ses aspects est passionnante et semble conduire à un bonheur rayonnant. Loin du "tout nouveau, tout beau", la quête du neuf est un élément capital dans l’aptitude au bien-être. Et en pleine santé, avec l’âge…L’esprit d’ouverture, de diversité et de curiosité qui allie optimisme, persévérance et l’absence de nombrilisme mène à une créativité sans précédent et profite au groupe. La "néophilie" comme décrite ici (understanding our need for novelty and change), qui recense et explique notre besoin de nouveauté et de changement, serait presque essentielle à notre "survie", dans un monde déstructuré et mobile au possible. Eh oui, pas d’adaptation à un monde qui change et se renouvelle de plus en plus vite signifie soit la disparition, soit vivre reclus et relativement en souffrance. Néophiles, néophobes, néophiliaques, qu’on peut presque qualifier de génétiquement aidé (viendrait des peuples nomades et rompus à l’exercice des changements rapides…).

Alors non seulement ça fait du bien, mais c’est aussi efficace : communicatifs et optimistes, les néophiles ont une capacité de persévérance et d’accomplissement plus aboutis et donc une capacité à se dépasser et surtout dépasser ses idées et son ego, pour aller au delà des situations classiques. Cela devient donc extrêmement pertinent pour des innovateurs, qui cherchent le Graal en permanence pour se renouveler justement…Lorsque la situation change il faut être capable de "réguler ses pulsions en ayant de l’imagination pour envisager tous les aspects possibles du changement, avec un avenir différent" ; ça a l’air facile…mais pas tant que ça. La résistance au changement est un facteur important de ralentissement des entreprises, tant elle sclérose les opportunités rapides à saisir. Manque d’information, peur de l’inconnu, satisfaction du bien plutôt que recherche de l’excellence…nous avons toujours autant de raisons de ne pas bouger…Dommage dans une société qui demande une agilité de tous les instants. Quant au dépassement de l’ego (la politique aurait à y gagner…), il élargit la perspective et fait perdre toute notion du temps pour se concentrer sur ce que l’on aime ; il nous redonne un lien pur avec la nature, l’humanité et l’univers. Parfois qualifiés de rêveurs, mais justement retrouvons un instant cette âme d’enfant, avec l’expérience et sans les illusions, pour équilibrer développement personnel et son entourage. Faîtes des choix, allez au fond, soyez curieux, même si cela n’est pas sans risque : les chercheurs débouchent parfois sur des inventions qualifiées de diaboliques…et c’est trop tard. Le prix à payer pour l’épanouissement de l’émerveillement permanent. C’est beau non ?

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.

Rejoignez 462 autres abonnés